POV Hermione
Mardi 15 aout
Hermione était assise sur son lit, elle était prête, il le fallait elle n’avait pas le choix. Elle entendit une voix venant de l’étage inferieure l’appeler : « Hermione, chérie tu viens prendre le thé ? ». Après quelques secondes « Oui je descends maman. » C’était le moment, elle ne pouvait plus reculer. Elle se leva, descendit l’escalier. Elle observa quelques secondes ses parents assis tranquillement devant la petite table du salon, préparant le thé. Elle chuchota « oubliette ». Tout à coup sa vision se troubla, elle sentit son cœur battre la chamade, elle n’arrivait plus à respirer.
- Hé Hermione calme toi, tout va bien je suis là, calme-toi, dit une rouquine d’une voix douce mais inquiète, la tenant par les épaules. Respire ça va aller, je suis là. Répétait-elle.
- Ginny ? dit elle a bout de souffle. Oh Ginny, la gorge serrée.
Hermione se mit à pleurer à chaud de larme dans les bras de Ginny. Depuis la fin de la guerre la jeune fille avait beaucoup de mal à gérer ses émotions, ce qui n’arrangeait en rien sa relation nouvelle avec Ron qui ne savait jamais comment s’y prendre avec elle. La journée elle ne parlait que très peu voire pas du tout, elle allait souvent s’isoler tout en haut de la petite colline derrière la maison biscornue accompagnée de ses fidèles livres. Et la nuit elle dormait très mal, elle faisait ce rêve presque toutes les nuits et donc était toujours très fatiguée et de mauvaise humeur. Elle était complètement obsédée par ses parents qu’elle avait ensorcelé avant la bataille, elle les avait également réussis à leur donner l’idée de déménager pour les mettre en sécurité par peur de qu’ils soient blessés ou pire. Elle ne voulait pas non plus qu’ils souffrent si jamais elle devait disparaitre. Elle voulait les éloigner de ce monde magique beaucoup trop dangereux pour de simples moldues. Mais le souci c’est qu’elle n’avait aucune idée de comment leur rendre la mémoire a présent que tout danger était écarté. Elle ne pouvait quand même pas simplement se pointer chez eux et leur assurer qu’elle était bel et bien leur fille même si elle y avait déjà pensé. Elle avait fait des tonnes de recherches mais n’avait rien trouvée seule. Elle a alors sollicité l’aide de toute la famille Weasley et de ses amis mais eux non plus n’avaient rien trouvé. M. Weasley lui avait confié qu’il connaissait peut-être un moyen, mais pour cela il fallait demander l’aide des Mangemorts et cela était difficilement envisageable pour le moment. Sans oublier qu’elle ne savait absolument pas comment en contacter un et encore moins comment le convaincre de l’aider. Après un moment, Hermione réussit à se reprendre, elle commençait à respirer normalement.
- Encore ce rêve n’est-ce pas ?
- Oui… Encore…
- T’en fais pas je suis sure qu’on va trouver quelque chose je te le promet, lui dit Ginny quelque peu incertaine.
Elle disait ça pour la rassurer, Hermione le savait très bien, mais elle n’avait pas envie de se disputer avec sa meilleure amie maintenant. Elle n’en avait pas la force. Elle posa sa tête sur son oreiller et ferma les yeux. Ginny retourna dans son lit. Après quelques minutes, la brune entendait la respiration calme et lente de sa voisine mais elle n’arriverait pas à se rendormir de sitôt. Il doit être environ 5h, regardant à travers la petite fenêtre de la chambre. Le soleil commençait très doucement à se lever. Mais il était encore trop tôt pour se lever. Elle était morte de fatigue et réussie quand même à s’endormir après 30 minutes.
Le lendemain, Hermione se réveilla avec une légère gêne, elle avait le soleil dans les yeux, elle les ouvrit doucement et remarqua qu’elle était seule dans la chambre. La pièce était éclairée par une douce lumière dorée, les murs étaient d’une couleur rouge rosé un peu délavé soutenus par des grosses poutres en bois. Il y avait un lit simple, celui de Ginny, ses draps était violet clair et un autre lit aménagé spécialement pour elle avec des draps pas spécialement beaux, ils étaient bleus et verts avec l’image d’une équipe de Quidditch qu’elle ne connaissait pas. Ils devaient appartenir à un des garçon, Bill, Charlie peut être les jumeaux. Dans la chambre on pouvait aussi voir un petit bureau, pas très bien ragé d’ailleurs ou trainait des tas de babioles en tout genre, certains venant surement du magasin de farce et attrape de Fred et Georges. Il y avait aussi des livres et des parchemins ainsi que des vêtements qui trainaient par terre. Ginny n’était pas très organisée même si elle s’y retrouvait très bien dans ce fouillis. Ginny était donc déjà descendue. Mince qu’elle heure est-il ? Elle se leva difficilement, enfila sa robe de chambre rouge et ses chaussons, prêté gentiment par Ginny et descendit l’escalier.
Lorsqu’elle arriva en bas dans la petite cuisine elle remarqua que tout le monde était levé. Elle appréciait beaucoup cet endroit un peu petit mais très chaleureux où était accroché au mur des cadres de familles ainsi que des étagères pleines de bocaux étranges, des épices, des livres et des ustensiles un peu rustiques. Les Weasley n’avaient pas beaucoup d’argent pour s’acheter beaucoup de jolis objets mais c’est justement ça qui faisait tout le charme de cette maison. Son objet magique préféré chez eux était sans aucun doute l’horloge accroché au-dessus de la cheminé qui indiquait ou étaient toutes les personnes de la famille. Par exemple les aiguilles d’Arthur, Bill et Charlie Weasley était actuellement sur « Au travail » et toutes les autres étaient sur « A la maison », cependant on pouvait voir qu’une des aiguilles était complètement rouillée et ne semblait plus fonctionner, c’était sans doute celle de Fred…
Un silence se fit, tout le monde s’était retourné vers elle. Cela devenait une habitude que les autres parlent d’elle lorsqu’elle n’était pas là. Ce matin cela devait surement être due au fait que Ginny était en train de raconter aux autres ce qui s’était passé la nuit dernière.
- Bonjour ma chérie, bien dormi ? Tu dois avoir très faim je parie, dit Molly un peu trop enthousiaste. Viens, viens, assieds-toi !
Depuis qu’ils étaient revenu au Terrier, Molly s’était comporté comme une véritable mère pour Hermione, tout comme elle l’avait fait pour Harry. Surtout lorsqu’elle avait appris la relation qu’entretenait désormais Ron avec la jeune fille. Elle trouvait ça mignon, ça lui faisait beaucoup de bien, ils étaient devenus comme sa deuxième famille. Même si au fond elle aurait mille fois préféré être avec sa vraie famille. On entendit soudain un petit bruit sec venant de sous la table « aïe ! ». Harry se décala alors d’une chaise pour se rapprocher de Ginny laissant une place libre à côté de Ron. Elle s’assit à côté de son petit ami et sentit une main lui caresser doucement le bas du dos. Les discussions reprenaient et ils continuèrent à manger tranquillement. Au bout d’une vingtaine de minutes, tandis qu’ils allaient sortir de table, un vieux hibou gris s’écrasa avec fracas sur la fenêtre.
- Oh Errol, c’est pas vrai ! Tu ne feras donc jamais attention ! s’écria Molly.
Le hibou était assez chargé ce matin, il avait 4 lettres accrochées à sa patte gauche que Molly détacha délicatement et les distribua à l’assemblée.
- Une pour toi, une pour toi, une autre pour toi et enfin la dernière pour toi Harry chéri, dit-elle distribuant le courrier en souriant.
Elle observa sa lettre, elle avait le sceau de Poudlard, elle était plus lourde que d’habitude. Elle l’ouvrit délicatement contrairement à Ron qui déchira la sienne sans hésitation à côté d’elle. Elle contenait l’habituelle liste de fourniture nécessaire pour la rentrée signée par la nouvelle directrice d’une jolie écriture à l’encre verte, mais également quelque chose d’inhabituel que les autres n’avaient pas. Une lettre en plus et un objet en métal avec une jolie couleur rouge vif. Hermione n’en croyait pas ses yeux elle tenait le petit objet dans ses mains ne sachant quoi faire ni quoi dire.
- Oh mon dieu Hermione ! s’écrit un Ron surexcité. Mais c’est un insigne de préfet-en-chef !
- Mais c’est merveilleux notre Hermione préfète-en-chef ! Il faut fêter ça ! dit Molly à son tour.
- C’est amplement mérité, félicitation, dit Harry.
- Oui Hermione c’est génial, vraiment ! dit Ginny.
- M.. merci beaucoup, dit-elle enfin avec le sourire au lèvre. Elle était très émue et ne savait vraiment pas quoi dire. Ses parents auraient été si fières, si seulement ils savaient qu’elle existait.
- Bon, bon maintenant nous devons aller vous chercher vos affaires pour la rentrée, alors allez vite vous préparer, dit Molly en les regardant. Personne ne bougea. Aller hop hop hop, on se dépêche on n’a pas toute la journée ! ajouta-t-elle en claquant dans ses mains.
Tout le monde se leva précipitamment et alla se préparer.
Quelques minutes avant de partir, Ron entra dans la chambre des filles qui avaient fini de se préparer, fit un signe de tête à Ginny lui indiquant de les laisser seuls quelques minutes. Ginny prit ses affaires et ferma la porte derrière elle.
- Comment tu te sens mon cœur ? Tu as envie d’en parler ?
- Non je n’ai pas très envie…
Elle savait très bien de quoi il parlait, elle ne lui avait pas dit mais Ginny le leur avait surement raconté. Ron la pris dans ses bras, sans un mot et l’embrassa tendrement. C’était bon, ça lui faisait du bien, même si elle se sentait encore mal. Rien n’y faisait, personne n’arrivait à la faire se sentir mieux. Ni Ron, ni Harry, ni Ginny, ni Molly, ni personne. Elle savait que ça faisait beaucoup souffrir ses amis car ils ne parvenaient pas à le réconforter. Elle savait aussi qu’elle n’était pas là plus à plaindre, les Weasley avait perdus Fred et beaucoup d’amis comme Remus et Tonks. Quant a Harry il ne s’était toujours pas remis de la mort de Sirius même s’il ne montrait pas beaucoup. Cependant il portait aussi le fardeau de toutes les pertes qu’il y a eu lors de la bataille. Elle, n’avait perdu personne, du moins sa famille était toujours en vie et en parfaite santé mais elle ne supportait pas leur absence tout en sachant qu’ils ignoraient totalement son existence. Un trou s’était formé dans son cœur et ne serait plus jamais comblé si elle ne trouvait pas de solution.
- Allons-y, dit-elle, sinon ils vont commencer à se poser des questions.
- Oui tu as raison mais si tu veux parler je suis là pour toi d’accord ?
- Oui d’accord je le ferais, dit-elle sans en penser un mot.
Elle n’arrivait pas à se confier à Ron. Oui elle l’aimait mais ils ont toujours eu plus ou moins de mal à communiquer, même avant qu’ils se mettent en couple. D’ailleurs elle était parfois encore un peu mal à l’aise quand elle se retrouvait seule avec lui. C’était plus facile de parler avec Harry ou Ginny par exemple. Lorsqu’ils descendirent enfin, tout le monde les attendaient devant la cheminée, prêts pour le voyage. Molly prit le petit pot posé au-dessus de la cheminée et le tendit à Hermione qui en pris une grosse poignée. « A toi l’honneur ma chérie ». Elle s’avança jusqu’à entrer à l’intérieur de la cheminée poussiéreuse et dit d’un ton ferme « Chemin de Traverse ! » et une grande flamme verte l’emporta dans un tourbillon de feu.
Quelques jours passèrent et la rentrée se rapprochait à grands pas. On pouvait apercevoir la date du samedi 30 aout sur la Gazette du sorcier qu’était en train de lire Arthur Weasley tout en buvant son jus de citrouille. En gros titre on pouvait lire : « Les Malfoy toujours en cavale depuis la bataille, Lucius Malfoy aperçu à Copenhague… ». Ron dormait encore profondément dans sa chambre, il profitait de ses dernières grasses matinées. Harry et Ginny aidaient Molly à préparer le repas et Hermione était dehors comme à son habitude en haut de la colline fixant l’horizon, elle était plongée dans ses pensées.
C’est décidé, dès lundi j’irai voir McGonagall pour qu’elle m’aide à trouver une solution. Elle doit forcément connaitre un moyen, et sinon j’irai voir le professeur Flitwick et tous les autres professeurs de Poudlard s’il le faut. Mais, si personne ne parvient à m’aider… Non Hermione n’y pense pas, tu trouveras la solution le moment venu. Je ferais mieux de me concentrer sur mes ASPICS. Oui c’est ça, je vais faire ça ! Dès lundi je vais me mettre au travail, il ne faut surtout pas que je prenne du retard avec ces histoires. Surtout que maintenant je suis préfète-en-chef, je ne peux pas me permettre d’être distraite, j’ai beaucoup de responsabilités. En plus de tout ça, il va falloir que je passe du temps avec Ron sinon il va se sentir délaissé. Rien qu’à y penser je suis déjà épuisée. Je me demande qui sera l’autre préfet-en-chef. En plus je vais devoir changer de dortoir, le partager avec quelqu’un que je ne connais probablement pas. J’espère vraiment que ça ne sera pas un Serpenta…
- Hermione ?
- Harry ?! dit-elle en sursautant.
- Désolé je ne voulais pas te faire peur. Tu as l’air agacé, tout va bien ?
- Oui, je… Oui c’est juste que je me demandais qui serait l’autre préfet-en-chef.
- Ah d’accord et il n’y a rien d’autre tu es sure ?
Il s’assit à côté d’elle et la regarda dans les yeux. Il savait très bien qu’il y avait autre chose, il la connaissait comme sa poche. Harry était resté très proche d’elle après la bataille. Elle se confiait plus facilement à lui qu’aux autres. Elle avait toujours été là pour lui et lui avait toujours été là pour elle et encore plus maintient qu’elle en avait le plus besoin. Parfois Ron était même jaloux de sa relation complice avec Harry. Quel imbécile, il était toujours trop possessif avec elle. Hermione considérait Harry comme le frère qu’elle n’avait jamais eu et inversement.
- Tu sais Hermione tu peux me parler, je suis là pour ça.
- Oui je sais. Je vais aller voir McGonagall lundi après le repas.
- Tu penses qu’elle va pouvoir t’aider ?
- Je ne sais pas, mais je suis obligé d’essayer je ne vais pas rester là sans rien faire.
- Oui bien sûr je m’en doute. Ecoutes Hermione je sais que ce que tu vis en ce moment est très difficile, je te comprends mieux que personne ici je pense. Je sais ce que sais de vivre sans ses parents et…
- Harry je suis désole, la coupa-t-elle, mais toi tu n’as jamais vraiment connu tes parents alors… Enfin tu vois…
- Mh, oui tu as raison mais ce que je voulais te dire c’est que tu nous manques à tous, Ron souffre beaucoup de ta distance. Et moi aussi d’ailleurs. Tu ne nous parles presque plus et tu ne manges plus beaucoup non plus. Ça nous inquiète beaucoup tu sais. Je sais que tu ne fais pas exprès mais tu sais nous on est là pour t’aider, pour te soutenir. Il ne faut pas que tu te renferme comme ça.
- …Oui, je vais essayer, dit-elle en retenant un sanglot. Il la prit dans ses bras et lui caressait doucement les cheveux. Merci Harry.
Quelques minutes passèrent, quelques larmes coulèrent. Après les avoir séchées d’un coup de manche, Hermione s’éloigna de Harry.
- Et toi, comment ça va avec Ginny ? Ça se passe toujours aussi bien ?
- Eh bien ça dépend des jours, on va dire que ça dépend de quel pied elle se lève, dit-il avec humour, ce qui la fit rire. Ça me fait plaisir de te voir sourire, ça faisait bien trop longtemps, renchérit-il en lui retournant son sourire.
- Elle a l’air heureuse avec toi tu sais.
- Moi aussi je le suis, dit-il, perdu dans ses pensées.
- Je suis heureuse pour vous alors.
- Aller viens, on rentre.
- D’accord je te suis.
Ils se levèrent ensemble et retournaient à l’intérieur auprès de leurs amis.
Les vacances étaient terminées et demain une nouvelle année allait recommencer. Elle espérait qu’elle allait être plus calme que les autres vu les évènements passés mais elle ne s’attendait vraiment pas à ce qui allait lui tomber dessus.