Les Amours de Radimir Vynoque - volume 2 : disparitions à Poudlard

Chapitre 7 : Le Nasillard

2628 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 16/03/2026 15:52

Trois semaines étaient passées depuis que la vieille femme avait sauvé la compagnie du Vynoque du courroux des lépreux. Elle leur avait fait emprunter un passage, puis un souterrain secret qui avait débouché sur une trappe menant à une petite cabane en bois. Les compères n’osèrent dès lors plus mettre le nez dehors. Tapis, acculés, ils étaient contraints à se terrer dans cette cabane du fin fond de la Cornouailles. Chaque jour, ils avaient le droit à une seule et unique visite, celle de la vieille femme qui leur apportait leur repas, trop maigre au gout du Radimir. Elle paraissait toujours aussi éberluée que le jour de leur rencontre et restait muette la plupart du temps, malgré les menaces de Vynoque de la passer à la questionnette. Parfois, il pouvait apercevoir la petite femme par la fenêtre, errer comme une âme en peine dans le petit potager attenant. William MacMolsby, bien résolu à résoudre le mystère de ce curieux comportement gratifiait la compagnie de ses hypothèses les plus loufoques.


La cabane ne comportait que deux lits superposés et une petite salle de bain. Radimir avait insisté pour prendre la couchette du haut, ce que personne n’osa lui refuser à cause de son humeur plus massacrante que jamais. Mais bien évidemment, au bout de quelques usages, le lit céda et s’effondra sur le William qui dormait juste en dessous. Celui-ci, par chance, eut le réflexe de s’extraire du sommeil juste à temps pour rouler sur le côté avant qu’il ne soit englouti sous le poids de notre professeur-phoque. Dorénavant, ils étaient tous deux contraints de partager le même lit.


William passait ses journées à réfléchir à une stratégie d’évasion, Snapy à caqueter au rythme des chants du Eric et Radimir, lui, les passait à essayer de fixer une antenne sur la mèche folle du Astruk dans le but de mettre au point un « radar à lépreux ». Mais, bien conscients du danger qui les guettait, ils devaient se rendre à l’évidence qu’ils ne pouvaient guère continuer leur quête sans avoir élaboré un plan satisfaisant.


      Le matin où survint l’effondrement du lit du Vynoque, toute la petite troupe était éveillée de bonne heure et Eric, accompagné de son fidèle Astruk, s’étaient occupés de débarrasser les débris de bois de la couchette. Tout à coup, Astruk s’écria :

 

"-   Camarades ! Nous ne pouvons plus rester les bras ballants ! Il nous faut agir pour notre salut. Le prolétaire ne connaît pas de repos. Nous allons nous transformer en aristocrates capitalistes à rester ainsi immobiles ! Écoutez-moi, j’ai un plan !

 

-   ARRETE UN PEU DE GESTICULER TELLE UNE GIROUETTE ! lança le Vynoque toujours en nuisette, occupé à orienter l’antenne qu’il lui avait accrochée sur la tête. ILS VONT DISPARAITRE DE MES RADARS !

 

-   Écoutons ce qu’il a à proposer, concéda le MacMolsby qui semblait pourtant excédé.

 

Le bel anglais était attablé dans un coin de la pièce, les yeux rivés sur un livre qu’il avait emporté avec lui lors de leur départ de Poudlard. Personne ne savait ce qu’il pouvait bien lire, mais depuis qu’il s’était plongé dans sa lecture, il ne cessait de geindre des « Iseult, Iseult » dans son sommeil.

 

-   Voyez les débris que nous avons récupérés, continua l’elfe. Nous allons nous en servir pour monter une barricade et pourfendre l’ennemi !"

 

Snapy poussa un cri d’agacement tandis que Vynoque et MacMolsby soupirèrent d’un même souffle. Évidemment, ce n’était pas la première fois que l’idée de construire de glorieuses barricades révolutionnaires revenait sur le tapis, sans que quiconque ne parvienne à faire entendre raison au petit elfe têtu. À cet instant, quelqu’un frappa à la porte. Les quatre compères relevèrent la tête avec affolement. La vieille femme qui les hébergeait n’avait jamais pour habitude de toquer et se contentait de rentrer directement de son pas mou. Instantanément William MacMolsby brandit sa baguette en direction de la porte tandis qu’Astruk saisissait son marteau de chantier et que Eric et Vynoque se réfugiaient derrière Snapy. Une tête d’homme passa la tête dans l’entrebâillement de la porte. Il arborait de longues et épaisses dread-locks :

 

"-   QUE CELUI QUI VEUT PASSER SORTE L’ÉPÉE DU FOURREAU ! hurla le Vynoque d’une voix aïgue.

 

-   N’ayez crainte ! renchérit le nouveau venu en ouvrant la porte. Je suis simplement venu vous parler.

 

-   Personne ne parle ni ne chante dans cette contrée, il doit être du côté des méchants, pleurnicha le Eric

 

-   Déclinez votre identité ! rugit MacMolsby, prêt à voir débarquer de pustulants lépreux à tout instant.

 

L’homme s’avança alors, les mains en l’air et le visage joyeux. « Voilà encore un illuminé » pensa le Vynoque.

 

-   Je m’appelle David-Alexandre et je suis le neveu de Carmelle.

 

-   CARMELLE ?! s’écrièrent-ils tous en cœur.

 

-   Oui, Carmelle, la femme qui vous a accueillie ici, renchérit David-Alexandre.

 

-   Nous recherchons justement une Carmelle, s’écria William MacMolsby.

 

-   C’est tout de même une drôle de coïncidence William, rajouta le Vynoque, ne crois-tu pas qu’il essaye de nous entuber ? EH TOI LÀ, MÉFIE TOI, J’AI DES INSPECTEURS DE LA POLICE DE PARIS DANS MES ANCÊTRES ! ESSAIE DE NOUS FAIRE GOBER DES SORNETTES ET TU VERRAS À QUI TU TE FROTTES !  

 

Satisfait et pensant avoir fait sa part dans cette conversation, le professeur rond se rassit lourdement sur une chaise et entreprit d’enfiler une petite culotte sous sa nuisette. « Faudrait pas que ce nouveau gugusse veuille attenter à ma pudeur lui aussi ».

 

-   Bien. David-Alexandre, je dois dire que Monsieur Vynoque a raison. Qui nous dit que vous n’êtes pas à la botte de cette bande de lépreux ?

 

Le jeune homme en question prit également une chaise et s’assit d’un air insouciant face aux quatre hommes toujours aux aguets.

 

-   Et comment se fait-il qu’il parle, d’abord ? insista Eric.

 

-   Calmez vous mes amis, dit joyeusement David-Alexandre en secouant ses dreadlocks, je ne suis qu’amour et paix. Je ne fais pas partie des lepreux, je peux vous l’assurer.

 

-   Revenons à Carmelle, voulez-vous ! continua William. Vous dites que c’est la femme qui nous héberge, c’est bien cela ? Et que c’est votre tante ?

 

-   C’est exact.

 

-   Pourquoi est-elle associable ? demanda Astruk.

 

-   Écoutez gentils compagnons, je viens de rentrer au pays. J’étais absent depuis deux mois. Je suis parti faire un stage qui m’a enseigné l’art de l’allocution.

 

-  PAS UNE FRANCHE RÉUSSITE SI VOUS VOULEZ MON AVIS ! Il parle avec le nez vous ne trouvez pas ? On dirait qu’il a tous les tuyaux bouchés ! UN NASILLARD ! conclut Vynoque.

 

David-Alexandre eut l’air sincèrement outré, mais reprit bien vite :

 

-   Lors de mon départ tout le monde se comportait normalement. Tantine était connue pour être charmante, bavarde, et très amicale. Mais depuis mon retour, tout a changé… Pas seulement pour ma chère tante mais aussi pour tous les habitants de Cornouailles. Je suis arrivé ce matin dans le cottage et elle n’a pas daigné décrocher un mot ! J’ai tout de suite compris que quelque chose clochait. Et puis j’ai vu de la lumière dans la cabane, et quel bonheur ce fut lorsque j’ai pu voir que quatre charmants hommes, parlants qui plus est, s’y trouvaient !

 

-   Et c’est tout ce que tu as à nous apprendre ? demanda MacMolsby, tu ne connais donc pas la raison de toutes ces étrangetés ? Et les lépreux, tu les as croisés ?

 

-   J’ai rencontré des bandes de chiens galeux et purulents, tenus en laisse par d’affreuses créatures vêtues de haillons, mais j’ai vite passé mon chemin en les voyant. Et non, je n’ai pas d’autres informations à vous fournir. Mais si vous voulez on peut dormir tous ensemble cette nuit, je me rappellerais peut-être de quelque chose. Imaginez, cinq bels hommes qui vivent d’amour et d’eau fraîche… Ne serait-ce pas idyllique ? ajouta le jeune homme rêveur. 

 

Sur ces mots, il enjoignit le cubique Eric à monter sur ses genoux. D’abord surpris, puis très heureux de cette marque d’attention, le petit homme se laissa caresser les cheveux, puis le dos par ce nasillard.

 

-   Je constate que vous avez cassé le lit, lança le nouveau venu avec un étrange sourire, ah quelle belle compagnie j’ai trouvé là !

 

-   Qu’est-ce que vous nous voulez à la fin ?! s’énerva le MacMolsby, si vous n’avez rien d’autre à nous dire, dehors !

 

-   Bon, se renfrogna-t-il, très bien mais j’ai une dernière chose à vous demander, est-ce vous qui avez dérobé la photo qui se trouvait dans le salon de tantine ?

 

-   Quelle photo ?

 

-  Une de ses plus précieuses photographies. Une image représentant deux jeunes sorcières qui étaient venues passer un séjour chez elle. Elle les avait tant appréciées qu’elle avait conservé ce souvenir. Elle évoquait très souvent ces deux jeunes filles qui charmaient tous les papillons d’Irlande.

 

-   QU’EST CE QUE ÇA PEUT BIEN NOUS FAIRE ! William, DONNE UNE TORGNOLE À CE MARIOLE !

 

Mais William MacMolsby avait soudain bondit :

 

-   Des papillons vous dites ?! Ces jeunes filles, comment étaient-elles ?

 

-   Assez quelconque je dois dire. Le petit homme que voici est bien plus attrayant… Elles portaient des colliers avec une étrange écriture. L’une était petite avec des lunettes, l’autre un peu plus grande avec une drôle de coiffure.

 

-   C’est les serdaigles ! cria Astruk

 

-   FALLAIT LE DIRE TOUT DE SUITE ! s’écria le Vynoque.

 

Avant que le professeur rond n’ai pu comprendre ce qu’il se passait, William MacMolsby s’était tourné vers lui et l’avait pris dans ses bras d’une fougueuse étreinte.

 

-   Radimir ! Oh Radimir ! Cela veut dire que tout cela n’a pas été vain ! Nous voici enfin avec une piste ! Les gens d’ici ne sont pas comme ça de nature mais le sont devenus durant les deux derniers mois. De plus, l’image des serdaigles a disparu. Cela ne peut signifier qu’une seule chose. Ne te souviens-tu pas de l’histoire de l’Ange de la Mort ? Après s’être repue du corps de ses victimes, celles-ci deviennent de pâles mort-vivants. Elle a dû violer toute la contrée ! Et ce, dans le but d’obtenir cette précieuse photographie. Et apparemment elle a réussi. Cela signifie que l’Ange de la Mort est bien passée par là. Quant à savoir où elle se trouve maintenant, voilà encore un point à éclaircir mais je crois que j’ai ma petite idée !

 

Le bel anglais se tourna alors vers David-Alexandre et le gratifia d’une poignée de main :

 

-   Merci gentleman !"


**********************************

 

La nuit était tombée de bonne heure sur la Cornouailles ce soir-là. Après leur rencontre avec David-Alexandre, la confrérie s’était creusée les méninges pour savoir que faire, sans grand succès. William et Radimir étaient à présent tous deux suspendus à la fenêtre donnant sur le petit potager. Eric et David-Alexandre étaient en plein rendez-vous galant, et les deux commères qu’étaient l’anglais et le vieil homme comptaient bien ne pas en perdre une miette.

 

"-   Qu’allons-nous donc faire pour retrouver Snape à présent… ? geignait doucement Vynoque.

 

-   Je n’ai pas voulu exposer mon idée devant les autres Radimir, mais je sais comment retrouver l’Ange de la Mort.

 

-   Comment ?!

 

William MacMolsby posa alors sa main sur l’épaule du Vynoque. Ce geste provoqua des palpitations au professeur rond. Il était habitué depuis quelques temps à éprouver ce genre d’émotions au contact de ce beau blond, mais il ne s’y faisait toujours pas. Pourquoi diable était-il si émoustillé alors qu’il aimait Snape de toute son âme ?

 

-   Je ne t’ai jamais parlé de ma femme. Je le regrette, j’aurais dû tout t’expliquer, continua MacMolsby, je ne me suis pas marié par amour si tu veux tout savoir. A cette époque tu habitais encore mon cœur et mon esprit….

 

A ce point-là de la conversation, Vynoque eut l’envie subite d’enlever sa culotte en dentelle. Il se reprit et tendit l’oreille pour écouter la suite de ces étranges aveux. « Où veut-il en venir ? »

 

-   Ma femme était gérante d’une bibliothèque antique. Je me souviens y avoir mis les pieds plusieurs fois. Dans cette bibliothèque se trouvait un livre gigantesque : un incunable ! Lorsque je lui ai demandé ce que contenait ce livre, elle me répondit : « Personne ne le sait, son langage n’est connu de personne, mais il permettrait à un sorcier de faire apparaître quiconque devant lui du moment qu’il a en sa possession une image de la personne voulue ».

 

-   Oooooooh.

 

-   Il est évident que l’Ange de la Mort a dû se servir de ce livre pour capturer les serdaigles. Il faut se lancer sur la piste de cet incunable.

 

-   Mais William, pourquoi n’avoir rien dit ? Pensais-tu faire bande à part ?! C’est moi qui doit retrouver Snape !

 

-   Oui, et tu vas le retrouver, ainsi que Dumbledore, et les deux charmantes jeunes filles. Mais ce sera sans moi…

 

La voix du William commença soudain à être teintée d’une vive et douloureuse émotion :

 

-   Je vais me rendre aux lépreux. Je vais me livrer demain à la première heure pour que vous puissiez partir…

 

-   Tu vas te sacrifier à la manière des héros grecs ? souffla le Vynoque impressionné mais également ému.

 

-   Oui, nous allons partager ce lit, une seule et unique fois…

 

Vynoque était estomaqué par cette annonce. Il avait toujours été impressionné par les gestes héroïques mais celui-ci le laissait sans voix. Il ressentait une vive douleur dans sa poitrine. En jetant un regard par la fenêtre il constata que Eric embrassait langoureusement le nasillard à dreadlocks et il eut une subite envie de faire de même avec le MacMolsby. Comme répondant à cette pensée, le bel anglais glissa sa main sur une de ses fesses. Bientôt, il sentit le sexe de William se gonfler dans son dos.

 

-   Accorde-moi ton corps une dernière fois Radimir, susurra le William au bord des larmes.

 

-   Oh MacMolsby Baaaaaby…."

 

A ces mots, William empoigna le poireau de Radimir.

 



FIN DU CHAPITRE 7



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