Des mondes fracturés par

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Deviation / Aventure / Drame

5 Chapitre 5 : Des apparences trompeuses

Catégorie: G , 2969 mots
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Depuis leur rencontre de Stuttgart, leur relation avait passé une autre étape. Ils n’avaient désormais plus aucun secret l’un pour l’autre. 


Pour s’assurer qu’ils ne soient jamais loin l’un de l’autre, Henrik lui fit également cadeau, le jour de leur 5 -ème mois de rencontre d’une amulette attaché-Coeur.

Celle-ci enclenchée leurs permettait de savoir constamment où se trouvait l’un et l’autre.


Si tout se passait bien pour eux sur le plan sentimental, au niveau professionnel, ce n’était pas aussi idyllique. Quelque chose se tramait chez les moldus et Henrik était en première ligne pour le voir. Il multipliait les réunions avec les dirigeants européens et chefs d’entreprises.


Bien qu’il n’eût juste besoin de savoir si ceux-ci restaient loin de savoir pour le secret magique, il en profitait surtout pour s’assurer que Ingrid ne court aucun danger.


Puis, tout bascula au mois de Novembre 1939.

Ingrid fut à ce moment envoyé par son supérieur et mentor Antoine De Chavagnes en mission.


Antoine De Chavagnes était un vieux sorcier français de 90 ans, premier sorcier recruteur de l’école de Beauxbatons. Il y a 3 ans, voyant ses forces le quitter de plus en plus, il décida d’appeler Ingrid, une sorcière que lui-même avait recruté une vingtaine d’années auparavant pour lui succéder.


C’était de premier abord une mission on ne peut plus classique pour Ingrid. Elle devait se rapprocher d’une famille polonaise habitant à Varsovie afin de recruter leurs plus jeune fils le petit Piotr qui présentait des dons magiques.


Mais lorsqu’elle arriva sur place, quelque chose avait changé. La ville autrefois si belle de Varsovie était complètement métamorphosée.

Des soldats patrouillaient dans les rues. Les gens étaient tous soit apeurés, soit vraiment fermés.

Certaines personnes arboraient même un brassard blanc avec une étoile bleue brodée dessus, sans vraiment en être fier. 

Des pancartes annonçaient les magasins juifs sans vraiment aucune raison que comprenait Ingrid.


Et il y avait encore et toujours plus de soldats allemands dans les rues. 

Quand elle arriva devant le bâtiment des Katchowski, la famille qu’elle devait rencontrer, elle remarqua que celui-ci était très désuet et que de nombreuses personnes étaient assis devant sans rien faire, juste à voir le temps passer.


Elle sonna à la porte et quand celle-ci s’ouvrit, Ingrid remarqua que toute la famille arborait le fameux brassard blanc étoilé sur le bras. 


« Bonjour Mme Katchowski » dit-elle dans un anglais qu’elle essayait d’être le plus correct possible, malgré son accent allemand.


A la grande surprise d’Ingrid qui s’attendait, comme d’habitude à devoir argumenter sur le perron pour pouvoir entrer, celle-ci la fit rentrer, complètement apeurée.


Elle appela tout de suite son mari en polonais, un homme petit, mince, portant ses lunettes sur le bout du nez au crâne dégarni.


« Bonjour madame, je vous en prie asseyez-vous », Il s’exprimait dans un très bon anglais, ce que ne s’empêcha de lui faire remarquer Ingrid.


« Oui je suis, en j’étais professeur d’anglais à l’université » se justifia-t-il, avant de donner d’une voix forte un ordre à sa femme en polonais. Cette dernière revint 2 min plus tard, avec un thé chaud et des biscuits. 

Leurs trois enfants qui étaient dans la même pièce, leur appartenant n’offrant pas vraiment beaucoup d’alternative en termes d’espace, regardèrent le plateau en le mangeant des yeux.

De toute évidence, ils n’avaient pas eu le droit à un tel repas depuis longtemps.


Ingrid repris la conversation « Bonjour Mr Katchowski, si je suis ici, c’est à propos de votre fils Piotr ».

Lorsqu’elle annonça le nom de celui-ci, Ingrid vu une expression de peur qu’elle n’avait encore jamais vue, se dessiner sur le visage de l’homme et de sa femme, qui malgré son incompréhension de la langue avait entendu prononcer le nom de son fils.


Le père de famille tenta de ne rien laisser paraître et demanda le plus calmement possible « il y a-t-il un problème avec lui ? » 


« Non Mr il n’y a aucun problème avec Piotr, mais n’avez-vous jamais rien remarqué d’inhabituel le concernant ? »


L’inquiétude se lisait de manière de plus en plus soutenue sur le visage du père de famille qui avait de plus en plus de mal à la cacher.


Tentant d’apaiser la situation, Ingrid continua « Je suis recruteuse pour une école spécialisée dans les enfants présentant des dons disons peu communs. Et cela fait quelques temps que nous suivons Piotr. »


L’homme s’exprima soudain en polonais et parla très rapidement à sa femme.

Cette dernière, l’air paniqué, emmena rapidement les enfants dans la seule pièce de l’appartement restant non visible.


L’homme retira ses lunettes, la main tremblante. S’essuya le front de son mouchoir de poche et dit dans une voie terrifiée « Je vous en supplie, nos enfants sont tout pour nous, ne nous les prenez pas »


Ingrid, ne comprenait pas bien la situation. Des refus catégoriques, des dénis de pouvoirs des enfants, voir même des verres lancés à sa tête, elle en avait eu, mais jamais quelque chose comme ça. L’homme était pétrifié, et avait l’impression que Ingrid le tuerait à la moindre occasion avant de prendre son enfant.


Sur un ton beaucoup plus doux et presque maternelle, elle continua : « Mr Katchowski, je ne sais pas ce qui vous effraie, mais je peux vous assurer que je ne suis pas là pour kidnapper votre enfant. Le fait qu’il vienne dans notre école ou pas, n’est pas un choix que je ferai pour vous. Maintenant comme je vous l’ai dit, je pense que étant donné sa condition, cela serait préférable.

Mais ayant moi-même été dans un tel établissement, je sais le déchirement que cela provoque de quitter sa famille. »


L’homme, qui tentait de reprendre son calme enchaîna « Vous n’êtes donc pas un soldat ou une représentante des nazis ? »


« Des quoi? » demanda Ingrid de manière si naturelle que l’homme commençait réellement à la croire. 


« Excusez mon franc parler, mais dans quel monde vivez-vous mademoiselle ? » dit Mr Katchowski, en étant toujours sur la retenue, n’étant pas sûr à cent pour cent de l’intention de son hôte.


Puis soudain elle eu une idée, afin de rassurer son hôte « Et si je reviens avec un diplomate officiel anglais, qui vous expliquera la situation, me croirez-vous mieux? »


Le quinquagénaire acquiesça doucement, et présenta poliment le plateau de gâteaux secs.


« Je préférerais que vous les donniez à vos enfants, j’ai eu la chance de manger à ma faim ce matin. Je devrais être de retour dans quelques heures.»


En sortant, Ingrid marcha rapidement en direction de la banque de hiboux sorcière la plus proche afin de demander l’aider d’Henrik.


Elle profita egalement des quelques heures devant elle pour se promener dans la ville et essayer de comprendre ce qu’il s’y passait. 


Le spectacle était véritablement désolant. Des soldats parlant allemand et arborant un symbole en croix noire sur leurs uniformes patrouillaient de partout. Des gens étaient expulsés de chez eux, leurs affaires envoyées par les fenêtres. 

Les habitants de Varsovie avaient l’air de vivre sous la terreur, particulièrement ceux arborant la fameuse croix bleue qu’Ingrid avait aperçu auparavant.

C’était vraiment un triste spectacle mais malheureusement, elle ne pouvait utiliser ses pouvoirs magiques pour les aider.


C’est en revenant devant le bâtiment abritant la famille Katchowski que deux des soldats à la croix pointèrent le canon de leurs fusils dans sa direction, avant de lui demander férocement en allemand « Vos papiers d’identité, tout de suite ! »


Ingrid, soudain un peu plus soulagée que les soldats parlent allemand leur répondit poliment « je suis désolé messieurs mais je ne les ai pas sur moi »


« Vous êtes allemande ? » l’interrompit le premier soldat, un grand homme blond.


« Oui, je m’appelle Ingrid » énonça-elle en s’efforçant d’afficher son plus beau sourire.


« Êtes-vous juive ? » demanda-t-il dans un ton toujours aussi directif.


« Juive ? Non » lui dit-elle faisant une moue décontenancée, ne comprenant pas vraiment le sens de la question.


Le soldat ne lâchait pas son ton féroce et les deux avaient toujours leurs fusils pointés sur Ingrid.


« Qu’est-ce qu’une allemande non juive, ne faisant pas partie de l’armée fait ici à Varsovie ? »


« Je viens rendre visite à des amis si vous voulez tout savoir. Mais je ne pense pas que cela vous concerne. » rétorqua Ingrid sèchement en opposant un regard de défi au jeune soldat. 

Elle avait l’habitude du machisme de certains hommes, c’était les années 40 après tout, et n’était pas prête à se laisser traiter de la sorte.


Sa réponse, ne calma pas les ardeurs des deux soldats, bien au contraire, ceux-ci la poussèrent du bout de leurs canon dans une ruelle déserte adjacente en criant « Avancez! »

Arrivé sur place, le premier baissa son canon et s’approcha menaçant, une haine palpable sur le visage « Alors comme ça, on est une amie de la sale race ! On n’est pas solidaire avec ses frères ! »


Au moment où Ingrid mis la main dans sa poche intérieure pour prendre sa baguette, celui-ci bloqua son bras et fit tomber l’objet de sa main.


Les deux soldats regardèrent le bâton de bois tomber par terre et éclatèrent de rire « Ah ah ah ! Que voulais-tu faire avec ça ? Nous assommer ? Ah ah ah».


Ils parlaient d’une voix très dédaigneuse et le soldat qui lui tenait la main, la serrait encore de plus en plus fort.


« Arrêtez bande de brute, vous me faites mal ! » criait Ingrid en essayant de se débattre.


« Oh on te fait mal, il faudra nous excuser » dit-il d’une voix toujours aussi mesquine en relâchant son étreinte.


Ingrid se tint le poignet en le massant. Puis soudain, sans vraiment le voir arriver, pris un coup dans l’estomac qui lui coupa le souffle sur le coup et la fit tomber à genoux. 

Sa vue devenait trouble et elle tenta de reprendre son souffle quand une main lui agrippa la gorge avec force et la plaqua violemment contre le mur.

Ses pieds ne touchaient plus à terre et son visage tournait au cramoisi, elle n’arrivait plus à reprendre son souffle.


L’homme continuait de la frapper durement, sans lui laisser une minute de répis, lui donnant de nombreux coups de pieds dans les cotes qui devaient maintenant être probablement cassées, voir même broyées se dit-elle.


L’homme devant elle continuait de lui dire « Sale collabo ! Tu n’as donc pas honte ! Trahir ta propre patrie pour ces gens ! Il y a une place pour les gens comme toi ! L’enfer ! Et tu ne vas pas tarder d’y aller ! »


Il l’a jeta de nouveau durement sur le sol, sa tête heurtant le pavé dans un bruit sourd.


La douleur provoqua une décharge en elle, sa tête tournait et avait un filet de sang qui coulait de la plaie ouverte sur son front. Elle avait tellement mal sur tout le corps, qu’elle ne savait pas si c’était la sensation d’avoir pris un coup de marteau sur la tête ou d’avoir été pris pour un punching-ball qui lui donnait le plus la nausée. 


Le soldat se rapprocha d’elle, lui souleva le menton, sans qu’Ingrid ne put faire le moindre geste. 


Quand il souleva la crosse de son fusil pour donner son prochain coup, Ingrid ferma les yeux et attendit.


Au moment où elle s’attendait à être frappée de plein fouet et ne plus être consciente, elle entendit une voix familière prononcer « Expelliarmus ! » et là où elle attendait une vive douleur, elle ne ressentit qu’un vent lui caressant la joue.


Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle vit le soldat qui la frappait, étendu complètement inerte au sol. Un homme grand et blond se tenant dans l’ouverture de l’étroite ruelle sur la rue.


Henrik l’avait retrouvé.


Ingrid n’avait jamais vu une expression aussi furieuse sur son visage.


« Bande de lâches ! Vous n’avez pas plus de courage qu’une goule ! » criait-il.


« Malheureusement pour vous mes cocos, ça ne va pas être votre jour de chance ! ». Lorsqu’il prononça cette dernière phrase son ton avait baissé, mais pas la colère affichée sur son visage.


Il se tourna vers le deuxième garde encore debout, qui, reprenant une once de courage, arma son arme et la pointa sur Henrik.


Celui leva aussitôt sa baguette et cria « Impecto ! ». Aussitôt un rayon jaune fronda sur l’arme de l’agresseur et cette dernière partit dans un nuage de poussière.


Tétanisé, ne pouvant esquisser le moindre geste, il vit Henrik s’avancer calmement vers lui, la baguette toujours levée en sa direction. 


Arrivé à sa hauteur, il lui annonça calmement « tu crois savoir ce qu’est la douleur, attend de voir un peu ça » puis il leva une nouvelle son arme et l’assena en criant « Endo..... »


« Expelliarmus ! » 


Sa baguette vola dans les airs et retomba quelques mètres plus loin. 


Il se retourna rapidement, surpris par le coup et vit Ingrid, sa baguette dirigée vers lui.


« Ce n’est pas parce que ce sont des barbares, que nous devons tous nous comporter comme eux ».

Elle prononça cette phrase en se tenant péniblement sur ses jambes. 

La voyant chancelante, Henrik se précipita pour l’aider. 

Le dernier garde était maintenant agenouillé à côté de son équipier toujours assommé par le coup. Il les suppliait de l’épargner.


Tentant de reprendre enfin son souffle et de se calmer après ces dernières émotions, Ingrid prononça « Crois-moi l’envie de te voir les torturer est forte pour moi aussi. Mais nous ne pouvons pas nous transformer en bête comme eux. Nous valons mieux que ça. »

Puis elle continua en s’adressant calmement mais sous le ton de la menace au soldat restant.


« En revanche, maintenant que vous savez de quoi nous sommes capables, vous allez tout nous raconter. »


Ce dernier ne se fit pas prier pour leurs raconter tous les événements des 5 derniers mois et leurs ordres contre certaines catégories de personnes.

Tout commençait à avoir du sens dans la tête de Ingrid, notamment pourquoi la famille était si craintive à son égard.


Elle se retourna vers Henrik. « C’est horrible Henrik, nous devons faire quelque chose pour eux ! »


Le visage de ce dernier se ferma quelque peu et il répondit « Malheureusement, bien que je comprenne ton désarroi, rappelle-toi que nous sommes régit par le secret magique, nous ne pouvons rien faire pour eux. »


« Non tu te trompes, nous ne pouvons rien faire... de magique » s’empressa t’elle d’ajouter.


« J’ai reçu une formation d’infirmière, magique certes, mais ça ne devrait pas être très sorcier, enfin façon de parler, de maîtriser les rudiments moldus en termes de soin » Ajouta t’elle, sa détermination se ressentant dans sa voix.


« Je ne serai jamais rassuré en te sachant ici, je ne peux pas te laisser prendre autant de risque pour des.... »


« Des moldus ! Oui comme je le suis à l’origine je te rappelle ! » l’interrompit-elle aussitôt.


« On avait déjà discuté de ça ma Ingrid, il va falloir que tu arrêtes d’essayer de terminer mes phrases. Je voulais dire pour des gens que tu ne connais pas. Tu ne pourras pas sauver tout le monde et va risquer ta vie ! »


Elle posa sa main sur l’épaule de son compagnon, de l’autre enleva la mèche sur le son front et dans une voix amoureuse répondit « Mon beau Henrik, tu savais très bien en commençant ton argumentation que tu n’arriverais pas à me faire changer d’avis. Les deux seules choses que je te demande sont de m’accompagner pour finir ma mission et d’en toucher un mot au ministère pour voir si quelque chose peut être fait pour ces pauvres personnes. »


« De toute façon avec une personne aussi têtue que toi, je n’argumenterai plus » lui répondit-il tout en lui faisant un clin d’œil.


Bien que son ton prêtât à la plaisanterie, il ne pouvait cacher son inquiétude.


Puis il se releva et aida sa bien-aimée à en faire de même.


Il se retourna vers les soldats qui étaient encore à terre, et s’approcha d’eux.


« Vous ne vous rappellerez pas ce qui s’est passé ce matin, mais soyez sans crainte, moi je ne vous oublierai pas et je vous conseille fortement de ne jamais recroiser mon chemin. »


Le ton sur lequel il avait prononcé cette phrase n’était pas menaçant, mais tellement froid qu’il leurs glaça la colonne, jamais ils n’avaient été aussi effrayés.


Puis d’un coup soudain, il leva sa baguette et prononça « Oubliettes ».


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