Les Amours de Radimir Vynoque - volume 2 : disparitions à Poudlard

Chapitre 6 : The woman who was confused

Par radimir

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Nos fiers compagnons restèrent figés de stupeur pendant un instant, alors que Radimir Strauss-Kahn continuait d’effeuiller son rouleau de papier toilette avec indifférence. Le gros Vynoque fut le premier à reprendre ses esprits. Gonflant son ventre dans le but d’impressionner son adversaire, il tonna de sa voie la plus grave :


« - Monsieur le repris de justice ! Mauvaise graine dépravée ! Honte de vos aïeux ! Je vous prie de nous dire tout ce que vous savez au sujet des sombres projets de l’Ange de la Mort ! Où se trouve la maison de cette “Carmelle” ? Où se situe-t-elle exactement sur l’arbre généalogique de cette Immondice ? Est-ce elle qui détient mon Snape ? Parlez Margoulin ! Ou tenez-vous prêt à vous frotter à ma large panse !



-Monsieur, lui répondit Radimir Strauss-Kahn en redressant un ventre aussi rond que celui du Vynoque. Je vous pisse à la raie. Vous et votre piètre estomac ne me faites même pas bander. Je vous ai dit tout ce que je savais au sujet de cette Ange de la Mort. Maintenant, veuillez disposer. Il est l’heure de mon quart d’heure de masturbation. Fuyez si vous ne voulez pas que je vous éjacule à la face ! »


Radimir était outré. Personne n’avait jamais osé se moquer de sa prodigieuse bedaine! Cet espèce de maroufle à peine bedonnant ne perdait rien pour attendre. Pointant son organe ventral vers la cage où se tenait Strauss-Kahn à présent cul nul, il le fit tomber de tout son poids sur le métal. Le détenu, acceptant le défi, dégaina sa propre panse et brâma à la Lune. Puis, à son tour, il laissa son prodigieux abdomen choir de toute sa force sur la grille et en toucha le Vynoque au travers. S’engagea alors un combat digne des plus grands éléphants de mer où chacun des deux adversaires abattait son globe rond sur celui de son ennemi. Médusée, le reste de la compagnie ne pouvait détourner les yeux de cet horrible spectacle. La lutte acharnée entre ces deux alter-ego dura longtemps, sans qu’aucun des deux challengers ne parvienne à prendre le dessus. Épuisés, et soufflant comme des bœufs, les deux hommes-morses s’effondrèrent au sol, vaincus.

A cet instant précis, Snapy se mit à cacarder précipitamment, battant des ailes, en direction du fond des cachots de la Bastille. Lorsque la compagnie se retourna, elle découvrit avec horreur qu’elle était encerclée de Grimlocs. Ces créatures immondes avaient profité du combat acharné des deux Radimir, pour acculer le petit groupe. Alors qu’Eric aidait le Vynoque à se relever, William se racla la gorge et articula difficilement tout en protégeant le reste de la troupe dans son dos :

« - Messieurs, nous vous remercions de votre hospitalité. Grâce à vous, nous avons pu découvrir une piste conduisant à l’Ange de la Mort. Une fois dehors, nous vous la ramènerons au plus vite. Alors… Erm… A bientôt ?


La foule des Grimlocs éclata de rire. Leur chef, qui les avait accueilli plus tôt, reprit la parole encore profondément hilare :


-Pensiez-vous qu’il vous serait facile de sortir de la prison de la Bastille ? Votre carte de membre ne vous aidera point, ajouta-t-il en alors que Vynoque fouillait dans ses poches. Vous êtes entrés ici de votre plein gré, sans aucune protection. Ainsi vous servirez de repas aux fiers gardiens de cet établissement.


A ces mots, les horribles créatures à la peau blanche resserrèrent leur étreinte autour de nos chers compères, à présent coincés contre un mûr. Radimir avait beau regarder dans tous les sens, il ne voyait aucune échappatoire. William, qui avait dégainé sa baguette magique, se tenait fermement devant lui prêt à en découdre. Mais ses sorts ne tiendraient pas longtemps face à la centaine de Grimlocs qui se tenait à présent face à eux, se pourléchant les babines. Plus le temps passait, moins ils avaient de chance de s’en sortir vivants. 

  

- Réjouissez-vous !, reprit le terrible chef des gardiens. Votre sacrifice nous permettra de continuer à assurer la captivité de ces dangereux criminels…


- Hors de question ! s’exclama l’elfe Astruk sautant en première ligne. Snapy ! Jacques ! Unissons nos forces ! Répétez avec moi : Le pouvoir de Karl Marx nous libérera ! Le pouvoir de Karl Marx nous libérera ! ALLEZ JACQUES ! PLUS FORT ! LE POUVOIR DE KARL MARX NOUS LIBÉRERA ! »


Alors que le petit mécheux continuait de s’égosiller tout seul face à la horde vampirique, un murmure pressant retentit aux oreilles de choux de notre Vynoque :


« - Siiiiiiiiiiire ! chuchota Yvain le Terrible pressé aux barreaux de sa cellule. Siiiiiiiire ! Libérez-moi ! Ouvrez cette cage, et je m’en irai pourfendre ces scélérats par la force de mes lambeaux de chair ! Siiiiiiiire ! Ouvrez-moi et vous aurez la vie sauve ! En échange, vous devez me promettre de me donner MacMolsby le blond, MacMolsby le beau pour épouse ! Faites sauter ces gonds ! Ils vont tâter de mes haillons ! »


Radimir ne réfléchit pas une seconde. Un anglo-saxon lui semblait un prix raisonnable pour sa vie et celle de Snapy. D’un coup de mâchoire, il fit valdinguer les barreaux qui retenaient Yvain hors de ce monde. Ce dernier s’élança immédiatement sur les Grimlocs. Avec une vigueur surprenante, il les attaqua de front, leur arrachant les oreilles et leur mordant le nez. Il les castagnait avec tant d’ardeur, que bientôt il ne resta des premiers gardiens qu’il avait tâté du poing qu’une bouillie informe.


Profitant du désordre, Vynoque attrapa Snapy et Eric sous ses bras et poussa Astruk d’un coup de pied vers la sortie. Après une courte hésitation, il attrapa également la main de William : « Yvain n’aura qu’à venir le chercher s’il survit à cette foire d’empoigne ! ». Sans être vue, la compagnie put ainsi contourner les Grimlocs en plein combat, et sortir saine et sauve de la Prison de la Bastille.

 

*****************

 

La lune se trouvait haut dans le ciel lorsque notre petite troupe remonta sur sa barque faute d’avoir pu trouver un meilleur endroit pour passer la nuit. Après avoir fait un feu pour se réchauffer, ils se partagèrent les restes de lembas et discutèrent de la suite de leur périple. Les avis différaient : Radimir était d’avis qu’il fallait lâcher Snapy dans les airs et attendre que celle-ci lui ramène un indice, l’elfe Astruk pensait qu’ils devraient se rendre sur la tombe de Staline qui les guiderait vers Snape, Eric se demandait quel mot rimait le mieux avec « lunettes » pour la chanson qu’il était entrain d’écrire à la jeune Serdaigle élue de son cœur, et Jacques n’en pouvait décidément plus de l’oie Snapy et essayait par tous les moyens de la déplumer. Seul William restait silencieux. Il semblait en proie à une profonde réflexion. Soudain, il prit la parole et expliqua au reste de la communauté :


« - Je pense avoir une idée… Je ne suis pas censé vous en parler, mais l’enjeu est trop grand pour que je me taise. Si nous réussissons à capturer l’Ange de la Mort et à retrouver nos disparus, je serai pardonné… Voilà. La formule magique permettant de vaincre le Monstre Lubrique n’est pas le seul héritage que Defoe a laissé à ma famille. Il nous a aussi laissé une maison dans la région du Connemara en Irlande. Un manoir pour être plus précis. Cette demeure, très ancienne, lui servait de repère secret à lui et à ses troupes lors de la Guerre des Gobelins. Protégée par un sort magique très puissant, seuls ceux qui en possédaient l’adresse exacte étaient capables de l’apercevoir. Pour tous les autres, elle restait invisible. Elle fut transmise de génération en génération par les membres de ma famille au cas où l’un d’entre nous aurait un jour besoin d’un endroit sûr. Le manoir est resté exactement dans l’état où Defoe l’a laissé la dernière fois qu’il y a mis les pieds. Defoe étant celui qui a débusqué et vaincu l’Ange de la Mort pour la première fois, peut-être y trouverons-nous des indices nous menant à cette fameuse Carmelle… Ou peut-être pas. Mais faute de mieux je pense que c’est un bon point de départ. »


La petite troupe acquiesça immédiatement, surtout Vynoque qui était médusé et séduit face à l’arbre généalogique prestigieux de l’ostrogoth. Et ainsi, la communauté largua immédiatement les amarres pour rejoindre l’Irlande par les flots.

 

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*TRRRRRRRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIT TRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRIIIIIIIIIIIIIIIIT !*


Des bruits faramineux de sifflet émergeaient des vagues tumultueuses de l’Océan Atlantique. La barque de notre communauté voguait avec vigueur, roulant sur les flots et embrassant les puissants embruns de la mer. A bord, chacun avait trouvé sa place. Le Vynoque, capitaine autoproclamé, avait bien du mal à assurer sa fonction. Malade comme un chien, il passait la plupart de son temps à rendre ses tripes par-dessus bord. Son mal de mer était d’autant plus prononcé qu’on n’avait pas eu d’autre choix que de l’attacher à la poupe arrière. En effet, Radimir, n’ayant décidément pas le pied marin, passait son temps à perdre l’équilibre alors que le bateau tanguait sur les vagues. Le poids de son corps roulant d’un bord à l’autre de l’embarcation avait bien failli retourner le navire à trois reprises. Lié mains et pieds, il tentait tout de même d’assurer son rôle de leader. A l’occasion du franchissement d’un creux de vague particulièrement vertigineux, il avait réussi à se saisir à la volée d’un cornichon creux, et l’avait porté à sa bouche. A la moindre occasion, il se vidait les poumons dans le cucurbitacée manifestant ensuite son mécontentement par moult expressions de marin :


« - Astruk, TÊTE DE MORUE ! ASTIQUEZ-MOI CE PONT ! RECUREZ LE JUSQU'À CE QU’ON PUISSE VOIR LES BAS FONDS DE LA MER ! UTILISEZ JACQUES COMME SERPILLÈRE ! C’EST ÇA ! VOILAAA ! TREMPEZ LE VIGOUREUSEMENT DANS CE SCEAU ! MAIS ! GARGOUILLOU ! VOUS AVEZ PRIS SNAPY ! EMPOISONNEUR DE POULPE, ESSOREZ-LA ! VOUS VOYEZ BIEN QUE LA BÊTE EST MOITE ! REGARDEZ-MOI CET EMPANNEUR DE CHINE, CE BON À RIEN ! IL M’A MOUILLE MON SNAPY ! VOUS ME LE PAIEREZ CHER, SALE SCIE À FROMAGE ROUILLEE ! Snapy ! Snapy ! Viens ma pépette ! Approche mon hirondelle de la Manche ! Mon colibri des îles ! Voilà ! Couche-toi sur mon crâne, soit mon couvre-chef ! Tu es en sécurité à présent… »


Mais le reste de l’équipage était bien trop occupé pour prêter attention au Vynoque. William était celui qui mettait le plus de cœur à la tâche. Véritable marin, il souquait les voiles, brassait les cordages, montait et descendait du grand mât, naviguait le bateau à bâbord comme à tribord. Il s’occupait même de ravitailler ses troupes : il avait une nouvelle fois encordé le Eric et l’avait jeté à l’eau afin qu’il serve d’appât pour pêcher des thons.  Lorsque Vynoque posa les yeux sur lui en cet instant, il était torse nu, tirant ses muscles pour remonter le jeune chanteur auquel était maintenant fermement accroché un saumon. Radimir, le cornichon au bec, ne put s’empêcher de siffler d’admiration face au corps bien bâti de l’anglo-saxon qui rejetait à présent le Eric à la mer, sous les rires gras de Jacques et Astruk toujours en train de nettoyer le pont des vomissures du Vynoque et des renvois de Snapy.  


« Non d’un tournebroche ! » rêva-t-il « C’est tout de même une belle frégate que cet ostrogoth là ! Un beau morceau ! Mais… enfin ! » se réveilla-t-il soudain se rappelant à l’ordre « Reprends toi ! Ravale ta gaffe ! Tu ne vas quand même pas branler bas pour ce satané anglo-saxon alors que ton Snape t’attends ! Arrête de conter musette à cette mouette anglaise ! C’est décidé ! Une fois à terre, nous mettrons les choses au point avec lui ! »


Grâce à ce fier travail d’équipe, notre fine équipe arriva en un rien de temps sur les côtes du Connemara. Ils y débarquèrent au beau milieu d’un parc à huîtres où un homme et son fils travaillaient. Radimir, qui mourrait de faim après avoir régurgité pendant des heures, courut à l’encontre des deux hommes, Snapy toujours chaussée sur sa tête :


« - Mes braves ! Je suis l’illustre Capitaine Radimir Vynoque, pourfendeur des mers. Et voici mon équipage, leur annonça-t-il en désignant le reste de la communauté qui était en train de repêcher le Eric. Nous bénissons cette terre de notre présence pour accomplir une mission des plus périlleuses ! Veuillez m’ouvrir vos huîtres les plus juteuses afin que je les gobe. Lorsque je serais anobli par la Reine, je vous promets de vous faire parvenir une photo dédicacée en récompense de votre bonté. Allez, ajouta-t-il en ouvrant grand la bouche. Fourrez-moi des mollusques dans le gosier !


Mais les deux hommes ne bougèrent pas d’un pouce. Immobile, ils regardaient dans le vague et ne semblaient même pas conscients qu’on leur adressait la parole. Radimir, surpris de ne pas être nourri, finit par fermer la gueule. Outré, il fit frémir sa moustache de rage :


- Bah qu’est-ce qu’ils ont ces zozos ? Ils causent pas français ? GIVE ME FOOD ! FEED ME ! Mmmmmmmmbrrr…. Regardez-moi leurs regards de merlan frit ! Ah ça ! Ils ont pas l’air d’avoir la lumière à tous les étages ! Ils sont plus mous que des maquereaux pris dans la vase !


- Radimir, qu’est-ce que tu fabriques ? l’appela William au loin. Laisse ses pauvres gens tranquilles ! Nous avons encore des heures de marche avant d’arriver au manoir de Defoe, il faut partir maintenant ! Allez, on arrête de rêver aux mouches et on accélère ! Zoum, zoum ! »


Grognant de fureur, le Vynoque fulminant n’eut pas d’autre choix que de se mettre en marche à la suite du Eric la langue gonflée d’eau telle une éponge.


Pauvre Radimir, s’il avait su ce qui l’attendait, il aurait sûrement pris le temps d’embrocher Jacques et de le rôtir. En effet, la randonnée dura un jour entier durant lequel le William, tel un chien fou courait au devant de notre troupe exténuée, ne leur accordant aucun repos. Durant les courts instants où le MacMolsby faisait du jogging au loin, la communauté en profitait pour s'asseoir et faire des siestes qui ne duraient jamais longtemps. En effet, il ne fallait pas plus de quelques minutes au professeur de sortilège pour revenir vers eux d’un pas svelte et athlétique :


« - Allez les gueux ! On se bouge ! leur intimait-t-il alors. C’est bon pour le corps de faire un peu d’exercice ! Surtout pour les vôtres qui n’ont pas dû s’activer depuis la naissance… Un peu de nerf ! Vous allez bientôt sentir vos genoux travailler. Je suis sûre que vous ne vous souveniez même pas que vous avez des muscles aux genoux ! Allez Eric ! Secouez votre graisse !  Vous attirerez mieux les poissons !


Alors que Eric en ravalait sa langue pendante d’indignation, une douleur fulgurante traversa le postérieur de Radimir. Il poussa un cri et chu de tout son poids au sol :


- JE SUIS TOUCHÉ ! hurla-t-il. VITE ! APPELEZ DE L’AIDE ! LE CAPITAINE EST À TERRE À MOITIÉ MORIBOND ! JE SOUFFRE ! J’EN PERDS MES LARMES ! ELLES M’EN TOMBENT VOUS DIS-JE ! FAITES VENIR UN HÉLICO !


William accourut à son chevet. Après l’avoir observé quelques instants il déclara :


- My life… Ne fais pas ta chochotte ! C’est rien. C’est une crampe. Ça va passer. Il suffit juste d’étirer un peu ton muscle. Attends, laisse-moi te rouler sur le dos. Voilà. Maintenant, détends-toi.


Sur ces mots, MacMolsby entreprit de masser la fesse droite du Vynoque touchée par la crampe. Celui-ci s’en étouffa immédiatement d’indignation tout en étant en proie à la plus grande confusion. Il sentait les deux mains fermes de William lui malaxer le fessier en décrivant de doux ronds. Ce contact éveilla un fort émoi de l’autre côté de l’entrejambe de Radimir. Celui-ci aurait voulu crier au professeur de sortilège de remballer ses mains. Cependant, ce n’est pas une foule d’insultes qui sortit de la bouche de notre Vynoque, mais un gémissement de plaisir tonitruant. Incapable de résister au désir de sentir le corps du bel anglais contre le sien, il releva le postérieur dans l’envie folle de se faire posséder sur le champ.


- Aaaah ! Tu vois que ça va déjà mieux ! s’exclama William ravi. Un petit massage quand on a une crampe, il n'y a rien de mieux pour repartir du bon pied ! Allez les gros, on y retourne !


Lâchant les fesses de Radimir, MacMolsby repartit en trottinant gaiement. Notre professeur rond se releva, l’âme souillée. Encore une fois, l’anglo-saxon avait réveillé des envies que Vynoque avait juré de ne destiner qu’à Snape seul. Il ne comprenait décidément plus ce qui se tramait en lui. Souhaitant ne plus penser à ce moment, il se concentra sur sa marche et sur les paroles de Johnny proférées par le Eric.


Plusieurs fois au cours de leur périple, la petite troupe croisa des villageois, des passants, des fermiers. Tous avaient le regard aussi vide que l’homme et son fils au parc à huitre. Ils semblaient agir mécaniquement, comme s’ils étaient somnambules. Ils s’aperçurent que quelque chose ne tournait définitivement pas rond lorsqu’un troupeau de vaches conduit par deux femmes leur barra le chemin. Les bovins broutaient l’herbe sur le passage étroit alors que les deux fermières se tenaient immobiles face à elles, les yeux à moitié clos.


Au bout de quelques instants, le William, qui trottinait sur place pour ne pas perdre le rythme de sa course, devint furibond. Il explosa au visage des femmes inertes :


« - Mais bon Dieu, elles vont bientôt bouger ces deux nunuches ? Astruk, regardez-moi la dégaine de celle-là ! Quand on ose sortir avec un tarin pareil, on ne s’attarde pas dehors ! Non mais vous voyez bien : elle est laide mais OH MY GOD ! Je ne comprends pas comment l’autre fait pour ne pas vomir… Moi si j’avais une tête comme ça, je me mettrais un voile sur la face. Ça devrait être interdit d’avoir un physique pareil ! La vachette derrière est plus gracieuse ! Et puis elles sont pas vives ! Eh oh ?! Vous allez les bouger à quelle heure vos vaches ? Non parce que j’ai pas toute ma journée ! Hello ? Oh ! Eh je vous parle ! Meuh ! Meuh ! Les campagnardes ! »


Il continua longtemps à fulminer devant les deux femmes qui ne semblaient même pas s’apercevoir de sa présence. Après un moment, la communauté du se résoudre à sauter au-dessus des vaches pour continuer leur chemin.


Ils n’eurent pas beaucoup de temps pour réfléchir à l’étrange comportement des habitants de cette contrée que soudain William poussa un cri de victoire. Devant eux, venait d’apparaître un manoir de bois rouge, orné de blanc. Autour de la fière bâtisse s’étalait un luxuriant jardin. La compagnie le traversa en hâte et entra dans la maison de Defoe. Alors que tout le monde avait entrepris de fouiller l’endroit en quête d’indices laissés par l’ancêtre du professeur de potion, Vynoque lui, alla s’installer sur le porche. Il avait besoin de se reposer et surtout de se remettre les idées en place. Le parfum revigorant de l’air frais et des pieds de menthe qui poussaient à deux pas lui redonna un peu de baume au cœur. Perdu dans ses pensées, il laissa son regard vagabonder le long du magnifique verger qui se tenait devant lui.


Soudain, il aperçut un chapeau de paille qui s’agitait au loin. Radimir, intrigué, se releva et marcha en direction du couvre-chef. Lorsqu’il fut à quelques mètres de lui, il remarqua que ce chapeau était posé sur la tête d’une femme aux cheveux blancs qui tenait un sécateur à la main. Ses yeux bleus, perçants, étaient fixés sur un rosier. Vynoque s’approcha de la jardinière. Quand il fut à coté d’elle, il l’entendit marmonner :


« - I don’t understand… It shouldn’t be this way… Why is it… I’m confused… I’m so confused about gardening…


- Ça va vous deux ? On vous dérange pas ? »


Ce cri rageur avait été proféré par le MacMolsby qui s’avançait vers Radimir, accompagné du reste de la troupe. Ils avaient fait chou blanc. La maison avait été vidée. Plus aucun meuble, aucune vaisselle, plus rien. C’était à n’y rien comprendre.


Alors que nos amis se trituraient les méninges pour comprendre ce qu’il se tramait en ces lieux. Un cri retentit au loin. Se retournant dans la direction du bruit. Quelqu’un se tenait debout en haut d’une colline qui surplombait le manoir de Defoie. Vynoque blémit en reconnaissant la personne qui venait d’apparaître devant ses yeux :


« - Siiiiiiiiiiiiiiiiiiiire ! Il est l’heure de tenir votre promesse ! Je vous ai libéré. J’ai pourfendu le peuple Grimloc. A présent, livrez nous MacMolsby le blond, ou subissez les coups de nos béquilles !


A ces mots, une armée de lépreux prit place derrière Yvain le Terrible. Immédiatement, le vaillant Astruk se tint prêt à la castagne et galvanisa ses troupes :


- Snapy ! Jacques ! Camarades ! A vos becs ! A vos faucilles ! A vos marteaux ! A l’attaque ! »


Mais une main arrêta l’elfe mécheux avant qu’il ne s’élance vers les lépreux. C’était la vieille jardinière, le regard plus perçant que jamais. Elle sourit à la troupe, puis d’une main souleva un buisson d’hortensias qui révéla un passage secret. La communauté s’y pressa en vitesse avant qu’Yvain et ses compères n’aient le temps de rappliquer. Une fois qu’ils furent tous entrés dans l’étroit passage souterrain, la jardinière en referma l’accès et nos compagnons se retrouvèrent dans le noir le plus profond.






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