L'ange de Gaïa

Chapitre 6 : Le Na'vi vert

9799 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 28/05/2026 12:58

Chapitre 6 :

Le Na'vi vert






Dire que Grace et son équipe avaient été surpris par ce qu'ils venaient de voir était un euphémisme. Ils étaient venus au village à l'improviste et soudainement, ils avaient vu surgir ce thanator et son cavalier. La chose était déjà hors normes, les Na'vi montant ces créatures extrêmement rares mais ce Na'vi lui même était des plus inhabituel, la peau teintée de nuances de verts foncés uniques. À leur vue, le Na'vi s'était immobilisé et sa monture leur avait grogné dessus, les faisant reculer de plusieurs pas. Une seconde plus tard, l'animal filait, disparaissant dans l'Arbre Maison avec son étrange maître. Tsu'tey avait débarqué là dessus avec un pa'li comme s'il avait poursuivi le thanator. Il avait l'air joyeux comme on le voyait rarement mais il reprit très vite son sérieux et sa gravité habituelle à leur vue, sautant de sa monture pour partir dans la même direction que le prédateur. Ils restèrent sans voix, Grace se tournant finalement vers Sylwanin avec une certaine excitation face à cette nouvelle découverte.



- Qui était-ce ? demanda-t-elle. Le Na'vi vert ? précisa-t-elle.



- Vous devriez vous adresser à ma mère ou mon père si vous souhaitez parler de lui, répondit-elle. Il est sous leur protection.



Il ne lui en avait pas fallu plus pour aller vers le refuge de Tsahik afin de demander des informations sur cet étrange être vert. Mo'at la reçut gentiment, comme toujours et elle s'assit avec elle.



- Je viens de voir une chose, commença-t-elle, un Na'vi vert montant un thanator.



- Eywani, renseigna-t-elle en sachant que les Gens du Ciel ne connaissaient pas le nom véritable de leur frère.



- D'où vient-il ?



- Eywani est Omaticaya, répondit-elle faisant mine de ne pas comprendre.



- Je ne l'avais jamais vu avant, remarqua-t-elle.



- La famille d'Eywani étaient des voyageurs. Cela faisait des années qu'ils allaient de tribu en tribu pour apprendre et transmettre leur savoir. Ils étaient partis avant l'arrivée de votre peuple ici. Eywani est rentré maintenant.



- Puis-je le voir ? Lui parler ?



- Ce ne sera pas possible, répondit-elle gravement en calmant son enthousiasme.



- Pourquoi ? Je voudrais lui parler, il est particulier de toute évidence. Il...



- Grace, Eywani a perdu toute sa famille dans les combats avec votre peuple, dit-elle en la refroidissant considérablement. Il est seul maintenant. C'est pour cela qu'il est rentré auprès des siens ici et moi et mon compagnon veillons sur lui. Il est en réalité là depuis déjà un bon moment mais il se cache de vous parce que vous l'effrayez et que vous êtes ceux qui l'ont privé des siens. Il ne veut pas être en contact avec vous. Alors laissez le tranquille je vous prie.



- Je vois, s'attrista-t-elle. Je comprends. Puis-je vous demander pourquoi il est de cette couleur ?



- Eywani est né ainsi, dit-elle simplement.



- Une anomalie génétique peut-être ? dit-elle en recevant un regard interrogatif. Sur Terre, il arrive que certains enfants naissent différents à cause d'anomalies génétiques. Cela peut donner des couleurs de peau, de cheveux ou d'yeux inhabituels. C'est très rares mais ça arrive. Y-a-t-il d'autres Na'vi dans son cas ?



- Pas que je sache, répondit-elle. Mais Eywani n'est pas différent de nous si ce n'est sa couleur.



- Bien sûr, sourit-elle. Je ne veux certainement pas l'insulter. Sa différence m'intrigue.



- Eywa a certainement ses raisons de l'avoir fait ainsi.



- Il monte un thanator ?



- Eywani est d'une grande force et il est très proche de notre nature et de notre Mère. Eywa a jugé bon de lui offrir un partenaire en conséquence.



- Est-il chasseur ?



- Non Eywani n'est pas violent, il ne combat pas et ne chasse pas. Il étudie l'art de soigner et les voies de Tsahik.



- De Tsahik ? C'est très rare pour un mâle.



- Mais c'est une voie naturelle pour lui même s'il n'est pas destiné à le devenir véritablement pour le moment.



- Pourriez vous tout de même lui demander s'il accepterait une prise de sang ou juste un prélèvement rapide ? J'aimerais étudier sa particularité.



- Grace, renoncez à cette idée. Eywani ne veut pas avoir à faire à votre peuple pour quoi que ce soit. Je vous demanderais de ne pas chercher à l'approcher ou à lui parler. Laissez le en paix.



Elle acquiesça à contre cœur, déçue. Elle voyait cela pour la première fois, curieuse de découvrir d'où venait cette étrange couleur sur le Na'vi. Cela ressemblait un peu au phénomène des albinos ou autre pour les humains, la chose tout à fait possible pour les Na'vi également alors que l'on voyait ce genre d'exception chez toutes les espèces. Seulement, Mo'at était rarement si sérieuse et intransigeante dans ses réponses. Elle savait donc qu'il ne fallait pas trop insister, ne voulant pas perdre l'accès au village une fois encore. Seulement, elle n'était pas non plus décidée à perdre une occasion d'étudier cette nouveauté. Peut-être que d'ici quelques temps, elle pourrait retenter sa chance...



Après cette rencontre rapide avec les Gens du Ciel, il fut difficile de faire redescendre Eywani de sa cachette. Mo'at avait dû monter le rassurer et lui expliquer que Grace prenait sa particularité pour une anomalie génétique et qu'elle n'avait pas une seconde remis en cause leur histoire, comme prévu. On parvint à le tranquilliser, Eytukan lui promettant qu'il empêcherait les Marcheurs de venir l'importuner. Il reprit donc son quotidien, essayant de ne pas trop s'en faire, veillant à ne plus se retrouver par hasard en présence des Terriens. Il avait commencé à passer pas mal de temps seul avec Tsu'tey à parler des Aïais, de leurs habitudes, de leurs gestes, de leurs coutumes et souvent, le chasseur usait de ce qu'il lui apprenait avec lui pour le réconforter. Il lui présentait souvent ses mains et son front, ces gestes bien plus bienfaiteurs que Eywani l'aurait cru pour son cœur et pour cela, il était infiniment reconnaissant envers son ami.



Eywani continuait ses séances régulières de méditation magique, beaucoup d'Omaticaya venant admirer cela avec joie sans s'en lasser. Le temps passant, il devenait courant que certains, les plus jeunes les premiers, viennent réclamer sa sagesse, le questionnant sur la nature et Eywa pour tenter de les voir à travers ses yeux. Il se faisait toujours une joie de répondre. Et cela lui faisait du bien, soignant une blessure de son passé, de son passé de professeur ignoré et bafoué. Les Na'vi l'écoutaient très attentivement, avec confiance, appliquant ses leçons, reconnaissant pour ses enseignements et ça faisait du bien.



Ce jour là était un jour de jeu. La veille, les chasseurs avaient fait une très bonne chasse et aujourd'hui, ils se détendaient. Ils s'étaient rassemblés au bord de la rivière avec les apprentis chasseurs, d'autres jeunes et Eywani s'était joint à eux. Les choses avaient tourné à l'amusement dans l'eau, les rires pleuvant. Eywani n'était pas en reste, usant d'un peu de magie pour éclabousser tout le monde, ce qu'on lui rendait bien, les plus jeunes se jetant sur lui pour le mettre à l'eau. Son corps de Na'vi avait encore plus resserré ses liens avec le clan, les contacts et les jeux bien plus simples lorsqu'il ne risquait pas d'être cassé en deux par un faux mouvement.



Eywani riait aux éclats, heureux alors qu'il venait de jeter Tsu'tey, Peyral et Oslin à l'eau, les plus jeunes riant d'eux, lorsqu'il se figea net, une étrange sensation lui serrant le cœur. Son regard se perdit dans le vague alors qu'il portait une main à sa poitrine, se concentrant pour chercher ce qu'il se passait. La sensation s'intensifia jusqu'à se transformer en véritable douleur et il grimaça. Il comprit finalement que cela venait de la nature, d'Eywa à laquelle il était désormais fermement connecté. Il chancela, se tendant, respirant plus brutalement et il sentit un bras fort s'enrouler autour de lui pour le soutenir, Tsu'tey :



- Eywani ? appela celui-ci. Eywani ? Qu'est-ce qu'il se passe ?



Le chasseur avait été le premier à s'apercevoir du malaise de leur frère sur lequel il avait toujours un œil attentif. Il n'avait donc pas manqué de le voir se figer brusquement, son regard se faisant vague et flou. Il avait porté une main à sa poitrine avant de se mettre à tanguer et il n'avait pas réfléchis, bondissant vers lui, inquiet lorsqu'il le vit grimacer de douleur. Il enroula un bras autour de lui, le ramenant près de son propre corps pour le soutenir.



- Eywani ? appela-t-il alors que tous portaient leur attention sur eux. Qu'est-ce qu'il y a ?



- Ça fait mal, bredouilla-t-il.



- Viens, on sort de l'eau, dit-il en le conduisant sur la berge.



Eywani suivit le mouvement, s'accrochant un peu à lui, serrant les dents alors que la sensation grandissait, alourdissant sa respiration. Son ami le sortit rapidement de la rivière pour l'asseoir sur une roche, s'accroupissant devant lui. Tous les rejoignirent entourant leur frère dont le visage était marqué de douleur. Ils le virent fermer les yeux comme pour se concentrer, sa respiration devant bruyante alors que de légers tremblements le prenaient, la sueur perlant sur son front.



- Eywani ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? demanda Oslin.



- C'est... C'est... les Gens du Ciel ont blessé la terre et touché une veine d'énergie d'Eywa en creusant leurs mines, bredouilla-t-il. Je le sens, dit-il en les tendant.



Il gémit et serra les dents, se penchant en avant.



- On te ramène au village voir Tsahik, décréta Tsu'tey.



Il présenta son dos à son frère, attrapant doucement son bras pour le porter, Peyral et Oslin l'aidant. Eywani s'accrocha à lui sans rechigner, posant sa tête dans son cou alors qu'il prenait ses jambes pour le maintenir. Le chasseur se redressa alors, emmenant son frère vers l'Arbre Maison pour le ramener à l'abri. Son petit frère partit devant pour aller prévenir Mo'at et le temps qu'ils arrivent auprès d'elle, Tsahik les attendait déjà. Elle demanda à Tsu'tey de déposer délicatement sa charge, Peyral l'aidant et ils assirent Eywani dans la mousse, Mo'at se baissant près de lui, lui demandant d'expliquer ce qu'il ressentait. La voix hachée, Eywani expliqua que les Gens du Ciel avait creusé la terre et touché une veine d'énergie importante, blessant la nature à laquelle il était maintenant fortement connecté, ressentant la blessure. Tsahik comprit, demandant à Galraede qui avait accourus d'aller chercher des antidouleurs et un décontractant, conseillant à son protéger de tenter de se détendre et de rester calme. Elle s'installa à ses côtés, disant aux chasseurs et aux enfants qu'ils ne pouvaient que rester auprès de lui et l'aider à passer ce moment, espérant que cela s'apaiserait seul.



Rapidement, Sylwanin était arrivée, restant auprès d'Eywani pour l'aider. Eytukan et beaucoup d'autres étaient venus voir ce qu'il se passait, inquiets pour leur frère, en colère contre les Gens du Ciel. Olo'eyktan avait envoyé quelques chasseurs voir ce qu'il se passait. On soupçonnait que les mines avaient encore été agrandi. Les remèdes lui avait permis de mieux supporter l'épisode et de se détendre, tous l'entourant. Il fallut près de trois heures avant que la crise ne se calme, Eywani se détendant enfin totalement, tremblant toujours un peu mais respirant mieux. Il avait l'air épuisé et on laissa Galraede venir s'assurer qu'il allait bien. Le guérisseur lui offrit à boire, insistant ensuite pour qu'il aille se reposer un peu et Tsu'tey se fit devoir de l'emmener dans un endroit calme pour qu'il puisse récupérer. Lorsque les chasseurs revinrent, l'hypothèse de l'avancement des mines s'était confirmée.



L’événement fit doucement monter la colère envers les Gens du Ciel chez certains, les Omaticaya n'appréciant guère l'atteinte à leur Mère, à leur nature et à leur frère qui en ressentait désormais les effets par son incroyable lien avec leur monde. Dans les semaines qui suivirent, on vit ce genre d'épisode se renouveler plusieurs fois, Eywani avouant qu'il avait déjà ressentis des gênes et des oppressions auparavant, de légères douleurs, de plus en plus avec son ouverture et son lien grandissant avec Eywa et la nature. Seulement, au plus il renforçait sa relation avec Eywa, au plus il ressentait puissamment tout cela et aujourd'hui, cela se traduisait plus durement chez lui. Ara'at lui fit la leçon, lui reprochant de n'avoir rien dit avant, le priant de les prévenir désormais lorsqu'il lui arrivait quelque chose de ce genre. Tous commencèrent d'ailleurs à surveiller cela chez lui. Quelques fois Eywani n'avait que des gênes et des oppressions et parfois, il était repris de douleurs l'obligeant à se reposer.



Cela ne l'empêcha pourtant guère de continuer à vivre parfaitement normalement. Tsu'tey lui avait demandé s'il avait déjà vécu ce genre de choses dans le passé, surpris par le calme avec lequel il prenait cela. Ils s'étaient isolés dans un cocon de plantes et de fleurs, au calme, dans l'un de ces endroits où Eywani se sentait bien. Ils faisaient cela de plus en plus souvent le soir pour parler de tout et de rien, des coutumes des Aïais. Ils le faisaient encore ce soir, assis l'un à côté de l'autre dans un cocon de lumière naturelle. Il avait fallu un moment pour que le mage réponde. Il avait remonté ses jambes contre lui et le chasseur s'était subtilement rapproché pour lui offrir son soutient en le sentant s'assombrir. Eywani s'était penché vers lui, posant sa tête sur son épaule.



- Sur Terre, j'avais un lien extrêmement profond avec ma Mère, commença-t-il la voix basse. Comme tout les Aïais. Nous avons... senti des années et des années durant le déclin, les blessures et l'agonie de Gaïa, dit-il la voix presque éteinte. C'était... abominable à percevoir. Comme voir la mort de notre monde tout entier approcher lentement, irrémédiablement sans que l'on ne puisse faire quoi que ce soit, sans pouvoir l'aider ou juste la soulager. Et... ce n'était pas comme voir venir une mort ordinaire puisque l'on savait qu'il n'y aurait pas de lieu de repos pour notre Mère. C'était une fin au sens strict du terme. Une fin pour notre Mère, pour nous. Nous avons ressentis sa douleur, tellement. Elle la retenait grandement pour ne pas trop nous faire de mal mais c'était tout de même... c'était... c'était indescriptible d'atrocité, dit-il en se blottissant contre le chasseur qui vint l'entourer d'un bras fort. Aussi pénible que cela pourra te paraître, les douleurs d'Eywa sont très loin de celle que j'ai ressentis autrefois. Elle est encore très forte, puissante, pas encore affaiblie le moins du monde, pleine d'énergie et de vigueur. Alors ce n'est pas du tout le même effet. Je sais qu'elle n'est pas encore en danger véritable pour son existence, que ces blessures sont relativement anodines et qu'elles guériront. Ça m'aide à rester calme et tranquille face à ça même si ça m'inquiète. Je... excuse moi. Je dois te paraître sans cœur de voir la situation ainsi.



- Non, je comprend. Tu as vu bien pire. Ce que j'aimerais vraiment savoir c'est si tu peux vivre ça une deuxième fois ? demanda-t-il précautionneusement. Même si on est encore loin de ce qu'à subi ta Mère. Comment te sens tu face à cela ?



- Je... je..., hésita-t-il. Je... ça fait mal, dit-il tout bas en se recroquevillant un peu plus sur lui même alors que les larmes lui montaient aux yeux. J'ai l'impression de retomber dans mes cauchemars.



Touché par la douleur de sa voix, Tsu'tey resserra son étreinte autour de lui, sa queue s'enroulant naturellement autour du Na'vi vert qui se pressa un peu plus contre son flanc.



- Je ne veux plus revivre ça. Je ne veux pas voir les Morokar blesser Eywa comme ils ont blessé Gaïa, murmura-t-il.



Le chasseur resta silencieux, ne sachant que lui dire et ne voulant pas lui promettre des choses qu'il ne pouvait pas. Lui rêvait de voir les Gens du Ciel partir de leur monde pour les laisser en paix mais on était très loin de cela et malheureusement, on était aussi très loin de parvenir à stopper leurs dégâts. Il fit donc de son mieux pour réconforter Eywani. Il ne le montrait jamais aux autres mais avec ce genre de discussion, lui savait à quel point tout cela pouvait être un cauchemar pour lui. Et il se jura de veiller sur lui, de veiller à son moral et de lui donner des moments de discussion, de réconfort et d'apaisement pour l'aider à gérer.



La vie se poursuivit tranquillement, Eywani gérant les malaises provoqués par les Gens du Ciel et leurs atteintes à ce monde, son clan l'aidant beaucoup en cela. S'il continuait à apprendre avec soin, il était désormais assez instruit pour être guérisseur véritablement et il aidait en cela dans la vie de la tribu même s'il se spécialisait encore et toujours dans les animaux et les plantes. Il faisait donc peu de soins véritables, préférant préparer les remèdes et les plantes, appréciant ces moments de calmes où il travaillait seul. Il continuait aussi ses enseignements avec Tsahik, absorbant ce savoir comme une éponge, évoluant très vite. Mo'at adorait d'ailleurs lui apprendre mais aussi apprendre avec lui alors qu'il pouvait leur apporter beaucoup. Elle disait désormais ouvertement qu'il ferait un grand Tsahik. Il apprenait tout de la moindre chanson au rite le plus compliqué et il les comprenait eux et leurs buts, leurs impacts comme personne, sentant les énergies et les interactions avec Eywa. Il était extraordinaire dans ce rôle aux yeux de tous. Eytukan lui avait d'ailleurs demandé s'il voulait enseigner aux plus jeunes ou à ceux qui le voulaient, avec son expérience à lui. Il avait accepté avec joie, devenant véritablement professeur pour les plus jeunes. Il leur parlait de leur Mère, de leur nature, des animaux, des interactions des uns avec les autres... Et les enfants l'adoraient pour cela, s'émerveillant de ce qu'il leur apprenait.



Avec le temps, la nouvelle qu'un Toruk Makto s'était révélé s'était répandue dans les différentes tribu et on vit des visiteurs venir pour le rencontrer, rencontrer le protéger d'Eywa dont l'histoire se faisait doucement connaître parmi tout les Na'vi. C'était avec joie que Eywani les accueillait et tous lui témoignaient un immense respect. En premier lieu grâce à son lien avec Casye mais aussi avec Aethei, puis grâce à son histoire, son lien avec Eywa et enfin, par sa sagesse évidente lorsqu'on apprenait à le connaître. Il avait été ravi lorsqu'un groupe du clan Tawkami était venu, avec un guérisseur versé dans son art voulant profiter du voyage pour ramener certaines plantes. Eywani lui avait proposé de l'aider dans ses récoltes en échanges de quelques réponses à ses questions. Les Tawkami étaient les scientifiques des Na'vi, versés en chimie, dans la manière de fabriquer et concevoir des remèdes et il voulait poser quelques questions. Finalement, il eut droit à un véritable apprentissage, Ak'ti se faisant une joie d'enseigner à un élève si appliqué et enthousiaste.



Mais il n'y avait pas que Ak'ti avec qui il s'entendait très bien dans ce groupe, il y avait aussi Nok, un Alaksi Nari. Il en rencontrait un pour la première fois, sentant aisément sa particularité. Un élu d'Eywa, un œil et une main pour elle, capable d'interagir avec elle bien plus puissamment que les autres Na'vi. Il était encore loin du niveau de connexion d'Eywani mais bien au dessus des autres Na'vi. C'était un statu très rare, presque unique à certaines occasions. Il s'était immédiatement très bien entendu avec lui, un personnage courageux, gentil et plein de volonté. Nok l'avait lui aussi reconnu, expliquant que Eywa lui avait dit qu'il était là. Il avait été très avenant et amical avec lui, d'un immense respect. Il passa de très bons moment avec les Tawkami qui restèrent finalement plus longtemps que prévu et il rencontra bien du monde pendant cette période.



Les mois défilèrent et avec eux, les malaises dus aux blessures infligé à ce monde par les Gens du Ciel. La chose assombrissaient les cœurs de beaucoup d'Omaticaya autant par la souffrance causée à leur frère qu'à leur Mère. Eywani percevait aisément l'animosité grandissante de certains. Il la sentait en particulier chez Sylwanin qui passait de calme et douce à guerrière et vengeresse. Il tentait d'apaiser son cœur de son mieux mais il n'y parvenait pas totalement. Finalement, la fille aînée d'Eytukan et Mo'at avait cessé d'aller à l'école de Grâce, en colère contre les Gens du Ciel. Et puis un jour, le pire était arrivé. Eywani s'était levé ce matin là avec une boule au ventre, une inquiétude incompréhensible l'étreignant. Il avait eu un mauvais pré-sentiment. Anxieux, il s'était réfugié dans sa cachette de l'Arbre Maison avec Casye et Aethei, comme il le faisait toujours dans ses instants d'angoisses. Il préférait s'isoler pour ne pas inquiéter le clan surprotecteur avec lui, ne pas importuner ses amis. Quelque fois, ils s'en rendaient compte et le rejoignaient pour lui tenir compagnie, le réprimandant gentiment de ne pas leur dire. Mais ils comprenaient aussi que c'était dans sa nature.



Il avait pu s'éclipser discrètement cette fois, montant haut dans les feuillages, là où il y avait comme une grotte de branches et d'écorces dans une grosse branche du kelutral qu'était l'arbre immense. Lorsqu'il se mettait là avec ses deux partenaires, ils pouvaient se blottir agréablement les uns contre les autres, Eywani se retrouvant systématiquement entre les deux prédateurs, dans un cocon chaud et apaisant, rassurant. Il s'était une fois de plus caché là bien que tout le clan sache qu'il s'agissait de son refuge. On respectait cependant son intimité lorsqu'il venait dans sa cachette, seul ceux qui étaient le plus proches de lui se permettant de le rejoindre. Il tentait d'apaiser cette inquiétude qui lui prenait la poitrine et tendait tout ses muscles, espérant qu'elle passerait, s'attendant à voir surgir un nouveau malaise peut-être plus fort que les précédents. Ce fut pourtant bien pire que ça.



Des cris déchirèrent soudain ses oreilles, des cris qui n'étaient pas physiques, des cris que son lien avec Eywa lui faisaient entendre. Des hurlements de douleurs, de souffrance, de peur, de panique... Ces sensations devinrent physiques pour lui et il agrippa ses oreilles et sa tête, se recroquevillant, se balançant et hurlant à son tour. Il ne s'en rendit cependant pas compte, plongé dans une vision projetée. La vision de l'école des Gens du Ciel, des enfants, des machines de guerres. Il y avait des tir, du sang, la mort... Tout était erratique dans son esprit paniqué autant que Eywa l'était face à ce qui n'était rien de moins que le massacre d'enfants. Il assista impuissant à ce cauchemar avant que la projection ne stop soudainement, le secouant durement alors qu'il revenait à la réalité, le corps tremblant, l'esprit engourdi.



- Eywani ? Eywani ? appelait une voix paniquée.



Il cligna des paupières, s’apercevant que ses yeux étaient pleins de larmes, que sa respiration était désordonnée et qu'il tremblait de tout ses membres. Galraede était penché sur lui, Mo'at non loin, Ara'at derrière eux. Il voulut ouvrir la bouche, seul un gémissement douloureux passant ses lèvres alors que la souffrance mentale et physique peinaient à refluer.



- Eywani ? Tu nous entends ? demanda Tsahik très inquiète.



- L'é... l'école, bredouilla-t-il. Ils ont... attaqué l'école, dit-il en les figeant d'horreur. Les enfants... les enfants..., dit-il désespérément.



- Veillez sur lui, commanda Mo'at en se redressant pour partir.



Le couple approuva, ayant comme elle peur de saisir ce qui pouvait se passer. Galraede confia Eywani à sa compagne le temps d'aller chercher les remèdes qu'ils utilisaient dans ce genre de cas. Plusieurs Omaticaya attendaient un peu plus bas, le cri de leur frère raisonnant dans l'Arbre Maison ayant alerté pas mal de monde. Il les regarda à peine, allant chercher ce dont il avait besoin pour aider celui qu'il considérait comme un fils maintenant. Il revint vite, demandant aux autres de ne pas monter pour le moment le temps d'apaiser un peu Eywani. Il retrouva sa compagne qui cajolait le mage en pleurs, roulé en boule contre elle alors qu'elle lui avait fait poser sa tête sur ses genoux, ses deux partenaires autour d'eux. Il vint lui donner les remèdes aussi délicatement que possible, l'attirant ensuite dans une étreinte forte, tentant de le réconforter au mieux.



Ils restèrent ainsi longuement, sombres, le couple tentant d'apaiser Eywani effondré pleurant toujours. Et puis soudainement, le mage se remit sur ses pieds sans un mot, chancelant un peu, le visage plein de larmes. Casye s'approcha sans qu'il ne le réclame et il sauta sur son dos avec empressement, faisant le lien dans un geste d'habitude avant de plonger dans le vide avec lui. Le couple le suivit du regard pour comprendre qu'il descendait au sol. Ce fut en trombe qu'il arriva au pied de l'Arbre Maison, là où les pleurs raisonnaient, les cris de désespoirs, là où on venait d'amener les jeunes victimes de l'attaque. L'ambiance était tellement lourde et douloureuse, beaucoup d'Omaticaya effondrés devant ce spectacle, les parents anéantis. Eywani balaya la scène des yeux, choqué, des flash back se superposant à ce qu'il voyait, les sentiments se mélangeant, beaucoup trop ressemblant. Pourquoi cela devait toujours finir dans le sang, la violence et la mort ? Chaque larme, chaque cri transperçait son cœur et son âme alors que les pleurs d'Eywa pour ses enfants, sa souffrance, accompagnait toujours les siens dans son esprit. Il se laissa littéralement tomber du dos de Casye qui gémit en se collant contre lui avec délicatesse, sentant sa douleur, tentant de le réconforter. Il s'appuya sur lui, ne parvenant pas à défaire le lien, son comparse tenant ce qu'il restait de sa raison face à tout cela.



Et puis il la vit, Akia, cette petite qu'il connaissait bien pour être son professeur. Elle avait pris des balles, installée sur un brancard, semblant morte, pleurée par ses parents. Mais elle ne l'était pas encore et cela fut l’électrochoc dont-il avait besoin. Il y avait des blessés plus ou moins graves dont-on s'occupait avec urgence et il se sépara de Casye et se précipita à son tour, d'abord vers Akia au bord de la mort. Il fit sursauter ses parents lorsqu'il se jeta à genoux près d'elle, usant immédiatement de sa magie pour retirer les balles et la soigner, tenter de la sauver. Sentant qu'un autre enfant que l'on soignait n'était pas loin de s'éteindre aussi, il ferma les yeux, étendant son esprit et sa magie à tout les blessés autour de lui, se concentrant, s'activant pour les soigner. Il ne pouvait rien faire pour les morts. Il ne pouvait rien faire pour Sylwanin dont-il tentait d'ignorer le cadavre un peu plus loin, comme les gémissement de détresses de Mo'at et Neytiri près d'elle, la douleur d'Eytukan irradiant de son être tendu à l'extrême, comme celle de tout les présents, celle de Tsu'tey effondré sur ses genoux face à cette vision. Il tenta de se concentrer sur ceux qui avaient besoin de lui et qu'il pouvait sauver, essayant aussi de réconforter Eywa par leur lien, essayant d'être fort et de ne pas se laisser aller. Il se focalisa sur sa tâche, ignorant tout le reste.



Ce fut un certain soulagement pour lui lorsqu'il sentit qu'il pourrait sauver ceux qui avaient survécus, même Akia. Autour de lui, sa magie pleine de soutient, de réconfort, de force et d'intention de soin et de protection baignait les lieux d'une douce aura dorée soignant la moindre égratignure de ceux qui se tenaient là. Il ne sut pas combien de temps cela lui prit de les soigner, et bien que l'opération soit bien moins éprouvante maintenant que lorsqu'il avait fallu sauver Ave et Eolak, il y avait cette fois plusieurs personnes à soigner et l'épuisement gagna rapidement du terrain sur lui, aidé largement par sa propre expérience éprouvante de l'attaque. Lorsqu'il termina, cessant, résorbant sa magie, il n'entendit plus ni les pleurs de détresse, ni les remerciement des parents de ceux qu'il avait pu sauver. Il s'effondra purement et simplement, ne sentant pas les bras forts qui le rattrapèrent et le ramenèrent contre un corps solide. Il se blottit d'instinct contre cette chaleur bienfaitrice, épuisé, meurtri, vidé de ses forces physiques et mentales. Il ferma les yeux lorsqu'une main vint caresser ses cheveux avec délicatesse, l'incitant au repos et il y céda.



C'était presque désespérément que Tsu'tey tenait Eywani qui s'endormait contre lui. Il observa le lent mouvement de sa respiration, se rassurant sur le fait qu'il était en vie avec la chaleur de son corps, reprenant doucement pied à son contact. Sa magie pleine de consolation et de douceur l'avait aidé à se ressaisir, elle avait d'ailleurs aidé à apaiser un peu bien du monde autour d'eux mais en le voyant faiblir dans ses soins, il n'avait pu s'empêcher de se précipiter vers lui. Il le tenait maintenant, se calmant en le voyant dormir simplement, respirant lentement.



L’événement fut un immense choc et une immense douleur pour le clan. On apprit finalement que Sylwanin et quelques jeunes chasseurs avaient attaqué les machines des Gens du Ciel qui avaient répliqué, les poursuivant. Ils s'étaient réfugiés à l'école, croyant que Grâce pourrait les protéger mais ça n'avait pas été le cas et les soldats avaient tué les chasseurs comme plusieurs enfants. Après cela, Olo'eyktan interdit que son peuple retourne à l'école, interdit l'accès du village et à leur territoire aux étrangers sous peine de mort. Eywani avait mis de nombreuses heures à se réveiller, entouré de nombreux Omaticaya serrés contre lui, des enfants majoritairement, pour se réconforter. Tsu'tey, les guerriers et les chasseurs s'étaient réunis pour parler de ce qu'ils allaient faire, des mesures à prendre. D'autres se chargeaient de s'occuper des enfants qui avaient vécu l'attaque, traumatisés, d'autres des morts, tout les blessés guéris par Eywani.



Quand le temps des cérémonies funéraires arriva, Mo'at et Neytiri était tellement dévastées par la perte de Sylwanin que Eywani prit sur lui pour conduire les rites. Il en avait déjà vécu depuis qu'il était là, mais pour des morts naturelles qui n'avaient clairement pas le même impact que celles-ci. Il conduit donc les rites à la place de Tsahik et de sa fille, rassemblant ses forces pour tenir tout le monde. À la fin, il avait ajouté sa touche, en ressentant le besoin impérieux après cette tragédie. Alors il avait usé de sa magie et il avait chanté dans la langue des Aïais comme ils le faisaient pour accompagner les âmes des morts et apaiser celles des vivants. Tous s'étaient tus pour l'écouter alors que son énergie douce et réconfortante avait entièrement baigné le village, consolatrice dans cette épreuve. Les animaux et la nature elle même s'était tu et il avait même senti l'attention d'Eywa sur lui. Il avait chanté longuement, avec sa magie et lorsque cela avait pris fin, les cœur avaient été un peu apaisés. Neytiri était venu l'étreindre et il l'avait serré contre lui, tentant de la consoler comme il pouvait malgré son propre cœur en miette.



Les temps qui avaient suivis avaient été bien sombre et si Eywani avait porté le clan dans cette épreuve, on avait fini par s’apercevoir qu'il avait été lui même profondément blessé et touché. Il s'isolait pour s'effondrer seul en larme, il faisait de nouveau des cauchemars terribles. Les chasseurs dont-il était très proche s'étaient mis à l'entourer à l'emmener voler plus souvent pour l'aider, Tsu'tey plus attentif encore qu'à son habitude. Et il passait ses nuits avec Ara'at et Galraede, serré entre eux. Quelques mois après cela, Eywani fêtait ses deux ans chez les Omaticaya bien que personne n'y fit vraiment attention, même pas lui. Après l'attaque de l'école, les tensions avec les Gens du Ciel s'étaient largement accrues mais Eytukan avait tempéré les réactions de son peuple, craignant un massacre en cas de guerre.



Tant bien que mal, la vie avait repris son court. Eywani se mettait à passer de plus en plus de temps en forêt, profitant de la nature splendide et forte. Il volait avec Casye, il courrait avec Aethei ou alors il allait seul, grimpant dans les arbres, nageant dans les lacs et les rivières. Parfois, on venait avec lui. Tsu'tey le faisait souvent, comme Neytiri dont-il s'était beaucoup rapproché après la mort de sa sœur. Mais il y en avait aussi bien d'autres qui venaient et il emmenait parfois les enfants dans de longues randonnées se transformant souvent en leçon puis en jeu. Il passait beaucoup de temps en soin à la nature, à enseigner aux autres, à aider le clan comme il pouvait. Il étudiait toujours et sans relâche, curieux de tout. Il avait commencé à créer ses propres remèdes ou bien d'autres choses.



Ces derniers temps, on avait commencé à lui demander pourquoi il ne se trouvait pas une compagne ou un compagnon. Il savait depuis un moment comment cela fonctionnait chez les Na'vi, comment les paires se formait, que les couples de même sexe existaient et n'étaient pas rare chez les Na'vi. La seule chose importante pour eux étant la bénédiction d'Eywa à travers Tsaheylu. Tous chez les Omaticaya respectaient et aimait beaucoup Eywani qui avait une place immense dans leur peuple par tout ce qu'il était. Il était évident que beaucoup auraient été ravi de recevoir une demande d'accouplement de sa part. Seulement, Eywani ne se rapprochait de personne de cette façon, repoussant gentiment les avances que l'on pouvait lui faire. Il disait simplement qu'il n'était pas encore prêt pour cela et on respectait son choix, comprenant. Il n'en n'était pas encore à penser à un couple et les Omaticaya avaient compris.



Les jours défilant, on voyait l'ancien Aïais s'apaiser de plus en plus. S'il avait sa place dans le clan, il lui fallut du temps pour vraiment accepter qu'il en faisait parti réellement, qu'il était Na'vi et Omaticaya mais cela finit par venir. Lentement, il se tranquillisait, faisait son deuil et il y était finalement parvenu lorsqu'un jour, il s'était rendu à l'Arbre des Voix avec Mo'at et qu'en se connectant à lui, il avait senti la présence des âmes des siens auprès d'Eywa. Cela l'avait profondément réconforté, apaisé et touché, lui permettant d'avancer un peu plus. Depuis, il lui arrivait de revenir à cet endroit pour ressentir la présence de son ancien peuple, cela lui faisant toujours du bien. Il se forçait cependant à ne pas le faire trop souvent ni trop longtemps alors que Tsahik lui avait longuement expliqué qu'il ne fallait pas vivre auprès des morts mais avec les vivants. Il avait été d'accord et il faisait donc attention à ce que le deuil ou le réconfort d'une visite ne se transforme pas en dépendance.



Ce matin là comme souvent, une bonne partie de la tribu était à la rivière pour se laver et s'occuper les uns des autres. Après trois ans, Eywani acceptait enfin de se laisser totalement faire quand on voulait s'occuper de lui. Ara'at venait de refaire sa tresse neurale, partant ensuite aider Galraede à faire la sienne, s'amusant de ses plaintes enfantines pour qu'elle vienne aussi s'occuper de lui. Eywani avait souris à leur petite scène si classique pour eux. Ara'at et Galraede étaient ensemble depuis très longtemps maintenant et ils étaient pourtant toujours aussi proches et amoureux, complices. En les regardant tout les jours, il commençait à se dire que ça pourrait être bien d'avoir quelqu'un lui aussi.



- Est-ce que je peux tresser tes cheveux ? demanda une voix le sortant de ses pensées.



Il tourna le regard pour voir Tsu'tey qui venait prendre place derrière lui. Il sourit, ravi à cette idée. Il aimait la présence du chasseur, sa force, la protection et l'attention dont-il l'entourait. Il était vraiment quelqu'un de bien à ses yeux et il veillait sur lui avec ce regard doux qui lui faisait chaud au cœur. Neytiri avait vraiment de la chance de l'avoir pour futur compagnon d'autant plus lorsque l'on voyait les soins dont-il entourait la jeune fille. Il lui était toujours attentif, l'écoutant, veillant, la protégeant, l'entourant de petites attentions charmantes, allant voler avec elle alors qu'elle adorait ça, l'aidant à s'entraîner, la taquinant parfois pour l'amuser et la faire sourire. Il l'avait énormément soutenu à la perte de Sylwanin. Elle avait beaucoup de chance et il était persuadé que la paire ferait un excellent couple dirigeant pour les Omaticaya. Mais il ne pouvait pas être jaloux. Tsu'tey lui consacrait beaucoup de temps à lui aussi, attentif et attentionné. Il était son confident désormais, son meilleur ami, celui qui le rassurait lorsqu'il avait peur, qui le réconfortait lorsqu'il allait mal.



Il acquiesça donc à sa demande, se détendant avec sa présence forte derrière lui. Une fois sa tresse neurale faîte, il lui restait encore une belle masse de cheveux libres et longs que ses frères et sœurs se faisaient toujours un plaisir de coiffer, y ajoutant les ornement fait de ses anciennes plumes qu'il adorait. Il ferma les yeux lorsque les doigts de Tsu'tey commencèrent à se balader doucement sur sa tête. Le chasseur accomplit lentement sa tâche, souriant un peu et Eywani en profita pleinement, s'appuyant un peu contre ses jambes, se détendant totalement avec lui comme toujours. Il aurait pu s'endormir là, contre lui, sans aucun problème. Mais Casye n'avait pas semblé d'accord, atterrissant au milieu de la rivière en éclaboussant plusieurs Na'vi s'agitant dans sa direction avec excitation comme il le faisait lorsqu'il voulait aller voler avec lui. Cela amusa d'ailleurs tout le monde et Eywani ria. Tsu'tey termina ce qu'il faisait, le taquinant sur le caractère parfois enfantin de sa monture de légende. Cela ne l'empêcha pas d'accepter lorsque son frère lui proposa de venir voler avec eux et bientôt, ils étaient partis pour quelques acrobaties aériennes.



Le temps passant n'avait pas amélioré les relations entre Na'vi et Gens du Ciel, bien au contraire. Grâce Augustine ne cessait de vouloir négocier pour pouvoir revenir mais elle n'arrivait à rien autant avec les siens qu'avec les Omaticaya. Les tensions grimpaient doucement et les Gens du Ciel continuaient leurs destructions. Eywani avait toujours des malaises et rien ne s'améliorait.



Depuis quelques temps, Eywani sentait une sensation étrange venir d'Eywa, comme une sorte d'anticipation, de décision qu'elle avait prise. Elle ne semblait pas certaine elle même, un peu stressé et il avait du mal à saisir ce qu'elle voulait faire ou ce qu'il se passait. Un nouveau groupe de terriens était arrivé deux jours avant et il se demandait si cela avait un rapport, si elle avait décidé de faire quelque chose. Il avait passé sa journée à y penser, percevant dans les énergies de sa Mère d'adoption qu'il allait se passer quelque chose, quelque chose qu'elle jugeait très important. C'était imminent et ce fut le soir venu qu'il comprit. La nuit était tombée et il s'était installé dans un coin calme du village, entouré de plantes lumineuses pour réfléchir à tout cela. Son esprit avait un peu dérivé, son attention portée sur un petit kenten qui gambadait lentement sur son bras qu'il avait replié pour le regarder. Comme beaucoup de Na'vi, il aimait ces petits lézards tourbillonnant très beau à regarder. Il avait cependant du mal à les faire planer lui même alors que les petits êtres ne prenaient jamais peur au point de s'enfuir avec lui. Ils préféraient venir se poser sur lui, sachant que rien ne leur ferait de mal à cette place, qu'il les protégerait. Tout les animaux agissaient ainsi avec lui.



Il sursauta pourtant, se désintéressant totalement du petit animal en sentant de l'agitation au village. Un étranger, un terriens était là, il le sentait. Il était entouré de la présence de chasseurs et de guerriers, Neytiri et Tsu'tey parmi eux. Il resta surpris. Eytukan avait interdis la venue d'un étranger. Ils devaient être abattus s'ils s'approchaient de l'Arbre Maison alors pourquoi celui-ci était là ? Il fut encore plus perturbé lorsqu'il sentit que Eywa avait de l'attention pour l'intrus, qu'elle avait de l'enthousiasme à son égard. Qu'elle l'appréciait. Il resta stupéfait, comprenant cependant qu'il avait là la raison de ce qu'il percevait en ce moment. Mais pourquoi ? Pourquoi Eywa portait son attention sur un terriens ? Pourquoi semblait-elle avoir un espoir avec lui, un projet ? Il n'en savait rien mais c'était assez pour qu'il aille voir. Malgré la peur lancinante qu'il ressentait toujours à l'égard des Gens du Ciel, il sortit de sa cachette, accueillant avec joie Aethei qui venait vers lui. Il grimpa sur son dos, soupirant lorsque Tsaheylu lui transmis la force et la protection offerte par son partenaire. Ils se mirent ensuite en route pour la place principale vers laquelle tous convergeaient, l'agitation perceptible de loin.



Lorsqu'il arriva en vu de la scène, ce fut pour découvrir un Marcheur de Rêve qui semblait avoir été mis à l'épreuve par la forêt, couvert d'entailles, les vêtements en ruine. Il était tenu par un chasseur, tout le village se rassemblant alors qu'on l'amenait devant Eytukan auquel Tsu'tey parlait. Neytiri fit stopper l'étranger avant de venir saluer son père qui descendit pour s'approcher d'elle, Tsu'tey derrière lui fusillant l'étranger du regard. Il contourna le monde pour approcher dans le dos de son ami, ne voulant guère s'approcher du terrien. Il regarda Olo'eyktan jauger l'étranger irradiant d'appréhension et de stress malgré son assurance apparente. Aethei bondit pour surgir dans le dos de Tsu'tey, grondant sur le Marcheur qui sursauta vivement, reculant de plusieurs pas pour tomber sur ses fesses. Beaucoup rirent à sa réaction, se moquant un peu alors qu'il fixait le prédateur, ses yeux passant frénétiquement sur son entourage. Lorsqu'il s’aperçut qu'il était le seul à paniquer, il comprit qu'il n'y avait peut-être pas de danger, se calmant comme il pouvait pour se relever. Il repéra ensuite Eywani, surprit de le voir sur le dos de l'animal entre autre chose. Leur regard s'accrochèrent et Eywani sut quel genre de personne il avait devant lui. Seulement, il ne savait qu'en penser. Tendu en la présence et sous le regard de l'étranger, il cassa le contact, descendant du dos d'Aethei pour pourtant rester contre son flanc, laissant leur lien. Son partenaire s'enroula un peu autour de lui sans lui boucher la vue pour autant, protecteur et il vit Tsu'tey et Eytukan se mettre entre lui et le Marcheur, Olo'eyktan reportant son attention sur le terriens.



- Cette créature, pourquoi l'amènes-tu ici ? demanda-t-il sévèrement à sa fille.



- J'allais le tuer, répondit-elle, mais il y a eu un signe d'Eywa.



- J'ai dis : aucun Marcheur de Rêve ne doit venir ici, rappela-t-il durement alors que tous écoutaient.



- Qu'est-ce qu'il dit ? demanda doucement l'étranger penaud mais curieux.



- On odeur emplit mon nez, se plaignit le chef en déclenchant quelques moqueries.



- Qu'est-ce qu'il dit ? redemanda le Marcheur.



- Mon père décide s'il faut te tuer ou non, l'informa Neytiri.



- Ton père ? releva-t-il en regardant Eytukan et sa fille tour à tour. Enchanté monsieur, dit-il en s'avançant vers lui et en lui tendant la main.



Eywani sursauta et recula un peu plus contre son palulukan, sentant la présence de Casye dans les branches plus haut, prêt à tomber sur l'étranger. Son partenaire rugit contre le démon alors que les chasseurs lui sautaient dessus pour le faire reculer, criant sur lui. Il fut bien vite immobilisé, Eytukan jetant un coup d’œil sur son protégé qui tremblait contre sa monture, respirant vite le regard effrayé et anxieux.



- Arrêtez ! intervint Tsahik descendant de l'Arbre Maison et en calmant tout le monde. Je vais examiner cet étranger, dit-elle en avançant vers lui.



Elle l'observa avec attention, Neytiri lui expliquant qui elle était, quel était son rôle, l'étranger demandant naïvement qui était Eywa dont elle interprétait la volonté. Mo'at lui tourna autour, l'analysant rapidement, l'effleurant.



- Quel est ton nom ? demanda-t-elle en revenant devant lui.



- Jake Sully, répondit-il humblement.



Tsahik le scruta avant de le piquer de son aiguille, goûtant son sang pour obtenir plus d'informations. Il y eut un moment de silence durant lequel elle réfléchit, Eywani scrutant lui aussi ce Jake avec attention.



- Pourquoi es-tu venu vers nous ? questionna Mo'at.



- Pour apprendre, répondit-il.



Eywani sut qu'il mentait sur le champs. Pas totalement, mais il n'était pas là pour apprendre au sens où on l'entendrait ainsi dit, pas au sens que les Na'vi comprendraient. Information, c'était ça qu'il voulait et il le devina aisément alors qu'il ne connaissait que trop bien la mentalité des terriens.



- Nous avons essayé d'apprendre à ceux de ton peuple, remarqua Tsahik en rangeant son outil, il est très dur d'emplir une coupe qui est déjà pleine.



- Moi ma coupe est vide, dit-il. Croyez moi. Demandez au docteur Augustine, je ne suis pas savant, ironisa-t-il.



- Alors qui es-tu ?



- J'étais un marine. Un guerrier du clan des crânes rasés, dit-il en provoquant l'agitation dans l'assemblée.



Agitation qui se répercuta sur Eywani. Les marines, il avait eu à faire à eux sur Terre et il n'en gardait vraiment pas un bon souvenir. Il trembla, Aethei grondant contre la source de son stress alors qu'il se blottissait contre lui, respirant lourdement, tentant de maîtriser sa peur. Il finit par se laisser tomber au sol pour se rouler en boule, le prédateur se mettant un peu au dessus de lui, protecteur. Voyant cela, Galraede et Ara'at le rejoignirent, venant se baisser près de lui pour l'entourer. Il vit Eytukan, Mo'at, Tsu'tey et Neytiri parmi bien d'autres lui lancer des regards inquiets et il tenta de les rassurer d'un sourire tremblant.



- Un guerrier ? se moqua d'ailleurs son ami. Je peux le tuer facilement ! scanda-t-il en se mettant entre lui et Eywani comme pour lui dire qu'il le tuerait pour lui.



- C'est le premier guerrier Marcheur de Rêve que nous voyons, remarqua Eytukan en l'arrêtant. Il faut que nous en sachions plus à son sujet.



Il se tourna vers Eywani, l'interrogeant du regard et toute l'attention se tourna vers lui. Prenant une inspiration pour se donner du courage, il se releva en chancelant, acceptant le bras fort de Galraede autour de lui, comme le soutient d'Aethei à qui il était encore lié et qui se collait contre lui.



- Les marines sont de très bons guerriers, commença-t-il en sentant le regard lourd de l'étranger sur lui. Il y a très très longtemps de cela, sur Terre, ils étaient connus pour se battre pour la liberté, pour la paix. Ils étaient parmi les meilleurs, se battant sur terre, en mer et dans le ciel. Ils existaient bien avant ma naissance. Ils allaient partout. Il n'en n'a peut-être pas l'air, peut-être n'a-t-il pas encore eu le temps de s'adapter à ce corps et à ce monde mais il n'est pas à prendre à la légère. Aujourd’hui, ils ne sont plus aussi honorables qu'ils l'étaient autrefois. Ce sont plus des mercenaires obéissant aux gens de pouvoir sans scrupule qui les engagent et les payent. Ils sont sans foi ni loi, sans honneur. Ils étaient parmi ceux qui ont décimé les Aïais, dit-il en tendant tout le clan. Ils ne sont pas dignes de confiance. Ce sont eux qui m'ont amené ici, qui m'ont tiré dessus, qui se battent contre vous. Seulement, celui-ci a l'attention d'Eywa, remarqua-t-il en les surprenant. Je ne sais pas pourquoi mais elle attend quelque chose de lui.



Il y eut un moment de silence, Mo'at observant de nouveau l'étranger avant de finalement reprendre :



- Ma fille t'enseignera nos usages, dit-elle à celle-ci qui se fit énervée, à parler et à marcher comme nous.



- Pourquoi moi ? Ce n'est pas juste, râla Neytiri énervée et rapidement rabrouée par sa mère.



- C'est décidé, dit-elle en se tournant vers le Marcheur. Ma fille t'enseignera nos usages. Apprend bien Jake Sully et nous verrons s'il est possible de te guérir de ta folie.



Il approuva docilement et rapidement, Neytiri l'emmenait sans douceur, agacée. Il disparut de la vue des autres et Eywani se laissa de nouveau tomber sur ses genoux, tremblant, respirant brutalement, tentant de se calmer. Tsu'tey accourut vers lui comme beaucoup, se baissant devant lui et posant ses mains sur ses épaules.



- On ne le laissera pas t'approcher, jura-t-il férocement. Il ne te touchera pas.



Eywani lui sourit avec reconnaissance, se fixant sur lui pour se calmer un peu. Tsahik vint s'agenouiller près de lui, attendant qu'il s'apaise complètement avant de lui parler :



- Qu'est-ce que Eywa te dit à son sujet ?



- C'est flou. C'est comme si elle voulait essayer quelque chose avec lui. Il a... un bon fond semble-t-il. Je le pense aussi seulement, je sais aussi que même les humains qui ont de bons fonds peuvent faire de grosses bêtises sous l'influence d'autres mal intentionnés, par bêtise, par stupidité, parce qu'ils ne réfléchissent pas et ne pensent qu'à eux. Les humains sont moralement, spirituellement fainéants. Ils réfléchissent après avoir fait du mal. Quand ils réfléchissent. Je... je ne sais pas ce que Eywa veut faire avec lui mais elle l'a mené ici. Je n'aime pas du tout ça mais elle veut que l'on continu dans cette voie avec lui. Seulement, je ne saurais que trop conseiller de nous méfier.



- Nous garderons un œil sur lui, assura Eytukan.



Un peu plus tard au repas, Eywani fut attiré par Tsu'tey près de lui pour le rassurer et le sécuriser. Eytukan était de l'autre côté, Tsahik avec lui. Comme à l'habitude, le dîner fut joyeux et chantant, du moins jusqu'à l'arrivée de Neytiri avec sa charge. Le silence tomba, tous dirigeant des regards hostiles vers le Marcheur bien maladroit alors qu'il écrasait une queue, s'excusant piteusement. Eywani se tendit terriblement, se rapprochant de son ami, se cachant presque derrière lui et Tsu'tey s'y prêta volontiers, bougeant légèrement pour faire un peu plus barrière de son corps, le cacher aux yeux de l'étranger. Olo'eyktan en fit d'ailleurs de même, s'avançant un peu et il se retrouva juste derrière eux, entre eux, collé contre leurs fortes statures. Neytiri le fit asseoir sans douceur, forcé d'aller lui chercher elle même à manger, personne ne voulant lui tendre quoi que ce soit. Malgré tout Eywani sentait qu'il acceptait cette hostilité, de manière étonnante d'ailleurs. Il se faisait prudent, poli, plutôt humble et souriant comme pour tenter de ne pas causer de problème. Il le vit discuter avec une Neytiri irradiant d'agacement. Par moment, il perçut son regard sur lui. Jake avait l'air très curieux à son égard, tenant de l'observer. Peut-être à cause de sa couleur ou de sa monture. Neytiri le réprimanda pourtant bien vite, lui ordonnant de regarder ailleurs.



Eywani ne fut pas mécontent lorsqu'elle l'emmena avec elle pour aller se coucher, lui permettant de mieux respirer. Il laissa d'ailleurs Tsu'tey et les autres l'apaiser de caresses et de promesses de protections, se gorgeant de leur présence et de leur force. Il se répétait en boucle dans sa tête que tout irait bien, que Eywa n'aurait pas permis la venue d'un tortionnaire dans le village. Il était en sécurité, il était en sécurité. Il se blottit contre Tsu'tey, respirant profondément son odeur pour se calmer. Il accepta sur le champs lorsque Eytukan lui proposa de venir dormir avec lui et Mo'at, heureux qu'ils le proposent. Cela arrivait très régulièrement depuis un moment. Après la mort de leur aînée, Neytiri avait passé toutes ses nuits avec eux. Lorsque leur deuil s'était apaisé, elle avait repris de l'indépendance et Eywani l'avait souvent remplacé pour dormir auprès du couple le rassurant énormément. Aussi ce soir là, ce fut blotti entre les deux chefs de clan, enfermé dans leurs bras qu'il ferma les yeux, se sentant protégé.



Le réveil avait été bien difficile pour Jake Sully regagnant son corps véritable. Il lui avait fallu un moment pour reprendre ses esprits. Il avait ensuite raconté son aventure à ses camarades très surpris, Grace la première, allant finalement manger avec eux, la chose tournant à la rigolade maintenant que tous le savaient sain et sauf. La bonne humeur s'installa d'ailleurs très vite à leur table au milieu du réfectoire bondé.



- La dernière chose qu'on a vu, c'est un cul de marines disparaissant dans les broussailles avec un prédateur géant faisant des bonds pour le rattraper, s'amusa Grace en faisant rire tout le monde.



- Ça s'enseigne pas c'est inné, renchérit Jake souriant.



- Il y a une chose que j'ai beaucoup de mal à concevoir, reprit-elle plus sérieusement, c'est que les Omaticaya vous ai choisis. Je crains le pire, soupira-t-elle en faisant rire les autres.



- Il y avait... un type bizarre, fit-il remarquer en l'intriguant.



- Qui ? demanda-t-elle avec intérêt.



- Un Na'vi vert, dit-il.



- Un Na'vi vert ? releva Norman aussi surpris que les autres.



- Ce gars montait une de ces grosses bestioles, renchérit-il.



Il y eut un moment de silence, tous attendant la réponse de Grace qui n'avait pas l'air étonné.



- Vous avez rencontré Eywani, remarqua-t-elle. Je ne l'ai croisé qu'une seule fois il y a presque trois ans, raconta-t-elle. Il était sur son thanator. Vous devez savoir Jake que ceux qui montent des thanator sont très rares parmi les Na'vi. C'est une chose qu'il leur vaut beaucoup de respect. C'est un honneur que d'avoir une telle monture. C'est une preuve de puissance parce qu'il s'agit du prédateur terrestre le plus dangereux de Pandora. Je ne sais pas grand chose d'Eywani mais il est certainement très respecté rien que pour sa monture parmi les Omaticaya. Il est sous la protection du couple dirigeant depuis la perte de sa famille. Ils nous ont strictement interdis de l'approcher.



- Ce type là serait puissant ? se moqua-t-il. Il tremblait de peur, se cachait derrière les autres et derrière sa bestiole quand je l'ai vu.



- Il a une bonne raison. Toute sa famille a été tué par nos imbéciles de soldats, soupira-t-elle avec une certaine colère. C'est pour cela qu'il ne veut rien avoir à faire avec nous et cela se comprend.



- Il est réellement vert ? demanda Norman très intéressé.



- Il est d'un très beau vert émeraude foncé, sourit la scientifique. Il est teinté de toutes les nuances de la forêt. Certainement une sorte de mutation génétique tel que les albinos sur Terre. Il n'y a pas de raison que ça ne soit pas possible ici. Mo'at m'a dit qu'il était né ainsi. Les Na'vi ne le traitent pas différemment pour cela. Je dirais même qu'il a une certaine valeur pour le clan.



- Pourquoi ? demanda Jake.



- Rien qu'à voir sa monture déjà. Ensuite, il est sous la protection du couple dirigeant et il y a son nom. Eywani. Le premier Na'vi que je rencontre nommé d'après Eywa. Un immense honneur. Son nom signifie « protégé de Eywa ». Ce n'est pas rien.



- Il a parlé lorsqu'ils ont décidé quoi faire de moi, remarqua-t-il. Ils l'ont tous écouté attentivement mais je ne sais pas ce qu'il a dit. C'est juste après qu'ils ont décidé de me garder.



Grace eut l'air de réfléchir à ces révélations, le regardant sérieusement.



- Je ne sais pas grand chose sur lui ni quel est son rôle dans le clan mais il est certainement important. Mo'at m'avait dit qu'il apprenait l'art des guérisseurs mais aussi les voies de Tsahik. C'est exceptionnel pour un mâle de faire cet apprentissage mais cela plus son nom et le reste me fait dire qu'il n'est pas n'importe qui pour le clan. Respectez scrupuleusement ce que l'on vous dira à son sujet mais si vous pouviez en apprendre plus sur lui, je ne dirais pas non. Je payerai cher pour pouvoir lui parler et faire un prélèvement pour pouvoir étudier sa particularité. Il est unique.

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