Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 115 : L’Éclat de La Lune Noire

Par snape69

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Lavinia avait reçu le message de Scorpius à peine quelques minutes plus tôt, un message bref, sans fioritures, mais dont la portée suffisait à lui glacer le sang : La Rose Noire souhaite te voir. Maintenant. Elle avait arrêté ce qu’elle faisait à Poudlard, le cœur battant plus vite qu’elle ne voulait l’admettre, puis avait transplaner sans perdre une seconde en direction du manoir. Elle ne savait pas ce que la maîtresse voulait d’elle, mais elle se doutait que cela concernait le plan, ce plan qui impliquait son fils, ce plan qui, chaque jour, lui serrait un peu plus la gorge. Elle ne le montrait plus, elle avait appris à masquer ses émotions, mais en réalité, l’angoisse ne la quittait jamais : la peur de perdre Orion, la peur de le voir sombrer, la peur de ne plus jamais pouvoir le protéger.


Elle était loyale à la Rose Noire, oui, mais pas par conviction. Elle l’avait rejointe pour Orion, uniquement pour lui, pour le préserver, pour éviter qu’il ne soit brisé ou détruit par ceux qui auraient pu s’en prendre à lui. Et pourtant, malgré ses intentions initiales, elle avait fini par être corrompue elle aussi, lentement, insidieusement, depuis le jour où elle avait utilisé une potion d’asservissement sur Sophia, depuis le jour où elle avait lancé un sortilège inviolable pour que tout se déroule comme la Rose Noire l’avait prévu. Elle avait franchi des limites qu’elle n’aurait jamais imaginé franchir, et elle savait qu’il n’y avait plus de retour possible.


Lorsqu’elle arriva au manoir, elle ne trembla plus. Elle avait changé, non pas par choix, mais par nécessité. Un légionnaire la conduisit à travers les couloirs jusqu’à une grande porte sculptée qu’elle reconnut immédiatement. L’endroit où Scorpius et Orion avaient déjà été convoqués. L’endroit où les décisions les plus terribles étaient prises. Ce n’était pas bon signe. Le légionnaire ouvrit la porte, et Lavinia entra, le souffle suspendu.


La Rose Noire n’était pas sur son trône d’ombre. Elle était assise sur un canapé sombre, les jambes croisées, parfaitement détendue, comme si elle recevait une amie pour le thé. Cette posture, pourtant, était mille fois plus inquiétante que n’importe quelle mise en scène cérémonielle. Elle donnait l’impression que tout était déjà décidé, déjà écrit, déjà scellé, et que Lavinia n’était qu’un pion de plus dans un jeu dont elle ignorait encore les règles.

Lavinia s’inclina aussitôt avec respect.


— À l’heure. C’est bien. Assieds‑toi, nous avons à parler.


La voix était douce, presque chaleureuse, mais Lavinia savait que cette douceur n’était qu’un vernis posé sur une lame. Elle s’exécuta sans discuter, incapable de soutenir son regard invisible. La peur la tenait, froide et précise, mais elle la maîtrisait.


— Bien, si je t’ai fait venir ici, c’est d’abord pour te féliciter. Tu as réussi au-delà de mes espérances concernant la mission que j’attendais de toi. Je n’y croyais pas, mais il m’a suffi de menacer ton fils pour que tu t’exécutes, et maintenant, grâce à tes actions, mon plan est presque finalisé. Il ne me manque qu’un point : ton fils, qui devra remplir sa mission le moment venu.

Lavinia sentit son ventre se nouer, mais sa voix resta stable.


— Puis-je vous demander ce qu’il doit faire exactement ?


La Rose Noire se pencha légèrement en avant, comme si elle s’apprêtait à lui confier un secret.


— Je vais te répondre, oui. Il doit faire apparaître une fausse lune dans le ciel. Étant donné qu’il n’a encore que six ans, il n’a pas de baguette, et je ne peux attendre qu’il en possède une dans cinq ans. Voilà pourquoi j’ai trouvé la solution.


Elle tendit la main.


Un petit objet noir reposait dans sa paume.


— Voici un artefact nommé L’Éclat de la Lune Noire. C’est un fragment d’un artefact créé par Vaseras il y a des années, bien avant sa mort. Il contient son essence, et elle sera utile pour créer la fausse lune.


Lavinia observa l’objet. Un petit croissant de pierre noire, lisse, froid, presque vivant. Une brume argentée semblait bouger à l’intérieur, comme un souffle emprisonné. Elle sentit un frisson lui parcourir l’échine.


— Je vois… donc c’est grâce à cet artefact qu’il pourra faire apparaître la fausse lune ?


— En effet. Et pour l’activer, il suffit de prononcer un seul mot : Umbraflecto. Jusqu’à ses onze ans, tu seras la gardienne de l’artefact. Mais ce que je veux, c’est que durant ces cinq années, il commence à s’entraîner, pour que le jour venu, il puisse accomplir ce qui lui est demandé.


Lavinia hocha la tête, le cœur serré.


— Alors je le garderai jusqu’à son entrée à Poudlard. Il devra donc le faire lors de sa première année ?


— Oui. Sa cible n’est autre qu’Elizabeth Potter, qui doit blesser Elladora Blackwood, ma fille, mais cela, tu le sais depuis longtemps. Et il est très important qu’il y ait un maximum de monde lorsqu’il fera apparaître la fausse lune. Il faut que la scène soit indiscutable, irréfutable, parfaite.


Lavinia sentit son souffle se bloquer.


Elladora.

La fille de la Rose Noire.

La fille de Vaseras.


— Cela sera fait. Je vais l’entraîner dès aujourd’hui, Maîtresse.


La Rose Noire la fixa, ou du moins Lavinia sentit son regard peser sur elle.


— Si cela est une réussite, ce dont je ne doute pas une seule seconde, vous serez récompensés au-delà de ce que vous pouvez imaginer. Maintenant, pars. Et entraîne ton fils.

Lavinia s’inclina une dernière fois, serra l’Éclat de la Lune Noire contre elle comme s’il s’agissait d’un serpent endormi, puis quitta la pièce pour transplaner vers le manoir familial. Elle ne savait pas si elle tremblait de peur, de culpabilité ou de détermination. Peut-être des trois.


Lavinia transplanait directement devant le manoir familial, l’Éclat de la Lune Noire serré contre sa paume comme si l’objet pouvait s’échapper ou la mordre, et elle resta un instant immobile sur le seuil, incapable de dire si le tremblement qui parcourait ses doigts venait de la peur, de la culpabilité ou de cette étrange détermination qui l’habitait depuis qu’elle avait compris qu’il n’existait plus aucun retour possible. Le vent nocturne glissait sur sa peau, froid, presque coupant, mais elle ne le sentait qu’à peine ; tout son corps semblait encore imprégné de la présence de la Rose Noire, de sa voix douce et glaciale, de ses mots qui résonnaient comme une prophétie déjà accomplie, comme si l’avenir avait été scellé bien avant qu’elle ne soit convoquée.


Elle poussa la porte du manoir, entra dans le hall silencieux, et referma derrière elle sans un bruit, comme si le simple claquement du bois pouvait réveiller quelque chose qu’elle n’était pas prête à affronter. L’obscurité familière de la maison l’enveloppa aussitôt, et elle se surprit à inspirer profondément, comme si elle cherchait à reprendre possession d’un espace qui ne lui appartenait plus vraiment, comme si chaque mur, chaque ombre, chaque silence lui rappelait qu’elle avait franchi une frontière invisible et qu’elle ne pourrait plus jamais revenir en arrière. Elle monta lentement les escaliers, chaque marche semblant peser davantage que la précédente, chaque pas la rapprochant de ce qu’elle redoutait le plus : son fils, endormi, innocent, ignorant tout de ce qui l’attendait.


Arrivée devant la porte de sa chambre, elle resta immobile un long moment, la main posée sur la poignée, l’Éclat serré dans l’autre, et elle sentit une douleur sourde lui traverser la poitrine, une douleur qu’elle n’avait plus ressentie depuis des années, celle d’une mère qui sait qu’elle va trahir ce qu’elle a de plus précieux pour le sauver d’un mal plus grand encore. Elle ouvrit finalement la porte, lentement, presque à regret, et la lumière pâle de la lune réelle — la vraie, celle du ciel — glissa sur le visage d’Orion, endormi profondément, les cheveux en bataille, la respiration calme, paisible, fragile, comme si le monde extérieur n’avait aucune prise sur lui, comme si rien ne pouvait encore l’atteindre.


Elle s’approcha de lui, s’assit au bord du lit, et resta là, silencieuse, à le regarder dormir, à écouter ce souffle régulier qui lui rappelait qu’il n’était encore qu’un enfant, un enfant qui n’avait rien demandé, un enfant qui n’avait pas conscience que son destin venait d’être scellé par des forces qui le dépassent, un enfant qui, dans cinq ans, serait appelé à accomplir un acte qui briserait une vie et qui marquerait la sienne à jamais. Elle porta une main tremblante à sa joue, effleura sa peau chaude, et un frisson la traversa, un frisson qui n’avait rien à voir avec le froid, mais tout à voir avec la certitude qu’elle venait de franchir un point de non‑retour.


« Cinq ans… » pensa-t-elle, et la pensée elle-même sembla peser comme une sentence.


Cinq ans pour transformer un enfant en arme.

Cinq ans pour lui apprendre à prononcer un mot qui déchaînait une magie qu’il ne comprendrait pas.

Cinq ans pour le préparer à accomplir un acte qui le marquera à vie.

Cinq ans pour perdre ce qu’il restait encore d’elle.


Elle se redressa, referma doucement la porte derrière elle, et resta un instant dans le couloir, immobile, l’Éclat de la Lune Noire serré contre sa poitrine comme un cœur étranger, froid, implacable. Le silence du manoir semblait respirer autour d’elle, lourd, attentif, presque vivant, comme s’il attendait déjà la lune qui n’existait pas encore, celle qui viendrait un jour déchirer l’enfance d’Orion et sceller le destin d’Elizabeth.


✨ Petite pause dans l’histoire ✨


Je pars à Londres la semaine prochaine, avec une visite très spéciale au Studio Harry Potter 🪄

Le tome 3 de l’histoire arrivera à mon retour de voyage. Merci pour votre patience, et à très vite pour la suite 🌑






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