A travers le temps

Chapitre 32 : Main dans la main

Par moustik80

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Passant un bras autour des épaules d’Hermione, Fleur l’aida lentement à traverser le toit détrempé jusqu’à l’escalier qui les ramènerait à l’abri de la pluie. La jeune femme titubait à chaque pas, ivre et épuisée, et Fleur devait soutenir presque tout son poids. Malgré leurs efforts, elle voyait bien qu’Hermione était encore bouleversée : elle gardait le silence et quelques larmes, obstinées, glissaient encore le long de ses joues.

Après deux ou trois chutes maladroites dans les marches, Fleur parvint enfin à la ramener dans l’appartement. Un soupir de soulagement lui échappa : la pluie, maintenant violente, martelait les vitres comme pour les presser de rester à l’intérieur.

— Viens, Hermione… tu dois te mettre au lit, dit-elle doucement en la tenant fermement.

— Non… canapé… marmonna Hermione d’une voix pâteuse.

Ces mots transpercèrent Fleur plus qu’elle ne l’aurait cru. Son cœur se serra. Depuis le début de leur cohabitation, elle avait contraint Hermione à dormir sur ce canapé, alors qu’elles avaient déjà partagé un lit — et bien plus que cela — dans le passé. Pourtant, Hermione n’avait jamais protesté, obéissant à cette distance imposée, sans rien dire.

Et maintenant, ivre et brisée, elle réclamait encore ce canapé comme si elle n’osait même plus envisager autre chose.

Pendant de longues minutes, Fleur resta immobile, réfléchissant à la situation. Elle regardait Hermione, effondrée, et sentit au plus profond d’elle-même que la laisser passer une nuit de plus sur ce canapé serait une cruauté. Hermione avait besoin d’amour, de chaleur, d’affection… et Fleur, enfin, se sentait prête à lui offrir tout cela. Elle devait cesser de fuir, avancer, et tenter de retrouver ce lien qu’elles avaient partagé autrefois.

— Hors de question, dit-elle d’une voix ferme mais douce. Ce soir, tu viens au lit avec moi. Tu as besoin de moi… autant que j’ai besoin de toi.

Hermione tourna la tête vers elle, les larmes ruisselant de plus belle sur ses joues. Puis, comme épuisée de lutter, elle posa sa tête sur l’épaule de Fleur. Celle-ci la serra contre elle, la tenant avec force et délicatesse à la fois.

Alors, Hermione se laissa aller complètement. Ses sanglots éclatèrent, puissants, incontrôlables. Elle pleura à chaudes larmes, comme si elle déversait d’un coup toutes les blessures accumulées, tout le poids du rejet et du silence que Fleur lui avait fait subir ces dernières semaines.

Fleur, bouleversée, sentit son propre cœur se briser. Elle savait qu’elle avait transformé la vie d’Hermione en enfer, qu’elle l’avait tenue à distance, blessée par son égoïsme et sa peur. Mais désormais, elle était décidée à se racheter. Elle ne pouvait plus rester insensible à la détresse de la femme qu’elle tenait dans ses bras.

Fleur porta Hermione toujours secouée de sanglots jusque dans la chambre. Avec une infinie délicatesse, elle la déposa sur le lit, puis entreprit de la déshabiller lentement, retirant un à un ses vêtements trempés qui collaient à sa peau. Ensuite, elle alla chercher une serviette moelleuse pour la sécher, effleurant doucement sa peau glacée par la pluie. Lorsqu’Hermione fut enfin au sec, Fleur la glissa sous les draps et la borda avec soin, comme pour protéger la moindre parcelle de son corps.

Puis, à son tour, elle se déshabilla, se sécha et s’installa à côté d’elle. Hermione, toujours inconsolable, tremblait encore. Fleur l’enveloppa aussitôt de ses bras, l’attirant contre elle dans une étreinte chaleureuse.

— Fleur… laisse-moi t’aimer, s’il te plaît… balbutia Hermione, ivre, entre deux sanglots, avant que le sommeil ne la rattrape.

Fleur ne répondit pas. Elle la laissa sombrer doucement, bercée dans ses bras, puis resta un long moment éveillée, à réfléchir.

Elle ignorait encore comment les choses fonctionnaient dans ce monde moderne pour deux femmes qui s’aimaient. Hermione lui avait assuré que les couples de même sexe étaient libres d’exister, souvent même acceptés, mais après deux semaines de silence et de distance, ces notions restaient floues dans son esprit. Dans son époque, une telle intimité l’aurait condamnée au couvent, et l’ombre de cette éducation rigide continuait de peser sur elle, lui insufflant une crainte sourde.

Pourtant, en observant Hermione blottie contre sa poitrine, si fragile et pourtant si forte, Fleur sentit la peur s’effacer peu à peu. Elle écouta son cœur, et son cœur lui souffla une vérité limpide : être avec Hermione, c’était désormais sa maison.

Elle déposa un tendre baiser sur son front et murmura dans la nuit :

— Je t’aime, Hermione.

Puis, enfin apaisée, Fleur ferma les yeux

Fleur s’éveilla le lendemain matin avec Hermione toujours profondément endormie contre elle, ses bras fermement accrochés à sa taille. Un sourire attendri se dessina sur ses lèvres. C’était un sentiment merveilleux de se réveiller ainsi, avec cette femme belle et forte, blottie si près d’elle.

Mais bientôt, un besoin pressant la força à se dégager. Avec mille précautions, elle s’extirpa doucement de l’étreinte d’Hermione, glissant un oreiller à sa place pour ne pas troubler son sommeil. Hermione remua à peine et retomba aussitôt dans ses rêves, paisible. Fleur la regarda un instant encore, attendrie, avant de quitter la chambre.

En revenant des toilettes, son regard fut attiré par le bureau. À côté du dossier vert portant son nom se trouvait un petit journal relié, semblable à l’un de ceux qu’elle utilisait elle-même autrefois. Fleur l’avait remarqué la veille, mais n’avait pas eu le temps d’y prêter attention. L’occasion était parfaite.

Elle le prit avec délicatesse et l’emporta dans la cuisine. En l’ouvrant, elle s’attendait à retrouver sa propre écriture… mais les mots, la forme des lettres, l’élan des phrases : tout appartenait à Hermione.

Un instant, Fleur hésita. Était-ce bien juste de lire ce carnet ? Puis un sourire ironique se dessina sur son visage. Hermione avait lu l’intégralité de ses propres journaux, chaque mot, chaque pensée intime. Ce n’était qu’un juste retour des choses.

Avant de se plonger dans la lecture, Fleur se servit un verre de lait frais. De toutes les merveilles du monde moderne, le réfrigérateur était sans doute celle qu’elle appréciait le plus : avoir à portée de main de l’eau ou du lait glacé, à toute heure, relevait presque de la magie. Elle posa le verre à côté du carnet, s’assit sur une chaise et, le cœur battant, ouvrit les pages pour découvrir les pensées les plus secrètes d’Hermione.

En lisant la date de l’entrée choisie au hasard, Fleur comprit que ce journal avait été écrit pendant le séjour d’Hermione en 1869. Son cœur s’accéléra : savoir qu’il contenait les pensées d’Hermione à cette époque attisa encore plus sa curiosité.

25 juin 1869

Je déteste ça. Je déteste ça. Pourquoi dois-je lui mentir chaque jour ? Pourquoi ?

Je hais ce mensonge. Elle est belle, unique… une amante merveilleuse. Et pourtant, je ne peux pas lui dire qui je suis vraiment, ni lui avouer que je suis follement amoureuse d’elle. Si elle épouse ce connard, elle mourra. Je veux lui dire, je dois lui dire… mais j’ai si peur de perdre le peu que j’ai d’elle. Alors je me tais. Et je me sens coupable, tout le temps.

C’est scandaleux que deux femmes soient ensemble en 1869. À mon époque, c’est différent, accepté. Ici, je dois me cacher. Mais je ne veux pas. Je veux marcher dans la rue à ses côtés, lui tenir la main, la regarder avec un sourire qui dise à tout le monde qu’elle est à moi… que je suis la meilleure femme pour elle. Qu’elle m’aime et que je l’aime.

Elle me rend folle. Dingue. Je n’en peux plus de la voir avec Bill. Ce connard. Rien que d’imaginer qu’elle va l’épouser, qu’il va la toucher, jouer les maris aimants… ça me donne envie de vomir. Quelle comédie.

Ce dont elle a besoin, c’est d’une femme. Moi. Moi, sa femme. Je sais que je ne suis pas facile à vivre, mais je l’aime de tout mon cœur. Je veux la protéger, lui dire qu’elle est ma seule et unique. Je veux faire toutes ces choses romantiques que je prétends détester, parce qu’elle mérite tout ça. Elle mérite le monde.

L’autre soir, nous avons fait l’amour. C’était beau… au-delà des mots. À la fin, je voulais juste la garder dans mes bras et ne jamais la lâcher.

Je veux lui dire qui je suis. Je veux lui dire que je l’aime et que je l’aimerai toujours. Puis lui passer une bague au doigt, faire d’elle ma femme, même si j’ai moins à offrir que son Bill. Avec moi, elle serait heureuse. Nous pourrions avoir des enfants. Qu’est-ce que j’aimerais porter ses enfants… imaginer de petites têtes blondes aux yeux bleu azur courir partout. Oui, je veux tout ça. Je veux vieillir à ses côtés. C’est mon désir le plus profond.

C’est pour ça que je l’aime à en avoir le cœur qui saigne, ce soir.


Au-delà du langage parfois cru, Fleur n’avait jamais lu de déclaration de dévotion et d’amour aussi sincère. C’était brut, passionné, mais surtout d’une beauté bouleversante. Ces mots, écrits avec le cœur nu, l’avaient profondément émue.

Après avoir terminé cette première entrée, elle reposa le carnet, porta une main tremblante à sa bouche et laissa ses larmes couler. Pas des sanglots bruyants comme ceux de la veille, mais des pleurs doux, silencieux, presque apaisants.

Quand elle retrouva un semblant de calme, elle reprit son verre de lait, en but une gorgée et sentit la fraîcheur lui redonner un peu de force. Alors seulement, elle rouvrit le carnet.

Les pages suivantes étaient à l’image de la première : brûlantes d’amour, débordantes d’une sincérité à laquelle Fleur n’était pas habituée. Chaque mot était une preuve du combat intérieur d’Hermione, de sa peur de la perdre, de son désir de la protéger, de son incapacité à imaginer un avenir sans elle.

Fleur lutta contre la culpabilité qui lui serrait la poitrine — elle qui avait douté, qui avait accusé, qui avait rejeté. Mais à mesure qu’elle lisait, la culpabilité se mêlait à un sentiment plus puissant encore : elle retombait, inexorablement, follement amoureuse d’Hermione.

Dans la chambre, Hermione se réveilla avec une horrible gueule de bois. Sa tête lui semblait prête à éclater.

— Note à moi-même… ne plus jamais boire autant, grogna-t-elle à voix basse.

Ses souvenirs de la nuit précédente étaient confus. Elle se rappelait la dispute, sa fuite sur le toit, puis la bouteille de whisky… Après, tout devenait flou. Elle avait l’image diffuse de Fleur la serrant contre elle, la réconfortant, mais cela ressemblait davantage à un rêve qu’à un souvenir réel.

En reprenant ses esprits, elle observa autour d’elle. Elle n’était pas dans le salon, sur son canapé habituel, mais confortablement installée dans le lit de sa chambre. Son cœur se serra. Comment avait-elle atterri là ? Et surtout… allait-elle devoir affronter la mauvaise humeur de Fleur une fois de plus ?

Un soupir lui échappa. Déprimée, Hermione se leva du lit et se dirigea d’un pas lourd vers la salle de bain. Une douche froide et quelques aspirines, voilà ce qu’il lui fallait pour survivre à cette matinée.

Dans la cuisine, Fleur, encore bouleversée par la lecture du journal d’Hermione, entendit le bruit de l’eau couler dans la salle de bain. Un sourire ému se dessina sur son visage.

Hermione est réveillée… pensa-t-elle.

Son cœur battait plus vite. Elle avait besoin d’être avec elle au plus vite.

Dans la salle de bain, Hermione profitait de la douche pour tenter de reconstituer le fil de la veille. Mais ses souvenirs restaient flous, comme noyés dans l’alcool. Elle se souvenait de la dispute, de la douleur dans ses mots… puis plus rien, seulement un grand trou noir. Et maintenant, une seule question l’obsédait : comment faire face à Fleur après sa colère d’hier ?

Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsqu’elle sentit une paire de mains douces s’enrouler autour de son ventre, et un corps chaud, nu, se presser doucement contre elle.

Choquée, Hermione se retourna brusquement. Ses yeux s’écarquillèrent : Fleur, nue, venait de la rejoindre sous la douche.

— Qu’est-ce que… qu’est-ce qu’il s’est passé ? Je ne comprends rien ! Que fais-tu là ? Et hier soir… ?

Fleur lui prit doucement la main, la tenant entre les siennes.

— Tu ne te souviens de rien ?

Hermione secoua la tête, confuse.

— Non… Juste que tu étais en colère. Tu m’as blessée… et j’ai trop bu.

Le regard de Fleur s’adoucit, voilé de larmes.

— Et je suis profondément désolée. Je m’excuse encore de t’avoir traitée ainsi. Mais… maintenant je sais tout. Je sais comment je suis morte en couche, et combien ton cœur était brisé. Je sais que tu as risqué ta vie pour me sauver.

Ses doigts caressèrent ceux d’Hermione avec une tendresse fébrile.

— Tu m’aimes passionnément. Tu me trouves belle. Tu veux même faire de moi ta femme, fonder une famille avec moi… même si je ne comprends pas encore comment deux femmes peuvent avoir des enfants. Mais je sais que tu m’aimes. Et moi… moi j’ai été horrible avec toi. Je t’en supplie, pardonne-moi. Je t’aime, Hermione.

Hermione resta figée, les yeux ronds, la bouche entrouverte. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Et pourtant, à cet instant, quelques bribes de souvenirs de la nuit précédente refirent surface. Sa gorge se noua.

— Tu… tu m’aimes ?

En guise de réponse, Fleur se pencha et l’embrassa d’un tendre baiser, avant de hocher la tête.

— Oui. Je t’aime, mon amour.

Entendre ces mots fit bondir le cœur d’Hermione. Elle serra Fleur dans ses bras avec force, et les larmes jaillirent.

— Je t’aime tellement… Je voulais te dire la vérité, je suis tellement, tellement…

Mais elle ne put finir sa phrase. Fleur posa doucement son index sur ses lèvres pour la faire taire.

— Chut… Fini les excuses. C’est moi qui dois me racheter. J’ai laissé ma peur et mon désir de rester dans le passé tout gâcher. Alors pardonne-moi… et laisse-moi partager ta vie, à tes côtés.

Hermione resserra son étreinte, distribuant une pluie de baisers dans le cou de Fleur. Mis à part son affreux mal de tête, elle se sentait aux anges.

Après ce câlin, elle se redressa, un sourire lumineux éclairant son visage malgré sa pâleur.

— Pour répondre à ta question… commença-t-elle, la voix encore un peu rauque. Aujourd’hui, on peut avoir des enfants. La science a fait des merveilles depuis ton siècle. Et je veux des enfants. Mieux encore… chose que je n’aurais jamais imaginée il y a peu, je veux porter tes enfants. Mais ne t’inquiète pas, nous attendrons un peu. Je dois finir mes études, trouver un travail. Je veux t’offrir le monde, Fleur.

Elle marqua une pause, ses yeux pétillant malgré la fatigue.

— Les mentalités ont changé. Les gens comme nous peuvent s’aimer sans se cacher. On peut être ensemble, officiellement. Pas besoin de vivre dans l’ombre. Nous pouvons être… petites amies. Et même nous marier, c’est légal maintenant. Je suis sérieuse.

Elle rit doucement, un peu gênée par son flot de paroles.

— Désolée, je pars dans mon monde… Je suis tellement heureuse. Et avec cette gueule de bois, je bafouille un peu.

L’idée d’être l’épouse d’Hermione fit naître un sourire tendre sur les lèvres de Fleur. Elle l’embrassa d’un air espiègle.

— Avant tout cela, je te laisserai me courtiser. On courtise encore, de nos jours ?

Hermione éclata de rire et hocha la tête.

— On appelle ça flirter… ou sortir ensemble. Mais oui, je serais ravie de vous courtiser, mademoiselle Delacour.

— Bien. Alors nous sortirons ensemble… et nous serons, comme tu dis, petites amies. On m’a toujours appris que c’était un péché. Mais quand je te regarde, quand je sens ce que je ressens ici… — elle posa une main sur le cœur d’Hermione — je sais que c’est impossible. Et le jour où tu choisiras de me demander en mariage…

Fleur écarta doucement une mèche de cheveux mouillés collée sur le front d’Hermione.

— … je dirai oui. Je t’aime, Hermione Granger.

— Et je vous aime aussi, Fleur Delacour.

Leurs regards restèrent suspendus un long moment, emplis d’une intensité nouvelle, avant que Fleur ne rompe le charme d’un sourire malicieux.

— Mais pour l’instant… laisse-moi te laver.

Elle attrapa le savon et Hermione, amusée, se retourna en fermant les yeux. Elle se laissa aller, confiante, tandis que Fleur faisait glisser la mousse lentement, sensuellement, sur chaque parcelle de son corps. Chaque geste était une caresse, une adoration muette. Fleur voulait lui rendre l’amour qu’elle avait reçu dans les mots de son journal, vénérer son ancienne amante comme une déesse.

Puis Hermione prit le relais, répétant les gestes avec autant de tendresse. Quand enfin elles sortirent de la douche, elles s’essuyèrent, s’habillèrent et vinrent se blottir ensemble sur le canapé. Pour la première fois depuis longtemps, elles se sentaient comme un véritable couple.

Fleur prit la parole après un instant de silence, serrant doucement la main d’Hermione.

— Je dois t’avouer que j’ai encore peur… peur de beaucoup de choses dans ce monde. Mais je veux tenter ma chance. Et pour ça… j’aurai besoin de ton aide.

Hermione lui rendit sa pression avec chaleur.

— Je sais. Et j’imagine combien ça doit être effrayant. Tu sais, en arrivant dans ton époque, j’étais complètement perdue moi aussi. Mais je suis là, Fleur. Je ne te laisserai pas tomber.

Fleur lui offrit un sourire timide.

— Comment va ta tête ?

Hermione soupira doucement, mais ses yeux pétillaient déjà.

— Mieux. J’ai pris un aspirine en me levant, ça devrait bientôt passer. Et puis… tes câlins sont aussi un excellent remède.

— Alors je ne te lâche plus, dit Fleur d’un ton tendre. Et quand tu iras mieux… peut-être pourrions-nous sortir un peu ? J’aimerais me promener avec toi.

Hermione leva les yeux vers elle, le sourire aux lèvres, puis jeta un coup d’œil à sa montre.

— J’ai pratiquement toute la matinée devant moi. Que dirais-tu d’aller au marché ? On pourrait acheter de quoi préparer le dîner ce soir. Et… déjeuner au pub sur le chemin. Il est plus tôt que je ne le pensais.

— Tu es sûre que tu vas mieux ? demanda Fleur, légèrement inquiète.

— Oui, viens. En plus, il fait beau.

Quelques minutes plus tard, le couple sortit dans la rue ensoleillée de ce samedi matin. L’air était doux, empli du parfum du pain chaud venant de la boulangerie voisine et des éclats de voix joyeuses des passants. Hermione, confiante, prit la direction du marché en tenant la main de Fleur.

Mais à peine eurent-elles fait quelques pas qu’une ombre traversa le visage de la jeune femme. Son regard inquiet glissa sur les gens autour d’elles : les familles qui flânaient, les couples qui se promenaient, les voisins qui se saluaient. La peur lui serra la poitrine.

Hermione s’arrêta aussitôt et se tourna vers elle, pressant doucement ses doigts.

— Ne t’inquiète pas, Fleur. Personne ne nous fera de mal. Nous ne faisons rien de mal. C’est normal… d’être lesbienne. Ce n’est pas un crime qu’une femme aime une autre femme.

Elle marqua une pause, le regard doux.

— Mais si tu as trop peur, je peux lâcher ta main. On la reprendra une autre fois, d’accord ?

Elle commença à relâcher sa prise, mais aussitôt Fleur la retint.

— Non… reste.

Hermione sourit, touchée par sa détermination, et resserra ses doigts dans les siens. Elles reprirent leur chemin, main dans la main, avançant côte à côte vers le marché, comme n’importe quel autre couple.







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