Le Corbeau. Saison 2

Chapitre 16 : XVI La dernière épreuve

941 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 21/08/2026 06:12

Chapitre XVI : La dernière épreuve


Mérida se leva après une nuit courte, mais reposante. Elle s’était couchée aux alentours d’une heure du matin après qu’elle et ses compagnons de soirée se soient séparés à la sortie du bar dans lequel ils s’étaient réunis pour fêter la fin des épreuves.

Ils n’avaient pas fait de folie, fatigués par ces trois jours intenses, surtout mentalement. Ils avaient opté pour un pub côté moldu et s’étaient contentés de boire quelques pintes en discutant. Ils avaient essayé au maximum d’éviter de parler travail, préférant discuter de sujets allant de leur scolarité à Beauxbâtons au Quidditch. Parfois, une anecdote du boulot ressortait, mais ce ne fut que rarement.

Mérida avait préféré écourter la soirée lorsqu’un autre client du bar, très alcoolisé, vint à leur table, tentant de la draguer lourdement. Ses compagnons, tous éreintés, avaient sauté sur l’occasion pour rentrer chez eux également, s’accordant des heures de sommeil bien méritées.

Il restait une épreuve à Mérida, et pas des moindres. Elle devait maintenant annoncer à sa mère qu’elle intégrerait la section S.

Elle se souvenait du drame que ce fut lorsqu’elle avait choisi d’entrer aux Chasseurs. Sa mère avait pleuré, et tenté de le lui interdire, ce à quoi Mérida avait répliqué qu’elle était majeure et libre de ses décisions. Elles avaient passé plusieurs semaines sans se parler, ce qui tomba bien pour la jeune femme, car elle put suivre sa formation initiale sans que sa mère ne la perturbe.

Elle eut beau réfléchir en sirotant son café, elle ne vit pas de bonne façon de lui annoncer la nouvelle. Autant y aller directement.

Elle finit sa tasse, acheva de s’habiller et transplana jusqu’à une ruelle qu’elle savait déserte la majorité du temps à deux pas de chez sa mère. Elle sonna à la porte et attendit.

— Mérida ! s’exclama Julie Denier en ouvrant la porte. Je ne m’attendais pas à ta visite. Entre. Tu veux un café ?

— Je viens d’en prendre un, mais je pense qu’un second ne me ferait pas de mal.

— Dure soirée ? questionna Julie en préparant le café.

— Je suis sortie avec des collègues, on est juste allé boire un coup dans un bar ambiance pub. On avait quelque chose à fêter.

— Ah… souffla-t-elle, devinant ce que sa fille allait lui annoncer.

Mérida attendit que sa mère prenne place avec les deux tasses de café fumantes. Elle décida de ne pas prendre de chemin détourné.

— J’ai réussi les tests d’entrée de la section S.

Julie reposa lentement la tasse qu’elle avait commencé à porter à ses lèvres. Elle avait eu beaucoup de mal à accepter le choix de sa fille d’entrer aux Chasseurs, cela avait fait remonter des choses qu’elle préférait laisser cacher au fond de son cœur. Elle avait fini par l’accepter à contrecœur. Et maintenant, elle allait intégrer les Dragons Noirs… Le destin aimait visiblement jouer avec ses nerfs. Même si, au fond d’elle, elle savait que ce jour arriverait. Elle connaissait Mérida, son tempérament et ses capacités.

— Tu cherches vraiment à me pousser dans la tombe… soupira-t-elle. Pourquoi n’as-tu pas choisi un métier tranquille ? Sans risque et où tu aurais pu fonder une famille. Mais non, tu as choisi une carrière où tous les matins, la première chose que je me demande en me levant, c’est si tu es encore en vie…

— On en a déjà parlé, maman, répliqua Mérida un peu sèchement. C’est ma vie, j’en fais ce que je veux. Tout comme toi, tu as fait ce que tu voulais de la tienne, y compris vis-à-vis de moi.

— Quoi ?

— Tu ne m’as jamais donné les vraies raisons pour lesquelles tu ne voulais pas que je rentre aux Chasseurs. Tu me crois idiote ? J’ai deviné que c’était en rapport avec mon père.

— Tu te trompes… souffla sa mère.

— Ah oui ! Tu croyais qu’une fois dans le département, je ne fouinerais pas ! Je sais que tu as travaillé au département des Chasseurs, je sais même à quel poste : tu as été la secrétaire de deux chefs de la section S. De là à en déduire que mon père était un chasseur, et probablement membre de la section S, il n’y a qu’un pas.

Les larmes de Julie commençaient à poindre au coin de ses yeux. Ce n’était pas surprenant que sa fille découvre un jour qui était son père, malgré tout, elle n’y était absolument pas préparée.

— Il est mort, n’est-ce pas ? continua Mérida. C’est pour ça que tu es partie du département.

Mérida savait que sa mère ne répondrait pas. À vrai dire, elle n’en avait pas besoin, à son expression, elle savait qu’elle avait touché juste. Elle se leva.

— Je découvrirais la vérité comme je l’ai toujours fait : seule. Mais d’abord, j’ai la formation spéciale à suivre. Ne m’appelle pas, je le ferais une fois que j’aurais fini la première partie.

Et sans attendre de réponse de sa mère, sans avoir touché à son café, elle partit, la laissant seule avec ses regrets.

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