POV Drago
Jeudi 30 octobre
Drago était allongé dans son lit, nu. Une jeune fille était assise sur lui en faisant des va-et-vient, elle aussi était nue, elle avait de beaux cheveux noirs et des grands yeux tout aussi noirs. Il prenait beaucoup de plaisir, il accompagnait ses mouvements avec ses mains posées sur ses fesses. Elle se pencha en avant pour l’embrasser langoureusement, Drago ferma les yeux. En les rouvrant, il découvrit non pas la jeune fille aux cheveux noirs mais une autre, cette autre fille avait de longs cheveux châtains qui descendaient le long de son dos, caressant le bas de ses reins, elle bougeait doucement. Il sentait que ça venait, il allait bientôt jouir. « Oh oui, t’arrête pas ! », il gémissait en sentant le corps frémissant de Granger en symbiose avec le sien, son cœur battait la chamade, les mouvements s’accéléraient. Soudain il sentit tout son corps bouillonner et exploser de plaisir. Ce fut tellement intense que ça le fit se réveiller en sursaut. Essayant de calmer sa respiration, il ouvrit les yeux. Encore ce rêve… Repoussant ses draps humides, il s’assit au bord du lit. Depuis que Drago avait surpris Granger dans la salle de bain, il faisait assez régulièrement ce genre de rêve. Il n’arrivait pas à sortir cette pensée de son esprit et le fait qu’il ne puisse se défouler sur personne comme il le faisait avec Astoria n’arrangeait rien. Après sa rupture avec elle, Drago n’avait eu aucune relation sexuelle et son cerveau n’y était pas du tout indifférent. Il imaginait toujours un nouveau scénario avec une nouvelle personne, parfois Pansy, Astoria ou même une fois Millicent Bulstrode, ce qui l’avait vraiment dégouté au passage, le seul souci c’est que la fin du rêve se terminait à chaque fois avec Granger remplaçant la personne précédente. Le jour de l’incident, il avait essayé d’avouer a Granger ce qu’il s’était passé mais il avait été interrompu par l’arrivée intempestive de Potter et n’avait jamais réussi à aborder le sujet depuis. Il l’avait donc gardé pour lui et essayait sans cesse de cacher ce à quoi il pensait réellement en la voyant. Il avait eu beaucoup de mal au début mais il y arrivait mieux maintenant, même s’il arrivait parfois qu’il se mette à rougir légèrement lorsqu’elle se rapprochait trop. Il trouvait cela absolument ridicule et ne comprenait pas pourquoi son corps réagissait de cette manière en sa présence. C’était quand même de Granger dont on parlait, non seulement elle a toujours été son ennemie depuis la première année mais en plus c’était une sang de bourbe ; bien que Drago essayait tant bien que mal de passer au-dessus de ce détail que lui avait inculqué son père et qu’il désirait éviter suivre son exemple. Il allait vraiment falloir qu’il trouve une fille avec qui il pourrait coucher pour arrêter enfin de rêver de Granger. Il décida de se lever après avoir nettoyé son lit d’un coup de baguette, dans ces cas-là le sort Récurvite faisait très bien l’affaire. Après s’être préparé il était directement descendu à la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner. Il se mit à table, tout seul, et entendit les habituels bruissements d’ailes qui annonçait l’arrivée du courrier. Il fut surpris lorsqu’une belle chouette blanche et grise se posa devant lui en tendant la patte droite pour qu’il attrape la lettre qui y était accrochée. Il démêla le nœud de ficelle qui la maintenait et la chouette s’envola aussi vite qu’elle était arrivée. Il regarda attentivement l’enveloppe, elle était légère, de couleur noire avec écrit au milieu en fines lettres dorées, « Pour Drago Malefoy ». Il décolla la cire qui la gardait fermée sans la déchirer et déplia le parchemin noir qu’elle contenait. Il était écrit avec la même écriture fine et dorée :
« Drago,
Je serai ravi de vous convier à la soirée que j’organise ce vendredi soir, le 31 octobre, dans mes appartements privés à partir de 19h, dans le but de faire plus ample connaissance avec moi-même mais également avec certains de vos camarades que j’ai pris le soin d’inviter. Le thème de la soirée sera dirigé sur la fête d’Halloween, il est donc évident que j’attends de vous une tenue en accord avec ce thème. Vous pouvez venir accompagné si vous le désirez, mais vous pouvez tout aussi bien venir seul. Dans l’attente d’une réponse positive de votre part, je vous souhaite une très agréable journée.
Cordialement,
H.E.F. Slughorn. »
Il avait déjà entendu parler des soirées qu’organisait Slughorn, il en faisait aussi lors de sa sixième année à Poudlard mais n’avait jamais été invité. Il s’y était introduit une fois mais préférait ne plus repenser à tous les évènements qui s’étaient aussi passées cette année là. Il était plutôt content d’avoir été invité cette année, cela signifiait qu’il faisait partie de l’élite de Poudlard et que Slughorn devait le considérer comme quelqu’un ayant un grand avenir malgré tout ce que lui et sa famille avait fait. Ou bien cela était simplement dû au fait qu’il soit préfet-en-chef et que, par conséquent il ne pouvait pas se permettre de ne pas l’inviter. Cette solution lui semblait beaucoup plus probable. Quoi qu’il ne soit il allait bien sur aller à cette soirée, mais n’allait pas venir accompagné. Il fallait cependant qu’il trouve une tenue appropriée, ce qui n’allait pas être si simple. Il aurait quand même pu nous prévenir plus tôt, qu’on ait le temps pour se préparer !
Le soir après les cours, il décida de faire un peu de shopping a Pré-au-lard. Il croisa quelques personnes qui devait certainement chercher elles aussi une tenue pour la soirée, notamment Potter aux cotés de Granger, mais aussi Weasley, Londubat, et d’autres encore. Il ne savait pas du tout quelle tenue il allait mettre et n’avait pas trouvé énormément de choix en magasin. Il finit enfin par rentrer au château sans rien acheter mise à part du faux sang.
Le moment de se préparer pour la soirée était arrivé, debout devant son miroir, Drago peaufinait les derniers détails de son déguisement. Il avait donc opté pour le style vampire, simple mais efficace, un costume noir, avec un petit nœud papillon, élégant mais effrayant, son teint déjà pâle, il n’eut aucun mal à entrer dans la peau du personnage. Il s’était fait légèrement pousser les canines à l’aide d’un sortilège, avait coiffé ses cheveux blancs en arrière et rajouta quelques gouttes de sang sur les commissures des lèvres. Il regarda sa montre, 18h45, il était prêt, enfin presque. Il devait juste se mettre quelques gouttes de parfum et il pouvait y aller. Il se dirigea vers sa commode où il le rangeait d’habitude mais il n’était pas là. Ah oui, je l’ai laissé dans la salle de bain. Il sortit de la chambre, alla dans la salle de bain et lorsqu’il en ressortit, il tomba sur Granger qui venait de sortir de sa chambre. Elle était vêtue d’une longue robe blanche, plutôt simple, elle était faite d’un tissu souple qui voletait autour d’elle a chacun de ses mouvements, on aurait dit qu’elle voulait. Son teint était très pale, légèrement maquillée, elle portait un ravissant collier en argent assorti a ses boucles d’oreille. Elle était époustouflante, à la fois élégante, sensuelle et effrayante, c’était très réussi. Elle aussi l’analysant de haut en bas.
- Vampire ? demanda-t-elle. Il acquiesça d’un mouvement de tête.
- Fantôme ? demanda-t-il à son tour.
- Oui, confirma la jeune fille, en baissant la tête.
A ce moment quelqu’un frappa à la porte du dortoir. Elle alla ouvrir et laissa entrer Potter qui était déguisé en détraqueur. Il portait une longue cape noire avec une capuche qui laissait à peine apercevoir son visage.
- Wouah Hermione t’es magnifique ! dit-il.
- Merci, toi aussi tu es très bien, ton costume est très réussi !
- Merci ! On peut y aller ? Elle donna un dernier coup d’œil derrière elle, leur regard se croisèrent, puis fit à nouveau face à Potter.
- Oui, allons y.
Décidément, ils ne se lâchent plus ses deux-là, c’est vraiment à se demander s’ils ne sont pas ensemble. Depuis qu’elle n’était plus avec Weasley, Granger passait beaucoup de temps avec Potter, notamment au dortoir puisque Drago avait eu le malheur d’accepter sa présence une fois et depuis ce jour il devait les supporter tous les deux presque tous les jours. Ça commençait vraiment à lui taper sur les nerfs, oui ils essayaient d’enterrer la hache de guerre mais ça ne voulait pas dire pour autant qu’il avait envie de le voir aussi souvent. D’ailleurs, Drago était persuadé que Potter essayait de réellement se rapprocher de Granger mais elle ne voyait rien, elle ne comprenait vraiment les signaux qu’il lui envoyait. Même Drago qui essayait de faire comme s’ils n’existaient pas, pouvait les voir, ça avait tendance à beaucoup l’énerver aussi. Il marchait dans les couloirs en direction des appartements privés de Slughorn, ils étaient assez simples à trouver puisqu’il n’avait qu’à suivre les toiles d’araignées et les citrouilles disposés le long des murs. Lorsqu’il arriva, il fut accueilli par le Professeur lui-même qui lui proposa un verre en attendant le reste des invités. Il se mit dans un coin, un verre à la main, observant qui était déjà là. Evidemment, il reconnut facilement Potter et Granger en train de discuter autour de la table des petits fours. Londubat était accompagné de Loufoca Lovegood, Malcolm Baddock des Serpentards était présent aussi accompagné d’une jeune fille aux cheveux bruns. Il reconnut également Astoria qui discutait avec un petit groupe de Serpentards. Ils avaient tous des déguisements différents, plus ou moins réussis mais tout le monde avait respecté le thème. Il ne pouvait s’empêcher de regarder Granger, sa robe la moulait parfaitement aux endroits qu’il fallait, maintenant il le savait puisqu’il imaginait parfaitement l’anatomie de son corps qui se cachait en dessous. Elle souriait, elle avait l’air à l’aise. Soudain son expression changea du tout au tout, il suivit son regard qui se posa directement sur l’arrivée de Weasley accompagné d’une ravissante jeune fille aux cheveux blonds bouclés qui lui tombaient sur les épaules. Leurs déguisements étaient bien accordés puisqu’ils étaient en mariés morts-vivants. Lorsqu’il voulut reposer les yeux sur Granger il ne trouva que Potter qui attendait seul à côté de la table. Il ne resta pas seul longtemps car une jeune fille qui devait attendre ce moment depuis un moment se jeta littéralement sur lui. Il avait envie de la chercher mais se retint, ce n’était pas ses affaires, elle était assez grande pour les gérer toute seule après tout. Il enchainait les verres, un peu trop rapidement d’ailleurs puisqu’il en sentait déjà un peu les effets. Au bout d’une trentaine de minutes, Slughorn commença son petit discours de bienvenu, expliquant que l’intérêt de cette soirée et des soirées futures, était de faire connaissance avec des personnes dans le but de pouvoir se faire des contacts qui pourraient nous resservir dans le futur, etc. Il décrocha à la moitié quand il vit la personne qu’il cherchait inconsciemment dans yeux depuis qu’elle était partie. Elle était là dans un coin, regardant Weasley accompagné de sa mariée, la mine beaucoup moins réjouie que tout a l’heure.
POV Hermione
Il avait osé, comment avait-il osé faire ça, a peine un mois après leur rupture il osait se ramener avec une autre fille, sous son nez en plus. Elle observait Ron qui avait passé sa main dans le dos de la jeune blonde aux cheveux bouclées, Hermione s’était renseigné sur elle, elle s’appellerait Mary Handerson, elle était en 6eme année de la maison Gryffondor, c’était avec elle que Ron discutait lorsqu’elle était passée à la tour Gryffondor. C’est vrai qu’elle était vraiment très jolie, elle ne pouvait pas le nier. Depuis la fin de la guerre, Ron avait beaucoup plus de succès auprès des filles, il s’en ventait déjà d’ailleurs lorsqu’elle était encore avec lui mais visiblement c’était toujours le cas. Elle ne savait pas s’il était venu avec elle simplement en tant qu’ami, ce qu’elle espérait de tout son cœur, ou bien s’ils étaient ensemble. Si c’était le cas, elle allait avoir beaucoup de mal à le supporter, elle était toujours amoureuse de lui et ne pouvait retenir sa jalousie. Rien qu’à y penser elle avait de nouveau envie de pleurer, c’était d’ailleurs pour ça qu’elle avait dû s’éclipser lorsqu’ils sont arrivés à la soirée. Essayant de rester forte autant qu’elle le pouvait, elle avait décidé de calmer ses nerfs à l’aide des différents cocktails qui étaient à sa disposition. A la fin du discours de Slughorn elle fut rejoint par Harry.
- Eh, ça va ? demanda-t-il.
- Très bien, dit-elle sèchement, toujours fixant le petit couple a l’autre bout de la pièce. Il suivit son regard.
- Je suis désolé, je lui ai dit de ne pas le faire mais tu le connais, il n’en fait qu’à sa tête.
- Ah parce que tu étais au courant ?!
- Euh oui plus ou moins…
- Tu veux dire que tu étais réellement au courant qu’il avait une nouvelle copine seulement UN mois après notre rupture et que tu ne me l’as pas dit ?! dit-elle si fort que quelques personnes s’étaient retournées.
- Il n’est pas en couple avec elle, enfin je ne crois pas…
- Tu ne crois pas ?! C’est tout ce que tu trouves à dire ?
- Ecoutes je suis désolé de ne pas t’en avoir parlé, je ne voulais pas remettre le couteau dans la plaie tout simplement, je l’ai fait pour toi alors ce n’est pas la peine de t’énerver contre moi ! Elle respira doucement, reprenant un rythme normal.
- Oui, désolé je sais que ce n’est pas ta faute…
- C’est pas grave, essayes de ne pas faire attention à lui et profitons de la soirée, tu veux bien ?
- Oui, d’accord. Il passa sa main dans son dos, la ramenant vers un petit groupe qui discutait près d’une table où était disposé plusieurs bouteilles et cocktails en tous genres.
Elle ne pouvait pas s’empêcher de l’observer, de regarder ses moindres faits et gestes, ses caresses dans le dos, ses sourires, tout ça c’était à elle qu’il le faisait avant. Elle n’avait qu’une envie c’était de lui jeter un sort cuisant a cette odieuse petite peste. Hermione s’arrangeait toujours pour qu’ils ne se croisent pas mais qu’elle puisse toujours garder un œil sur eux. Pendant toute la soirée, elle ne faisait que ça et ne profitait absolument pas du reste, il n’y avait que ça qui l’obsédait. Harry avait tout tenté, il l’avait emmené manger quelque chose, ensuite boire, et aussi discuter avec plusieurs personnes mais rien à faire elle ne décrochait pas son regard. La seule chose qu’elle appréciait réellement à cette soirée c’était qu’elle pouvait boire autant de verre qu’elle voulait, c’était son seul réconfort. Elle n’était d’ailleurs pas la seule car Harry aussi y était allé un peu fort, lui regardait avec insistance Ginny qui était accompagnée d’un Poufsouffle de son âge. Ils ne profitaient ni l’un ni l’autre de la soirée, Harry avait alors proposé à Hermione de s’assoir dans un coin isolé de la salle, avec une bouteille qu’ils partageaient et où ils pouvaient observer à peu près tout le monde sans trop être vu.
- Tu en reveux ? demanda-t-il, la bouteille à la main.
- Oui, s’il te plait, dit-elle en tendant son verre.
- C’est vraiment la soirée la plus ennuyeuse que j’ai jamais faite.
- Je suis entièrement d’accord.
- Il commence à se faire tard.
- Mh, dit-elle, toujours les yeux fixés sur Ron.
- Ecoutes Hermione il faut vraiment que tu arrêtes, tu vas te rendre malade à les regarder comme ça. Elle décrocha enfin son regard et pour l’observer lui.
- C’est facile de dire ça.
- Tu ne devrais pas te faire autant de soucis pour lui, appart te faire souffrir toi ça ne va rien changer à la situation.
- Oui, je sais que tu as raison Harry mais je n’arrive vraiment pas à croire qu’il puisse ressortir avec une autre fille aussi rapidement…
- Oui je te comprends, moi non plus je ne comprends pas comment il a pu te laisser tomber comme ça, il ne mesurait pas la chance qu’il avait. Il disait ça en fixant toujours Ginny.
- Ou peut-être que je n’étais simplement pas à la hauteur…
- Arrête de dire n’importe quoi !
- Mh, après un temps.
- Et il n’y a vraiment personne avec qui tu pourrais te sentir bien, avec qui tu pourrais arrêter de penser à lui ? Elle baissa les yeux. La salle se vidait petit à petit.
- Je ne sais pas… Pourquoi tu dis ça ?
- Je sais pas, je te demande c’est tout.
- Non, dit moi, tu as l’air d’avoir une idée en tête.
- C’est vrai que j’ai peut-être une petite idée…
- Et tu penses à qui ? Il baissa la tête, les lèvres serrées.
- Peut-être, à moi ?
Elle le regarda, ne sachant quoi répondre, il se rapprochait doucement de son visage, de plus en plus près et posa délicatement ses lèvres sur les siennes. Leur baiser ne dura que quelques secondes, pourtant elle eut l’impression qu’il avait duré plusieurs minutes. Lorsqu’il s’éloigna enfin pour la regarder, elle était toute rouge et n’osait affronter son regard. Le silence qui suivit parut encore plus long que le baiser en lui-même. Il n’avait pas été désagréablement du tout ce baiser, mais elle n’était pas vraiment d’attirance par Harry, il était très beau, très gentil, elle l’aimait beaucoup mais elle l’aimait comme son meilleur ami, elle n’imaginait pas autre chose.
- Harry…
- C’est pas grave, j’ai compris. Il se leva. Je suis désolé, je vais me coucher, je te souhaite une bonne nuit. Il partit immédiatement, prise au dépourvu, il la laissait là, sans qu’elle ne puisse rien ajouter.
Alors ça elle ne l’avait vraiment pas vu venir, Harry l’avait embrassé. Elle était pourtant persuadée qu’il avait encore des sentiments pour Ginny, il avait peut-être essayé de la rendre jalouse. Ou bien l’alcool lui avait joué des tours, du moins c’est ce qu’elle espérait. Les yeux dans le vide, elle but l’entièreté de son verre en seulement deux gorgées. Super, maintenant ça allait être embarrassant non seulement avec Ron mais avec Harry aussi. Elle releva les yeux, cherchant de nouveau Ron qui avait visiblement quitté la soirée lui aussi. Décidément, cette soirée ne s’était vraiment pas passée comme prévue. Elle s’apprêtait à se lever quand elle vit que le verre que Harry s’était servi était encore plein. Elle l’attrapa et le vida d’une traite avant de se diriger vers la sortie. Elle marchait dans les couloirs repensant a ce qui venait de se passer, cherchant un moyen d’arranger la situation avec Harry. En passant devant un couloir, quelque chose retint son attention. C’était une voix qu’elle connaissait, elle la connaissait même très bien puisque c’était la voix de la personne qu’elle avait fixé toute la soirée. Elle fit quelques pas en arrière pour emprunter ce couloir pour écouter de plus près. Lorsqu’elle les vit, elle s’arrêta, paralysée. Il se tenait là, assis au bord d’une fenêtre, la blonde dans ses bras, sa langue dans sa bouche. Elle ne put retenir un petit cri de stupeur, ce qui les firent se décoller pour savoir ce qui venait les déranger. Leurs regards se croisèrent, elle sentit son cœur s’écraser dans sa poitrine, renduit à néant. C’était pire que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Elle eut le réflexe de s’enfuir, ses yeux coulaient à flots, elle ne voyait plus rien mais elle courait le plus vite qu’elle pouvait, son cœur s’emballait, elle l’entendait courir derrière elle, il l’appelait. Malheureusement elle ne courait pas assez vite, il la rattrapa en la tirant par le poignet, ce qui lui fit mal étant donnée sa force. Il la bloqua et pour se défendre elle fit encore une fois appel à sa main qui s’écrasa violemment sur sa joue. Pris de court, il resta figé, elle en profita pour se défaire de lui et reprendre sa course en direction du dortoir. Elle cria le mot de passe et entra dans la pièce où était assis Malefoy en train de lire dans le divan. Il se leva d’un coup. La scène se passa extrêmement vite. Ron l’avait rattrapé et il entra en poussant la porte du dortoir qui n’avait pas eu le temps de se refermer. Prise d’une crise de panique, elle s’éloigna en direction de sa chambre, elle avait du mal à respirer. Il avait un regard fou, le souffle court.
- Hermione ! Vient il faut qu’on parle tout de suite ! Dit-il presque en criant. Elle ne bougea pas, elle était tétanisée.
Soudain quelque chose d’absolument inattendu se produit, Malefoy s’interposa entre lui et elle, la baguette a la main.
- Dégage tout de suite, dit-il calmement.
- TA GUEULE MALEFOY C’EST PAS A TOI QUE JE PARLE ! Hermione vient s’il te plait ! dit-il en essayant d’adoucir sa voix autant que possible.
Un jet de lumière rouge sortit de la baguette de Malefoy, Ron l’esquiva, en sortant la sienne aussi. Elle en profita pour se réfugier dans sa chambre, fermant à clé derrière elle et tomba à genoux, complètement épuisée. Elle était en transe, elle ne savait plus ce qu’elle faisait, une simple phrase raisonnait dans sa tête, « tu n’es qu’une idiote, une idiote pathétique », ce mot, toujours ce mot « idiote », elle souleva son tapis dans le coin gauche près de son lit, elle y avait caché un bout de verre que Malefoy n’avait pas ramassé la dernière fois lorsqu’elle avait cassé son cadre. Elle ne voyait qu’une seule chose à faire, elle ramassa le morceau de verre, d’une main tremblante, la respiration irrégulière, les joues trempées, elle transperça sa peau à l’aide de la pointe. La douleur était terrible, elle souffrait beaucoup mais qu’est-ce que ça lui faisait du bien, ressentir toute cette souffrance, cette souffrance qu’elle gardait en elle depuis tant de temps, enfin elle pouvait sortir. I. Elle entendait à l’extérieur de la chambre dans bruits sourds, des cris, tout ça lui était complétement égal. D. Le sang chaud coulait le long de son bras, il coulait sur le sol, sur ses genoux, tachant sa belle robe blanche. I. Elle repensa à la douleur qu’elle avait ressentie dans le manoir des Malfoy. O. A la souffrance qu’elle avait ressentie lorsqu’elle s’était effacée de la mémoire de ses parents. T. La douleur qu’elle avait ressentie lorsqu’elle avait appris que son meilleur ami devait mourir. Lorsqu’elle vit tous les morts après la bataille. Elle avait commencé le E lorsque quelqu’un tambourina à la porte. Elle l’entendait crier, mais ne comprenait rien, son cerveau était si embrouillé, par la douleur, par la souffrance, par la fatigue. La porte s’envola soudain sous ses yeux. Malefoy entra, paniqué, il la regardait. Il se jeta à ses pieds. Il criait mais elle n’entendait rien d’autre qu’un bruit sourd, un bourdonnement dans ses oreilles, elle se sentait mal. Il lui tenait les poignets, lui avait arraché le morceau de verre dégoulinant de ses mains. Elle avait du mal à respirer. Elle sentit qu’il lui entoura son bras meurtrit d’un morceau de tissus pour faire un garrot.
- Granger écoutes moi, ça va aller ok je suis là t’es pas toute seule ! Reste avec moi ça va aller on va aller à l’infirmerie, aller vient, ça va aller !
POV Drago
Il essayait de la soulever tant bien que mal mais elle ne voulait pas, elle pleurait, elle était toute blanche, sa robe était pleine de sang.
- Aller lève-toi ! S’il te plait lève-toi. Elle ne bougeait pas, fixant sa blessure. Elle avait gravé le mot « IDIOTE » dans sa chair presque en entier, il manquait juste les barres du E.
Soudain elle tomba dans les pommes, la douleur devait être trop forte, elle ne supporta pas. Oh merde non, c’est pas vrai ! Son bras continuait de couler à flots, son garrot s’était desserré, il essaya de le resserrer un peu avant de la prendre dans ses bras et de l’emmener à l’infirmerie encore une fois. Il était réellement paniqué, c’était la première fois qu’une telle chose lui arrivait. Il marchait très vite dans les couloirs, presque en courant il arriva enfin à l’infirmerie sans croiser personne. Pomfresh n’était pas là, il la posa alors sur un lit, le plus proche qu’il vit et se précipita vers ses appartements frappant a la porte aussi fort qu’il pouvait.
- Oui, oui qu’y a-t-il ?! dit-elle enfin après quelques minutes, sortant la tête par la porte.
Lorsqu’elle vit les vêtements de Drago plein de sang, son visage changea du tout au tout. Elle sortit immédiatement, se laissant guider vers le lit où Granger était allongée, inerte. Drago n’avait pas les mots, il ne put expliquer la situation, la laissant analyser par elle-même. Elle se rapprocha, prit son bras et regarda de plus près.
- Oh par Merlin, elle s’est faite ça toute seule ? demanda-t-elle à voix basse. Drago acquiesça. Tenez ça ! dit-elle en montrant le garrot qu’il avait fait rapidement avec une écharpe qui trainait sur le fauteuil de Granger. Serrez fort, je reviens !
En moins de temps qu’il ne l’avait pensé, elle revint avec un bol contenant une pâte épaisse et blanche. Elle nettoya la plaie puis y appliqua une bonne couche de pâte.
- Bien, maintenant, laissons là se reposer un peu. Je vais vous demander quelques détails jeune homme car je crains que son état ne cesse d’empirer et j’aimerai connaitre les raisons de sa détresse. Il la suivit à une petite table non loin du lit de Granger où se trouvaient plusieurs chaises. Je vous écoute, dit-elle en sortant un petit calepin et une plume à papote.
Drago raconta ce qu’il s’était passé en détail et décrivit aussi bien qu’il le pouvait le contexte qu’il connaissait de la situation, c’est à dire pas grand-chose.
- Etes-vous le seul au courant de ce qu’il s’est passé ?
- Oui.
- Pour la dernière fois aussi ?
- Oui.
- Bien, normalement, elle pourrait sortir de l’infirmerie dès ce soir, la pâte que je lui ai appliquée devrait avoir bien fait son effet, mais lorsque j’ai nettoyé la plaie, j’ai senti une forme de magie qui risque de retarder sa guérison. Je ne vais pas rentrer dans les détails de ce processus complexe avec vous mais ce que je peux vous dire c’est que lorsqu’elle que le verre a transpercé sa peau, elle a dû se jeter un sort a elle-même dans le but de se faire souffrir encore plus. Ça arrive parfois, j’en avais déjà entendu parler mais c’est la première fois que je vois ça.
- Ça veut dire qu’elle va mettre plus de temps pour guérir ?
- Oui c’est ça, il va donc falloir qu’elle applique tous les jours la pâte que je vais lui prescrire et lui fournir. Il est possible que la plaie se remette à saigner si elle n’applique pas le traitement. Je vais dès demain commencer à faire des recherches dans le but de l’aider au mieux en consultant des confrères. Appart la douleur que ça va lui provoquer elle pourra tout à fait reprendre une vie normale, aller en cours etc. mais je pense que ça serait une très mauvaise idée de la laisser faire ça, c’est pourquoi je vais vous demander de garder attentivement un œil sur elle et de me tenir au courant de sa guérison. Il faut impérativement qu’elle applique le remède. J’ai également peur qu’elle ait subi un choc très violent ce soir et qu’elle prenne peur en se réveillant demain matin en voyant l’état de son bras. Je vous demande donc Mr Malefoy de vous assurer qu’elle prenne soin d’elle-même, qu’elle ne se blesse pas à nouveau et qu’elle se nourrisse correctement. Si vous détectez la moindre chose anormale, dites-le-moi immédiatement, est-ce bien clair ?
- Oui, c’est très clair.
- Bien, avez-vous des questions ?
- Non, enfin si, est ce qu’elle va rester ici cette nuit ou il faut que je la ramène ?
- Je pense que si elle se réveille dans son lit, elle sera moins perturbée, je vais vous aider à la ramener.
POV Hermione
Elle était bien, allongée dans son lit, elle dormait paisiblement, elle aurait pu dormir encore pendant des heures mais quelque chose la dérangeait, elle ressentait des picotements, une brulure, une douleur. Ça venait de son bras. Elle ouvrit doucement les yeux, la lumière légère de l’aube envahissait la pièce d’une douce couleur dorée. Elle souleva légèrement son bras gauche emballé dans un bandage blanc, une douleur lui traversa tout le bras, du bout des doigts jusqu’à la racine de l’épaule. Aie ! Elle se releva d’un coup lorsqu’elle entendit un bruit venant du fond de la pièce en poussant un petit cri de surprise. Malefoy était assis, endormi dans le fauteuil en face du lit. Il se réveilla lui aussi en sursaut lorsqu’il l’entendit.
- Qu’est-ce que tu fais là ?!
- Eh, calme-toi, ne bouge pas trop tu vas te faire mal. Elle regarda son bras endolori qu’elle reposa doucement sur les draps.
- Qu’est-ce que… ? le regard inquiet.
- Tu ne te rappelles pas ?
- Je… Je ne sais plus trop… Il s’approcha, s’assit au bout du lit.
- Je vais tout t’expliquer, dit-il calmement, les yeux doux.