Les Amours de Radimir Vynoque - volume 2 : disparitions à Poudlard

Chapitre 5 : Le caniveau de la Bastille

Par radimir

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"-Vous avez eu de la chance de m’emmener avec vous ! Figurez-vous que je connais Paris comme ma poche ! lança l’elfe Astruk en posant le pied sur le quai.

 

-Vous y avez construit des barricades ? s'intéressa le MacMolsby

 

-Non, même si ce n’est pas l’envie qui me manquait… j’y étais invité pour animer une émission sur la chaîne de Jean-Luc Petitchon, vous savez, ce grand communiste qui se bat pour la cause des elfes et du petit peuple ! 

 

-Je le connais, affirma MacMolsby d’un ton méchant, c’est une raclure celui-là, Dieu nous en préserve !

 

-Comment osez-vous ? C’est un homme admirable ! Un brave Camarade ! renchérit  l’elfe en brandissant son petit doigt. Pas comme le stagiaire qu’on m’avait refourgué, un certain Tom, ou Lucas je ne sais plus. Un gnome qui prenait la cause à la légère…

 

-NE M’ÉCHAUFFEZ PAS LES OREILLES ! intervint Radimir Vynoque en sautant à son tour sur le quai, Dois-je vous rappeler qu’on a une mission de la plus haute importance ? ALLER ! En avant ! Astruk, guidez nous jusqu’à la Bastille !

 

-Mais Monsieur, la Bastille a été détruite quand les glorieux révolu… 

 

-ET QU'ÇA SAUTE ! le coupa Vynoque. »

 

Sur ces entrefaits, Vynoque, qui tenait Snapy dans ses bras, donna un féroce coup de pied dans l’arrière-train de l’elfe pour le faire avancer. La petite compagnie se mit alors en marche tandis qu’un Eric encore trempé battait joyeusement le rythme en chanson :

 

«  Nia nia nia nia nia nianianiania, nous avons avec la joie pris rendez-vous, ne le manquez pas surtout ! »


 

Pendant le trajet, il sembla au Vynoque que le séduisant William MacMolsby se rapprochait petit à petit de sa grosse personne. Il fut réellement convaincu que le professeur de sortilèges essayait d’établir un contact physique lorsqu’il commença à sentir l’épaule du bel anglais lui frôler la panse. « Vynoque, ressaisis-toi mon p’tit père, pensa-t-il, qu’est ce qui te prend à guetter du coin de l’œil ses faits et gestes comme une donzelle en fleur le ferait avec son premier amant ? » A peine avait-il pensé cela que le MacMolsby posa sa main sur son épaule. Sans qu’il en comprenne la raison, Vynoque sentit son cœur battre plus vite de la même façon que la veille, lorsqu’ils s’étaient endormis enlacés. Il ne pouvait décemment pas laisser cela se reproduire. « Mon cœur est à Snape et à personne d’autre », essayait-il de se convaincre.

 

"-Eric ! OH OH LE SALTIMBANQUE ! Venez donc vous placer entre nous deux ! Je n’entends RIEN à votre mélodie ! Là ! Voilà, bien au milieu !

 

-De grâce Radimir ! Tu n’y penses pas ! C’est tout juste si les chats ne tombent pas en syncope sur son passage tant il chante faux !

 

-MacMolsby, sache qu’un critique c’est un cul-de-jatte qui veut vous apprendre à marcher ! renchérit le Vynoque."

 

Ils arrivèrent bientôt dans une rue déserte au bout de laquelle se trouvait un petit terrain plat où reposaient quelques cailloux recouverts de mousse et de lierre.

 

“- Nous sommes arrivés ! annonça le petit elfe souriant

 

-Vous plaisantez j’espère ? Ça, la Bastille ?! Ca n’a rien de la prison ultra sécurisée dont on nous a tous rabâché les oreilles ! VOUS VOUS FOURVOYEZ STUPIDE MECHEUX !

 

-Non Radimir, il a raison, reprit sombrement William MacMolsby, regarde !

 

Le bel anglais lui désigna alors un écriteau qui surplombait les pierres entassées et sur lequel était inscrit : « A cet emplacement s’est tenue la prison de la Bastille dont il ne reste aujourd’hui plus que des ruines. » Déboussolé, Radimir Vynoque se laissa alors choir à même le sol. Qu’allait-t-il faire à présent ? La Bastille était la seule et unique piste dont ils disposaient pour mener leur enquête. Tout à coups, le gros bonhomme fut secoué de sanglots irrépressibles. Reniflant et geignant il s’écria :

 

-Snapy ! Snapy ! Donne-moi un signe ma chère oie ! Ô TOI AU SI BEAU PLUMAGE NOIR, TEL LES CHEVEUX DE MON SNAPE ! GUIDE MOI !"

 

Mais l’oiseau au long bec orange qui était à présent assis sur la proéminente bedaine du professeur rond ne daigna pas bouger d’un pouce. Eric, attendri par la détresse de Vynoque, s’empressa de sortir un mouchoir de sa poche et de le tendre à son professeur avec compassion. Quant à Astruk et MacMolsby, ils dissertaient dans un coin sur les bienfaits de la Révolution française. Enfouissant son visage entre ses mains, Vynoque devait se résoudre à admettre qu’il n’y avait plus d’espoir… Quand tout à coup Eric s’écria :


"-Snapy ! Reviens ! Monsieur Vynoque ne sera pas content si tu t’en va et il a déjà de grandes misères…

 

L’oie était en effet partie précipitamment vers les ruines de la Bastille. Elle zigzaguait entre les pierres et fut bientôt hors de vue.

 

-SUIVEZ SON PANACHE NOIR ! hurla Vynoque en se remettant debout le plus rapidement qu’il put.

 

Bondissant à sa suite, nos quatre compères retrouvèrent Snapy quelques mètres plus loin, devant une bouche d’égout où reposait le cadavre d’un chat galeux. L’oie était occupée à mettre de petits coups de bec à la bête morte.

 

-Pfouuuaaa, elle est pas bien futée cette oie ! Si vous voulez mon avis, on devrait la faire frire et la manger accompagnée de petits pois, lança Astruk

 

-Ah non, ça ruinerait mon rééquilibrage alimentaire, protesta Eric.

 

-COMMENT OSEZ VOUS DOUTER DE MA SNAPY ALORS QU’ELLE VIENT DE TROUVER UN INDICE ! REGARDEZ BANDE DE BIGLEUX ! REGARDEZ BIEN ! Ne voyez-vous pas qu’il y a un homme qui nous observe à l’intérieur de ce caniveau ?! VOUS ! QUI ÊTES VOUS DONC ? VOTRE MÈRE NE VOUS A PAS APPRIS À NE PAS EXPLORER LES ÉGOUTS ? CE N’EST PAS UN COMPORTEMENT NORMAL ÇA MONSIEUR, SI VOUS VOULEZ MON AVIS, VOUS ÊTES DES PLUS SUSPECTS !

 

En effet, derrière les petits barreaux de la bouche d’égout, un petit homme les observait. Il avait un long nez très fin et des yeux plus rouges que les flammes de l’enfer. C’est alors que le MacMolsby s’écria :

 

-Oh my God ! C’est un Grimloc !

 

-C’est quoi un Grimloc ? demanda le Eric effrayé.

 

-De sombres créatures des ténèbres qui vivent dans les caniveaux. On raconte que certains sont gardiens à la Bastille ! Celui-là est sûrement un de ces geôliers !

 

-C’est exact, répondit d'une voix grave et terrifiante le vil Grimloc. Que venez-vous faire à la Bastille vous autres ?

 

-Ah ! Nous devons mener une enquête de la plus haute importance ! Nous allons INSPECTER la prison ! Maintenant dégagez le passage et ouvrez nous la porte! dit fièrement le Vynoque tout en caressant amoureusement le plumage de Snapy.

 

-Avec plaisir Messieurs, renchérit le Grimloc avec un affreux sourire, mais il me faudra vos cartes de membre de la guilde des sorciers.

 

Vynoque se tourna alors vers William :

 

-Allez William, donne lui ta carte !

 

-Mais je ne suis pas membre de cette maudite guilde ! s’indigna William

 

-Comment ?! Tu es l’ostrogoth le plus titré d’Angleterre ! Ah misère…

 

-Dans ce cas, vous devez avoir une autorisation écrite d’un des membres, ajouta le grimloc du fond de son égout.

 

-AH BAH NOUS N’EN N’AVONS POINT ! OUVREZ OÙ JE DEVIENS FURIBARD, COMME DIRAIT MON PROFESSEUR EN SORBONNE ! Mais… Attendez ! MAIS C’EST BIEN SÛR ! Je sais qui pourrait nous aider à entrer !”

 

 *******

 

 

La Sorbonne était l’un de ces endroits où Radimir Vynoque se sentait comme un coq en pâte. Il avait passé tant de temps à contempler le bâtiment, à arpenter ses couloirs, à échanger des baisers amoureux avec de nombreuses conquêtes et à malmener des élèves ignares, qu’il s’y sentait comme chez lui. Ravi d’exposer ses souvenirs et ses connaissances aux membres de sa compagnie, il déambulait dans les locaux avec panache, fier comme un paon. Il osa même se jeter sur un élève et le saisir par le col de la chemise pour lui enjoindre de cracher son chewing-gum qui n’avait pas lieu d’être dans une institution aussi prestigieuse.

 

“- Radimir, qu’est-ce qu’on fiche ici à la fin ? demanda William MacMolsby, las.

 

-Vous allez voir, j’ai plus d’un tour dans mon sac, répondit le Vynoque avec un clin d’œil malicieux. Ah, nous y voici.

 

Vynoque s’arrêta tout net devant la porte d’une salle de classe. La pièce, dont on apercevait l’intérieur depuis de petites fenêtres poussiéreuses, semblait à l’abandon. Le professeur rond se tourna vers ses camarades et s’adressa à eux d’une voix mystérieuse :

 

-Nous allons rencontrer un glorieux personnage mais il faut que je vous prévienne mes compères : ne tombez pas en syncope.

 

-Ça suffit les mystères Vynoque, qui est donc ce sorcier que tu nous emmènes voir ? A-t-il une carte de la guilde ?

 

-A n’en pas douter ! Tenez, je vais tout vous expliquer. Lorsque j’étais un jeune étudiant, aux joues rouges et bombées, au teint gracieux et à la chevelure d’or… Dans ce temps-là, j’ignorais tout de la magie. Lors de ma rentrée EN Sorbonne, coiffé de ma plus belle toque, je me rendis à mon premier cours de chimie dans cette salle de classe, dit-il en désignant la porte de la pièce. Il ne me fallut pas plus de dix minutes de cours pour me rendre compte que quelque chose clochait. Pendant que tous les élèves étaient plongés dans la lecture de leurs ouvrages, un bruit étrange résonna alors. Mooooorrrrrffff comment le qualifier ? On aurait dit quelqu’un qui pratique la culbute contre un radiateur ! Le professeur, se rendant compte de ma perplexité déclara : «  Ce que vous entendez là, c’est le fantôme du plus glorieux enseignant que la Sorbonne n’ai jamais compté ! Il s’appelait Pidansat de Mairobert, et il est décédé dans cette salle même en faisant de drôles d’expériences. C’est un martyr de la science ! » Alors là, j’en suis tombé sur les fesses ! Je me trouvais sur les lieux d’un drame exceptionnel ! Il me fallait en savoir plus ! C’est ainsi qu’à mes heures libres je suis venue enquêter sur la présence de ce fantôme. Quelle ne fut pas ma surprise quand ce cher Pidansat se montra à moi ! Quel privilège ! Quelle gloire !

 

-De mieux en mieux… rouspeta Astruk, on va rendre visite à votre ami imaginaire, c’est cela ?

 

-IMAGINAIRE ?! Voyez-vous même, lança Vynoque en ouvrant la porte d’un geste théâtral.

 

La scène qui s’offrit alors à leurs yeux ébahis les laissa sans voix. Au fond de la pièce, contre un radiateur, était entrain de s’accoupler le fantôme d’un vieil homme rabougris et desséché et celui d’une belle femme aux seins ronds.

 

-Comtesse Du Barry ?! s’exclama Eric

 

Les deux spectres se retournèrent interloqués et cessèrent net la pénétration. Le vieil homme rentra son sexe décharné dans sa redingote d’un air contris et la comtesse se cacha les seins de ses mains gantées.

 

-C’est du propre… marmonna William MacMolsby

 

Radimir, lui, se jeta littéralement aux pieds du fantôme :

 

-Cher Pidansat ! Me reconnaissez-vous ? Je suis Radimir Vynoque ! Votre vieil ami !

 

-Ah Radimir, oui je me souviens de toi, lança le fantôme nullement heureux de ces retrouvailles.

 

-Nous avons besoin de votre aide, illustre docteur en Sorbonne, de grâce ! Venez nous en aide ! Donnez-nous une autorisation pour entrer en Bastille !

 

-Êtes-vous membre de la guilde des sorciers ? ajouta MacMolsby

 

-Oui, oui je le suis. Voilà, lança-t-il en matérialisant un parchemin, maintenant, laissez-moi finir de tringler ma mie. Ma semence ne saurait rester dans son étui !”



 

 ********


 

“- OUVRE NOUS MAUDIT GRIMLOC !”

 

Radimir Vynoque, accroupi, agitait son autorisation au nez du gardien du caniveau. Les barreaux s’ouvrirent alors et les quatre compères entrèrent, avec plus ou moins de mal, dans la partie magique de la Bastille destinée à accueillir les plus maléfiques des sorciers. L’endroit était lugubre et sombre. Seules quelques torches scintillaient accrochées aux murs froids et imprégnés d’humidité des cellules. Le Grimloc les guidait vers le cachot de l’Ange de la Mort. Vynoque ne put réprimer un frisson au souvenir de la terrible créature qui l’avait pourchassé l’année précédente. Comme ils l’avaient prévu, la cellule était vide. Les rumeurs étaient donc vraies, l’être démoniaque s’était échappé. Les quatre hommes ne purent réprimer un soupir empreint de déception et de terreur.


Soudain, une clameur s’échappa d’une des geôles. Ils s’approchèrent méfiants de l’endroit d’où venait le cri et constatèrent avec horreur qu’un lépreux, affublé de béquilles, les yeux écarquillés et méchants, s’était jeté sur les barreaux de sa prison et criait en direction de Vynoque :

 

“- Siiiiiiiiiire ! Donne nous MacMolsby le Blond !

 

-Qu’est-ce qu’il nous veut ce pouilleux ? lança Vynoque

 

Astruk se recula alors d’un pas, de peur qu’un poux ne vienne se loger dans sa précieuse mèche de cheveux. MacMolsby lui, était tout bonnement terrifié et s’était retranché derrière le Vynoque, qui le cachait de sa largeur.

 

-Je suis Yvain le Terrible ! continua le maudit lépreux. Siiiiire ! Donne moi MacMolsby le blond, MacMolsby le beau et j’en ferai ma femme ! Il couchera dans la paille et baisera mes plaies purulentes ! Siiiiire !

 

-Il est complètement zinzin celui-là ! TIENS TOI TRANQUILLE LE GUEUX!

 

-Siiiiiiiire ! continua pourtant le pustuleux.

 

-Tais-toi Yvain ! lança une voix qui provenait d’une autre cellule.

 

L’homme qui avait parlé reposait au fond du cachot adjacent. C’était un homme d’âge mûr, qui avait un regard pervers et carnassier mais brillant d’intelligence. Il tenait entre ses mains un rouleau de papier toilettes sur lequel il écrivait un roman.

 

-Je le reconnais ! s’écria MacMolsby qui était enfin sorti de sa torpeur. C’est Radimir Strauss-Kahn ! C’est celui qui a écrit les 120 journées de Sodome !

 

-C’est à lui que voulait nous conduire Snape ! ajouta Eric, fou de joie.

 

-MOOOORRRFFFF ALORS STRAUSS-KAHN, OU EST SNAPE ? gronda Vynoque

 

Radimir Strauss-Kahn laissa tomber son manuscrit et s’approcha encore un peu du grillage de sa prison. Il se passa la langue sur la bouche d’un air lubrique et laissa échapper un gémissement de plaisir.

 

-Monsieur, dit-il en s’adressant à Vynoque, je comprends mieux pourquoi l’Ange de la Mort voulait votre corps.

 

-Vous connaissez donc l’Ange de la Mort ? Vous a-t-elle parlé de ses intentions de kidnapper Snape, Dumbledore et toute la clique ? demanda Radimir Vynoque. Parce que si c’est le cas vous feriez mieux de tout avouer avant que je vous passe à la questionnette ou PIRE à la moulinette !

 

-L’Ange de la Mort et moi avons copulé à travers les barreaux de notre prison. Nous avons joui à la pleine lune et nous avons échangé nos semences, mais nous ne parlions pas de nos plans d’évasion. Cependant, elle a laissé entendre qu’elle allait se rendre en Irlande, chez une certaine Carmelle.

 

-EN IRLANDE ?! s’exclamèrent en même temps les quatre compères, accompagnés du caquètement de Snapy.”

 

 

FIN DU CHAPITRE 5






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