Les Amours de Radimir Vynoque

Chapitre 7 : Une vieille connaissance

Par radimir

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40 ans plus tôt…

 

            Le jeune Radimir regarde par la fenêtre de sa chambre donnant sur la rue immaculée du quartier très cossu où lui et ses parents habitent. Le Vynoque est alors un charmant petit bambin bien dodu. De sa mère, il a hérité son ventre fabuleux qui fait la fierté de sa lignée depuis des siècles. De son père, il a prit la moustache qui se forme en petit duvet sur la lèvre supérieure de notre ami malgré son jeune âge. Déjà à cette époque, il avait développé un goût particulier pour les livres. Ses livres pour bébé étaient ainsi toujours parfaitement rangés et étaient traités avec le plus grand soin. A plusieurs reprises, ses parents avaient été convoqués par la maîtresse d’école de Radimir parce que celui-ci avait mordu ses petits camarades de classes qui tentaient d’approcher leurs mains sales des livres de cet enfant à la tête ronde. Hormis ces quelques accrochages, Vynoque avait tout pour être heureux. Et il l’était. Mais il allait bientôt l’être encore plus.


            Vynoque se rappelait maintenant très bien du raffut qui l’avait amené à regarder par sa fenêtre cet après-midi de printemps. Penchant son regard vers le bas de la rue, il avait aperçu de nombreux camions desquels des déménageurs musclés sortaient moult meubles pour les transporter à l’intérieur de la maison voisine à celle des Vynoque. Plus tard, il vit une belle voiture noire arriver. De cette voiture sortit une petite famille : un homme et une femme qui donnait la main à un petit loupiot. Celui-ci attira immédiatement toute l’attention de Radimir : il n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Il faut dire que le nouveau voisin de notre bambin avait une belle chevelure frisée d’un blond vénitien soyeux, une peau plus blanche qu’une perle de lait et surtout deux beaux yeux d’un bleu plus profond que le ciel. Debout dans sa chambre, Radimir regarda le petit garçon entrer dans son nouveau chez lui par les yeux vitreux de ses bésicles. Il sentit, sans pouvoir se l’expliquer, que quelque chose venait de changer en lui imperceptiblement.

            

**********

 

            Quelques années après ces évènements, le Vynoque avait prit en maturité et surtout en rondeur. Il était à présent surnommé par ses camarades de classe « Mimir la boulette ». Son ventre avait en effet prit des proportions extraordinaires pour ses 12 ans et son visage rose et joufflu lui donnait l’apparence d’un énorme poupon. Il venait d’entrer en deuxième année de collège et sortait de chez lui ce matin là, ventre en avant, la raie bien au milieu et arborant fièrement ses nouvelles chaussures bien cirées par sa mère. En s’amusant à faire couiner ses mocassins sur le trottoir, il attendait patiemment. La porte de la maison voisine s’ouvrit et Vynoque rajusta alors ses lunettes sur son nez pour observer un jeune enfant en sortir. C’était son jeune voisin William. Radimir se redressa et gonfla son ventre de fierté. La vieille on lui avait confié une mission de la plus haute importance : accompagner chaque matin le petit William sur le chemin de l’école avant de se rendre au collège. Il savait bien que cette tâche ne lui avait pas été confiée par hasard. Il fallait dire qu’il était le meilleur de sa classe et que contrairement à ses ignares de petits camarades il savait déjà parfaitement son latin et son alphabet grec. Sa maman lui avait même dit avant de le border la veille qu’il était le plus intelligent et le plus beau du monde. Eh oui ! Ce n’était pas rien. On le savait capable d’effectuer son rôle d’accompagnateur avec prestance.


            Radimir se pavanait ainsi comme un paon tandis que le jeune William s’approchait timidement de lui. Le petit anglais devenait de plus en plus beau et promettait de devenir un homme magnifique. Mais pour l’instant, il était un petit garçon réservé qui cachait ses beaux yeux bleus sous une longue mèche de cheveux soyeux. Une fois à la hauteur de Vynoque, William hissa son regard rempli d’admiration jusqu’aux bésicles du Vynoque, qu’il avait du mal à apercevoir à cause de la grosseur du ventre de celui-ci qui lui bouchait la vue.


            Ils se mirent alors en route, le Vynoque de son pas couinant et dandinant, William en jetant des coups d’œil en cachette à son voisin dès qu’il le pouvait. Radimir n’était pas dupe. Il savait que son jeune ami l’admirait, et ce n’était pas difficile de savoir pourquoi. Alors qu’ili était déjà d’une magnificence incroyable pour son âge, le pauvre William était totalement dépourvu de charme. Ces yeux étaient certes bien bleus, mais ils ne valaient pas son regard vitreux à lui. Néanmoins, il avait fait de son voisin son petit protégé. Avec un peu de chance, il arriverait à faire de lui un assistant tout à fait admirable. Vynoque entreprit alors de prodiguer des conseils à son camarade. Ou plutôt, il lui parla longuement d’à quel point la vie d’un collégien était dure, sauf pour lui-même qui en relevait les défis avec brillot chaque jour que dieu faisait. William buvait ses paroles comme du petit lait.


            Emportés par le monologue du Vynoque, le trajet jusqu’à l’école de MacMolsby passa en un clin d’œil. Radimir accompagna William jusqu’au portail de la cour, puis lui dit en lui tapotant avec bienveillance sur l’épaule :


            « - Tu es une bonne graine mon petit. »


            A ces mots, William rougit, releva ses yeux bleus et lui sourit en le regardant d’un air où l’on voyait se dessiner beaucoup plus que de la simple admiration.

 

*********

 

            C’est cinq ans plus tard que la vie de Radimir allait être bouleversée à jamais, lors de sa dernière année de lycée. Son ventre avait pris des proportions si faramineuses qu’il en était devenu effrayant, sa moustache était à présent bien touffue et peignée soigneusement au dessus de sa lèvre. Ses cheveux noirs étaient bien plaqués et laqués sur son crâne aussi rond qu’une boule de cristal. Il se promenait complètement débraillé dans les couloirs, les manches de sa veste si longues qu’elles lui arrivaient presque aux chevilles en étant convaincu d’incarner le style le plus populaire du lycée. Selon lui, personne ne l’égalait ni n’osait le copier (par peur de ne pas être à la hauteur sûrement). Ce qui était sûr, c’est que le Vynoque avait acquis une certaine réputation dans son établissement où on devait bien admettre qu’il avait un succès fou auprès de la gente féminine…ET de la gente masculine ! Si bien que Radimir était maintenant surnommé par ses camarades « la Radimiruse ». Radimir n’en était pas peu fier.


            Ce jour là, la grosse bedaine du Vynoque était particulièrement bombée de vanité : on l’avait choisi pour aller présenter sa filière aux collégiens de son ancien établissement (ou plutôt, pour être honnête, il avait débarqué comme un phoque enragé dans le bureau du proviseur en scandant à grands cris que s’il n’était pas pris pour cette mission, il utiliserait sa prodigieuse panse pour mettre à sac le lycée tout entier). C’est d’une démarche joyeuse qu’il entra alors dans la salle de classe bondée où tous les élèves de troisième avaient été réunis pour l’occasion. Alors que le Vynoque acheminait son corps prodigieux sur l’estrade tant bien que mal, son regard capta un visage familier au premier rang. C’était un visage qu’il avait perdu de vue depuis quelques années : celui de son voisin William. Debout devant le tableau, Vynoque était bouche bée devant la beauté de ce jeune homme. Il avait coupé sa longue frange de cheveux pour révéler un regard plus intense et plus bleu que la mer. Il lança à Vynoque un sourire rempli de joie et de surprise si magnifique que Radimir faillit tourner de l’œil. Il dut prendre de grandes inspirations bruyantes avant de pouvoir entamer sa présentation.


            L’heure durant laquelle le Vynoque s’exprima devant la classe fut l’une des plus dure de sa vie (littéralement). Il semblait que William le dévorait littéralement du regard. Il se sentait prêt à défaillir, moite de chaleur. Quand la fin de l’heure sonna, et qu’il décida de s’approcher du MacMolsby, il sut que c’était là le début de quelque chose de très excitant.


 

            Deux jours après, le soleil du début d’après-midi se faufilait entre les étagères de la bibliothèque familiale des Vynoque. Radimir avait laqué ses cheveux ainsi que sa moustache et avait enfilé sa plus belle tenue. Il avait néanmoins pris soin de ne porter aucun sous-vêtement. Il n’en aurait pas besoin aujourd’hui. En face de lui se tenait le beau William dont le regard examinait chaque recoin des étagères de la pièce. La vision de la main virile du MacMolsby caressant les reliures de ses ouvrages mettait Vynoque dans tous ses états. Il observa avec passion William sortir délicatement un livre de son étagère avec des gestes doux et précis pour ne pas l’abimer, puis le feuilleter avec fascination. C’est alors qu’il releva ses yeux de la couleur du ciel vers le Vynoque et, se voyant admiré de la sorte, rougit et se plongea dans la contemplation de la gravure de la page qu’il venait d’ouvrir. Il devint alors encore plus cramoisi et se racla la gorge pour cacher son embarra. Radimir comprit immédiatement l’origine de ce comportement. D’un pas languissant, il s’approcha de son voisin en roulant des hanches et vint se placer à ses cotés, la tête au dessus de son épaule.


            « - C’est un très bon livre que tu as là, lui susurra-t-il à l’oreille en lui désignant la gravure érotique de l’ouvrage que William tenait entre ses mains. N’aies pas honte ! Tu peux regarder. C’est le livre qui est comme ça. On appelle ce genre d’œuvre des « livres qui ne se lisent qu’à une main ». Tu veux savoir pourquoi ? 


            Sur ces mots, Vynoque rapprocha son corps de celui du bel anglais de manière à ce que son ventre épouse parfaitement la forme du dos de MacMolsby, obligeant celui-ci à se courber bizarrement en arrière. Radimir plaça ensuite ses mains autours de la taille du rougissant William.


- Je vais te montrer pourquoi », dit-il en faisant descendre lentement une de ses mains vers l’entrejambe de son ami.


            Ce geste plongea William dans un état second. Il se mit à respirer de plus en plus vite, tout en se laissant fondre contre le ventre de Radimir sous les caresses de celui-ci. Lentement, Vynoque contraignit William à se retourner face à lui et l’embrassa passionnément. MacMolsby s’abandonnait de plus en plus au bedonnant Radimir et lui rendait son étreinte avec fougue, lui caressant le ventre avec de grands gestes circulaires. S’en était trop pour Vynoque. D’un coup de ventre, il poussa William contre une table où il l’obligea à s’assoir. Il entreprit alors d’enlever son pantalon, puis le sien. Son membre se dressait fièrement vers le bel anglais. Au moment de s’introduire définitivement en son voisin, celui-ci eut un léger mouvement de recul. Son regard était devenu hésitant, presque effrayé. Devant l’expression interrogative de Radimir, il expliqua timidement :


            « - Je… Je suis désolé… J’en ai très envie. C’est juste que… Je suis… Enfin je n’ai jamais….


            Le Vynoque mit quelques instants à comprendre, puis éclata d’un rire tonitruant et s’exclama :


-     Aaaaaaaaaaaaaaah ! Petit coquin ! Tu es encore pucelle ! 


            Il est vrai que Radimir et William avaient une certaine différence d’âge, mais le jeune anglais était si beau que Vynoque n’avait jamais imaginé que celui-ci soit encore vierge. Une fois remis de son hilarité, il plongea son regard dans les beaux yeux de MacMolsby.


-Ne t’inquiète pas, lui dit-il d’une voix de velours, tu peux me faire confiance. Tu n’es pas la première vierge à mon actif. Tu vas voir. Je vais te déniaiser dans les règles de l’art ! »


Et c’est ce qu’il fit sous le regard d’abord impressionné puis langoureux de William.

 

***********

 

            Depuis ce jour là, ils vécurent plein d’autres parties de jambes en l’air passionnées. Grâce au Vynoque, William s’était en deux mois initiés avec virtuosité à l’art de l’amour. Il aimait tellement pratiquer la chose que ses fesses en étaient devenues extrêmement musclées et galbées. Radimir était fou de joie de posséder un tel amant, et se laissait prendre avec un plaisir débordant dans tous les lieux et dans toutes les positions les plus incongrues. Ils étaient heureux, fous l’un de l’autre et aussi amoureux qu’il est possible de l’être.


            Mais tels Roméo et Juliette, des forces ennemies œuvraient pour les séparer l’un de l’autre. En effet, les parents de MacMolsby avaient découvert la liaison de leurs fils avec son voisin, en surprenant les deux en pleine galipette sur le tapis de leur salon, et ils étaient bien déterminés à y mettre fin. Le lendemain matin, William serait forcé de déménager avec sa famille à Saint-Pétersbourg, alors que Radimir était envoyé en internat à la Sorbonne. Mais pour l’instant ils étaient ensemble. William avait réussi à se faufiler par la fenêtre de la chambre de Vynoque pour partager une dernière nuit d’amour avant leurs départs. Allongés l’un à coté de l’autre, ils se regardaient sans rien dire. Radimir sombrait dans le désespoir le plus profond. Il ne pourrait jamais vivre sans les caresses de son amant.


            « - Je t’ai toujours aimé tu sais ?


            La voix grave de William venait de briser le silence.


            -Depuis la première fois où je t’ai vu lire un livre dans ton jardin, je t’ai aimé. Tu étais déjà si potelé à l’époque, continua William en effleurant la panse de Vynoque du bout des doigts. Tu étais magnifique. Tu l’es toujours. Je suis si heureux que tu aies enfin fini par me remarquer, par m’aimer. Je chérirai tous les moments que nous avons passé ensemble jusqu’à la fin de mes jours.


            Après avoir embrassé une dernière fois son amant tendrement, il se releva et enfila ses vêtements un à un. Vynoque, nu comme un vers, le regardait faire, le cœur en mille morceaux alors qu’il apercevait pour la dernière fois le fessier de son amant, aussi rond que son ventre à lui.


            -Tu ne m’oublieras pas hein ? lança William sans le regarder, escaladant le rebord de la fenêtre de Radimir.


            -Jamais, répondit le Vynoque d’une voix pleine d’émotions.


            -Moi non plus. Jamais. Tu resteras l’amour de ma vie. Mon seul et unique amour. »


            A ces mots, William se laissa lentement glisser le long du mur. Avant de disparaître, il regarda une dernière fois Vynoque intensément, comme pour se graver à jamais dans sa mémoire l’image de son visage. Puis il disparut dans la nuit. Alors que le Vynoque parcourait des yeux sa chambre vide, les larmes coulant sur ses joues, il se promit une nouvelle fois de ne jamais l’oublier.

 

************

 

            Et pourtant il avait fini par l’oublier, si prit par ses études, puis son métier et ses milliers d’aventures sans lendemain. Il avait effacé de sa mémoire celui qui aurait pu être l’amour de sa vie. Un amour qui lui avait été ravi trop tôt.


            Vynoque était à présent submergé par l’émotion, tremblant de tout son corps à la vue de ce fessier musclé qu’il connaissait jadis si bien. Au souvenir de toutes les nuits endiablées qu’ils avaient vécus, son membre viril s’était dressé, gorgé d’envie. C’est en entendant le grognement d’excitation de Radimir que William se retourna. Ils se regardèrent droit dans les yeux.


            « - William ? C’est bien toi ? dit Radimir d’une voix troublée.


            -Radimir. Enfin. », répondit William en se précipitant vers Vynoque.


            Arrivé à sa hauteur, il plaça ses deux mains fines sur le gros visage de son ancien amant. Toute la passion qu’il avait retenue pendant ses vingt ans de séparation explosa alors. Après un instant d’hésitation, William se jeta sur Vynoque et embrassa son ancien amant avec toute son âme.

 








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