Avertissement de l'auteur : ce chapitre contient des violences physiques, psychologiques et sexuelles.
Drago fut réveillé par la chaleur du soleil sur son visage. Il tenta de bouger, mais ses bras et ses jambes refusèrent de lui obéir. Avec peine, il leva la tête et réalisa qu'il était allongé, nu sous un simple drap, qui ne le couvrait que jusqu'à la taille, sur le lit étroit d’hôpital avec les chevilles et les poignets attachés à l’encadrement.
- Astoria !
Les souvenirs de sa femme morte devant lui l'envahirent comme une vague étouffante. Drago se figea dans ses liens en poussant un cri, jamais auparavant il n'avait ressenti une telle haine dévorante. S'il avait croisé l'homme qui avait tiré sur Astoria à ce moment-là, il l'aurait brûlé sans même toucher sa baguette, juste avec de la magie brute.
- As-tu repris tes esprits ?
Un homme petit et mince en blouse blanche pénétra dans la pièce exiguë pourvue d'une unique fenêtre bordée des barreaux serrés.
- Eh bien, c'est tout simplement merveilleux ! Maintenant, nous allons effectuer quelques procédures, et tu iras à la caserne rejoindre tous les autres.
- Où je suis ? Quel est cet endroit ? Siffla Draco entre ses dents, tel un serpent.
- Tu es au centre de « L'ultime espoir de l’humanité », répondit volontiers l’étranger. – La suite te sera expliquée dans le dortoir. Quel est ton nom ?
- Malefoy ! Drago Malefoy.
Le nom, bien connu dans le monde magique, ne produisit aucun effet. L'homme hocha la tête et commença lentement à enfiler des gants en caoutchouc.
- Tu n'auras plus besoin de nom, dit-il calmement et même avec bonhomie. - Désormais, tu es le numéro « vingt-neuf » et tu dois répondre quand on t'appelle par ce numéro. Nous allons maintenant le tatouer sur ton front pour que ça soit plus pratique pour les gardes.
Il sortit de sa poche un appareil compact, appuya sur un bouton et dit doucement :
- Le vingt-neuf est prêt pour la procédure, j'ai besoin de deux aides-soignants.
- Qu'est-ce que vous comptez faire de moi ?!
Drago lutta pour garder son calme. Mais plus il restait dans cette pièce lumineuse, plus la peur pénétrait son cœur par une sensation collante et glaciale.
L’homme en blouse blanche sortit un objet métallique et le pressa contre l’épaule nue de Drago. Il y eut un craquement sec et Malefoy haleta de douleur aiguë et brûlante.
- Silence ! Ne pose pas de questions inutiles, numéro vingt-neuf !
À ce moment, deux jeunes costauds apparurent dans la pièce.
- Combien de temps dois-je attendre, avez-vous besoin d'une invitation spéciale ? L’homme aboya presque en voyant les nouveaux venus.
- Désolé, major Brix ! Nous avons été retenus dans le bloc des "combinaisons blanc". Là-bas, le numéro douze a créé des problèmes, il a refusé d'aller à la maison d'hôtes pour la cérémonie ! J'ai dû employer la force.
- Avez-vous réussi ? Celui qu'ils nommèrent Brix sourit.
- Oui Monsieur ! Répondit le deuxième costaud en rigolant. Dès qu'il se remettra du choc traumatique dû à l'ablation de son petit doigt par le sergent, il courra, aussi vite qu'il peut, jusqu'à la maison d'hôtes, et même se préparera consciencieusement pour que le colonel Johnson puisse le baiser plus confortablement.
« Je suis en train de dormir et je fais un cauchemar, » pensa Drago en fermant les yeux. « Je vais bientôt ouvrir les yeux et je verrai mon Astoria à mes côtés, au lieu des sadiques qui coupent les doigts des gens. »
Malheureusement, la réalité se montra pire que le plus terrible des cauchemars.
On le força de tourner la tête, et ensuite, Drago ressentit une sensation de brûlure au niveau de lobe de l’oreille, il se mordit la lèvre jusqu'au sang tout en réprimant les gémissements de douleur. Il soupira convulsivement et des larmes sournoises s'écoulèrent de sous ses paupières serrées.
- Ne bouge pas, mec, le prévint Brix, c'est juste une puce pour t'empêcher de quitter le camp. Pour ta propre sécurité. Nous allons te tatouer ton numéro maintenant. D'ailleurs, je vois que ce n'est pas la première fois pour toi. Il pointa du doigt la marque noire ternie sur l'avant-bras de Drago, sans ménagement. Même si c'est bien dommage de gâcher un si joli minois, on ne peut rien y faire...
Des mains fortes fixèrent à nouveau la tête de Malefoy, tirant ses cheveux en arrière. Brix lui essuya rapidement le front avec du coton imbibé d'un liquide à l'odeur âcre. Puis un bourdonnement désagréable se fit entendre au-dessus de l'oreille de Drago, et il ressentit comme des milliers d'aiguilles qui lui transperçaient la peau.
Drago se débattit pour se libérer, mais reçut immédiatement une nouvelle décharge électrique.
- Je t'ai bien dit, de ne pas bouger ! Veux-tu que cette marque soit de travers ? Même bien faite, elle ne t’embellira pas !
Brix gronda sans animosité, tout en continuant de le défigurer avec le tatouage. Drago avait l'impression que la torture n'en finirait jamais. Il perdit toute fierté, pleurait convulsivement et redoutait de vomir. Enfin, cette maudite machine se tut.
- Regarde comme c'est beau ! Aussi bien fait, que dans un salon de tatouage professionnel. Et, remarque, ici c'est totalement gratuit !
Avec ces mots, Brix plaça un petit miroir devant le visage de Drago. En voyant son reflet, Malefoy fut horrifié : le nez gonflé, les yeux rougis par les larmes, les cheveux ébouriffés et un tatouage tout frais au milieu du front, il avait l'air incroyablement pitoyable et laid.
Brix sourit, puis il enleva le drap qui couvrait Malfoy jusqu'à la taille et commença à examiner attentivement la région de son aine et de son entrejambe.
- Alors, ça te plaît ? Maintenant, embellissons tes arrières, bien sûr, on n'a pas grand-chose à faire avec des vrais blonds comme toi, marmonna-t-il, comme s'il s'adressait à lui-même. – Personnellement, je n'aurais rien rasé du tout, mais que faire si le patron exige d’enlever tous les poils autour de pénis et de l'anus ? Sergent Anderson, apportez de l'eau savonneuse et un rasoir. Sergent Hopkins, enlevez les chaînes du numéro vingt-neuf et tenez-le, sinon nous risquons de le blesser, et on ne nous en félicitera pas. Et dépêchez-vous, les gars ! Nous avons déjà passé trop de temps avec ce minet.
Pendant que son entrejambe était rasé, Drago resta immobile, comme une poupée de cire. Il n'émit aucun son, quand ils le savonnèrent, le tournèrent d'un côté et de l'autre, plièrent ses jambes au niveau des genoux, les écartèrent largement pour atteindre les endroits les plus intimes. On aurait pu croire qu'il avait cessé de respirer. Tout ce qui lui était arrivé fut épouvantable et insensé.
« Merlin, j'aimerais que tout cela se termine vite et qu'ils m'emmènent à la caserne, ou mieux encore qu'ils me tuent tout de suite, » pensa misérablement Drago.
« Et l'enfant ? » Lui rappela le subconscient.
« Quel enfant ?! » Faillit-il dire à voix haute. Mais il se mordit la langue, il ne devait rien révéler à ces individus de son enfant, car ils seraient bien capables de l'éviscérer pour le besoin de l'expérimentation.
« Il faut que tu l'avoues ! Les enfants valent désormais leur pesant d’or. Peut-être que s’ils découvrent la vérité, ils te traiteront mieux ! » Le subconscient de Drago essaya subrepticement de le séduire.
« La ferme ! La ferme ! Ferme-la, enfin ! » s’adressa Malefoy à son alter ego. – « Ce sont des Moldus ! Peux-tu imaginer ce qu'ils pourront faire à un enfant sorcier ?! »
- Et maintenant, la cerise sur le gâteau - un examen anal, interrompit Brix ses sombres réflexions, si tu essaies de donner des coups de pied, j'augmenterai la puissance de choc électrique, informa-t-il Drago en éprouvant clairement un plaisir sadique de tout le processus.
Sur son ordre, le sergent Anderson abaissa la partie inférieure du lit d'hôpital et sortit deux grands supports métalliques, sur lesquels les jambes de Malefoy ont été immédiatement placées et fixées avec des attaches spéciales.
- À en juger par l'alliance, Brix toucha l'anneau en or, terni après la mort d'Astoria, sur le doigt de Drago, tu es marié... Maintenant, vérifions à quel point tu as été fidèle à ta femme.
Il jeta les gants à usage unique dans le seau, enfila de nouveaux et versa généreusement du gel sur ses mains depuis le récipient situé à côté du lit.
- Ne serre pas trop les fesses, tapota-t-il la cuisse de Malefoy, si tu te détends, ça ne te fera pas mal. Je te promets.
À la même seconde, Drago sentit un doigt le pénétrer, puis, surmontant la résistance des parois de son anus, un second.
- Oh non, non, non ! – Brix claqua de langue. - Quel garçon dépravé nous avons là ! C'est vrai, on m'a prévenu que vous, les sorciers, n'êtes pas trop pointilleux dans vos relations ! Avec qui t'es-tu amusé, héros ? Je t'ai posé une question, le vingt-neuf ! Répons ! Sans retirer ses doigts de l'anus de Draco, il toucha la peau nue avec un pistolet paralysant.
- Avec moi-même ! Seulement avec moi-même ! Cria Drago. - Arrêtez ça !
Le contenu de son estomac monta en flèche et il faillit s'étouffer avec ses vomissures. Brix réagit presque à la vitesse de l’éclair. Les menottes disparurent comme par magie. Quelqu'un aida Drago à s'asseoir et une bassine fut placée sur ses genoux.
- S'il vous plaît... Plus d'examens ! Coassa Malefoy dès qu'il arrêta de vomir. J'attends un enfant.
- Tu n'aurais pas pu me le dire plus tôt ? Demanda Brix d’un ton moqueur. Tu es un idiot le vingt-neuf ! Tu aurais au moins évité l'examen. Ou tu aimes avoir les doigts dans le cul, hein ? Ou peut-être même quelque chose de plus gros ? Tu dis que tu attends un enfant ? Parfait ! Maintenant, je vais appeler notre médecin spécial, mais s'il s'avère que tu as menti... - il menaça Drago avec le Taser et quitta la pièce.
***
L'examen par le guérisseur dura environ une demi-heure.
Drago n'obtint pas de la sympathie qu'il espérait de la part d'un sorcier. En comparaison, le major Brix, malgré l'usage intempestif du pistolet paralysant, avec son regard glacial et ses yeux bleu vif, semblait être une incarnation de bonhomie et de sociabilité.
- Allonge-toi sur le dos. Les mains derrière la tête ! Ordonna le guérisseur.
Drago obéit. Il avait déjà appris à ces dépens, ce qui se passerait en cas de désobéissance.
Le guérisseur passa sa baguette magique le long de corps de Malefoy.
- Quand a eu lieu la procédure de fécondation ?
Drago répondit d'une voix à peine audible, se remémorant comment il se tenait près des portes du centre de reproduction avec Astoria :
- Il y a une semaine.
- As-tu ressenti des changements dans ton état de santé ? Nausées, vomissements, vertiges ?
- Oui.
Le guérisseur palpa le ventre plat de Malefoy.
- Super ! Des signes extérieurs apparaîtront dans un mois et demi, mais pour l’instant tout va bien. Merci, Messieurs, il fit un signe de tête à Brix et à ses assistants, j'ai maintenant une occasion unique d'observer les déroulements de la grossesse d'un sorcier. Autant que je sache, pour les cracmols, l'ensemble du processus se passe un peu différemment.
- Alors, c'est confirmé, il attend un enfant, c'est sûr ? Demanda de nouveau Brix, juste au cas où.
- Tout à fait sûr ! À partir de maintenant, plus d'électrochocs, plus des « traitements spéciaux » ou de la privation de nourriture ! dit sévèrement le guérisseur. S'il est désobéissant, attachez-le au lit pendant quelques heures, cela ne causera aucun mal au fœtus. S'il se comporte bien, je suggère des promenades quotidiennes, mais assurez-vous de renforcer la sécurité. Son père est une personnalité influente dans notre monde. Et il est bien possible qu'ils tentent de le libérer. J'espère que vous avez reçu des menottes anti-magie.
- Oui bien sûr !
Brix a sorti un sac en plastique de la poche de sa blouse, contenant une paire de bracelets transparents.
- Je vous en supplie, ne me les mettez pas ! S’exclama Drago, presque en pleurant. Si, l'enfant n'est pas nourri de ma magie, il naîtra cracmol !
Le guérisseur sourit ironiquement.
- Penses-tu, que nos clients crèvent d'envie d'accueillir un petit sorcier ? Si tu penses ça, tu as tort, le vingt-neuf ! Les sorciers n'ont plus l'odeur de sainteté chez nous, si je peux m'exprimer ainsi. Les cracmols sont bien plus utiles. Aucun problème avec la magie, et à l'avenir, la possibilité d'avoir une progéniture. Et pour ton bien, il vaudrait mieux que tu donnes naissance à un garçon. Ensuite, tu pourras profiter des vacances pendant trois mois entiers jusqu'à ce que tu sois choisi.
- Je serai choisi pour quoi faire ? Drago sentit la chair de poule lui parcourir la peau.
- Pour la prochaine cérémonie de fécondation. Même si c'est bien possible, qu'on ne patiente pas aussi longtemps. Chez les autres « invités », la grossesse survient au bout de deux à trois mois en moyenne, chez toi ça sera beaucoup plus rapide. Je suis convaincu qu'il y aura une demande considérable pour tes services. Les clients du camp « L'unique espoir » sont des personnes très occupées et peu enclines à des actes de sodomie. Tu représentes une opportunité rare pour eux. Une seule relation sexuelle et neuf mois plus tard, ils auront un bébé tout prêt.
Drago épuisé comprit enfin le sens des mots du guérisseur :
- Attendez, est-ce que vous affirmez, que je serai obligé de coucher avec quelqu’un, concevoir un enfant, qui me sera retiré à la naissance ?
- Mais écoutez-le ! Brix rit aux éclats. Il vient juste de comprendre pourquoi nous étions tous réunis ici. Alors, beau gosse, écoute bien, car je ne le répéterai pas : Toi et vingt-huit autres sous-sorciers, que vous appelez cracmols, vous êtes gardés ici dans un seul but : copuler avec des officiers de haut rang de l’armée et avec ceux qu’ils jugent digne de perpétuer la race humaine. Vous tous, vous devrez leur présenter votre cul sur demande jusqu'à ce que la fécondation ait lieu. Après la naissance, les enfants seront emmenés par leurs pères biologiques pour les élever dans des familles normales. D'autres questions ?
- Non, murmura Draco avant de s'évanouir.
***
- Mon nom est Lawson, entendit Draco comme à travers une épaisseur d'eau, je suis le commandant du centre « Unique espoir ». Vingt-neuf, arrête de faire le mort et écoute ! Je ne donnerai pas d’instructions une seconde fois !
Ayant du mal à surmonter la nausée et l'étourdissement, Drago s'assit sur le lit pliant étroit et feignit d'écouter attentivement. Cependant, il était absolument incapable de se concentrer sur le discours de la personne dont dépendaient désormais directement sa vie et son bien-être. Devant ses yeux, comme gravé sur la rétine, il y avait le visage d’Astoria : doux, beau et jeune. Elle semblait être une créature venue d'un autre monde.
- Jusqu'à ce jour, on n'avait pas de sorciers dans les centres, Continua de marmonner Lawson.
« Tu survivras. Tu es la personne la plus courageuse et la plus forte que j'aie jamais connue », sourit tristement Astoria imaginaire.
- Le tatouage sur votre front symbolise le rejet de votre ancienne vie, poursuivit le commandant. Vous deviendrez des soldats au service de la Grande-Bretagne. Vous n'avez pas le droit de prendre contact vos anciennes familles. Nous veillerons à ce que dans le monde magique, vous soyez considéré comme mort.
« Rappelle-toi qui tu es. Tu es Drago Malefoy, le fils de Lucius et Narcissa Malefoy, le mari d'Astoria et le père de notre enfant à naître, ils ne pourront jamais te retirer ton nom ». Résonna la voix éthérée dans la tête de Drago. « Peu importe ce qui t'arrive, nous appartiendrons toujours l'un à l'autre... ».
Drago comprenait bien sûr, qu'Astoria était morte, et que cette vision n'était que le fruit de son imagination enfiévrée, mais sa présence à côté de lui était bien plus réelle que celle de Lawson, qui continua de donner des instructions d'une voix monotone et décrire en détail avec un plaisir évident les punitions prévues pour les contrevenants au régime :
- ...Chacun d'entre vous sera affecté à une famille de militaires de haut rang ou de ceux qui, de l'avis des dirigeants, méritent d'avoir des enfants. Vous êtes obligé d'avoir régulièrement des rapports sexuels avec eux dans des locaux spécialement désignés sur le territoire du centre jusqu'à la fécondation...
En refusant de coopérer, en essayant de s'échapper, ou en manquant de respect au personnel, des sanctions seront appliquées. Pour les infractions mineures, la sanction sera de trois à cinq décharges de Taser, tandis que pour les manquements les plus sérieux, la peine pourrait aller jusqu'au viol ! Les blessures physiques invalidantes ne sont pas les bienvenues, mais si vous essayez de vous débarrasser des bracelets anti-magie ou de vous échapper, vous perdrez un doigt, un œil, la langue, la main ou même le pénis. Le manque de ces organes ne vous empêchera pas de concevoir, mais leur absence vous causera de gros désagréments...
« Chéri, soit courageux, » consola Astoria éphémère, « et moi je serai toujours avec toi. Essayez de sauver, notre bébé. Fais-le pour moi. »
Drago articula silencieusement « Je te le promets ! »
***
Sans la promesse faite à sa femme décédée, Drago aurait probablement craqué et commis une des graves infractions dans un acte suicidaire, dès la première semaine de son séjour dans le camp. La perte et de sa bien-aimée le tourmentait plus fort que le sortilège de l'Endoloris. La nuit, se tournant et se retournant sur son lit dans le quartier de suivi de grossesse, Drago pouvait à peine s'empêcher de hurler de chagrin insupportable. Il ne pouvait plus manger et devint terriblement maigre.
Sa condition physique s'aggrava de jour en jour, jusqu'au moment où le guérisseur du camp le convoqua. Il ordonna à Drago de s'allonger sur la table d'examen, passa lentement la baguette magique le long de son corps et lui palpa le ventre. Puis il verrouilla la porte avec un sort, le poste médical étant le seul endroit où il n’y avait aucun artefact bloquant la magie, et bougonna avec mécontentement :
- Écoute-moi attentivement, vingt-neuf, d'après les informations dont nous disposons, tu portes un enfant de ton épouse et non d’un donneur anonyme. C'est vrai ?
Au lieu de répondre, Draco hocha sèchement la tête. Le souvenir d'Astoria lui transperça le cœur.
- Alors je ne comprends pas très bien pourquoi tu t'efforces de tuer cet enfant avec une telle persistance maniaque, dit froidement le guérisseur. Tous les indicateurs sont bien inférieurs à la normale. Tu ne te nourris pas bien et en conséquence tu ne prends pas de poids, et ta dépression agit sur le fœtus comme un poison à action lente. Une semaine, deux tout au plus, et l’enfant qui est en toi mourra. Et sais-tu, ce que va se passer ensuite ?
Drago fit un signe de négation de la tête.
- C'est étrange, il me semblait que tu étais un jeune homme assez perspicace. Le fœtus mort commencera progressivement à te tuer. Bien entendu, nous ne resterons pas inactifs. Tu es trop précieux pour te laisser mourir d'une septicémie. Je réaliserai une opération pour retirer le fœtus et tu perdras l'enfant de la femme que tu as aimé. Mais ce n'est pas tout. Après une courte période de convalescence, ils te trouveront immédiatement quelqu'un. Tu es un sorcier puissant, capable de concevoir très rapidement. Il y aura toute une file d'attente des individus qui voudront te posséder, dans l’espoir que tu leur donnes un héritier. Je sais à quel point c'est difficile pour toi en ce moment ! Mais est-ce que cela te soulagera de savoir que tu as tué ton enfant et pour recevoir en échange un bâtard d'un Moldu ? Est-ce vraiment ce que ta femme aurait voulu ? Alors, le vingt-neuf, et réfléchis bien à ce qui est préférable pour toi !
***
Drago était conscient que le guérisseur n'était pas son ami. De plus, il n'avait pas agi de sa propre initiative, mais sur ordre du commandant. Malefoy était habitué à examiner tout en détail. Il avait étudié à l'avance les possibles conséquences d'une grossesse masculine. Il savait que la mort du fœtus pouvait entraîner la mort du sorcier, ce qui n'était sûrement pas dans l'intérêt des autorités du camp de rétention. Avait-il le droit de capituler et d'abandonner Astoria ? Ils avaient tant rêvé de cet enfant et surmonté tant d'épreuves pour lui donner la vie. Serait-il acceptable, maintenant, de renoncer à tout et détruire le bébé qu'Astoria désirait tant ? Ça serait la plus terrible des trahisons !
***
Le guérisseur mit sa baguette dans la poche de la blouse et prit quelques notes dans le cahier posé devant lui.
- Je suis heureux que tu as pris conscience de tes responsabilités, le vingt-neuf, et que tu ne nous crées plus d’ennuis. Au cours de la semaine dernière, tous les indicateurs sont revenus à la normale. Le fœtus se développe bien. Toi aussi, tu as bien meilleure mine. Donc, je signalerai au commandant Lawson que tout est en ordre et qu’on peut t’autoriser à faire les promenades au grand air.
***
Drago marchait calmement le long d'un chemin dans un petit parc, en faisant semblant de ne pas voir le soldat armé d'une mitrailleuse qui le suivait comme une ombre. La journée était chaude, et Drago respira avec bonheur. Après trois semaines de confinement, une promenade, même sous la menace d'une arme, lui apportait un semblant de plaisir.
Il se souvint des paroles d'Astoria « Chéri, soit courageux et moi je serai toujours avec toi. Essayez de sauver, notre bébé. Fais-le pour moi. » Et, posant automatiquement sa main sur son ventre encore plat, il pensa :
« Eh bien, Scorpius, essayons de survivre et de déjouer les plans de ces salopards ! Nous sommes des Malefoy, après tout ! »