Forcée de tout
Les jours passaient, tous identiques aux autres.
Chaque matin, un Mangemort s'arrêtait devant la porte de pierre. Sans prononcerun mot, il déposait un plateau avant de repartir. Le repas était toujours le même : un bol de soupe tiède, un morceau de pain et un simple verre d'eau.
C'étaiyt devenu une routine.
Hermione refusait de se laisser briser et elle s'efforçait de garder l'esprit clair malgrés sa fatigue, sa solitude et sa peur. Chaque détail pourrait peut-être avoir son importance se disait-elle tout le temps. Elle comptait les pas dans le couloir, mémorisait les horaires de ronde, distinguait les voix qui résonnaient derrière la porte. Elle observait aussi les ombres qui passaient sous la porte, les craquements de la pierre.
Une erreur finirait bien par être commise. Se répétait elle. Et lorsque cette erreur arriverait, elle devrait être prête à s'enfuir.
Pour ne pas perdre la raison, Hermione récitait mentalement les livres qu'elle connaissait par cœur, revivait ses souvenirs à Poudlard, les soirées passées dans la salle commune de Gryffondor, les parties d'échecs de Ron et les interminables discussions avec Harry. Ces souvenirs étaient tout ce qu'il lui restait.
Un après-midi, des pas résonnèrent dans le couloir, plus lents qu'à leur habitude.
Le verrou grinça et la porte s'ouvrit avec une telle lenteur. Cela changeait de d'habitude où la porte s'ouvrait telllement vite qu'on ne voyait pas la personne derriere.
Hermione releva immédiatement la tête.
Voldemort entra dans la cellule, sa cape noir effleurant le sol. Son visage demeurait aussi impassible que toujours, sans aucune expression. Derrière lui marchait Drago sur ses talons
Contrairement à Voldemort, Drago gardait les yeux baissés. Ses épaules étaient légèrement crispées et il évitait soignesement de croiser le regard d'Hermione.
L'atmosphère se fit de plus en plus lourde
— Les jours passent, Granger, dit Voldemort d'une voix calme. Et malgré tout, tu continues d'espérer.
Hermione ne répondit pas. Son cœur battait si fort qu'elle avait l'impression que tout le monde pouvaient l'entendre.
Voldemort fit quelques pas dans la cellule avant de s'arrêter devant elle.
— J'ai pris une décision.
Ces quelques mots suffirent à faire monter une grosse angoisse chez Hermione.Pour empêcher ses mains de trembler, elle serra discrètement les poings
— Bientôt, tout le monde apprendra que nous allons nous marier.
Le silence qui suivit sembla suspendre le temps.
Hermione sentit son estomac se nouer.
Pendant une fraction de seconde, elle resta incapable de parler. Puis elle releva le menton.
— Jamais. Jamais je n'accepterai une telle chose.
Les yeux de Voldemort ne la quittèrent pas.
— Tu crois encore avoir le choix.
— Le choix existe toujours.
Un léger sourire étira les lèvres de Voldemort.
— Voilà ce qui te perdra, Granger. Ton obstination.
Hermione soutint son regard sans détourner les yeux ,elle refusait de lui offrir la satisfaction de la voir céder.
Pendant plusieurs longues secondes, personne ne parla. Finalement, Voldemort se détourna.
— Réfléchis bien. La cérémonie aura lieu lorsque je l'aurai décidé.
Sans ajouter un mot, il franchit la porte qui se referma lourdement derrière lui dans un fracas qui résonna dans la cellule.
Hermione resta immobile. Ses poings étaient si serrés que ses ongles s'enfonçaient dans sa peau.
Elle refusait de croire que tout était perdu.
Il devait exister une solution, il y en avait toujours une.
Drago, lui, n'avait pas bougé et il demeurait près de la porte, silencieux. Comme s'il hésitait à partir de la cellule.
Il gardait les yeux fixés sur le sol, incapable de partir mais aussi de parler.
Hermione l'observa discrètement. Et ^pour cause :ce n'était pas la première fois qu'elle remarquait cette attitude.
Depuis plusieurs jours, quelque chose semblait avoir changé chez lui.
Ce n'était pas de la compassion... du moins, elle n'en était pas certaine.
Mais ce n'était plus non plus l'assurance froide qu'elle lui avait toujours connue dans le temps.
Comme s'il se trouvai pris entre l'obéissance à Voldemort et une part de lui-même qu'il tentait désespérément d'étouffer.
Pendant un bref instant, leurs regards se croisèrent. Drago détourna immédiatement les yeux.
Sans dire un seul mot, il quitta la cellule à son tour.
La porte se referma.et le silence revint.
Hermione fixa longtemps l'endroit où il se tenait quelques secondes auparavant.
Peut-être avait-elle tort. Peut-être que c'etait qu'une illusion
Mais si Drago hésitait réellement......alors cette hésitation pouvait devenir une faille.
Et la moindre faille dans les plans de Voldemort pourrait devenir son unique chance de retrouver la liberté et de s'enfuir de cette union imposée.