Ayant pris cette décision difficile pour eux, Severus et Harry informèrent Kreattur de l'expérience à venir et lui ordonnèrent de garder un silence total. L'elfe était ravi d'apprendre la naissance à venir d'un héritier de la famille Black et offrit son aide complète, comme Harry l'avait prévu.
- Merci, Kreattur, on n'a besoin de rien de plus, Severus calma l'ardeur de l'elfe de maison. - À moins que... Deux mois avant le début de l’expérimentation, Harry devra suivre un régime assez strict : pas de bacon, plus de légumes et de fruits, des cocktails vitaminés...
- Kreattur a tout compris ! Maître Harry ne mangera que des aliments sains ! Elfe fut ravi.
Depuis ce moment-là, Kreattur observa de manière obsessionnelle ce que Potter mangeait et comment. Même si Severus faisait parfois plaisir à son mari en emmenant Harry secrètement dans un restaurant italien et en le gâtant avec des plats de spaghettis à la carbonara ou une pizza au bacon croustillant, Kreattur, dans son désir de contribuer au succès de l'entreprise, ne manifestait aucune compassion.
Severus rentra du Ministère pour trouver Harry assis à la table de la cuisine. Potter avec une expression sombre et résignée buvait un cocktail vitaminique que Kreattur lui avait servi tout au long du mois dernier.
- Gingembre, betterave, pomme verte et carotte, Maître Harry a besoin de vitamines, rapporta l'elfe à Rogue à la manière d'un vrai petit soldat.
Habituellement, en regardant comment Harry s'étouffait presque avec un cocktail qui était bénéfique pour sa santé et celle de son enfant à naître, Rogue se rassurait que cela se faisait pour le bien de toute l'humanité, mais aujourd'hui, il regarda soudainement le problème sous un angle différent. Le monde magique était de nouveau en danger de mort. Harry, son Harry, qui avait failli perdre la vie cinq ans plus tôt en luttant contre les forces du mal, devait une fois de plus se sacrifier.
- J'ai démissionné et j'ai dit au revoir à Ron, dit Harry d'un ton neutre, ce qu’accentua le sentiment de culpabilité de Severus.
Puis Harry reprit en grimaçant une autre gorgée de cocktail et ajouta :
- Merlin, quel goût infect ! Et pourquoi tout ce qui est bon pour la santé est si dégoûtant ?
Severus reprit le verre à moitié vide et le plaça un peu plus loin sur la table :
- Harry, je pense que tu n'as pas besoin de faire tout ça.
- Tu veux dire, que pas besoin de finir ton cocktail ? Je crains que Kreattur ne tolère pas une telle désobéissance.
Severus le regarda droit dans les yeux. Il posa la main de Harry sur sa joue, puis il commença à lui embrasser les jointures, et déclara avec assurance :
- Non, je refuse que tu te joignes à l'expérience, c'est trop dur pour toi. Ne crois pas que je suis trop occupé au laboratoire pour remarquer tes inquiétudes. Je me rends compte que tu n'es pas toi-même ces derniers temps. Je sais que tu ne veux pas me laisser tomber, mais… Tu n'es pas un cobaye pour moi. Pendant toute ta vie, tu as obéi aux attentes des autres. Tu as dû te sacrifier à maintes reprises. Et nul ne voyait la vraie personne derrière le masque de l'Élu... Tu étais simplement un outil pour atteindre leurs objectifs. Lorsque nous avons emménagé ensemble, j'ai promis de ne pas abuser de toi, et pourtant... c'est ce que je fais. J'utilise ton amour et ta compassion... Mais ce n'est pas juste. Ça doit s'arrêter. Je trouverai un remplaçant ! Dès demain, rétracte ta démission, je t'en prie.
Harry se leva et pressa son visage contre la poitrine de Severus, dont le cœur battait la chamade, le serra dans ses bras et dit doucement :
- Viens me rejoindre. On ne va rien changer. Demain, je passerai des tests. Si les guérisseurs jugent que je suis prêt, nous pourrons commencer l'expérience. Je ne le fais pas pour toute l'humanité, mais pour nous. Parce que je t'aime et je désire autant avoir ce bébé que je désire te faire l'amour maintenant.
***
Cette nuit-là, la dernière nuit avant l'essai qui pourrait peut-être les aider d'avoir leur enfant, Harry et Severus s'aimèrent aussi passionnément que si le lendemain n'existait pas : Harry haletait et gémissait alors que les caresses de Severus le transportaient au sommet du plaisir. Il se perdit dans ses sensations, tantôt jouissant de la chaleur d'une bouche ardente, tantôt comblé par des doigts délicats ou un membre chaud qui le pénétrait, stimulant sa prostate à chaque mouvement. Harry se sentait tellement bien qu'il oublia complètement ce qui les attendait le matin. Ce n'est que plus tard, alors qu'il s'endormait dans les bras rassurants de Severus, qu'il demanda d'une voix rendue rauque par les cris de plaisir :
- Dis-moi, quand je serai gros et maladroit, tu m'aimeras encore ?
Severus répondit :
- Je t'aimerai toujours, et encore plus, quand tu deviendras gros et maladroit. Tu représentes le bonheur le plus inattendu et le plus grand qui me soit arrivé dans la vie. Dors, une journée difficile nous attend demain, puis il scella ses paroles d'un tendre baiser.
***
Ils passèrent toute la journée suivante au Département des Mystères.
Les guérisseurs participant au projet observèrent l'aura magique d'Harry et étudièrent le fonctionnement de son organisme alors qu'il était allongé presque nu devant des étrangers. Ces derniers agitaient leurs baguettes au-dessus de lui, chuchotaient et prenaient des notes dans leurs cahiers, le traitant davantage comme un cobaye que comme un individu. C'était fort désagréable, mais sans cela Harry ne serait autorisé à participer à l’essai.
- Eh bien, tout semble être en ordre, dit le médicomage en chef de Sainte Mangouste, en prenant encore des notes dans son carnet.
- Je peux m'habiller ? Demanda Harry en se levant de la table d'examen.
Après une longue immobilité, son corps tout entier fut engourdi et son estomac grogna de manière indécente à cause de la faim.
- Juste une minute, jeune homme. Maintenant, buvez cette potion qui nettoiera entièrement votre organisme de toutes les toxines, et dans quelques heures, nous vous laisserons partir.
- Pourquoi seulement dans quelques heures ? Demanda Harry, épuisé par les tests interminables.
Severus se pencha sur lui, ébouriffa les cheveux en caressant brièvement sa pommette et expliqua :
- La potion agit comme un émétique très puissant. C'est pourquoi j’ai recommandé de ne pas prendre le petit-déjeuner. Sois patient ! Courage !
- On dirait que je n'ai pas le choix ! Tu aurais pu me prévenir à propos de l'émétique, marmonna Potter entre les dents et si doucement que la phrase n'atteignit que les oreilles de Rogue.
- Pourquoi fallait-il que je t'inquiète à l'avance ? Répondit ce dernier à peine audible.
Une heure et demie qui suivit, devint un cauchemar redoutable. Mais quand il sembla à Harry que son estomac tourmenté avait rétréci jusqu'à la taille d'une noix et colla à ses vertèbres, l'envie de vomir disparut soudainement.
- Tu es un vrai héros, Harry, sourit Severus, essuyant la sueur sur le front de Potter avec une serviette. - Maintenant tu vas te reposer une vingtaine de minutes et on pourra rentrer chez nous.
Harry s'inquiéta. Ce serait vraiment injuste s'il était déclaré inapte pour participer à l'expérience après tout ce qu'il avait enduré.
- Attends, et les résultats ?
Un des guérisseurs, qui remplissait des nombreux formulaires lui adressa un signe de tête rassurant et répondit :
- Tout va bien, Monsieur Potter, désormais, pas de potions, sinon purification, hélas, sera à refaire ! J'ai le devoir de vous prévenir : pas de sexe du tout, ni oral, ni anal. Demain, vous viendrez ici avec Monsieur Rogue pour la procédure de fécondation, et que Merlin nous aide !
Harry, rougissant déjà à cause de la conversation sur le sexe oral et anal avec un parfait inconnu, se figea, ayant oublié de boutonner sa chemise. Et puis il comprit le sens des paroles du médicomage :
- Attendez... Vous avez dit « procédure de fécondation ». Est-ce que cela aura lieu ici ?
- Bien sûr, confirma calmement l'homme qui se tenait à proximité, la potion ne doit en aucun cas être sortie du Département des Mystères, et le rapport sexuel doit avoir lieu au plus tard quinze minutes après la prise. Ne vous inquiétez pas, vous et votre mari ne serez pas obligés de faire l'amour en public. Vous vous rendrez dans une salle spécialement aménagée à cet effet au sein du Département. Nous avons tout fait pour que vous soyez le plus à l'aise possible. Il vous suffit de signer ici et ici, ajouta-t-il en regardant le visage abasourdi d'Harry,
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Harry en prenant la plume et le parchemin des mains de l'employé de Département des Mystères.
- Un contrat magique et irrévocable avec le Département des Mystères. Une fois que vous l’avez signé, vous ne pourrez plus revenir en arrière.
La pensée traversa la tête d'Harry : « Hier, Severus m'a demandé d'abandonner toute cette folie ! Peut-être qu'il n'est pas trop tard maintenant ? » Et puis il s'entendit dire à voix haute :
- Où dois-je signer ?
- Monsieur Potter, vous avez notre profonde reconnaissance pour votre héroïsme. Le succès de cette entreprise nous apportera à tous un grand espoir, lui dit sérieusement l'employé.
Harry pensa tristement qu'il avait probablement de l'héroïsme dans le sang et qu'il avait également la capacité ineffable de se mettre dans les ennuis et de se trouver des problèmes.
***
La nuit avant le début de l'expérience, ni Harry ni Severus ne parvinrent à s'endormir. Ils se tenaient dans les bras, chacun absorbé par ses propres pensées inquiètes, mais il était hors de question de prendre un peu de Sommeil Sans Rêve. Après la pénible procédure de purification, toutes les potions étaient interdites à Harry, qui ne put plus finalement le supporter :
- Maudite insomnie ! Tu sais que, maintenant je regrette sincèrement que nous ne soyons pas des Moldus.
Severus haussa un sourcil de surprise. Il ne l'aurait jamais avoué, mais à cause de son père et de Pétunia Evans il avait toujours considéré les Moldus avec un léger soupçon de supériorité.
- Et pourquoi ?
- Ils peuvent regarder la télévision quand le sommeil ne vient pas et ils ont la possibilité au moins de se divertir avec un film ou une émission, soupira Harry.
Severus rit et glissa sa main sous l'élastique du pantalon de pyjama d'Harry pour couvrir de sa paume la verge de Potter, qui réagit instantanément à la caresse, et prononça :
- Bien sûr, je ne suis pas capable de rivaliser avec les miracles technologiques des moldus, mais je peux quand même te divertir avec quelque chose, et il me semble que tu n'es pas du tout contre ce divertissement.
- Qu'est-ce que tu fais, Sev ? Ils nous ont dit clairement : pas de sexe !
Harry attrapa le poignet de son mari en se souvenant des instructions reçues hier.
Rogue sourit d'une manière insidieuse à son époux et sans cesser de caresser son pénis en érection continua :
- Ta discipline est vraiment louable, mais ton attention, comme toujours, laisse beaucoup à désirer. Le guérisseur a dit : pas de relations sexuelles orales ou anales. Ce que toi et moi, nous faisons maintenant n’est ni l’un ni l’autre. Alors détends-toi et profite. J'autorise.
- Et toi ? Demanda Harry, sentant des vagues d'excitation grandissante parcourir son corps.
- Cela ne me dérangera pas du tout si nous le faisions ensemble !
Murmura Severus d'une manière séduisante, frottant son membre raidi contre la cuisse d'Harry. Et siffla-t-il entre ses dents serrées alors qu'Harry passait son doigt sur le gland, "comme ça, oui..."
Harry posa son front sur l'épaule de Severus et continua à bouger sa main, tout en poursuivant ses propres frictions dans le poing de Severus en se rapprochant ainsi de l'orgasme si désiré. Ayant joui presque simultanément, ils ne purent reprendre longtemps leur souffle.
- Je veux plus, admit Harry penaud.
- Tu en veux toujours plus et c'est tout à fait normal à ton âge, Rogue lança un sortilège de purification et, attirant Harry vers lui, l'embrassa sur les lèvres.
- Ne joue pas à être vieux ! Quarante-trois ans, ce n'est pas du tout vieux pour un sorcier. Harry sourit et rendit le baiser.
Severus répondit sur un ton nonchalant :
- Peut-être que tu as raison, on peut dire que je suis encore un gamin, et à vrai dire, cela ne me dérangerait pas non plus d'en avoir aussi un peu plus, à condition qu'après cela nous nous allions immédiatement dormir.
- D'accord, acquiesça Harry, en rapprochant la main de son partenaire vers son sexe à nouveau avide de caresse, et je vais te confier un secret, tu es beaucoup mieux que n'importe quelle télé !