Né de la magie

Chapitre 1 : La nuit immobile

653 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 15/05/2026 11:16

Chapitre 1 — La nuit immobile

C’était une de ces soirées d’été où la chaleur ne se contentait pas d’être présente, mais semblait s’imposer, s’accrocher aux murs, aux meubles, à la peau. L’air était épais, presque difficile à respirer, comme si chaque inspiration demandait un effort supplémentaire.

Dans la maison plongée dans l’obscurité, le silence n’était pas total. Il vivait, discrètement, à travers les craquements du bois qui travaillait sous la chaleur, les soupirs presque imperceptibles de la charpente.

Rémi, allongé dans son lit, fixait le plafond invisible. Le sommeil refusait de venir.

Quelque chose clochait. Ce n’était pas un bruit. Pas une odeur. Pas même une sensation précise.

Plutôt une absence. Comme si un détail familier avait disparu… sans qu’il parvienne à dire lequel.

Il finit par se redresser, lentement, repoussant les draps devenus trop lourds. Le contact du sol froid sous ses pieds lui arracha un frisson, bienvenu cette fois.

La porte grinça à peine lorsqu’il l’ouvrit. Rémi connaissait chaque piège sonore de la maison, chaque marche traîtresse de l’escalier. Pourtant, ce soir-là, ses repères semblaient incertains. Les ombres s’étiraient différemment. Les coins du couloir lui paraissaient plus profonds.

Comme si la maison avait changé… ou qu’elle révélait enfin quelque chose qu’elle cachait jusque-là.

Arrivé dans la cuisine, il s’arrêta.

Un verre était posé sur la table.

Il était certain de ne pas l’avoir laissé là.

Rémi s’approcha malgré tout, tira la chaise — dont le pied grinça légèrement — et se servit de l’eau. Il but lentement. La fraîcheur du liquide coula dans sa gorge, contrastant violemment avec la chaleur ambiante.

Par la fenêtre entrouverte, l’odeur des rosiers du jardin s’infiltrait, douce… presque trop présente, comme si elle cherchait à masquer autre chose.

 

Un instant, tout sembla normal.

Puis il posa le verre.

Et le silence changea.

Il ne devint pas plus fort. Pas plus faible.

Juste… différent.

Rémi resta immobile quelques secondes, les sens en alerte, sans comprendre pourquoi.

Puis il secoua légèrement la tête.

Ridicule.

Il remonta l’escalier.

Chaque marche protesta, malgré ses précautions. Le bruit lui sembla anormalement fort, comme s’il résonnait dans toute la maison.

Arrivé en haut, il posa le pied sur le parquet du couloir.

Et s’arrêta net.

Quelqu’un se tenait devant sa porte.

Son père. Michael.

Il ne bougeait pas.

Plongé dans l’ombre, son visage était à peine visible. Mais ses yeux… ses yeux captaient la moindre lueur.

Ils brillaient.

Pas comme ceux d’un homme dans l’obscurité.

Pas comme quelque chose de vivant.

Plutôt comme ceux d’un animal qui observe. Qui attend.

Rémi sentit son souffle se bloquer.

Il eut une certitude brutale, inexplicable :

cet homme n’était pas simplement là pour lui parler.

Sans réfléchir, il recula d’un pas, puis se précipita dans sa chambre et referma la porte d’un geste brusque.

Clac.

Le bruit métallique résonna immédiatement.

La serrure. De l’extérieur.

Rémi resta figé, la main encore posée sur la poignée.

Il tira.

Rien.

Un frisson glacé remonta le long de sa colonne vertébrale.

Il jeta un regard vers sa pendule il était exactement 23h00.

Une fatigue soudaine s’abattit sur lui.

Ce n’était pas une fatigue progrésive, ni naturelle, elle était brutale .

 

Ses pensées se brouillèrent. Ses paupières devinrent lourdes, trop lourdes pour lutter.

Il voulut résister et comprendre. Comme si qu’elle qu’un l’appelait avec une voix aigue.

Mais le sommeil pris le dessus et il ne pus pas réfléchir.

Et cette nuit-là… il ne rêva pas.

Laisser un commentaire ?