La prophétie des deux coeurs atlantes

Chapitre 18 : Les secrets du royaume de Saphir

Par missroxy23

Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.


 CHAPITRE 18


Les secrets du royaume de Saphir


Les pendentifs du dragon d’émeraude et du tigre de saphir se mettent soudain à pulser fortement contre les poitrines de Drago et Eliza. Leurs éclats magiques respectifs se libèrent, mêlant le vert profond et le bleu azur dans une danse lumineuse qui tournoie de plus en plus vite, jusqu'à les envelopper complètement.

— Reste près de moi ! lance Drago en lui tenant fermement la main.

Dans un vertige familier, les deux jeunes sorciers sentent la réalité se distordre et l'espace de leur chambre du manoir d’Irisia s'effacer. Un instant plus tard, le mouvement s'interrompt brusquement. L'air se charge d'une odeur d'iode et d'écume, et ils sentent leurs pieds se poser sur un sol de pierre lisse.

— Ça va ? demande Eliza en reprenant ses esprits, la main toujours serrée dans celle de Drago. On aurait dit…

— ...Le Portoloin atlante, complète Drago, le souffle court. C'est exactement la même sensation que lorsqu'on a quitté Poudlard pour rejoindre le manoir avec cristal de Yoshi.

— Regarde! s’exclame Eliza, la voix coupée par l'émotion. Drago, ouvre les yeux.

Ils lèvent ensemble le regard. Le décor dans lequel ils se trouvent leur arrache un hoquet de stupeur. Ils se tiennent au beau milieu d'un port monumental de la légendaire Atlantide. Le spectacle est tout simplement à couper le souffle.

— Par Merlin..., souffle Drago, les yeux écarquillés. C'est... c'est impossible.

— Jamais je n'aurais pu imaginer une chose pareille, répond Eliza, les larmes aux yeux face à tant de beauté. Regarde ces navires... et ces colonnes...

Devant eux, des navires aux lignes pures et aux voiles irisées flottent sur une eau d'une clarté absolue, tandis que d'immenses structures de marbre blanc, incrustées de métaux précieux qui captent la lumière, s’élancent fièrement vers un ciel d'une pureté oubliée. Ils venaient de franchir les vagues du temps, et la réalité dépasse de loin toutes les légendes.

Autour d'eux, l'activité du port bat son plein. Des dizaines de personnes, vêtues de tuniques drapées aux reflets changeants, passent de part et d'autre dans un bourdonnement de conversations animées.

— Hé ! Bonjour ! lance Drago en saluant avec la main une poignée de marchands qui approchent.

Mais personne ne tourne la tête. Les passants continuent leur chemin comme s'ils n’existent pas. Soudain, un homme grand, portant de lourdes caisses, marche droit sur eux et passe littéralement au travers d’Eliza dans une sensation de brise légère.

La jeune fille sursaute, puis inspecte ses mains avant de laisser échapper un soupir de soulagement.

— D'accord, je comprends, conclut Eliza avec un sourire de plus en plus confiant. Nos pendentifs nous ont simplement amenés ici comme des spectateurs du temps. Nous sommes intangibles. Et honnêtement, c’est bien mieux ainsi ! Si ces gens avaient pu nous voir, même avec nos magnifiques robes blanches ornées du tigre de saphir et du dragon d'émeraude, notre style n’aurait eu absolument rien de comparable à la mode courante de cette époque ancienne. Nous aurions pu nous attirer de gros ennuis.

Drago lisse le tissu blanc immaculé de sa robe, admirant les reflets verts du dragon brodé sur sa poitrine, puis hoche la tête.

— Tu as totalement raison, reconnaît-il. Au moins, de cette façon, nous ne courons aucun risque immédiat. Et puis, je suppose qu'au moment précis où le cataclysme frappera, nos pendentifs s'activeront à nouveau pour nous ramener en sécurité à la maison. Profitons-en pour chercher nos alter ego.

Les deux jeunes sorciers s’élancent, main dans la main, au cœur d’une artère marchande particulièrement animée. Leurs robes flottent doucement autour d'eux, alors qu'ils slaloment sans effort au milieu des passants intangibles.

— Tu as une idée d'où aller ? demande Drago en observant les étals débordants de fruits exotiques et de cristaux magiques.

— Pour l'instant, aucune, admet Eliza. Laissons-nous guider par notre intuition.

Soudain, la rue marchande s'ouvre sur une immense esplanade, et un monument grandiose se dresse devant eux au bout de l'avenue. Eliza se fige, le souffle coupé, et Drago s'arrête net à ses côtés. Le palais impérial s’élève vers le ciel avec une majesté écrasante. En observant les riches décorations qui ornent les murs de marbre, teintées d'un bleu saphir profond, et surtout l’immense statue de tigre trônant fièrement au sommet de la plus haute tour, le doute n'est plus permis.

— C’est le royaume de Saphir, lâche Eliza, une vague d'émotion et de nostalgie lui serrant la gorge. C'est chez moi. Enfin... là où je vivais autrefois.

— Nous y voilà, répond Drago, son regard balayant la forteresse avec fascination. C'est là que tout a dû se jouer pour toi.

Déterminés à percer les mystères de leur passé, ils se dirigent d'un pas ferme vers l’entrée du palais. Ils franchissent les immenses portes et suivent ensuite une file de visiteurs qui s’engouffrent dans une vaste salle d'audience. De chaque côté des battants sculptés, deux femmes guerrières montent la garde, immobiles comme des statues de pierre.

En passant près d'elles, Eliza ressent un puissant frisson lui parcourir l'échine.

— Regarde-les, souffle-t-elle, fascinée. Je les reconnais. Ce sont les guerrières qui étaient sous les ordres directs de la princesse Altheia. Ma propre garde d'élite.

Drago jette un regard attentif aux deux sentinelles. Leurs corps athlétiques et musclés, mis en valeur par des armures de cuir et de métal bleu, ainsi que leurs regards perçants qui balaient la foule, l’impressionne profondément.

— C'est une chance qu’elles ne puissent pas nous voir, admet le jeune homme à voix basse, un sourire nerveux aux lèvres. Leurs yeux traversent la foule comme s'ils cherchaient une cible. Je te cache pas que je n'aurais pas du tout envie de me frotter à elles. Elles ont l'air redoutables.

— Elles le sont, assure Eliza avec une pointe de fierté nostalgique. En Atlantide, personne n'osait défier la garde du tigre.

Rassurés par leur invisibilité, ils dépassent les sentinelles et pénètrent dans la pièce qui attire tant de visiteurs.

Ils se retrouvent au cœur de la grandiose salle du trône. Installé sur son siège sculpté dans un bloc de cristal pur, le roi Coralis fait face à une foule compacte de visiteurs qui attendent patiemment en file indienne.

— Regarde à la droite du roi, souffle Eliza en désignant un siège plus petit mais magnifiquement orné, resté vide. C’était la place de la reine. Ma mère de l'époque. Elle a dû s'éteindre bien avant ces événements.

— L'ambiance est incroyable, commente Drago en balayant la pièce du regard.

Le long des immenses murs de marbre azur, des habitants du royaume de Saphir discutent à voix basse avec des conseillers royaux aux mines solennelles. Des gardes, de fiers guerriers ainsi que les redoutables femmes soldats de la garde du tigre, sont postés stratégiquement ici et là, la main sur le pommeau de leur épée.

Se faufilant à travers la foule invisible, Drago et Eliza parviennent à se poster à seulement quelques pas du trône, juste à côté du premier visiteur qui s’avance pour s’adresser au souverain. C'est à ce moment-là que l'homme prend la parole, s'exprimant dans des sonorités étranges, à la fois fluides et chantantes.

— Attends... Tu entends ça ? s'étonne Drago, les sourcils froncés. C'est la langue de l’ancienne Atlantide. Pourtant, je comprends absolument tout ce qu’il dit. C’est comme s'il parlait notre propre langue.

Eliza baisse les yeux vers leurs poitrines, là où les artefacts brillent doucement à travers le tissu blanc.

— Regarde nos pendentifs, ils pulsent au rythme de leurs voix, constate-t-elle dans un sourire émerveillé. C’est leur magie qui traduit tout directement dans notre esprit. Écoutons ce qu'ils disent, c'est le moment d'apprendre la vérité.

Un homme d'un certain âge s'avance devant le trône et fait part au monarque de ses récents travaux concernant un remède révolutionnaire, capable de faire rajeunir de vingt ans. Le souverain l'écoute avec une attention sincère et un grand intérêt.

— Vos recherches sont prometteuses, répond le roi Coralis d'une voix chaleureuse. Je vous suggère de rencontrer sans plus tarder Orion, le maître magicien de notre royaume. Vous le trouverez dans l'aile est du palais, juste au-delà des grandes bibliothèques de cristal.

Ravi, le chercheur remercie le roi en s’inclinant respectueusement, puis il quitte la pièce.

C’est désormais au tour d’une vieille femme fatiguée de s’adresser au souverain. Elle commence à s'incliner, mais soudain, un immense brouhaha monte depuis l’entrée de la salle d'audience. Les lourdes portes de marbre venaient de s'ouvrir. Très rapidement, la foule de visiteurs s’écarte de part et d'autre pour libérer une large allée centrale. Une jeune fille, affichant exactement le même âge que Drago et Eliza, s’avance d'un pas ferme et fier vers le trône. En la voyant approcher, le roi Coralis se lève immédiatement, un sourire fier aux lèvres.

Eliza parait instantanément troublée. Ses yeux s'écarquillent alors qu'elle détaille le physique de son alter ego. La princesse Altheia possède de longs cheveux sombres tressés avec des fils d'argent, des traits fins mais d'une rigueur absolue, et surtout une carrure athlétique sculptée par des années de combat. Ses bras et ses jambes, visibles sous les jointures de son armure de cuir et de métal bleu saphir, révélent des muscles puissants et parfaitement dessinés. Sur son plastron, un emblème de tigre en or pur scintille sous les lumières.

Sur son passage, les conseillers, les nobles et les marchands s’inclinent un à un avec un profond respect.

— C'est toi, murmure Drago, totalement fasciné par la scène.

— J'ai du mal à y croire, lâche Eliza, la voix tremblante de stupeur en jetant un regard discret à ses propres bras actuels. Je savais que j'étais une guerrière, mais je peinais à imaginer que j’étais si musclée. C'est presque effrayant.

— C'est surtout magnifique, la corrige Drago avec un sourire d'admiration.

La princesse Altheia parait visiblement adorée par l'ensemble de la cour. Chacun de ses pas transpire l'assurance. Elle dégage une aura royale si puissante qu'elle semble déjà porter la couronne.

Le roi Coralis accueille sa fille avec une infinie tendresse. Il l'embrasse affectueusement sur le front et l'invite d'un geste noble à s'asseoir à ses côtés, sur le siège richement sculpté à l'origine réservé à la reine.

En voyant cela, Drago et Eliza s'échangent un regard lourd de sens. Ils se souviennent parfaitement du récit que le maître Kaiho leur avait raconté quelques heures plus tôt. La princesse Altheia devait devenir officiellement reine souveraine à son dixième anniversaire. Tout faisait sens désormais.

Le calme revient peu à peu dans la salle du trône et l’audience reprend son cours. La vieille femme fatiguée, qui avait été interrompue par l'arrivée de la princesse, s’incline de nouveau.

— Majesté, commence-t-elle d’une voix tremblante mais claire. Je me nomme Mérida. Je suis l’une des servantes personnelles au service du prince Lysandros, dans le royaume d’Émeraude. Je suis venue jusqu'à vous au péril de ma vie pour vous assurer que le prince ne vous considère absolument pas comme des ennemis, bien au contraire. Ses idéaux n'ont rien de comparable à la cruauté de son père, le roi Thalassos, et à la violence de son frère aîné.

Un murmure de surprise parcourt les conseillers royaux le long des murs, mais le roi Coralis fait signe à la foule de se taire, captivé. La vieille femme prend une grande inspiration, avant de lâcher sa révélation :

— Le prince Lysandros est profondément, éperdument épris de votre fille, la princesse Altheia. Malheureusement, son père le soupçonne et le fait surveiller constamment par ses gardes, l’empêchant de venir en personne au royaume de Saphir pour demander officiellement la main de la princesse.

Un silence de plomb s'abat sur l'assemblée. Le roi Coralis fronce les sourcils, jetant un regard pensif à la vieille servante, puis se tourne lentement vers sa fille.

— Es-tu au courant de tout cela, Altheia ? lui demande-t-il d'une voix basse mais dénuée de colère, cherchant simplement la vérité.

Altheia redresse fièrement le menton, le regard brillant d'une honnêteté désarmante. 

— Oui, mon père. Lysandros et moi nous sommes vus secrètement à quatre reprises depuis un mois, confirme la princesse d’une voix vibrante de confiction.

 Lysandros est une personne profondément bonne et juste. Il s'oppose farouchement à la guerre que son peuple veut nous mener. De plus, sa puissance magique est immense et en tout point comparable à la mienne.

Elle marque une courte pause, son regard trahissant une pointe d'inquiétude pour l'homme qu'elle aimait, avant de poursuivre :

— Lors de notre dernière rencontre, il m'a confié une terrible nouvelle. Son père veut à tout prix le marier de force à la fille cadette du royaume d’Améthyste, la princesse Aurélia. Le plan du roi Thalassos est cruellement simple. Lysandros sera contraint de vivre dans le même palais que son frère aîné, qui héritera seul du trône d'Émeraude pour en devenir le souverain absolu. Lysandros n'aura aucun droit, aucune liberté.

Le roi Coralis écoute sa fille en fronçant les sourcils, puis hoche lentement la tête, une expression de profond dégoût sur le visage.

— Mon rival n'a donc aucune limite..., souffle le souverain avec mépris. Thalassos veut sceller une alliance politique en mariant son propre fils à une petite fille qui n’a encore que neuf ans. C'est une infamie.

En entendant ces mots, Eliza laisse échapper un long soupir d’indignation, le visage tordu par la colère. Juste à côté d'elle, Drago accuse le coup, le regard sombre et complètement choqué.

— C'est de la folie, murmure Drago à voix basse en se tournant vers elle, une amertume évidente dans la voix. Mais au fond, ça ne m'étonne même pas. L'histoire ne fait que se répéter.

Eliza le regarde, sentant la détresse du jeune homme.

— Tu penses à tes parents Malefoy ? lui demande-t-elle doucement.

— Le mariage que Lucius et Narcissa avaient arrangé entre moi et Pansy Parkinson était exactement de la même nature, lui rappele-t-il, les dents serrées. Tout était purement politique, une histoire de sang-pur et d'influence au ministère. C’était la même chose pour eux également. Lucius et Narcissa n’ont jamais été ensemble par amour. Ils faisaient simplement semblant de s’aimer devant le monde entier pour préserver les apparences et leur réputation. Lucius Malefoy et le roi Thalassos sont exactement les mêmes monstres.

Le roi Coralis brise le silence pesant qui s'était installé dans la salle du trône. Il pose une main bienveillante sur celle de sa fille, son visage marqué par une profonde inquiétude.

— Je te fais entièrement confiance, Altheia, commence le souverain d'une voix douce mais solennelle. Si tu m'assures que ce prince Lysandros est un homme juste, je te crois. Cependant, tu dois comprendre que cette union sera extrêmement risquée pour notre peuple.

La princesse Altheia l'écoute sans ciller, serrant nerveusement les poings. Le roi soupire avant de poursuivre :

— Le roi d’Émeraude usera de absolument tous les moyens possibles pour vous empêcher d'être ensemble. Il n’a vraiment aucune limite. Pour asseoir sa domination et briser notre alliance, Thalassos est prêt à faire appel à la magie la plus interdite. Il cherche à manipuler l’énergie pure du soleil. S'il commet l'imprudence d'ouvrir ces canaux sacrés avec la fureur qui l'anime, cela pourrait déstabiliser les flux magiques profonds et mettre toute notre île en péril de mort.

Dans leur invisibilité, Drago et Eliza retiennent simultanément leur souffle.

— L'énergie du soleil, répéte Eliza dans un murmure horrifié, en se tournant vers Drago. C'est de ça dont le maître Kaiho faisait allusion. C'est la source de la destruction de l'Atlantide.

— Mon père de l'époque était un grand malade, constate Drago, le visage blême. Pour une simple histoire de pouvoir et de mariage contrarié, il était prêt à provoquer la fin du monde.

Soudain, sans crier gare, les pendentifs de Drago et Eliza s’animent à nouveau. Leurs éclats vert et bleu fusionnent dans un nouveau tourbillon de lumière, les arrachant instantanément à la salle du trône pour les transporter dans une tout autre scène.





Publié sur Fanfictions.fr.
Voir les autres chapitres.

Les univers et personnages des différentes oeuvres sont la propriété de leurs créateurset producteurs respectifs.
Ils sont utilisés ici uniquement à des fins de divertissement etles auteurs des fanfictions n'en retirent aucun profit.

2026 © Fanfiction.fr - Tous droits réservés