Seul, Harry se leva lentement et essuya les larmes de ses yeux et de son visage avec sa manche. Peu importe qui le poursuit, il ne se montrera pas effrayé et brisé devant eux !
« Comme c'est étrange ! » pensa-t-il froidement. « J'ai vu une situation similaire dans un rêve il y a plusieurs années ! Et exactement comme maintenant, Severus a dû m'abandonner, mais je ne comprenais pas pourquoi, car nous n'avions pas encore Alex. Eh bien, bébé », il posa de nouveau la main sur son ventre, où l'enfant s'agitait, comme si l'inquiétude de son père lui avait été transmise, « Nous allons traverser des moments difficiles, mais je te promets que je ne te laisserai pas entre les mains de qui que ce soit, quoi qu'il arrive ! »
Les aboiements des chiens se rapprochaient de plus en plus.
Harry ferma les yeux quelques instants, tentant d'harmoniser sa respiration et de retrouver son calme. Ce n'était pas facile : les hurlements d'Alex continuèrent de résonner dans ses oreilles, et le souvenir du dernier baiser de Severus réchauffait encore ses lèvres. Désespéré et amer, Harry redoutait d'envisager ce que Rogue avait dû ressentir en quittant son conjoint enceint pour sauver leur fils.
- Monsieur Potter, entendit-il derrière lui, jetez votre baguette dans la neige ! Soyez sage et vous ne serez pas blessé.
Harry chercha machinalement dans la poche de son manteau, où il avait rangé sa baguette désormais inutile avant de quitter Londres.
Rétrospective :
- Ne t'enquête pas, dans moins de deux mois et demi, tu pourras à nouveau utiliser la magie, le consola Severus.
Harry voulut dire que Rogue n'avait aucune idée de ce que c'était de ne pas utiliser la magie à laquelle on était habitué depuis l'âge de onze ans, mais il se retint. Il savait parfaitement dans quoi il s'embarquait. Lors de sa dernière grossesse, la magie l'avait presque complètement quitté vers le quatrième mois. Quand il prit la décision d'avoir un deuxième enfant, il savait parfaitement à quoi s'attendre. Par conséquent, gardant ces pensées pour lui, Potter se contenta de sourire, posa sa main sur son ventre et dit :
- J'en suis conscient. Et crois-moi, ça vaut le coup.
Fin de rétrospective.
Dès qu'il pensa à Severus, il ressentit une contraction désagréable dans la gorge. Puis il perçut la pression du canon d'une mitrailleuse dans le dos.
- Plus vite ! Vous nous retardez, Monsieur Potter.
La baguette de houx à la plume de phénix, son fidèle compagnon depuis de nombreuses années, s'envola dans la neige.
- Parfait ! Suivez-nous.
Les personnes qui entouraient Harry, les visages cachés par des masques spéciaux avec des fentes pour les yeux, semblaient clairement craindre d'être poursuivies. En quelques minutes seulement, elles retournèrent vers l’autoroute.
- Bouges ! L'hélicoptère attend déjà ! Harry fut poussé à nouveau dans le dos.
Il trébucha et faillit tomber, provoquant des rires moqueurs de ses ravisseurs.
- C'est bien que les hommes normaux ne puissent pas tomber enceints, déclara quelqu'un. - Aidons ce ventripotent, les gars !
Harry fut soulevé brutalement par les bras et entraîné vers l'avant, là où l'on pouvait distinguer à travers les arbres la forme d'un hélicoptère prêt à décoller.
En sortant sur l'autoroute, Potter remarqua tout de suite la voiture criblée par les impacts des balles. Des soldats en sortaient les sacs et valises de Severus et les siens. Et à côté étaient étendus les corps du conducteur et d’un garde. Le deuxième garde, pieds et poings liés, fut poussé dans une jeep garée sur le bord de la route. Cependant, les ravisseurs ne laissèrent pas à Harry une seconde de répit pour regarder autour de lui et évaluer la situation. Ils le traînèrent dans l'hélicoptère pour l'installer sur le siège, attacher avec une ceinture de sécurité, comme un enfant sans défense. Un sac épais et opaque fut placé sur la tête d'Harry, tandis que des menottes en métal se refermèrent autour de ses poignets.
- La curiosité mal placée a tué le chat ! Commenta l'un des soldats. – Moins on sait, plus longtemps on vit.
Un bruit assourdissant vint de quelque part au-dessus. L'hélicoptère trembla légèrement et s'éleva doucement dans les airs. Harry recula et s'appuya contre les panneaux rigides. Il se sentit malade et se mit à respirer rapidement, luttant pour contenir l'envie de vomir. Il détestait l'idée de montrer sa faiblesse à ces salauds.
Il n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie, même au cimetière, en affrontant Voldemort, ressurgi de l'oubli. Du moins, il avait gardé sa baguette magique, bien que ce fût juste pour divertir les Mangemorts. Évidemment, il avait presque aucune chance de vaincre le sorcier noir le plus redoutable de l'époque, mais il pouvait au moins se défendre.
Mais maintenant, Harry et son enfant à naître étaient complètement à la merci de leurs ravisseurs, et il ignorait totalement de ce qui les attendait.
Le vol dura un temps insupportablement long, et à un moment donné, Harry pensa soudain qu'ils essayaient délibérément de l'embrouiller. Dommage, que sa grossesse l’empêcha d’être sous un sort de localisation, sinon Severus aurait déjà su où ils allaient.
Enfin l’hélicoptère entama une descente brutale. L'estomac d'Harry fit un saut périlleux et se précipita dans sa gorge, de sorte qu'il dut se couvrir la bouche avec les deux mains pour retenir le vomissement.
- Enlevez-lui ce sac ! Cria quelqu'un.
- Il va vomir partout ! Laissez le sac en place, ou c'est vous qui devrez tout nettoyer ici plus tard !
- Si le numéro cinquante et un s'étouffe, je t'écorcherai avec un couteau émoussé !
Une voix retentit, dans laquelle des notes de commandement pouvaient être entendues, et après cela, le sac d'Harry fut finalement retiré. Il était temps ! Il réussit seulement à se pencher pour vomir sur le sol.
- Parfait ! Le soldat assis en face d'Harry jeta un regard plein de dégoût sur ses bottes salies. - Quel porc ! Dommage que tu sois enceint, sinon je t'aurais obligée à nettoyer mes bottes avec ta langue. Mais bientôt, nous allons atterrir, puis nous irons voir le Major Brix pour le traitement. C'est là que je serai vengé !
***
L’héliport se trouvait à seulement cinq minutes de marche du bâtiment principal. Dès que les pieds d'Harry touchèrent le sol, une terrible faiblesse s'empara de lui et les vertiges s'intensifièrent. Malgré cela, il s'efforça de se rappeler tout ce qu'il voyait sur le chemin menant au bâtiment à deux étages peint en gris. Dans la lumière morne de l'aube de cette journée d'hiver, Harry aperçut une haute clôture et une petite place, au centre de laquelle se dressait une potence. Cependant, bien sûr, il ne pouvait pas observer les environs de façon détaillée. Le soldat qui l'accompagnait, se rendit à la porte latérale en fer, saisit un code numérique sur un clavier, puis poussa rudement Potter à l'intérieur.
- Maintenant, tu vas rencontrer la personne des plus gentilles, promit-il à Harry avec un sourire. - Le major Brix adore les nouveaux venus et leur accorde toujours une attention toute particulière. Maintenant, enlève tes lunettes et déshabille-toi.
- Entièrement ? Harry jeta un coup d'œil sur le soldat et vit son sourire méprisant.
- Naturellement ! Répondit-il. – Y compris les caleçons et les chaussettes. Grouille !
Avec ses doigts malhabiles, comme s'ils avaient subitement perdu toute sensation, Harry défit les boutons de son manteau, le retira, puis chercha une chaise à proximité : son ventre imposant l'empêchait d'enlever ses chaussures et ses chaussettes en restant debout.
- Quel monstre ! Marmonna le soldat entre ses dents alors qu'Harry commençait à retirer maladroitement son pull et son pantalon. – Comment ton mari te baise-t-il encore après tout ça ?!
- Peut-être que vous pourrez vous retourner ? Harry essaya de parler d'une voix ferme pour cacher sa peur.
- Je te gêne ? Ou est-ce que ton pénis s'est atrophié pour laisser place à des seins ?
Le garde lui rit au nez d’un air narquois.
Se mordant la lèvre, Harry ôta son caleçon et le jeta sur la pile de ses vêtements.
Le soldat continua à se moquer de lui, regardant Harry comme une bête de foire :
- Wow, il s'avère que tu es un homme ! Même si, à bien y réfléchir, on peut difficilement te considérer comme tel. Je suppose que tu aimes te faire baiser ? Dommage, ce n'est pas possible actuellement ! Je t'aurais bien enfilé, juste pour le plaisir. Je n'ai jamais baisé de personnes enceintes. Pour être honnête, avant de travailler ici, j’avais affaire uniquement à des femmes. Mais lorsque mes supérieurs ordonnent de punir quelqu’un, je ne refuse évidemment pas. Un trou est un trou ! Il y a environ trois mois, nous en avons eu un rouquin. Aussi des vôtres, des sorciers, je veux dire. Laisse-moi te dire qu'on avait eu beaucoup de travail avec lui. Anderson, le major Brix et moi avons passé plusieurs semaines à dresser cet animal, et maintenant regarde-le : il est impeccable ! Il s’est calmé et il s'est adapté. Il est même devenu le favori de l'inspecteur Winslow, qui a personnellement engendré l'enfant avec lui. Certes, avant cela, il a fallu raccourcir légèrement ce rebelle, qui avait tenté de mettre fin à ses jours. Et là, nous l'avons sévèrement puni pour cet acte. Alors le commandant Lawson l'a imputé...
Il n'eut pas le temps de finir. Harry, le visage pâle de colère, se rua vers lui en le frappant avec ses poings.
- Bâtard ! Violeur ! Siffla-t-il en essayant d’atteindre la gorge de son adversaire.
Malheureusement, il ne put pas réaliser ses projets. Des soldats firent l'irruption dans la pièce. Ils tordirent les bras d'Harry et lui donnèrent des coups si violents qu’il perdit connaissance.
***
Une douleur intense lui déchirait la tête, Harry grinça des dents, luttant pour ne pas gémir, alors qu'une puce était implantée dans son oreille et un tatouage gravé sur son front. Il comprit que la douleur et les mauvais traitements étaient une vengeance pour l'agression contre le soldat. Certes, Brix et les autres reçurent l'ordre strict de ne pas mutiler le prisonnier, mais personne ne leur avait interdit de l'humilier. Et ils s'amusèrent beaucoup en effectuant des soins hygiéniques : ils se moquaient de son énorme ventre, Ils traitaient Harry de sale pédé et de petite traînée.
Lorsque l'aine et l'entrejambe d'Harry furent enfin rasés de près, le sergent Hopkins, qui avait vanté les mauvais traitements infligés à Ron, se pencha sur son oreille ensanglantée et lui murmura :
- N'oublie pas, fiston, que tu as une dette envers moi. Je suis patient et j'attendrai quelques mois, mais dès que tu te débarrasseras de ton ventre et que ton rejeton maudit sera donné à une famille normale, je te baiserai si profond que tu ne seras pas capable de t'asseoir pendant une semaine ! Et, j’ai demandé au major Brix de ne pas utiliser de lubrifiant lors de l'examen anal. Je suis certain que ton anus est tellement étiré qu'il pourrait accueillir un poing, sans parler de deux doigts.
Harry supporta l'examen, qui ressemblait davantage à un viol, sans un mot de plainte.
« Cela ne peut pas durer longtemps », pensa-t-il avec détachement, alors que les doigts de Brix le fourrageaient. « Dans une semaine ou tout au plus un mois, Severus me sortira d'ici. Il ne permettra pas qu’on nous vole notre enfant ! »
- Nous avons affairé à une forte tête ! Nota le sergent Anderson. – Il me rappelle par son comportement ce rouquin, avec qui nous nous sommes tellement amusés il y a quelques mois. C'était une belle roulure. C'est dommage, que maintenant il se promène aussi avec un gros ventre !
La porte du bureau s'ouvrit et une voix autoritaire retentit, attirant immédiatement l'attention de Brix, Hopkins et Anderson.
- Si vous en avez fini avec le cinquante et un, vous pouvez disposer !
- Bien sûr, Inspecteur Winslow ! L'examen du prisonnier est terminé, fit son rapport Brix.
- Alors, nettoyez cet endroit, puis tout le monde dehors !
Quelques minutes plus tard, Brix et ses acolytes quittèrent la pièce et Winslow sortit sa baguette magique, fit surgir un morceau de papier et un crayon, puis les disposa sur une petite table.
Harry observa ses manipulations avec indifférence, il se sentait épuisé, vide et salie par les attouchements des étrangers. Cela s’avéra être le plus difficile à supporter. Sa relation avec Severus commença quand Harry eut dix-huit ans et Rogue n'était pas seulement l'amour de sa vie, mais aussi son premier et unique partenaire. Malgré sa causticité et sa dureté, il apportait à Harry un sentiment de calme, de chaleur et de sécurité. Avec le temps, ils devinrent plus que des partenaires, des âmes sœurs partageant les mêmes valeurs. La perspective d'un abus sexuel effrayait beaucoup Harry, mais il redoutait encore plus la douleur que ressentirait Severus en l'apprenant.
Une voix masculine grave le sortit de sa torpeur.
- Savez-vous pourquoi nous vous avons choisi, Monsieur Potter ?
Harry resta silencieux, il était immensément fatigué par tout ce qu'il avait vécu et les paroles de son interlocuteur lui parvenaient comme à travers une épaisseur d'eau.
- Vous ne voulez pas parler ? Alors, c'est moi qui vous le raconterai.
Winslow rapprocha une chaise et s'y installa confortablement.
- C'est simple. Vous êtes ici à cause de votre mari, Monsieur Rogue. Plus précisément, de son refus de partager sa potion de grossesse masculine unique avec le monde moldu.
- Les Moldus, même à l'aide de la potion, ne peuvent pas concevoir d'enfants, dit Harry d’une voix terne.
- Il n'y a pas de situation sans issu, désapprouva froidement Winslow. Il faudrait que les sorciers fassent des compromis, mais malheureusement, ils sont généralement égocentriques. Ils se préoccupent peu de la disparition des gens ordinaires. C'est la raison pour laquelle nous avons établi des centres où les cracmols et les sorciers auront des enfants pour les Moldus. De cette façon, la justice sera rétablie. Nous arrivons à l'essentiel maintenant. Nos réserves de la potion sont presque épuisées, alors nous vous prions d'écrire à votre conjoint pour qu'il prépare la quantité dont nous avons besoin. En contrepartie, vous recevrez un traitement attentionné jusqu'à la naissance de votre enfant. Ensuite, vous bénéficierez de ma protection personnelle et de la garantie d'être défendu contre les abus sexuels de la part du personnel. Winslow simula un profond chagrin et laissa échapper un soupir tout en écartant les bras. - Il y a des règles strictes dans le camp, mais les gardes restent des êtres humains. Après des mois sans la compagnie de femmes, ils deviennent très agressifs. Cependant, je vous assure que la coopération fructueuse de Monsieur Rogue avec nous vous évitera tout risque. Acceptez, Monsieur Potter, croyez-moi, c'est la meilleure offre de votre vie.
- Et si je refuse ? Harry plissa les yeux myopes pour bien voir le visage de Winslow.
- Si vous refusez, alors tout se terminera très tristement pour vous, Monsieur Potter. Le guérisseur Blaine, qui vous a examiné, a conclu, que l'enfant qui se développe dans votre ventre est déjà tout à fait viable. Si vous ne coopérez pas avec nous, l'enfant sera retiré ce soir par la césarienne et on vous laissera vous viderez de votre sang.
- Je suis un Auror, Monsieur Winslow, sourit Harry, nous avons eu des cours d'anatomie. La mort par perte de sang massive n’est pas si effrayante. On s'endort, c'est tout.
- Bravo ! Je ne m’attendais pas à des telles connaissances de votre part, Winslow applaudit de manière théâtrale. - Vous avez raison. En cas de forte hémorragie, la mort survient rapidement, mais en tant que sorciers, nous pouvons régulièrement utiliser la potion de régénération. En supposant que vous vous retrouviez avec une blessure ouverte, le guérisseur Blaine sera attentif à votre état et vous administrera la potion dès les premiers signes de l'agonie. Pendant plusieurs jours, heure après heure et nous consignerons ces moments précieux. À votre décès, nous enverrons ces souvenirs à votre conjoint. Alors… Êtes-vous, enfin, d'accord pour écrire ce que je dicte ?
- Une fois que je serai mort, vous n'aurez plus aucun moyen de pression sur Severus, Winslow, dit calmement Harry. - Faites, donc la césarienne tout de suite !
- Tu n'as aucune idée du genre de tourment auquel tu te condamnes, Potter. Et pourquoi ? Pour démontrer, une fois de plus, la supériorité des sorciers sur les Moldus ?
- Vous n'êtes pas des Moldus malheureux et démunis ! Cracha Harry avec colère. Vous êtes des meurtriers et des violeurs ! Je n'écrirai rien à Severus, même si on me soumet au sort de Doloris. Cependant, il est peu probable que vous osiez le faire. Je porte un enfant et la torture le tuera. Et ce n'est pas votre but.
- Après l'accouchement, nous t'aménagerons une place personnelle en enfer, Potter, Winslow se leva si brusquement qu'il renversa la chaise. - Tu vas regretter d'être né, stupide Gryffondor !
La porte claqua et Harry se retrouva enfin seul.
Malgré les menaces de Winslow et Hopkins, malgré sa fatigue et sa douleur, il ne put s'empêcher de sourire. Il prouva son absence de crainte face à la mort et emporta la première manche. Il ne restait que deux mois avant la naissance de son enfant et Severus avait encore le temps de trouver une solution. À moins que Winslow ne mette son chantage à exécution et tue Harry.