Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 106 : Lily devient professeur + réunion familiale
1429 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 21/04/2026 22:58
Cela faisait deux jours que Lily oscillait entre excitation, soulagement et une joie profonde qu’elle n’avait plus ressentie depuis longtemps. Depuis qu’elle avait appris qu’elle avait obtenu le poste, mais surtout depuis qu’on l’avait traitée avec respect, dignité et reconnaissance, elle avait l’impression de renaître. On l’avait écoutée, on l’avait considérée, on avait reconnu sa valeur, et cela lui faisait un bien immense. Son visage s’était éclairci, ses épaules s’étaient détendues, et elle n’était plus cette femme triste et brisée qu’elle avait été ces derniers mois : elle avait retrouvé sa passion, son énergie, sa lumière. Même ses enfants l’avaient remarqué, eux qui la voyaient depuis des semaines lutter contre le découragement et la fatigue ; ils la voyaient désormais sourire sans effort, rire plus facilement, et cela leur faisait autant de bien qu’à elle.
Elle avait passé la matinée à réfléchir à la manière d’annoncer la nouvelle à toute la famille. Ce n’était pas seulement un nouveau poste : c’était une nouvelle vie, un nouveau départ, une porte qui s’ouvrait après tant d’humiliations et de déceptions. Elle avait envoyé un hibou à son frère pour lui demander de réunir tout le monde chez lui — non pas par préférence, mais simplement parce qu’elle n’avait pas assez de place pour accueillir toute la famille. Elle avait également invité la famille de Lysander, car sans lui, rien de tout cela n’aurait été possible. Et puis, elle avait élargi l’invitation : cousins, cousines, oncles, tantes… c’était un moment important, un moment qu’elle voulait partager avec tous ceux qui comptaient.
Le jour venu, elle prit le temps de se préparer, choisissant une tenue simple mais élégante, quelque chose qui lui ressemblait et qui reflétait son état d’esprit du moment : apaisée, confiante, heureuse. Ses enfants, eux, étaient excités comme jamais, impatients de retrouver leurs cousins et de comprendre pourquoi leur mère avait l’air si rayonnante. Elle leur avait promis une surprise, et ils n’avaient cessé de poser des questions toute la matinée.
Elle arriva tranquillement chez Albus, entra sans frapper, entourée de ses enfants, et sourit en voyant que beaucoup étaient déjà présents. La pièce était animée, chaleureuse, remplie de rires et de conversations. L’odeur d’un repas en préparation flottait dans l’air, mêlée à celle du bois brûlant dans la cheminée. Des jouets traînaient dans un coin, des verres étaient posés un peu partout, et l’ambiance avait cette désorganisation joyeuse propre aux grandes réunions de famille. Lily sentit son cœur se gonfler de bonheur : tous les membres de sa famille étaient là, réunis, et elle se sentit profondément comblée.
Elle prend quelques minutes pour saluer chacun, recevoir des accolades, répondre aux questions, observer ses enfants courir partout. Elle se sentait portée par cette énergie collective, par cette chaleur humaine qui lui avait tant manqué ces derniers mois. Elle attendit que tout le monde soit arrivé, puis leva son verre pour attirer leur attention. Petit à petit, les conversations se calmèrent, les regards se tournèrent vers elle, et un silence bienveillant s’installa.
— Merci Albus d’avoir tout organisé, et si j’ai eu l’idée de vous rassembler tous ici, c’est que j’ai une grande nouvelle à vous annoncer.
— Tu es enceinte, maman ?
Lily éclata de rire devant la spontanéité de son fils, et plusieurs membres de la famille se mirent à rire également. Elle secoua doucement la tête, amusée.
— Non, mon cœur, je ne suis pas enceinte. En réalité, c’est pour vous annoncer que je suis la nouvelle professeur de potions à l’école de sorcellerie d’Ilvermorny.
Un murmure de surprise parcourut la pièce, suivi d’exclamations enthousiastes. Victoire Weasley-Lupin fut la première à réagir.
— Sérieux ? Mais c’est une excellente nouvelle, enfin un poste que tu mérites, cousine !
— Oui, et je n’en serais pas là sans l’aide de Lysander Dragonneau, qui a parlé en ma faveur à la directrice. Alors je te remercie, car pour la première fois en vingt ans de carrière, on m’a enfin parlé avec respect, dignité, et on a reconnu ma valeur.
Lysander, un peu gêné par tant de reconnaissance, leva les mains en signe d’humilité.
— Tout le plaisir était pour moi, Lily, sincèrement. Tu mérites largement ce poste.
— Et aussi, tous mes enfants et ceux d’Albus, hormis Harry, Mylena et Elizabeth, iront étudier à Ilvermorny. Ils sont officiellement inscrits.
Un silence tomba, surpris, avant que les enfants ne réagissent. Certains sautèrent de joie, d’autres se regardèrent avec de grands yeux, et Elizabeth, elle, sentit les larmes monter.
— Mais pourquoi je ne peux pas, tata ? sanglota-t-elle, les larmes aux yeux.
Lily sentit son cœur se serrer. Elle s’agenouilla pour être à sa hauteur, lui caressa doucement la joue.
— Parce que la directrice de Poudlard a exigé que Harry, Mylena et toi restiez là-bas. Nous n’avons pas pu demander que nos autres enfants y retournent.
Elle ne pouvait pas lui dire la vérité, pas maintenant, pas comme ça.
— Mais tu viendras nous voir souvent, et on restera tous ensemble, d’accord ?
Elizabeth hocha la tête, encore tremblante, et Lily la serra contre elle avant de se relever.
L’ambiance reprit doucement, mais Lily sentit une main se poser sur son bras. C’était Alexis, qui lui adressa un sourire tendre avant de l’entraîner un peu à l’écart, près de la cheminée où la lumière dansante du feu donnait à la scène une atmosphère plus intime. Albus et Ginny les rejoignirent presque aussitôt, comme s’ils avaient compris qu’elle avait besoin d’un moment plus calme.
— Tu vas bien ? demanda Alexis en la regardant avec cette douceur qui l’avait toujours rassurée.
— Oui… oui, je crois, répondit-elle en laissant échapper un souffle tremblant. C’est juste… beaucoup d’émotions d’un coup.
Ginny posa une main sur son épaule.
— Tu le mérites tellement, Lily. On t’a vue te battre, tenir bon, même quand tout le monde te tournait le dos. Tu n’as jamais cessé d’être une professeure incroyable.
Lily baissa les yeux, émue.
— Je crois que je ne réalisais pas à quel point j’étais… brisée. À Poudlard, j’avais l’impression d’être devenue invisible, ou pire, un poids. Et là-bas… à Ilvermorny… on m’a regardée comme si j’avais de la valeur. Comme si j’étais quelqu’un.
Albus hocha la tête.
— Tu as toujours été quelqu’un. C’est eux qui ont oublié qui tu étais. Pas toi.
Alexis resserra doucement sa main autour de la sienne.
— Et maintenant, tu vas pouvoir recommencer ailleurs, dans un endroit qui te respecte. Je suis tellement fier de toi.
Elle sentit ses yeux s’embuer.
— J’avais peur… peur de ne plus être capable, peur de ne plus être à la hauteur, peur que tout ce qu’on m’a fait croire soit vrai.
Ginny secoua la tête.
— Rien de tout ça n’était vrai. Tu as été humiliée, oui, mais jamais diminuée.
Albus sourit.
— Et maintenant, tu vas leur montrer ce qu'est qu’une vraie professeur de potions.
Lily rit doucement, essuyant une larme.
— Merci… j’avais besoin de vous entendre me dire ça.
Alexis s’approcha, glissa une main derrière sa nuque, cherchant son regard. Elle leva les yeux vers lui, et se pencha pour déposer un baiser doux, long, rassurant sur ses lèvres, un baiser qui disait tout ce qu’il n’avait pas réussi à mettre en mots. Elle y répondit avec la même tendresse avant de poser son front contre le sien.
— Merci d’être là, murmura-t-elle.
— Toujours.
Elle resta un instant dans cette bulle de chaleur et d’amour, puis retourna vers le reste de la famille, le cœur plus léger, plus solide, plus confiant. La fête reprit, joyeuse, bruyante, chaleureuse. Les conversations se mêlent aux rires, les enfants couraient partout, et Lily savourait chaque seconde de ce moment précieux, loin d’imaginer que cette paix fragile serait bientôt mise à l’épreuve.