Les Amours de Radimir Vynoque - volume 2 : disparitions à Poudlard

Chapitre 8 : Un sacrifice nécessaire

Par radimir

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Sourds aux bruits de suscitions qui provenaient du couple Eric-David-Alexandre, les deux amants étaient plongés dans leurs propres embrassements. Radimir se laissa prendre par le tourbillon de sensations que la main ferme de William provoquait le long de son membre gorgé de luxure. L’âme au bord des lèvres, il se jeta sauvagement sur la bouche du bel anglais, et la dévora sensuellement. L’Apollon de Manchester répondit à son baiser et tous deux se délectèrent bientôt de la douceur langoureuse de leurs langues. Vynoque se laissa longtemps bercer par le souffle torride du MacMolsby contre sa moustache. Son cœur battait si fort dans sa poitrine que de la fumée lui sortait de ses mamelons dressés en pic. Un geyser en jaillit littéralement lorsque William y remonta sa deuxième main pour les palper vigoureusement. Radimir retint un gémissement de plaisir tonitruant en mordant la lèvre inférieure de l’anglo-saxon. Celui-ci, sentant que le professeur en forme de Lune était sur le point d’exploser à tout bout de champ, ralentit ses mouvements de mains et se recula, affichant un sourire triomphant. Ce ne fut pas du goût du Vynoque qui protesta d’un ton empressé :


« -MMMMMMMMMMMMMMMMMMMooooooooooRRRRRRRRfffffffffffffffffffffff ! William ! BANDIT ! Arrête de me faire tourner en bourrique ! Regarde-moi ! J’ai la Garonne en crue ! Le pistil qui chatouille ! Le nénuphar en ébullition ! MMMMMMMMMrrrrrrrrFFFFFFFFFF ! Baby ! Je t’en supplie ! Saisis moi une nouvelle fois, comme au bon vieux temps ! Viens souffler dans mon gros cornichon humide ! ASSOUVIS-MOI !


William rit, laissant la frustration et l’envie envahir entièrement le corps rond de Vynoque. « Brrrrrrrr ! Ce salopiot se joue de mon pistil ! Il va me faire avoir des coliques batonneuses ! Ne le laissons pas prendre le dessus ! Il va voir de quel bois je me chauffe ! » pensa-t-il alors.


- Aaaaaaaaaaaaah ! s’exclama-t-il coquin. On joue les fours à bois ! On veut me faire régurgiter mon laitage, sans me laisser enfourner ma baguette ! Fripouille… Je te reconnais bien là… Mais… Sauras-tu résister à… ÇA ?!


A ces mots, le Vynoque prit une si grande inspiration que sa panse se gonfla au point de faire éclater sa chemise, ses boutons de manchettes et sa fermeture éclair. En un instant, Radimir se retrouva presque nu, son intimité rebondie simplement cachée par une culotte en dentelle de Calais. Il fut satisfait de voir que, face à la somptuosité de son corps, le MacMolsby était soudain redevenu très sérieux. Il regardait avidement Radimir dans les yeux, la respiration haletante. Ce fut au tour du Vynoque de faire monter la température tout en tentant de ne pas se laisser envahir par le feu qu’il sentait brûler dans le regard de l’anglo-saxon.


- Tu veux palper la marchandise, hein ? Tu aurais envie de goûter à ma réglisse maintenant, n’est-ce pas ? Tu voudrais te réchauffer les cuisses contre mon bâton de chaleur ? Tu te languis de venir mettre ta bûche dans ma cheminée… Ou tu préfèrerais que j’enfourne ma rhubarbe dans ton four ? Que j’insère ma clé dans ton petit compartiment secret comme je l’ai fait la première fois ! Tu en as des bouffées de chaleur maintenant que c’est toi qui est à marée haute ! Tu fais moins la maligne ! Je vais te faire mijoter à la cocotte minute, tu vas regretter de…


Radimir ne termina jamais sa phrase. Devant lui, le William se mettait à nu, découvrant un corps à la musculature et aux attraits plus splendides que dans ses rêves érotiques les plus fous. Lorsque son regard croisa la route de son entre-jambe et de ses fesses aussi rondes que le soleil, Vynoque en eut une érection qui grimpa jusqu’au plafond. Il en oublia immédiatement ses petits jeux pervers et fut de nouveau englobé, le cœur battant, par une passion furieuse.


- Oh, William… Ravage-moi le potager ! » murmurra-t-il avant qu'enfin, le bel anglais ne plaque son corps ferme contre le ventre mou du Vynoque.


Leurs corps s’entremêlaient, leurs mains agrippaient et caressaient tout ce qu’elles trouvaient. Leurs lèvres ne se quittaient plus. Soudain, MacMolsby poussa rageusement Radimir sur les restes du lit. Vynoque se retrouva allongé, le croupion en l’air, prêt à recevoir le William entièrement. Il ferma les yeux, savourant la délicieuse attente avant d’enfin s’unir avec son bel amant.


« QUACK ! QUACK ? »


Radimir rouvrit les yeux et se retrouva nez à bec avec Snapy, qui le regardait fixement de ses grands yeux noirs, postée au pied du lit. Ce contact oculaire, qui rappela désagréablement au Vynoque son amour éternel pour Snape, lui coupa la chique. Il voulut focaliser toute son attention et son désir sur le bel anglais, mais déjà la culpabilité lui enserrait la gorge et dégonflait son excitation. Le William, prêt à l’action, se retrouva alors perplexe devant la soudaine mollesse de Radimir. Mettant cette perte de vigueur sur le compte de l’âge avancé ainsi que du surpoids de l’homme-lune, MacMolsby entreprit alors de raviver l’ardeur de son amant par d’habiles caresses. Ces cajoleries redonnèrent de la vigueur au membre du Vynoque qui commença à en oublier le ténébreux professeur de potion. Il ôta ses lunettes et se laissa emmener vers le plaisir. Mais Snapy n’avait pas dit son dernier mot. Intriguée par les agissements de l’anglo-saxon, elle vint se percher sur le ventre de Radimir afin d’observer le traitement que William réservait à l’entre-jambe de Vynoque. Sous les yeux de myope de Dominque, l’oie avait ainsi l’allure d’un homme encapé de noir… Le vieux professeur fut de nouveau distrait de sa passion, et sa courge redevint molle sous les phalanges même de MacMolsby. « Mais enfin mon pépère ! Reprends-toi ! Tu ne vas pas te laisser ramollir sous les ischios galbés de ton amant ! Au diable Snape ! Il n’a jamais voulu de toi ! Tu ne vas tout de même pas laisser cette lopette au nez crochu te déshonorer face à William et à Snapy ! Allez ! DU NERF ! REMONTE-MOI TOUT CA ! ».


Mais malgré ses puissants encouragements, le pauvre Radimir ne parvint pas à regonfler son intimité. Celle-ci était maintenant si rabougrie que l’oie la prit pour un gros vers de terre juteux et tenta de la picorer. Ce malheureux incident permit néanmoins au Vynoque de se justifier de son manque d’entrain. Sautant sur l’occasion, il décrira à grands cris les travers de Snapy, son plumage fade et ses yeux globuleux. William, quant à lui, en avait assez de tous ses contretemps. Il allait bientôt coucher sur la paille d’un lépreux après tout, et il n’avait pas de temps à perdre avec ces histoires de volaille ! Il s’apprêtait à souquer de force à l’intérieur du professeur rond quand un cri retentit.


Les deux hommes se rhabillèrent en hâte, Radimir définitivement soulagé de ne pas avoir perdu son honneur, et coururent à la fenêtre. Là, au beau milieu du jardin, se tenait Carmelle horrifiée, qui regardait fixement David-Alexandre échanger des coups de langues avec Eric. Le pauvre petit chanteur en eut la chique coupée et rangea son attribut de bœuf à l’intérieur de sa bouche.


« - TATAAAAAAA ! s’exclama le hippie. Quel plaisir ! Viens ! Joins-toi à nous ! »


Le jeune homme aux dreadlocks avait l’esprit trop langoureux pour se rendre compte de l’état lamentable dans lequel s’était retrouvée sa tante. Si elle portait encore un grand chapeau de paille sur la tête, le reste de son corps était en piteux état : son visage était rouge et tuméfié, ses vêtements avaient été arrachés et sa peau griffée. Aucun doute n’était permis. Elle avait été attaquée par des lépreux. Notre communauté comprit rapidement qu’Yvain le terrible et sa bande n’étaient plus très loin. Il leur fallait agir dès maintenant afin de trouver un plan qui leur permettrait de prendre la poudre d’escampette :


« - Quand l’armée des décrépits arrivera, je me livrerai à elle, annonça William d’une voix sombre au reste de la troupe. Lorsque je me dévêtirai pour enfiler leurs guenilles, ils auront le regard fixé sur moi. Vous devrez donc en profiter pour fuir. Vous reprendrez le chemin sous terre par lequel nous sommes entrés, et vous forcerez Carmelle à vous indiquer la localisation de l’Ange de la Mort. Astruk ! Protégez Radimir pour moi. Eric, veillez sur nos deux Serdaigle. Je compte sur vous pour que mon sacrifice ne soit pas vain. »


Radimir avait la gorge serrée. Il voulait dire quelque chose au bel anglais, le réconforter, le prendre dans ses bras, l’embrasser. Mais l’angoisse et le désespoir retenaient son corps entier. Il regarda impuissant le soleil se lever. Jacques et Snapy, qui avaient été envoyés en éclaireurs, déboulèrent à toutes berzingues. Le hibou tenait une béquille entre ses pattes. L’heure était venue. Un instant plus tard, l’horizon s’obscurcit. Des lépreux gravissaient par centaines la colline qui menait à nos amis.


«- Ces mauvaises graines ont germé pendant la nuit ! Ils s’avancent déterminés à corrompre le champ fertile de l’humanité ! Camarades ! Nous devons faire face ! La fuite n’est pas une solution ! clamait le Astruk le doigt en l’air.


Alors que l’armée de malades s’étendait à présent à quelques mètres de nos compagnons, Yvain le Terrible surgit enfin.

- Siiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire ! L’heure est venue ! Livrez nous MacMolsby le blond, MacMolsby le beau ! Livrez-le nous et nous vous laisserons partir en paix. Dissimulez-le et nos torchons et nos bâtons s’abattront sur vous ! Siiiiiire ma couche est sale et ma patience a des limites ! Choisissez votre sort dès à présent ou nous nous élancerons sur vous comme la lèpre sur nos chairs mortes !


William s’avança, le visage fermé, et déclama :

- Yvain ! Je suis MacMolsby le preux, du royaume d’Angleterre. Je consens à vous remettre mon corps puisque vous vous êtes engagé à laisser partir mes compagnons en échange. Permettez-moi de faire mes adieux, une dernière fois, avant de vous rejoindre pour toujours.


- Oooooooouuuuuuiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! roucoula le roi des Lépreux, ravi. Fais tes adieux, MacMolsby le blond ! Mais dépêche-toi ! Mes lambeaux ont besoin d’être baisés !


Le professeur de sortilège se retourna vers ses amis et les regarda une dernière fois d’un regard chaleureux, rempli d'émotions. Puis il prit un moment pour dire au revoir à chacun : il ébouriffa la mèche du Astruk, caressa les plumes de Jacques, fit un croche-pied à Eric et donna même un sucre à Snapy. Puis il vint se placer en face de Vynoque les larmes aux yeux.


- Radimir, mon amour. Je sais que ton cœur ne m’appartient pas. Mais sache que je t’aime. Plus que tout au monde. Promets-moi de prendre soin de toi et surtout… Promets-moi de ne plus jamais m’oublier.


Le professeur en forme de lune éclata en sanglot :


- Oh, William ! Je te le promets !


A ses mots, MacMolsby se pencha et embrassa une dernière fois passionnément Vynoque. Puis, il se retira et sans un regard en arrière avança vers les lépreux. Radimir s’effondra sur le sol, rempli de désespoir. Il pleurait toutes les larmes de son corps tout en regardant le fessier lunaire du professeur anglo-saxon s’éloigner de lui. Ce fessier qu’il n’avait même pas pu honorer une dernière fois. Ce fessier qu’il ne reverrait plus jamais…  


Non. Il ne pouvait s’y résoudre. Il se releva dans un grognement tonitruant et beugla :


- WILLIIIIIIIIIIAAAAAAAM ! REVIENS ! JE T’AIMEEEEEEEE ! 


Il se précipita alors les mains en avant vers la mèche du Astruk. Il avait pour ambition de l’empoigner et de le jeter sur Yvain en échange de l’Ostrogoth anglais. Mais l’elfe, perspicace, avait déjà prévu le coup.


- Compagnon ! clama-t-il. Ne cédez pas à l’emprise de cette légion totalitariste ! Nous sommes un tout. Une communauté ! Chacun d’entre nous est indispensable à la cause. Chacun d’entre nous représente un élément essentiel de notre quête, tel l’air, le feu, l’eau et la terre. Ne laissons pas ces malades cupides nous dissocier ! Ne laissons pas cette troupe inoculer la lèpre et la fièvre capitaliste au Camarade William ! Ni à aucun de nous ! Faisons bloc contre la tyrannie ! Armons-nous de notre courage et, au nom de notre fraternité, combattons ensemble l'ennemi et libérons le MacMolsby côte à côte ! Livrons-leur David-Alexandre ! Ce chiot décoiffé ne représente rien pour nous ! »


Vynoque trouva cette idée particulièrement alléchante. Un instant plus tard, il se jetait sur le hippie salace, accompagné du Astruk et de Jacques. Malgré les cris et les coups que leur portait le Eric, ils parvinrent à soulever David-Alexandre ahuri, et à le projeter directement sur Yvain le terrible. Celui-ci reçut l’homme au dreadlocks de plein fouet sur les rotules, et ces deux jambes tombèrent sous le choc. Il voulut pester, mais David-Alexandre le prit de court. Il ramassa son mollet droit, y attacha un bout de loque d’un bout à l’autre, puis se mit à en jouer comme on joue du banjo. Charmé par la douce musique qui s’échappait de son ancienne cuisse et par la voix voluptueuse du hippie, en oublia un instant ses envies d’anglo-saxon. Radimir saisit sa chance.


Il courut jusqu’à William et l’attrapa par le bras. Puis, menée par Carmelle, la communauté se précipita vers le tunnel menant sous la terre. Les compagnons l’avaient presque atteint lorsque soudain un bruit sourd retentit. Lorsqu’ils se retournèrent, nos amis découvrirent avec horreur qu’ils avaient oublié le Eric derrière eux. Fou de douleur, il venait de se ruer sur Yvain pour sauver son amoureux, faisant tomber sa guitare improvisée par le même coup. Les lépreux, soudain sortis de leur torpeur, réalisèrent ce qui était en train de se tramer. Alors qu’une partie acculait David-Alexandre et Eric, l’autre accourait vers le reste de la compagnie. Celle-ci n’eut pas d’autre choix que de s’élancer dans le tunnel, en scellant la porte derrière eux grâce à de puissants sortilèges. Les lépreux ne pouvaient plus passer et étaient coincés de l’autre côté, pour le moment du moins.


« - Espérons que le Camarade Eric saura charmer les guenilles de ces chiens par ses chants patriotiques ! chuchota l’elfe, la mèche tremblante. Il me manquera bien ! Personne n’attirait les thons autant que lui… Nos estomacs le pleureront… »


Notre petite troupe avança le cœur lourd vers la sortie du tunnel et ne tarda pas à déboucher à l’air libre. Ils étaient sauvés, mais aucun n’arrivait à s’en réjouir. La perte du cher enfant à la langue dodue alourdissait l’humeur de nos amis. Le William particulièrement ne pouvait s’empêcher de se sentir coupable : si ses amis n’avaient pas cherché à le secourir, Eric ne serait pas coincé avec Yvain le Terrible à présent. Il en était d’autant plus chamboulé qu’il ne pouvait s’empêcher de se réjouir que Radimir l’ait sauvé d’Yvain le Terrible, après lui avoir avoué ses sentiments… Mais l’heure n’était pas aux embrassements. Vynoque, la moustache en berne, déplorait à grands cris la perte de son plus fidèle compagnon, sous les yeux méprisant de Jacques :


«  - Mmmmmmmmuuuuuuuuuoooooorf ! ERIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIC ! Beuglait-il. ERIIIIIIIIIIIIIC ! Cher enfant de cœur ! Pourquoi a-t-il fallu que tu te jettes sur ces torchons ?! POURQUOOOOOOI ?! Il n’était pourtant pas plus con que la moyenne ! OH ! PAUVRE DE LUI ! BRRRRRRRRRRRRRR ! CA ! C’est la faute de ce ramassis d’ordures ! De cette serpillère ambulante ! Ce David-Alexandre, avec ses courbes avantageuses, lui a retourné le cerveau et l’a conduit à la lèpre ! AH ! MAUDIT SOIT CE FOT-EN-CUL !


- Ah ah ! Ne vous inquiétez pas monsieur Vynoque ! Regardez ! J’ai réussi à sauver David-Alexandre et maintenant, je me sens mieux que jamais !


Radimir en eût un choc tel qu’il faillit en avoir un souffle au cœur. Là, devant la compagnie ahurie, se trouvait le Eric. Celui-ci souriait à ses amis tout en agitant une main translucide devant lui. La troupe en était à la fois comblée de joie, mais stupéfaite face à la nouvelle apparence du jeune chanteur, dont le corps avait adopté la transparence de celui du professeur Karl.


- Mais Camarade ! hasarda Astruk. Auriez-vous passé l’arme à gauche ?


- Oh ! Mes amis, s’écria-t-il de son accent chantant, j’ai passé un moment formidable ! Lorsque les lépreux se sont jetés sur moi, j’ai fermé les yeux et quand je les ai rouverts je me suis retrouvé dans une pièce en face de JOHNNY lui-même ! Vous vous rendez compte ?! Mon idole ! Ah ! Si vous saviez ! Nous avons passé des heures à chanter comme au stade de France. Ensuite, il m’a dit que je pouvais rester avec lui. Mais je lui ai dit « Non, non, non, monsieur Johnny ! Mes amis ont encore besoin de moi ! Je dois y retourner ! ». Et du coup, me voici ! Vous avez vu MacMolsby ? Je suis un fantôme maintenant. Je suis aussi léger que l’air ! Ça vous en bouche un coin, hein ? 


Avec un éclat de rire, William releva Radimir, qui s’était enfin remis de ses émotions. Tous firent une ronde autour du Eric, et déclamèrent Allumez le feu en son honneur. Lorsque nos compagnons eurent fini de danser et de se réjouir, ils furent bien obligés de revenir rapidement à la réalité : l’Ange de la Mort courait toujours et ils avaient là, à portée de main, la solution pour la retrouver. Vynoque tourna alors sa panse prodigieuse vers Carmelle assise toute bouleversée face à un rosier :  


- Eric ! Votre courage n’a d’égal que votre langue ! Pour sauver la vie d’un gueux, vous avez sacrifié votre corps. Mais votre perte ne sera pas vaine ! CARMELLE ! GODICHE DE MALHEUR ! VOUS NOUS AVIEZ BIEN CACHÉ QUE VOUS AVIEZ ÉTÉ DRAINÉE PAR L’ANGE DE LA MORT ! MMMMMMMMRF ! Je l’enverrai au bûcher moi, une gourgandine dans votre genre ! Mais je n’ai pas le temps de niaiser ! Conduisez-nous immédiatement à cette Bête Luxurieuse, où vous en subirez les conséquences ! »


La dame au chapeau de paille ne tourna même pas la tête vers Radimir. Elle marmonnait toute confuse entre ses dents, tout en continuant de fixer les fleurs devant elle.


Tour à tour, chacun des membres de la compagnie tenta de faire parler l’étrange jardinière, sans succès. Aucun mot, aucun geste ne semblait l’atteindre. Elle se contentait de regarder ses plantes d’un air vague. Alors que l’heure du goûter venait de sonner, Radimir finit par perdre patience :

« - MAINTENANT ÇA SUFFIT ! On vous a laissé une chance de nous révéler vos secrets selon les principes de la Sainte Eglise ! Mais vous avez choisis de laisser la moutarde me monter à la moustache ! Puisque les mots ne parviennent pas à vous tirer les vers du nez, vous me contraignez à vous faire passer… À LA QUESTIONNETTE ! Astruk ! ATTACHEZ-LA !

Les mains tremblantes et le regard horrifié, l’elfe fut contraint de ligoter Carmelle à un arbuste. Le reste de la troupe prit alors du recul, laissant la pauvre dame irlandaise seule face au Vynoque, sachant les tourments qui l’attendaient. Le professeur rond fut alors libre de commencer son interrogatoire. Afin de la faire parler, il lui fit endurer les pires atrocités que son esprit était capable d’imaginer.

C’est ainsi que Carmelle dut subir le supplice du pantalon trop serré, le calvaire de la miette de pain dans la moustache, le tirage d’oreille, le coupage de chignon à la scie, le châtiment de la lecture du turc sans oublier la punition de la cravate marbrée tâchée, la mortification du veau blond intouchable ou encore le martyre du démontage d’incunable ou la torture de la reliure de branquignol !

La nuit était tombée lorsque Vynoque, essoufflé, se laissa tomber lourdement sur le sol. A son grand mécontentement, la jardinière avait tenu bon et n’avait pas pipé un mot de toute la séance de Questionnette.

« - Radimir, lui murmura William en s’approchant de lui. Tu as fait tout ce que tu as pu. Il est temps de renoncer. Elle ne dira rien. Partons plutôt en quête de l’incunable dont je t’ai parlé.

- NON ! grogna le Vynoque. J’ai encore un dernier tour à sortir de mon sac à sévices ! Astruk ! Défroquez-la… Et passez-moi Jacques ! Je vais la fesser du bec de cette volaille ! On va voir si elle reste muette !

Astruk fut tellement bouleversé par l’ordre que lui donnait son maître qu’il en perdit l’équilibre et trébucha contre Eric. Pour s’empêcher de tomber, il n’eut d’autres choix que se rattraper au pantalon du Vynoque qu’il fit descendre jusqu’au pied du professeur en forme de lune. Radimir se retrouva alors cul nul, face à Carmelle. Quand l’irlandaise aperçut le sexe rabougrit du vieux professeur, elle poussa un hurlement rempli d’effroi et se démena de tous les côtés pour se libérer de ces liens.


- Qu’est-ce qui lui prend à cette dinde ? s’indigna Vynoque. Elle a jamais vu d’aiguillette ?

Carmelle semblait tellement vouloir se soustraire à la vision de l’entrejambe de notre homme-lune, qu’elle arracha les cordes qui la retenaient d’un coup de mâchoire. Libérée, elle se précipita vers une forêt dans laquelle elle s’enfonça.

- SUIVONS-LA ! s’écria MacMolsby. Elle nous conduira peut-être quelque part d’intéressant ! VITE ! »

La communauté se mit au pas de course et pénétra à son tour dans les bois sur les traces de la jardinière. La poursuite fut longue. Après avoir traversé la forêt, nos amis durent suivre Carmelle de l’autre côté d’un fleuve, à travers de nombreux villages, puis furent contraints de gravir à sa suite une haute montagne qui déboucha enfin sur une plaine, remplie de moutons. Là, l’irlandaise s’arrêta et s’effondra au sol, épuisée.

La compagnie aperçut rapidement qu’au milieu de la vallée, se trouvait une petite maison de bois dont l’intérieur était faiblement éclairé. Ils s’y approchèrent, le cœur battant. Après avoir frappé quelques coups à la porte du chalet, qui restèrent sans réponses, Vynoque fut le premier à s’engouffrer dans la demeure. Ce qu’il découvrit le terrifia.

« - AAAAAAAAAAAAAAH ! hurla le William entrant à son tour. UN CAFARD ! QU’IL EST GROS ET POILU ! RESTE DERRIÈRE MOI Radimir ! JE VAIS L’ECRASER !

Alors que le MacMolsby retirait sa chaussure afin de s’en servir contre la créature, le Eric fantomatique fit à son tour son entrée.

- BIBICHE ! s’écria-t-il ravi. Mon amoureuse ! Te revoilà enfin ! »

Le Monstre se retourna alors devant eux, la bave à la vulve. Sous leurs yeux terrifiés, l’Ange de la Mort se redressa de tout son long et afficha un large sourire libidineux.






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