Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé
Chapitre 109 : Sous l’emprise d’Aldercrest
1057 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 12/05/2026 23:50
La Maison d’Aldercrest était une demeure abandonnée depuis des siècles, une carcasse de pierre rongée par le temps et les murmures, un lieu que même les plus téméraires évitaient, non pas parce qu’ils savaient ce qui s’y était passé, mais parce qu’ils sentaient instinctivement que quelque chose y demeurait, quelque chose de trop ancien, trop lourd, trop imprégné de magie noire pour être ignoré. Personne ne viendrait jamais chercher la directrice ici, déjà parce qu’il faudrait qu’ils sachent qu’elle avait quitté Poudlard, ensuite parce que nul n’aurait l’idée de fouiller un endroit aussi chargé d’ombres, et dans cette maison étrange et ancienne, on entendait le feu crépiter doucement, les murs craquer comme s’ils respiraient encore, des ombres glisser lentement sur les parois comme si elles avaient une vie propre, et l’air semblait épais, saturé d’une histoire sombre qui imprégnait chaque pierre, une atmosphère qui aurait pu être un cocon pour un couple si elle n’avait pas été si inquiétante, si oppressante, si profondément marquée par les traces de ceux qui y avaient vécu et souffert avant eux.
Sophia, entièrement influencée par les bijoux qu’elle portait, avançait vers Sébastien avec une assurance nouvelle, une douceur calculée, une sensualité qu’elle croyait sienne mais qui ne l’était plus, et chaque geste qu’elle faisait semblait avoir été répété, sculpté, programmé dans son esprit, comme si elle n’était plus qu’une marionnette guidée par une main invisible. Elle leva la main pour toucher son visage, un geste lent, précis, presque cérémoniel, comme si elle avait déjà vécu ce moment mille fois dans ses rêves, et ses mots, lorsqu’elle les prononça, étaient choisis avec une exactitude troublante, comme si elle récitait un texte qu’elle croyait spontané.
— Sébastien… je me sens tellement bien avec toi, tellement en confiance, j’ai l’impression que tout cela était écrit depuis longtemps.
Elle se pencha pour l’embrasser, timidement d’abord, puis avec une intensité croissante, persuadée de vivre enfin ce qu’elle avait toujours désiré, persuadée que cet homme était celui qu’elle avait attendu, celui qui la comprenait, celui qui la complétait, et elle continuait sa séduction, persuadée que Sébastien partageait ses sentiments, appréciant qu’il ne la repousse pas, qu’il ne résiste pas, qu’il se laisse entraîner dans cette proximité nouvelle, ignorant tout de son indifférence, de son absence totale d’émotion, de la froideur intérieure avec laquelle il accueillait chacun de ses gestes.
Sébastien ne reculait pas, ne protestais pas, ne montrait ni désir ni tendresse, mais il ne s’opposait pas non plus, car il savait que c’était ce que la Rose Noire voulait, et il n’était loyal qu’envers elle, pas envers Sophia, pas envers ses illusions, pas envers ce qu’elle croyait ressentir. Il la laissait faire, laissait ses mains glisser, laissait ses mots se déverser, laissait son esprit s’enfoncer encore plus profondément dans l’illusion qu’on avait tissée autour d’elle, et il savait que chaque seconde qui passait renforçait l’emprise, scellait davantage le piège, verrouillait un peu plus son esprit.
Ce qui se passa ensuite dans cette maison isolée du monde resta enfermé entre ses murs, un acte que Sophia interpréta comme l’accomplissement d’un amour profond, un moment qu’elle vécut comme une évidence, une exaltation, une certitude que cet homme était celui qui la comblera, celui avec qui elle construirait un avenir, celui qui lui donnerait l’héritier qu’elle imaginait déjà, et elle se croyait amoureuse, elle croyait avoir franchi une étape décisive de sa vie, elle croyait que tout cela était réel, que tout cela venait d’elle, que tout cela avait un sens.
Pour Sébastien, ce n’était qu’un devoir, une mission, un rôle qu’il devait jouer et qu’il jouerait encore si on le lui demandait, sans y attacher la moindre émotion, sans en garder la moindre trace, et il avait accompli ce qu’on attendait de lui, rien de plus, rien de moins, et il savait que la Rose Noire serait satisfaite, car elle avait obtenu exactement ce qu’elle voulait : un lien, un acte, un sceau invisible qui renforcerait encore l’emprise sur Sophia, qui l’enfermerait définitivement dans une illusion dont elle ne pourrait plus sortir.
La Rose Noire, elle, savait que ce qui venait de se produire dans cette maison isolée et chargée d’histoire avait consolidé son emprise sur Sophia, scellé définitivement son esprit, verrouillé son libre arbitre, et elle savait que Sophia ne serait plus jamais capable de choisir par elle-même, que chaque décision qu’elle prendrait désormais serait teintée, influencée, guidée par cette force qui s’était insinuée en elle, et personne ne pourrait réellement comprendre ce qui s’était passé ici, personne ne pourrait deviner l’ampleur de la manipulation, personne ne pourrait soupçonner que la directrice de Poudlard n’était plus qu’un pion.
Sophia dormait maintenant contre Sébastien, apaisée, convaincue de vivre une grande histoire d’amour, persuadée d’être aimée en retour, bercée par une illusion parfaite, et son visage, détendu, presque lumineux, reflétait une paix qu’elle croyait authentique, une paix qu’elle n’avait pas ressentie depuis longtemps, une paix qui n’était qu’un mensonge.
Sébastien, lui, restait éveillé, immobile, les yeux ouverts dans la pénombre, déjà tourné vers ce qui allait suivre, car il le savait : la suite ne tardera pas, les ordres viendront, les étapes s'enchaînent, et il souriait déjà à l’idée de ce qui arriverait, un sourire mince, froid, presque imperceptible, un sourire qui n’avait rien d’humain, rien de tendre, rien de compatissant, un sourire qui appartenait à un homme qui n’avait plus rien à perdre et qui avait déjà tout donné à la Rose Noire.