Dramione : Plume

Chapitre 8 : Chapitre 8 : L’infirmerie

5055 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 30/03/2020 17:22

POV Hermione

Samedi 13 septembre

 

Hermione marchait dans les couloirs déserts de l’école, elle trainait les pieds en pensant et repensant à ce qui s’était passer et ce qui pouvait encore se passer. Oui elle s’en voulait de l’avoir frappé mais elle n’avait pas vraiment fait exprès. Elle avait simplement réagi, en soi, ce n’est pas si grave que ça, si ? Bien sûr que si c’était grave, elle avait surement gâché toutes ses chances de vivre une relation longue et heureuse avec Ron. Elle l’aimait, vraiment beaucoup, après tout il avait toujours été là pour elle, depuis le tout début il était là, dès la première année il avait été là. Il lui avait sauvé la vie plus d’une fois, ils avaient surmonté tellement d’épreuves ensemble, ça ne pouvait quand même pas se finir comme ça ? S’il la quittait elle en aurait le cœur brisé, comment allait-elle faire sans lui ? Et lui sans elle ? Elle allait bientôt le savoir puisqu’elle arrivait au point de rendez-vous. Comme d’habitude ces toilettes étaient eux aussi déserts. Mimi Geignarde n’était pas là elle non plus, tant mieux. Ces lieux renfermaient tellement de souvenirs, en première année le jour où elle était venue y pleurer et où elle était tombée sur le Troll, Ron et Harry l’avait sauvé. En deuxième année, où elle avait préparé en cachette le polynectar qui l’avait transformé en chat. L’entrée de la Chambre des Secrets. Le Basilic. Elle s’appuya sur le bord d’un lavabo en repensant a tout ça. Le temps passa et personne ne venait. Il ne viendra pas, il n’a pas envie de me voir, il doit me détester. Je le comprends je me détesterais aussi si quelqu’un m’avait fait ce que je lui ai fait. Soudain des bruits de pas la sortirent de ses pensées. Elle leva la tête et le regarda. Il était là, il était venu, il avait l’air calme, calme mais bouleversé. Elle s’avança vers lui, sentant déjà les larmes lui monter et sa gorge se serrer. Il attendait visiblement qu’elle commence. Elle ouvrit la bouche mais aucun son n’en sortit. Il la fixait, voyant qu’elle n’y arrivait pas, il commença :

 

-         S’il te plait, dis-le, j’ai besoin de l’entendre, dit-il.

-         Je… Je suis désolé, sa voix se cassa, les joues trempées. Il attendit, baissa la tête puis la releva.

-         Merci. Après un temps, moi aussi je suis désolé.

-         Je…

-         Non laisse-moi finir s’il te plait. Elle referma la bouche. Je suis désolé de ne pas pouvoir t’apporter ce dont tu as besoin, j’aurais tellement aimé que ça puisse marcher entre nous…

-         Ron…

-         Non je t’ai dit de me laisser finir. Je disais que j’aurais tellement aimé que ça puisse marcher entre nous, qu’on puisse former une grande famille avec toi, Harry et Ginny, tous les quatre ça aurait été merveilleux. Malheureusement ça ne se passe pas toujours comme on veut. Hermione je t’aime, ça n’a pas changé tu sais mais ça ne fonctionne pas entre nous, du moins ça ne fonctionne pas de cette manière, finit-il sombrement.

-         S’il te plait laisse-moi parler ! Moi aussi je t’aime, je voudrais que ça puisse marcher !

-         On a déjà essayé.

-         On peut réessayer ! S’il te plait ne me laisse pas, je ne le supporterais pas j’ai besoin de toi, j’ai besoin de Harry, et de Ginny aussi. Si je te perds, je les perds aussi.

-         Hermione ça me brise le cœur autant que toi mais je dois te dire non…

-         Laisse-nous du temps, la coupa-t-elle, pour y réfléchir, une semaine. Si au bout d’une semaine on juge que ça ne peut pas continuer, on s’arrête, mais dans le cas contraire… Il le regarda, réfléchissant. Les secondes ressemblaient à des minutes et les minutes à des heures. Il prit une grande inspiration.

-         D’accord.

-         Oh merci ! Elle s’apprêtait à lui sauter dans les bras puis elle se ravisa.

-         On se retrouve donc samedi prochain ici, à la même heure.

-         Oui.

-         Ok.

 

Ils se fixaient, chacun analysant les émotions de l’autres, les yeux dans les yeux. Il avait l’air triste et fatigué, mais quelque part un peu soulagé. Il lui accorda un dernier regard et partit sans se retourner, laissant Hermione là, seule, encore une fois pleurant dans les toilettes des filles. Elle ne savait pas si elle avait pris la bonne décision mais au moins elle avait peut-être réussi à le convaincre de ne pas la quitter, pour l’instant. Elle avait déjà pensé à le quitter quelques fois mais elle n’avait jamais imaginé que ça pouvait être si dur. Oui parfois il pouvait être insupportable, il se comportait souvent comme un imbécile et il ne faisait pas beaucoup d’effort mais elle l’aimait réellement. La question qui se pose à présent c’est : est-ce que ce sont de vrais sentiments amoureux, ou bien est-ce qu’elle l’aime juste comme meilleur ami, comme frère. S’ils mettaient fin à leur relation, ça ne sera plus jamais comme avant et elle allait surement le perdre. Après avoir bien laisser sortir ses émotions et son chagrin elle décida de retourner dans sa chambre, de se mettre au lit et de ne plus ressortir de la journée. Elle ne voulait plus voir, ni parler a personne. Elle n’avait absolument pas faim, sa boule au ventre lui donnait surtout envie de vomir. Heureusement elle ne croisa personne dans les couloirs.

 

En arrivant au dortoir elle croisa Malefoy travaillant à son bureau. En la regardant il comprit qu’il ne devait poser aucune question et la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle rentre dans sa chambre. Elle souleva les couvertures et s’y glissa tout habillée, Pattenrond qui dormait sur le lit avant son arrivée, vint se blottir contre elle en ronronnant. Elle le caressa doucement en laissant couler quelques larmes sur son oreiller. Comment a-t-elle pu se retrouver dans une telle situation ? Elle savait que ça n’allait pas être facile tous les jours d’être en couple avec Ron, elle savait qu’ils se disputaient souvent mais elle savait surtout qu’ensemble ils arriveraient à tout surmonter, mais vraisemblablement elle s’était trompée. C’était elle qui commençait à ne plus le supporter, c’était elle qui ne savait pas si elle avait envie de rester en couple avec lui vu son comportement mais la situation s’était retournée si vite, elle n’a rien vu venir. Voilà maintenant que c’est elle la fautive, qui n’a pas su se contrôler et tout ça à cause d’une simple réflexion, elle aurait pu simplement lui hurler dessus ou juste se lever et partir le laissant là tout seul mais nan il a fallu qu’elle le frappe au visage, ce si beau visage. Elle s’en voulait terriblement. Le mal était fait et impossible de faire machine arrière. Faire machine arrière ? Et si ? Le retourneur de temps ? Non Hermione arrête, tu penses n’importe quoi. Non seulement tous les retourneurs de temps ont été détruits, mais en plus c’est absolument impossible. Même si, elle l’aurait fait volontiers si elle en avait eu un sous la main. Elle avait fait des erreurs, il allait maintenant falloir les assumer. Comment est-ce que je vais faire toute cette semaine ? Je vais le croiser tout le temps ça va être insupportable je ne vais jamais tenir ! Il fallait qu’elle arrive à l’éviter le plus possible, elle allait donc devoir éviter aussi Harry et Ginny et tous les autres Gryffondors… Oui ça va être dur… Finalement ce n’est pas plus mal d’avoir ce dortoir privé, avec aucun Gryffondor, elle n’était pas obligée de les voir, de leur parler, de subir leurs questions et leurs regards interrogateurs. Au moins Malefoy, lui ne pose pas de question. Il n’est pas si mal finalement comme colocataire. Quelqu’un toqua et la porte et la sortit de ses pensées.

 

-         Potter veut te voir, il t’attend devant l’entrée du dortoir, en parlant du loup…

-         Non, répondit-elle d’une voix complètement cassée par le chagrin, ce qui l’étonna un peu elle-même.

 

POV Drago

 

Drago passa de nouveau la porte du dortoir faisait face à un Potter impatient et inquiet.

 

-         Elle ne veut pas te voir. Dit-il simplement.

-         Comment ça elle ne veut pas me voir !? Tu dis n’importe quoi laisse-moi rentrer ! Dit-il agressivement en le poussant. Instinctivement Drago sortit sa baguette.

-         Je t’ai dit qu’elle ne voulait pas alors maintenant tu dégages ! le menaçant de sa baguette. Il sortit également la sienne. Ils se lancèrent dans un duel de regard. Drago gagna, Potter baissa les yeux.

-         Bon très bien, céda-t-il, dit lui alors que…

-         Je ne suis pas un foutu hibou Potter, le coupa-t-il avant de repartir en le laissant là en plan. Il l’entendit l’insulter à travers le tableau ce qui lui mit le sourire aux lèvres.

 

Il retourna donc à son travail, essayant de ne pas trop penser à cette histoire avec Granger, même s’il faut avouer que des ragots pareils sont toujours intéressants. Le samedi passa, il avait bien travaillé, il n’avait pas recroisé Granger qui était restée dans sa chambre toute la journée. Et le dimanche aussi. Il décida de ne pas y faire trop attention et continuait à faire comme si de rien n’était.

 

Le lundi arriva, il alla à son cours de métamorphose et se mit à la même place que d’habitude. Presque tous les élèves étaient arrivés quand elle rentra à son tour. Granger, il ne l’avait jamais vu comme ça. Elle était blafarde, son teint était d’une couleur entre le blanc et le gris, elle avait d’énormes cernes sous les yeux qui eux étaient assez gonflés. On aurait dit qu’elle n’avait pas dormi depuis une semaine, elle avait l’air toute faible. Il n’était pas le seul à l’observer puisque presque toute la classe la suivait du regard. Elle eut un comportement très bizarre, au lieu de s’assoir à côté de Potter comme à son habitude, elle se dirigea vers le fond de la classe et se mit à une table toute seule, non loin de la table de Drago. Elle devait s’être rendu compte que tout le monde la regardait, en particulier Potter qui essayait visiblement de communiquer avec elle mais elle l’ignorait volontairement, ça se voyait elle avait la tête légèrement relevée et le regard complétement fixe, elle devait lutter intérieurement pour ne rien laisser paraitre. Cette situation était quand même assez amusante, voir Potter s’énerver tout seul à sa table, essayant tout et n’importe quoi pour attirer son attention.

 

-         Mr Potter, pouvons-nous commencer ? Demanda McGonagall en l’observant a travers ses petites lunettes. Personne ne l’avait entendu rentrer.

-         Euh, oui. Pardon professeur.

 

A la fin du cours, Granger s’éclipsa en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, au plus grand déplaisir de Potter qui essayait désespérément de lui parler. Lors du déjeuner, Drago ne vit pas Granger a la table des Gryffondors et c’est là qu’il se rendit compte qu’il ne l’y avait pas vu depuis un moment.

Lors du cours de l’après-midi, Granger se remit toute seule a une table, mais cette fois Potter n’essayait pas de communiquer avec elle, ils avaient surement dû se parler et il avait lâché l’affaire.

Le soir en rentrant de sa ronde il retrouva Granger a son bureau à travailler le plus normalement du monde. Il s’y mit lui aussi, ils ne s’adressèrent pas un mot. Au moment de se coucher, elle se leva et alla dans sa chambre sans un mot.

 

Ça se déroula de la même manière durant trois jours. Une chose évoluait cependant, l’état de Granger était de pire en pire, plus les jours passaient plus elle avait l’air d’une morte-vivante. Le mercredi soir il se décida donc, il savait qu’elle ne mangeait presque plus rien peut être même plus rien du tout ce qui expliquait son état, il ne comprenait pas comment elle faisait pour tenir le coup, pour continuer à aller en cours et à travailler autant. Mais ce qu’il savait c’est qu’elle ne tiendrait pas comme ça très longtemps, et visiblement s’il ne faisait rien, personne d’autre n’allait l’aider.

Le lendemain, il avait fait exprès d’être tout pile à l’heure pour ne pas arriver avant elle en cours et il avait réussi son coup puisqu’en arrivant en classe elle était déjà là, encore une fois assise toute seule a une table au fond de la classe. Au lieu d’aller s’assoir à son habituelle table au fond de la salle il dévia au dernier moment pour s’assoir a coté d’elle. Elle lui fit des gros yeux, ne comprenant pas se qu’il faisait. Tout en regardant devant lui comme si de rien n’était il lui tendit sous la table deux gâteaux fourrés au chocolat et au caramel qu’il avait mit dans sa poche au petit déjeuner. Le professeur était arrivé et commença son cours, elle l’interroge du regard et il lui répondu en lui tentant encore plus près les gâteaux, ils étaient presque dans ses mains. Elle refusait encore de les attraper. Il la regarda alors dans les yeux, d’un regard le plus sévère qu’il puisse faire. Elle finit enfin par prendre les gâteaux, qu’elle gardait sur ses genoux, posés sur sa jupe. Il s’approcha légèrement de son oreille, suffisamment près pour qu’elle puisse l’entendre chuchoter.

 

-         Mange, ordonna-t-il.

-         J’en ai pas envie ! se révolta-t-elle.

-         Je m’en fiche, tu manges sinon c’est moi qui te les fait avaler. Elle le regarda comme s’il l’avait insulté, la bouche entrouverte.

 

Les sourcils froncés, elle détacha un petit morceau du gâteau qu’elle mit dans sa bouche à contrecœur. Au fil des bouchées elle avait l’air de mieux en mieux. Elle ne voudrait peut-être pas l’admettre mais ça lui faisait du bien, ça se voyait. Personne n’avait remarqué qu’il s’était mis a côté d’elle, du moins personne ne semblait y faire plus attention. C’est seulement à la fin du cours que Potter et Weasley s’était retourné pour jeter un coup d’œil vers Granger et quand ils se rendirent compte qu’elle se tenait réellement assise à la même table que Drago, ils n’en revinrent pas, leur expression était à mourir de rire, ils avaient tous les deux la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Comme à son habitude Granger s’était levée sans parler ni regarder personne et était sortie de la salle. Il s’attendait à les voir débarquer comme des furies pour savoir le pourquoi du comment mais finalement non, Potter chuchota quelque chose a l’oreille de Weasley qui le fit se raviser au dernier moment. Il faut bien avouer qu’il profitait un peu de la situation parce que c’était particulièrement drôle de voir le trio habituellement soudé à présent en conflit. Et ce qui était encore plus drôle s’était d’en rajouter pour qu’ils s’énervent encore plus. Avant de sortir de la salle à son tour, il fit un grand sourire à Potter et Weasley qui commençait à devenir rouge de rage. Pour les autres cours de la journée, il ne se mit pas a côté de Granger, il ne fallait pas abuser non plus, il voulait bien l’aider de temps en temps mais il n’allait pas devenir sa baby-sitter non plus.

 

Après sa ronde, il était retourné s’assoir à son bureau pour travailler, il devait absolument finir son devoir d’arithmancie qu’il avait de retard. Il était très concentré sur son livre, essayant désespérément de comprendre ce qu’il lisait ce qui n’était vraiment pas facile. Il était tellement concentré qu’il sursauta en entendant le bruit de la chaise de Granger grincer sur le sol lorsqu’elle se leva. Il la regarda férocement, lui faisant comprendre qu’elle l’avait dérangé.

 

-         Je vais me coucher, lui dit-elle pour excuse, toujours très pâle.

-         Mh, grogna-t-il.

 

Il regarda l’horloge accroché au mur en face de lui, il n’était que 21h, d’habitude elle se couchait beaucoup plus tard que ça. Il retourna à son travail quand il fut encore une fois interrompu par un bruit sourd. C’était Granger, elle s’était écroulée par terre avant d’avoir atteint sa chambre.

 

-         Granger ! Cria-t-il.

 

Drago se leva du coup faisant presque tomber sa chaise, s’accroupie a coté d’elle, elle était inconsciente, son visage était blanc presque translucide. Les gâteaux qu’il lui avait apporté le matin n’avait pas dû être suffisant. Il commençait à paniquer il ne savait pas quoi faire. Il la commença à la secouer par les épaules.

 

-         Granger, c’est bon reprend toi, aller ! Il la secouait de plus en plus fort, mais rien à faire elle n’ouvrait pas l’œil. Rah putain aller ! Il lui hurlait presque dessus mais ça ne servait à rien et il le savait.

 

Il s’agenouilla plus près encore et passa une main sous sa nuque et l’autre sous ses genoux. Il la souleva sans trop de difficulté, elle était assez légère. Il passa le tableau et se dirigea vers l’infirmerie, Granger dans les bras, toujours inconsciente. Les couloirs étaient déserts, heureusement, ça aurait été gênant que quelqu’un les voit dans cette position. Sa tête était collée à sa poitrine, tout son corps était glacé et inerte. Il descendit tous les escaliers pour finalement atteindre le couloir menant a l’infirmerie. Il sentit soudain une main se resserrer sur sa chemise. Elle se réveillait. Elle releva doucement la tête pour croiser le regard de Drago, elle avait l’air complètement déboussolée. Il poussa la porte de l’infirmerie à la volée et tomba sur Madame Pomfresh qui s’occupait d’un élève allongé dans un lit derrière un rideau.

 

-         Oh mon dieu que s’est-il passé ?! dit-elle en accourant vers eux.

-         Elle s’est évanouie, dit-il le souffle court.

-         Oh posez là sur ce lit, en le montrant du doigt. Oui je vois, savez comment cela a-t-il pu arriver ?

-         Oui, je pense que c’est parce qu’elle ne mange presque plus rien depuis plusieurs jours. Dit-il en allongeant délicatement Granger sur le lit, elle était de nouveau inconsciente.

-         Très bien je vais tout de suite aller chercher quelque chose, restez près d’elle s’il vous plait au cas ou elle se réveillait.

 

Il prit la chaise qui se trouvait non loin du lit et la rapprocha pour la surveiller comme le lui avait demandé l’infirmière. Elle était encore très blanche, ses yeux était clos, on aurait dit qu’elle était simplement endormie. Elle avait de longs cheveux châtains emmêlés et éparpillés sur les draps blancs. Ses poignets fins étaient posés sur son ventre, elle était vêtue d’une chemise blanche, d’une cravate aux couleurs de sa maison et d’un pull en laine gris par-dessus. Ses longues jambes fines allongées étaient habillées d’une jupe noire qui s’arrêtait au milieu des cuisses et de grandes chaussettes blanches avec deux rayures rouges remontant jusqu’au-dessus des genoux. Pour finir elle portait de simples chaussures en cuir noires. Mais comment avait-il pu se retrouver dans une telle situation, à devoir porter Granger dans les couloirs pour l’emmener a l’infirmerie. Si on lui avait dit ça il y a un an il n’y aurait vraiment pas cru. Madame Pomfresh finit par revenir en tenant un verre remplie d’une potion orange et fumante. Elle s’approcha de Granger, lui souleva la tête doucement en rapprochant le verre et lui fit avaler quelques gorgées. Au bout de quelques minutes elle reprit connaissance, elle ouvrit les yeux, observa autour d’elle et s’arrêta sur Drago.

 

-         Bonsoir Miss Granger, comment vous sentez vous ? demanda l’infirmière.

-         Euh, je ne sais pas trop…

-         Ce n’est pas grave prenez le temps qu’il vous faut, elle le fixait toujours, vous pouvez remercier votre ami, c’est lui qui vous à amener jusqu’ici, vous lui avez fait une belle frayeur. Drago fut gêné par ce qu’elle venait de dire et visiblement Granger aussi puisque qu’elle rougie instantanément.

-         Euh, merci, dit-elle d’une voix a peine audible.

-         C’est très bien vous reprenez des couleurs ! Buvez ça, dit Pomfresh en tendant le reste de la potion.

 

Elle but doucement la potion jusqu’à ce qu’il n’en reste plus et rendit le verre vide a l’infirmière.

 

-         Très bien, est ce que vous vous sentez prête à retourner dans votre lit ou voulez-vous rester ici cette nuit ?

-         Je veux bien retourner dans mon lit.

-         Bien, il n’y a pas de problème, vous avez l’air beaucoup mieux que lorsque vous êtes arrivez ici. Avant de repartir je vais vous demander de faire plus attention, c’est très important de vous nourrir correctement pour que ça ne recommence pas et si vous avez besoin de quoique ce soit surtout n’hésitez pas à revenir me voir d’accord ?

-         Oui, merci.

-         Prenez tout votre temps, dit-elle d’une voix mielleuse. Je vous souhaite une bonne nuit à tous les deux, finit-elle en le regardant à son tour et retourna dans ses appartements.

 

Granger prit une grande inspiration et s’assit dans le lit. En effet, elle avait repris des couleurs et avait l’air beaucoup plus en forme. Elle se leva, il en fit de même et ils sortirent ensemble de l’infirmerie. Elle n’osait pas le regarder et fixait le sol en continuant de marcher. Sur leur passage on entendait que les sons de leurs pas sur le sol de pierre et les tableaux ronflant paisiblement.

 

-         Pourquoi est-ce que tu fais ça ? demanda-t-elle, rompant le silence qui s’était installé entre eux.

-         Faire quoi ?

-         Tu sais très bien.

-         Non je ne sais pas.

-         Pourquoi est-ce que tu m’aide comme ça ?

-         Je n’allais pas te laisser comme ça, dormir par terre.

-         Arrête je veux parler de ce matin et aussi de la dernière fois quand on a bu un verre.

-         Qu’est-ce que tu veux que je te dise ?

-         Je veux savoir pourquoi tu m’aides, pourquoi tu es… gentil.

-         Je ne suis pas « gentil ».

-         Tu n’as pas répondu.

-         Parce que si je ne le fais pas personne ne le fera.

-         Et alors ? Qu’est-ce que ça peut bien te faire ?

-         Ecoutes tu commences vraiment à m’énerver, tu devrais simplement te contenter de ça et me remercier sans te poser plus de questions.

-         Non je suis désolé mais je ne te comprends pas, on se déteste, je ne vois vraiment pas pourquoi tu m’aiderais, ça ne te ressemble pas !

-         Je t’ai dit d’arrêter de poser des ques… répéta-t-il calmement.

-         Je m’en fiche de ce que tu dis Malefoy, il y a moins d’un an tu me regardais tranquillement entrain de me faire torturer dans ton manoir, tu étais dans leur camp et je suis une sang-de-bourbe, c’est complément insensé ! La colère le prit d’un coup et il la plaqua contre le mur, leur visage étaient si près, il pouvait sentir sa respiration rapide. Il la fixa quelques instants.

-         Je n’ai pas envie de répondre à tes questions Granger alors soit tu arrêtes immédiatement soit tu risques fortement de le regretter, dit-il d’une voix a peine perceptible mais effrayante. Il attendit quelques secondes mais elle n’ajouta rien.

 

Il la lâcha, s’éloigna et repartit en direction de leur dortoir. Il l’entendait marcher derrière lui, en arrivant devant le tableau, il dit le mot de passe et entra. Il ramassa ses affaires qu’il avait laissé en place, elle en fit de même. Il s’apprêtait en rentrer dans sa chambre.

 

-         Merci, murmura-t-elle. Il s’arrêta et se retourna. Elle avait l’air vraiment sincère

-         Tu as intérêt de faire ce que Pomfresh t’a dit, je n’ai pas envie de te ramasser encore une fois. Elle sourit.

-         Je, oui… dit-elle en baissant la tête. Un rictus se forma à son tour sur son visage et referma la porte derrière lui. 


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