Le vingt et un septembre deux mille un, commença d’une façon merveilleuse pour Harry Potter. Tout d'abord, c’était le premier jour de leurs vacances, tant attendues, avec Severus. Des vacances enchantées avec un soleil chaud, une mer douce et un sable blanc éblouissant. Éloignées de la Grande-Bretagne magique avec ses problèmes d’après-guerre. À l’écart de ce travail, tant aimé, mais si envahissant, que parfois il ne restait presque plus de temps pour la vie personnelle.
La veille, ils célébrèrent, les deux prochaines semaines de liberté absolue de toute obligation envers le monde magique, et en rentrant chez eux vers deux heures et demie du matin, ils firent l'amour. Ils ne se réveillèrent que vers midi le lendemain.
- Merlin, est-ce que c'est vrai, que je ne vais pas entendre la voix de l'emmerdeur Robbins pendant deux semaines entières ?!
Harry poussa un soupir de bonheur et, s'appuyant sur son coude, jeta un coup d’œil par la fenêtre, dehors, où tombait une pluie froide, habituelle pour l'automne anglais.
- Tu t’imagines, dans seulement trois heures, toi et moi, nous serons à Polis Chrysochoùs (1) et nous aurons enfin une lune de miel normale !
- N'est-il pas un peu tard ? Un an et demi après le mariage ! Soupira Rogue. -
- La lune de miel, dit Harry sur un ton édifiant, est une chose tellement étonnante qu'elle n'arrive jamais trop tard, ni au mauvais moment. Sais-tu seulement comment je t'aime ? Et combien je te désire.
Il s’inclina vers Severus et couvrit ses lèvres par les siennes.
- Alors, où est le problème ? Je suis tout à ton service.
Rogue sourit ironiquement, attira Harry contre lui, et quelques instants plus tard, le jeune homme bougeait de haut en bas, à cheval sur les hanches de Severus en s'agrippant à ses épaules. Cette position leur convenait à tous les deux car elle faisait brouiller les limites entre donneur et receveur, et Harry pouvait taquiner Severus, soit en laissant la verge glisser presque hors de son anus, soit en s'enfonçant dessus au point qu'ils ne pouvaient plus retenir des gémissements.
Harry se mit à bouger de plus en plus vite, Severus le pressa contre lui, et pendant un certain temps, seuls leurs soupirs rauques se firent entendre. Finalement, Severus frissonna et, en serrant Harry dans ses bras, l'embrassa sur les lèvres, sentant le sperme chaud couler sur son ventre.
- Je suis si bien ! Murmura Harry, s'abandonnant complètement au bonheur post-orgasmique. - Peut-être, on laisse tomber ce Polis ? Je suis bien partout si je suis avec toi !
- Certainement pas ! Répondit Rogue, essayant de reprendre son souffle. Je ne sais pas pour toi, mais moi, je suis fatigué par tes raids et tes blessures. Je veux passer au moins quelques semaines sans craindre pour ta vie.
- Comme tu voudras ! Harry roula sur le côté se pressa contre lui. - Et puis, ce n’est pas pour rien qu’on a fait des valises !
- Exactement ! Rogue acquiesça. Par conséquent, Monsieur l'Auror, s'il vous plaît, levez-vous et allez-vous doucher, sinon nous serons en retard pour le portoloin.
- J'obéis, Monsieur le Grand Chef du Département des Mystères !
Potter rit, mais au lieu de sortir du lit, il frotta effrontément son pénis en érection contre la cuisse de Rogue.
- Tu n'as pas honte, Potter ! Marmonna Severus avec un feint mécontentement, en saisissant le pénis chaud et lisse, ce qui fit expirer Harry de manière spasmodique.
- On est en vacances !
- Et c'est pour ça que tu veux me "tuer" par les exploits au lit avant qu'ils commencent ?
Malgré le ton sarcastique de Severus, sa paume glissa doucement le long de membre excité à l'extrême de Harry. Potter ressentit déjà un plaisir inimaginable l'envahir, semblable à des vagues de l'océan, et une spirale serrée d'orgasme imminent s'enroula dans son bas-ventre.
À ce moment-là, un scintillement familier se répandit au milieu de la pièce, à partir duquel se tissa un chien transparent, le Patronus de l'Auror en chef Robbins.
- Potter ! Au Bureau des Aurors, immédiatement !
Aboya-t-il, sans prêter la moindre attention aux deux hommes nus figés sur le lit.
- À Toulouse, une puissante explosion s'est produite dans une usine militaire moldue. Il y a des victimes dans la communauté des sorciers. Le ministère français de la Magie a demandé l'aide à tous les pays voisins.
Je suis désolé, Potter, mais vos vacances sont annulées.
- Ce n'est pas vrai, quelle M... jura Harry et jeta un regard désespéré aux valises soigneusement empilées dans le coin, et qui probablement ne seraient pas utilisées dans un avenir proche.
- Potter, dit calmement Rogue, pourrais-tu réserver ces expressions à tes amis Aurors ?
- Ne me dites pas, que vous n'êtes pas du tout contrarié par le fait que nos vacances ont été gâchées de la manière la plus éhontée, Professeur Rogue, dit sombrement Harry. Ou préféreriez-vous visiter la Grèce sans moi ?
- Ne dis pas de bêtises ! Severus lui attrapa par la main, l'attira vers lui et lui donna un long et tendre baiser. - Naturellement, je n'irai nulle part sans toi, et, bien sûr, je ne suis pas moins contrarié que toi par ces vacances manquées. Mais nous savons tous les deux que la vie est une chose injuste.
Dit, simplement, à Robbins pour la prochaine fois, si tu n'as pas d'enfants, ce n'est pas une raison pour faire de toi un bouche-trou.
- Je peux imaginer à quel point tes collaborateurs seront « ravis », rigola Harry en enfilant son uniforme d'Auror, - ils s'attendaient à se reposer de toi pendant deux semaines entières !
- Je suis heureux de constater, que la vie est injuste aussi pour les autres et pas uniquement pour toi et moi, plaisanta Rogue.
Et puis il ajouta très sérieusement : « Essaye de ne pas prendre les risques injustifiés, ne te jette pas dans la gueule du loup. »
- Quoi qu’il arrive, je tiendrai certainement compte de ton souhait ! Harry sourit - Je suis désolé de te laisser t'occuper seul de l'annulation auprès de l'administration de l'hôtel.
- Ce n'est pas grave, soupira Rogue, je suis sûr que ce ne sera pas pire que de parler face à face avec le Seigneur des Ténèbres.
***
Vingt minutes plus tard, Harry, ainsi que les cinquante autres Aurors, reçut des instructions lors d'un bref briefing avant d'être envoyés sur le site de la catastrophe. L'Auror en chef Robbins, un homme âgé, mais toujours en excellente forme, marcha le long de la file, en jetant de temps en temps un coup d'œil nerveux à l'horloge accrochée dans le hall.
- Messieurs, il y a deux heures environ, une explosion d'une force sans précédent s'est produite à Toulouse. Je ne sais pas exactement quelle substance spécifique a été rejetée dans l’atmosphère, mais des centaines de cas d’empoisonnement ont déjà été signalées dans la ville. Malheureusement, il y a eu des victimes et leur nombre augmente dans un rythme alarmant.
Selon nos informations, il n'existe pas de communauté magique à Toulouse, mais à cinq kilomètres de là se situe la ville « La-Belle », habitée exclusivement par des sorciers. Le vent en provenance de l’usine souffle précisément dans cette direction. Les Aurors français sont beaucoup moins nombreux que nous, comme vous le savez. Ils n’ont tout simplement pas assez de personnel. C'est pourquoi ils ont décidé de se tourner vers l'Angleterre pour obtenir de l'aide.
À présent, concernant de votre mission. Vous vous chargerez de l'évacuation. Toutes les victimes doivent être transportées par des portails vers Paris, à l'hôpital Sainte-Geneviève. Ceux qui ont échappé à l'empoisonnement seront escortés vers un campement d'urgence, organisé par le ministère français de la Magie, et situé à bonne distance de Toulouse.
N'oubliez pas les mesures de sécurité à respecter. Nous n'avons aucune idée du type de substance stockée dans cette usine, donc dès votre arrivée, utilisez le sort de Tête-en-bulle. Par ailleurs, n'oubliez pas le sortilège du multilinguisme : les Français, même s'ils maîtrisent l'anglais, préfèrent le cacher avec soin.
Des questions ?
- Quels sont les symptômes d’intoxication ? Seamus Finnigan leva la main.
- Des larmoiements, des nausées, des vomissements, des maux de tête, voire des évanouissements. C'est ce que m'ont dit mes collègues français.
Si quelque chose de similaire vous arrive, je vous ordonne de ne pas jouer aux héros, mais d'en informer immédiatement le commandant de votre détachement.
Et maintenant, je demande aux Aurors : Potter, Finnigan, Thomas, Perkins et McDougall de s'avancer.
Les autres forment des groupes de neuf personnes chacune. Les portoloins s’activeront dans deux minutes. Bonne chance !
***
La petite ville La-Belle qui porta bien son nom, située sur les rives pittoresques de la Garonne, entourée de jardins et de vignes, elle offrait un tableau tout à fait pastoral.
Trois heures après la catastrophe, les habitants n'avaient plus rien à faire des beautés de la nature, ils étaient préoccupés par d’autres problèmes, beaucoup plus graves, leurs vies furent scinder entre « avant » et « après » au moment où une explosion terrible se produisit à Toulouse, leur ville voisine.
À dix heures et demie du matin le silence somnolent de la ville fut rompu par un rugissement assourdissant. Les gens sortirent précipitamment de leurs maisons et observèrent avec appréhension le brouillard d’une étrange couleur qui s’élevait à l’horizon.
Si les habitants de La-Belle eurent les moyens de communication moldu, ils auraient été informés de l'explosion, du fait que le vent soufflait un nuage empoisonné vers eux et de la nécessité d'une évacuation temporaire. Mais la communauté sorcière de La-Belle, qui avait beaucoup souffert de l'Inquisition, préférait limiter les contacts avec les Moldus au strict minimum. Alors, rien ne fut entrepris.
Pendant un peu plus d'une heure, la vie dans la ville se poursuivit comme d'habitude : près de la fontaine, des jeunes mères promenaient leurs bébés, qui gazouillaient joyeusement, des vieux sorciers partageaient les derniers potins de la ville attablés dans le café et des enfants jouaient dans la cour de l'école élémentaire de magie.
Vers midi et demi, le vent qui souffla, par un malheureux hasard ce jour-là, de Toulouse, apporta dans les environs des fumées toxiques produites par les explosions à l'usine chimique et à l'usine militaire.
Alors, les portes de l'enfer s'ouvrirent à La-Belle : les gens s'évanouissaient dans les maisons et les rues, vomissaient, souffraient de saignements de nez incontrôlables et, pour couronner le tout, plusieurs jeunes sorcières firent des fausses couches spontanées.
Le chef de la communauté municipale de La-Belle, qui tenait à peine debout, envoya, en désespoir de cause, les hiboux, mais ils s'essoufflèrent avant même de parcourir une douzaine de mètres.
Seules quelques personnes, en voyant cette image de l’apocalypse, eurent la lucidité nécessaire pour user de sortilège Tête-en-bulle sur eux-mêmes et sur leurs proches. L'un de ces sorciers ingénieux fournit au ministère de la Magie les nouvelles sur le sort des habitants de La-Belle.
La situation dans la ville fut immédiatement évaluée par l'Auror en chef parisien. Conscient qu'il ne serait pas en mesure de faire face à une catastrophe de cette ampleur, il envoya un Patronus directement au Ministre de la Magie de France avec une demande d'aide.
Et une demi-heure plus tard, le Patronus de Robbins fit son apparition dans la chambre du couple Rogue-Potter, déjouant tous leurs rêves des vacances.
***
L’opération, baptisée « l'air pur », prit fin à cinq heures de l'après-midi. L'équipe internationale des Aurors, composée de cent cinquante personnes, accomplit sa tâche difficile avec brio.
Des portoloins spéciaux furent utilisés pour évacuer les personnes touchées par des émissions toxiques vers le centre de soins mobiles, organisé à la hâte par le personnel de l'hôpital Sainte-Geneviève sur le territoire d'un village magique situé à quelques kilomètres de Paris.
Les deux douzaines de sorciers morts de l'empoisonnement, dont beaucoup étaient des enfants, furent transportées sous le sortilège de la stase au Ministère de la Magie afin que leurs proches, une fois rétablis, puissent faire leurs adieux dans la dignité.
Harry et ses hommes devaient inspecter la dernière maison dans la périphérie de La-Belle. Un silence oppressant régnait dans le cottage, interrompu seulement par la respiration lourde des Aurors fatigués. Harry s'attendait que la maison soit déserte, mais ses espoirs ne se réalisèrent pas. Ils découvrirent dans la chambre principale, un homme inconscient et une jeune femme morte. À en juger par son ventre proéminent, elle était presque au terme de sa grossesse.
Harry fit signe à ses collègues de s'occuper du malheureux couple. Et lui-même décida d'inspecter de nouveau le deuxième étage, au cas où.
Harry n’entendit pas immédiatement les pleurs étouffés d’un enfant en raison du sort de Tête-en-bulle qui atténuait les sons environnants. Potter se pencha et regarda sous le lit et y vit un garçon âgé d'environ trois ou quatre ans. Le garçonnet gémissait en plaquant ses mains contre la bouche en essayant de retenir les vomissements.
- Viens avec moi ! Dit Harry aussi doucement que possible.
L'enfant, les yeux écarquillés de terreur, regarda l'homme à la tête étrange, et ne bougea pas.
- N'aie pas peur ! Je t'emmènerai voir ton papa ! Insista Harry.
Le petit garçon secoua négativement la tête. Ce n'aurait pas été bien difficile avec l'aide de la magie de sortir l’entêté de dessous le lit, mais Harry se sentit soudain terriblement désolé pour cet enfant qui avait perdu sa mère. Alors il leva le sortilège de la Tête-en-bulle et tendit la main au petit en murmurant :
- Ton père m'a demandé de t'emmener loin d'ici. Viens avec moi !
Quelques minutes plus tard, par un portail spécial, Potter et le garçon, qu'il avait secouru, se retrouvèrent dans l'hôpital mobile.
- Connaissez-vous son nom ? Nous essayons de noter les noms de tous les enfants de moins de sept ans afin d’éviter toute confusion ultérieure.
La jeune guérisseuse se tourna vers Harry.
- Michel Leclerc, dit Harry.
Le petit garçon réussit à lui donner son nom avant de perdre connaissance, et de plus les noms des habitants de la maison figuraient sur les listes remises à son équipe.
- Super !
La guérisseuse agita sa baguette, et la carte attachée aux barreaux de lit d'hôpital se remplit automatiquement.
- Un autre Leclerc est arrivé il y a dix minutes.
- C'est son père !
C'est tout ce que réussit à dire Harry avant de vomir sur le sol.
- Avez-vous travaillé sans équipement de protection ?!
La femme lui adressa un regard furieux, remettant de l'ordre d'un geste de sa baguette.
- J'ai dû annuler le sortilège de la Tête-en-bulle parce que Michel avait peur de moi, siffla Harry, retenant à peine les vomissements qui lui montaient à la gorge. - Ne vous inquiétez pas. Je vais mieux. Je dois rejoindre mon équipe. S'il vous plaît, prenez bien soin de Michel.
Il quitta la tente et, en surmontant son malaise, transplana vers La-Belle.
_______________________________________
(1) Polis Chrysochoùs - Chypre. Polis est situé près de la célèbre péninsule d'Akamas, connue pour ses thermes d'Aphrodite ainsi que le célèbre Latchi. L'ensemble de Polis Chrysochous est un domaine avec des beautés naturelles uniques, la région combine les eaux bleues les plus claires à côté des beautés naturelles brutes.