Mage d'Ilùvatar

Chapitre 3 : Cri d'hiver

13279 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 30/05/2026 16:49

 Ce fut tranquillement que le groupe gagna la table du dîner où ils s'installèrent entourés d'autres Elfes heureux de les voir, retrouvant aussi Gandalf. Arwen vint s'asseoir près de son petit frère qu'elle semblait bien décidé à ne pas quitter. Et celui-ci en était très visiblement ravi, restant proche d'elle et venant prendre sa main doucement. Haldir vint prendre place de l'autre côté de l'adolescent, veillant sur lui et engageant bientôt une discussion sans grande importance, ravi de retrouver le jeune Elfe pour qui il avait une grande amitié. Sans surprise, l'attention fut entièrement braquée sur l'adolescent pendant tout le repas. On ne parla que de choses simples, les voyageurs parlant de la Lorien et de ce qu'il pouvait s'y passer en ce moment, Arwen donnant de ses nouvelles à sa famille.



Mais rapidement, la famille additionnée de Haldir et Gandalf quitta la table, souhaitant se retrouver tranquillement. Elliel, épuisé après cette journée comme bien souvent, eut besoin de soutient pour se lever et ce fut Elladan qui accourut pour l'aider, lui donnant son bras. Les nouveaux arrivants regardèrent cela avec une immense inquiétude, se demandant ce qu'il était arrivé à l'adolescent pour le mettre dans un tel état d'épuisement rare chez les Elfes. Ce fut lentement qu'ils gagnèrent le grand salon privé de la maison d'Elrond, s'y installant pour discuter. Fatigué, ce fut avec plaisir qu'Elliel vint prendre place près de sa grande sœur lorsqu'elle l'y invita. Tel un petit enfant, il s'allongea sur le canapé à côté d'elle et déposa sa tête sur ses cuisses, se roulant un peu en boule. Souriant largement, ce fut avec plaisir que Arwen vint le cajoler, passant lentement ses doigts dans ses cheveux doux et soyeux. Et ce traitement ne tarda pas à endormir le jeune Elfe souriant doucement. Le silence perdura un moment, tous regardant l'adolescent dormir profondément, terriblement heureux de l'avoir de nouveau avec eux. Mais cela permis aussi de bien se rendre compte des marques de fatigues qu'il portait, Arwen les constatant les unes après les autres :



- Il est si maigre, remarqua-t-elle avec tristesse. Sa peau est froide et il est à bout de force. Que s'est-il passé Ada ? Demanda-t-elle. Comment l'avez vous retrouvé et où était-il ?



Tout les nouveaux venus attendirent la réponse avec impatience, regardant Elrond qui avait le visage sombre. Il posa son regard sur Elliel un instant, ses yeux se teintant à la fois de tristesse et de douceur. Il inspira finalement, prenant la parole pour leur raconter lentement. Il commença par le moment où Elliel avait été enlevé, leur parlant des souvenirs qu'il leur avait montré tout en expliquant. Au plus il parlait et au plus les visages se décomposaient, Arwen, Haldir, Galadriel et Celeborn épouvantés d'apprendre ce qu'il avait vécu. Et cela ne s'arrangea pas quand Elrond arriva aux longues semaines de tortures que venaient de subir l'adolescent. Tristesse et rage s'installèrent alors sur les visages, Arwen baissant les yeux sur son petit frère blotti contre elle, caressant son visage. Le Seigneur en vint à raconter comment les jumeaux l'avaient trouvé et dans quel état, comment ils l'avaient ramené en catastrophe à Fondcombe. Le quatuor fut encore davantage horrifié quand il expliqua comment l'adolescent était littéralement mort pendant quelques instants. Et ils furent effarés d'apprendre comment il avait été sauvé. Elrond termina en racontant ces trois dernières semaines, expliquant qu'Elliel avait bien guéri mais qu'il lui fallait encore du temps pour reprendre du poids et retrouver des forces.



Un lourd silence tomba à la fin de son histoire. Haldir serrait les poings de rage devant ce que l'on avait fait à son jeune ami, ses yeux embrumés de larmes. Celeborn était dans le même état et les deux dames pleuraient pour l'enfant qu'Elliel était encore pour elles. Arwen ne cessaient plus ses douces caresses, cajolant son petit frère. Elle était très pâle, choquée par tout ce qu'on avait fait à son petit chéri. Elle avait toujours été très protectrice avec Elliel, s'occupant beaucoup de lui. Elle avait perdu une part d'elle même avec sa disparition et apprendre ce qu'il avait subi faisait terriblement mal. Galadriel ne tarda pas à quitter son siège pour venir s'asseoir doucement près de son petit fils, écartant une mèche de cheveux de son visage.



Celeborn reprit finalement la parole, demandant comment l'adolescent allait moralement. Et ils furent rassurés d'entendre que ça allait malgré tout, le jeune elfe ravi et rassuré d'être rentré chez lui. Ils expliquèrent aussi qu'ils l'entouraient beaucoup et que Elliel venait lui même rechercher leur réconfort régulièrement. Tout le monde à Imladris veillait sur lui de près et le jeune Elfe ne se laissait pas aller. Il avait le moral malgré tout et se remettait tranquillement. Ils discutèrent un long moment de tout cela, Gandalf participant également. Et évidemment, l'intervention d'Ilùvatar occupa une grande partie des débats, chacun très surpris et impressionnés. Mais cela expliquait aussi les incroyables dons dont Elliel faisait preuve depuis sa naissance. Soucieux de s'occuper eux aussi du bien être de l'adolescent et immensément heureux de le retrouver, Arwen, Galadriel, Celeborn et Haldir décidèrent de rester un peu à Fondcombe.



Ce ne fut que tard dans la soirée qu'Elliel commença à remuer, attirant l'attention générale. Arwen caressa son visage, penchée au dessus de lui et souriant doucement. Elle le trouvait tellement mignon à se réveiller ainsi doucement, son visage d'ange serein s'animant tranquillement. Il papillonna des yeux, l'air d'avoir un peu de mal à se réveiller vraiment.



- Je crois qu'il est temps qu'il retourne passer sa nuit dans son lit, remarqua Elrond.



- Je vais le ramener à sa chambre, annonça Elrohir en se levant.



Il vint s'accroupir devant son petit frère entouré de Galadriel et Arwen. Il posa une main sur son front pour attirer son attention.



- Elliel ? Appela-t-il avec tendresse. Il est temps d'aller te coucher, tu seras mieux dans ton lit pour dormir.



Pas vraiment alerte, l'adolescent acquiesça mollement, tentant de se réveiller un peu plus. Lourdement, il commença à se redresser, baillant largement. Constatant qu'il était à moitié endormi et qu'il avait bien du mal à émerger, Elrohir posa de nouveau une main sur sa tête, attentivement observé par tous.



- Repose toi Elliel. Je vais te ramener à ta chambre, dit-il simplement.



Mécaniquement, le jeune Elfe acquiesça et se laissa complètement faire lorsque son frère le prit dans ses bras avec précaution, le soulevant du fauteuil sans mal. Immédiatement, Elliel se blottit contre lui et accrocha ses mains à ses vêtements dans lesquels il plongea son nez, respirant son odeur. Et il se rendormit promptement, attendrissant tout le monde. Amusé, Elrohir se tourna pour partir et son frère et sa sœur le suivirent en silence, laissant les autres au salon. Tranquillement, ils gagnèrent la chambre de leur cadet et ce fut ensemble qu'ils le débarrassèrent de ses vêtements pour lui passer une robe de nuit. Ils l'installèrent ensuite dans son lit. Arwen le couvrit soigneusement, le bordant avant de venir embrasser son front avec tendresse. Les jumeaux en firent autant puis ils quittèrent la pièce pour rejoindre les autres. Et la soirée passa en discussion sur l'adolescent et ce qu'il lui était arrivé, sur ce qu'il convenait de faire pour l'aider à oublier un peu tout ça et lui donner une vie de liberté. Ils allèrent ensuite se coucher à leur tour, repassant néanmoins par la chambre d'Elliel pour vérifier qu'il dormait bien.



Le lendemain, ce fut tôt et sortant brutalement d'un cauchemar que l'adolescent se réveilla en sursaut. Il lui fallut un moment pour reprendre ses esprits et se calmer, sa respiration erratique agitant ses épaules. Il y parvint en observant sa chambre autour de lui alors que le soleil d'hivers n'était pas encore levé, se tranquillisant en se concentrant sur l'ambiance et la magie naturelle flottant autour de lui. Il était chez lui à Fondcombe et cette constatation qu'il faisait chaque matin en se réveillant le rassura profondément, l'apaisant. Une fois réveillé, il se leva, peu enclin à se rendormir après le rêve de torture qu'il venait de faire. Il alla se laver, s'habillant ensuite avec élégance et se couvrant d'une épaisse cape alors que sa faiblesse le rendait bien frileux ces temps ci malgré la douceur des températures d'Imladris. Une fois fait, il décida de partir se promener un peu pour finalement gagner un jardin donnant sur la vallée toute entière. Il s'arrêta là, s'asseyant sur un banc pour attendre le levé du soleil. Il resta là longuement dans le silence, emmitouflé dans sa cape qu'il avait serré autour de lui, se gorgeant du calme ambiant et observant la vallée vaguement. Il ne se lassait jamais de regarder cette vue qu'il connaissait pourtant par cœur, cela lui confirmant qu'il était bien chez lui, en sécurité, loin de Voldemort, des mangemorts, de Dumbledore et de tout les autres.



- Vous êtes déjà réveillé prince Elliel ? Fit soudain une voix qu'il reconnut immédiatement.



Il regarda par dessus son épaule pour voir Glorfindel arriver derrière lui lentement, marchant souplement et silencieusement comme à son habitude.



- Je n'arrivais plus à dormir, répondit-il en lui souriant doucement. Bonjour, salua-t-il avec douceur.



- Bonjour. Puis-je ? Demanda le blond en désignant le banc sur lequel il était assis.



Elliel acquiesça et le laissa prendre place près de lui, observant avec fascination l'élégance dont le Seigneur de la maison de la Fleur d'Or faisait toujours preuve. Ils restèrent là dans un silence serein, Elliel se décontractant encore davantage avec l'adulte à ses côtés, se sentant en sécurité. Il s'était toujours senti bien en présence de Glorfindel dont il adorait la compagnie. Il émanait du blond une force douce rassurante et calme, tranquille mais pourtant bien présente alors que son visage reflétait souvent la joie. Son regard sage mais aussi vif et brillant semblait avoir traversé les âges et c'était en effet le cas alors que dans sa première incarnation, il était né au premier âge pendant lequel il était également mort, se réincarnant au deuxième. Son expérience était vaste et profonde et il adorait l'écouter lui et ses histoires. Le Seigneur étant un très bon ami de son père, il le connaissait depuis toujours et depuis toujours, il était fasciné par la voix musicale du blond racontant ses récits. Mais il aimait aussi sa compagnie et jamais Glorfindel ne l'avait renvoyé aussi loin qu'il se souvienne. Il s'était toujours très bien entendu avec lui et il était l'un de ses repères. Aussi, sa présence le réconfortait et le rassurait autant que celle de sa famille bien qu'il n'ait pas la même proximité avec lui. Avec Glorfindel, il y avait toujours une barrière de politesse et une sorte de distance mais il s'en satisfaisait alors qu'ils agissaient ainsi naturellement.



Ils restèrent ainsi sans briser le silence et le calme, observant le lent levé du soleil à l'horizon. Et Elliel ne put s'empêcher de jeter quelques coups d’œil sur son aîné alors que sa splendide chevelure d'or captait littéralement la lumière de l'astre du jour. Glofindel regardait lui aussi le phénomène, un léger sourire sur les lèvres, l'air complètement serein. L'adolescent soupira de contentement, apaisé par l'aura calme du Seigneur.



- Cette vision m'a manqué, souffla-t-il doucement.



Glorfindel ne réagit pas et ne bougea pas pourtant, le prince sentait qu'il avait toute son attention et que le blond l'écoutait avec soin. Comme il l'avait toujours fait.



- C'est étrange de vivre seize années sans savoir qui l'on est vraiment, commença-t-il. Quand Severus est venu me libérer, qu'il m'a rendu mes souvenirs et mon identité, je ne savais plus qui j'étais vraiment, confia-t-il doucement. Ce n'est que parce que Severus n'a pas cessé de m'appeler par mon véritable nom que j'ai pu remettre de l'ordre dans tout cela. Toutes ces années, je ne me suis jamais senti à ma place, je me suis jamais senti moi même, comme jouant un rôle qui n'était pas le mien, je me sentais seul et je ressentais un manque terrible sans jamais comprendre d'où cela venait. Et lorsque je me suis rappelé, j'ai compris et j'ai eu l'impression de tomber dans un puits sans fond. Comment avais-je pu vous oublier ? Demanda-t-il avec douleur.



- Ce n'était pas de votre faute mon prince, assura le Seigneur avec douceur. Vous n'y pouviez rien.



- Je le sais, mais c'est si douloureux de voir que l'on peut ainsi s'oublier soit même et tout ce que nous chérissons. C'est terrifiant, dit-il en resserrant sa cape autour de lui. Quand Severus m'a rendu mon esprit, j'ai eu l'impression d'avoir tout perdu. Je savais enfin que c'était ma famille, mes amis, mon monde qui me manquait tant. Je savais pourquoi mon cœur saignait mais ça faisait plus mal encore.



Il marqua une pause, s'apaisant à la présence silencieuse et sereine près de lui.



- La vie de Harry Potter se mélange à la mienne et me hante, dit-il en serrant les dents. Je veux qu'il parte. Je n'ai jamais été cette personne là et je n'ai jamais voulu l'être, continua-t-il en remontant ses genoux contre sa poitrine. Je veux que ces années disparaissent, supplia-t-il.



Il entoura ses genoux de ses bras, y posant le front. Oui, il voulait oublier ces années là, la souffrance, la solitude, la douleur, les chaînes, la trahison... Il voulait faire disparaître les cauchemars. Il sentit soudain deux mains chaudes se poser sur les siennes et il releva le regard, tombant sur celui de Glorfindel. Le Seigneur était venu s'accroupir devant lui, lui souriant doucement avec chaleur, le soleil levant l'entourant de lumière.



- Il est vrai que vous n'êtes pas Harry Potter mais vous l'êtes tout de même en partie. Ce sorcier et sa vie font partis de vous et de votre vécu. Vous devez l'accepter Elliel. Aussi horribles que soient ces années, vous les avez vécu, c'est ainsi. Vous devez l'accepter et aussi accepter de laisser tout cela derrière vous. Le temps de Harry Potter est révolu désormais. Vous êtes rentré, vous êtes en sécurité, vous êtes libre et vous êtes avec ceux qui vous aiment, dit-il doucement. Ilùvatar vous protège alors ces sorciers ne pourront plus jamais vous arracher à votre maison. Tout cela est fini maintenant, mais c'est aussi un segment de votre vie et de votre vécu dont vous ne pourrez vous défaire. Je suis sûr qu'un jour, vous pourrez tirer de tout cela des enseignements précieux. En attendant, il faut vous laisser du temps. Du temps pour guérir, pour apaiser la douleur. Elle s'apaisera je vous l'assure. Nous ferons tous en sorte qu'elle s'apaise. Et vous verrez que tout cela cessera de vous hanter. Vous retrouverez votre paix, assura-t-il.



- J'ai tellement honte de la faiblesse et de la naïveté dont j'ai fait preuve ces dernières années. J'ai refusé de voir, j'ai refusé de regarder, j'ai refusé d'entendre, j'ai refusé d'observer au loin pour voir l'horizon et le monde qui s'étendait devant moi, remarqua-t-il douloureusement. J'ai refusé d'entendre vos voix hurlant dans ma mémoire. Comment ais-je pu si peu me battre pour ce que j'ai de plus cher ? Suis-je si faible Glorfindel ?



- Bien sûr que non mon prince, affirma le Seigneur avec force en serrant ses mains dans les siennes. Vous n'êtes pas faible, vous êtes fort. Simplement, il est des choses contre lesquels on ne peut se défendre, il est des instants où la force nous manque. Personne n'est infaillible. Quelques fois, nous perdons, il faut savoir l'accepter. C'est une leçon que j'ai apprise après être tombé avec le Balrog lors de ma première existence. Il arrive toujours un moment où nous nous trouvons piégé, cela n'est pourtant pas signe de faiblesse. Nous ne sommes pas parfait, nous ne sommes pas invincibles. Vous n'avez pas été faible mon prince, bien au contraire. Simplement, vous n'étiez pas en position de vous défendre. Mais vous avez survécus, vous vous êtes battu et vous êtes revenu chez vous. Il a fallu une force dont peu peuvent se vanter pour cela. Et vous vous êtes battu pour vos souvenirs. Sinon, comment expliquer qu'à chaque instant vous ressentiez le manque de votre monde, de votre magie, de votre famille et de vos amis ? Vous ne saviez peut-être pas ce que cela était mais votre cœur et votre âme n'ont pas oublié, votre esprit non plus et ce malgré le sommeil auquel il était contraint. Inconsciemment vous n'avez jamais cessé de vous battre autant que vous le pouviez. Vous n'êtes pas faible, assura-t-il en le regardant dans les yeux.



- Le pensez vous sincèrement? Demanda Elliel.



- Vous ai-je déjà menti ?



- Non, répondit-il avec un sourire.



- Non, et je ne le ferais pas. Je pense chacun des mots ayant passé mes lèvres altesse. Ils sont le reflet de ma pensée. Ne perdez pas courage, dit-il en souriant doucement. Ne perdez pas confiance en vous. Laissez vous le temps de la guérison et de la réflexion. Vous verrez alors que vous ne pouviez rien de plus. Il faudra l'accepter, nous n'avons pas toujours la solution pour atteindre une victoire écrasante. Mais vous avez gagné une partie de ce combat. Vous êtes rentré et ces sorciers n'ont pas eu ce qu'ils voulaient. Quand à ce que vous avez pu faire en tant que Harry Potter, vous n'étiez pas vous même. Il fait parti de vous mais ce n'était qu'une toute petite partie de celui que vous êtes réellement. Comment Harry Potter aurait-il alors pu vous arriver à la cheville ? Sourit-il en le détendant un peu. Vous n'avez rien à vous reprocher Elliel.



Le jeune elfe lui sourit, son cœur se réchauffant au retour de ce réconfort que le Seigneur avait toujours su lui donner. Celui-ci lui rendit l'expression, caressant distraitement de ses pouces les mains froides qu'il tenait. Et ce fait attira finalement son attention, l'inquiétant. Une telle froideur était alarmante pour un elfe. Le prince semblait avoir beaucoup de mal à se remettre. Il se releva alors, l'incitant à en faire de même et l'adolescent suivit le mouvement, lâchant finalement ses mains :



- Le petit déjeuner va être servi. M'y accompagnerez vous ? Demanda le Seigneur de la maison de la fleur d'or.



Elliel acquiesça en souriant et ils se mirent en route. Voyant que le jeune elfe semblait encore très fatigué, Glorfindel lui donna son bras pour lui offrir son appuis. Le mage accepta, le remerciant avec gratitude et soupirant de soulagement en trouvant l'aide de son aîné sur lequel il se reposa. Ce fut tranquillement qu'ils regagnèrent le palais d'Elrond et la salle à manger privée de la famille. Il n'était pas difficile de deviner qu'Elrond ferait servir les repas chez lui en toute intimité avec l'arrivée du reste de la famille la veille. Il y ramena donc le prince qui avait bien besoin d'avoir les siens autour de lui en ce moment. Il sourit lorsque celui-ci l'invita à se joindre à eux alors qu'ils arrivaient, acceptant d'un élégant signe de tête. Entrant, ils trouvèrent Elrond, Galadriel, Celeborn et Gandalf qui relevèrent le regard vers eux en entendant la porte s'ouvrir. Et tous sourirent à la vue de l'adolescent, s'inquiétant pourtant rapidement de le voir appuyé sur Glorfindel qui le soutenait largement. Ils lui sourirent pourtant, le saluant joyeusement. Elliel vint embrasser son père et ses grands parents, quittant l’appuie du blond qui resta pourtant debout, veillant sur lui du regard au cas où il aurait besoin d'un peu de soutient. L'adolescent s'assit finalement à côté de Celeborn, invitant le Seigneur de la maison de la fleur d'or à prendre le siège à sa droite. Celui-ci s'exécuta avec plaisir après avoir salué tout le monde, tous débutant ensuite leur petit déjeuner tout juste servi. Quelques instants plus tard, Arwen arrivait avec ses deux frères l'air inquiète, se détendant aussitôt qu'elle posa les yeux sur son cadet. Elle s'avança vers lui, venant l'embrasser avec joie :



- Je pensais te trouver encore endormis dans ton lit, remarqua-t-elle une main posée sur son épaule.



- Je suis me suis réveillé tôt alors je suis allé regarder le lever du soleil sur une terrasse, expliqua-t-il.



Elle sourit, laissant sa place à Elladan et Elrohir qui vinrent l'embrasser à leur tour, tout trois s'installant ensuite avec eux. Ce fut dans la bonne humeur qu'ils prirent leur petit déjeuner tous ensemble, discutant tranquillement. Cela fait, les quatre frères et sœur quittèrent la table avec Haldir sortant pour gagner un jardin à la demande du plus jeune. L'après midi, ce fut avec Celeborn qu'Elliel passa son temps. Si Arwen était très proche de Galadriel, lui était bien plus proche de son grand père qui lui avait enseigné beaucoup. Ce fut naturellement qu'ils allèrent s'installer dans un petit salon de lecture aux étagères tapissées de livres et d'objets divers. Ils prirent place dans les fauteuils, l'adolescent venant timidement prendre place près de son grand père dont-il avait toujours admiré la grande noblesse. Puis c'était avec bonheur qu'il s'était blotti contre lui lorsque Celeborn avait passé son bras autour de ses épaules fines en souriant. Elliel avait toujours été câlin avec sa famille, le cadet qu'il était largement chouchouté depuis sa naissance. Et aujourd'hui, il avait besoin du contact des êtres aimés, s'assurant ainsi qu'il ne rêvait pas et qu'il était bien rentré chez lui. Ils étaient restés silencieux longuement sans bouger, puis ils avaient entamé des discussions futiles. Tranquillement, Celeborn avait amené son petit fils à parler de ce qu'il avait vécu ces dernières années. Il ne l'avait pas forcé, juste incité, sachant qu'il en avait besoin. Il avait fallu un moment mais l'adolescent s'était finalement ouvert comme tant de fois dans son enfance. Avec Celeborn, il avait toujours pu discuter de choses dont-il n'arrivait pas à parler avec ses parents, ses frères, sa sœur ou ses amis. Il était son confident, toujours de bon conseil, indulgent et compréhensif avec le cadet de la famille, protecteur. En lui, Elliel avait toujours trouvé une source de réconfort et de bien être, se gorgeant de la force douce et ancienne de son aîné. Il se confia donc, racontant ce qu'il s'était passé et comment il l'avait vécu, terminant en larme dans les bras du Seigneur. Celui-ci le consola avec chaleur, rageant intérieurement contre les ravisseurs du jeune elfe qui lui avaient fait tant de mal. Il sentait une blessure béante dans le cœur d'Elliel, une blessure qui lui avait retiré toute ses illusions d'enfant, comme son innocence. En quelques années, Elliel était devenu un adulte qu'il n'aurait pas dû être avant bien des années encore suivant les standard des elfes.



Dans les jours qui suivirent, l'adolescent passa tout son temps avec sa famille, la retrouvant avec bonheur. Retrouvant Haldir, il partit avec lui pour une longue balade à cheval autour de Fondcombe, restant pourtant prudemment sur les terres d'Elrond par sécurité. C'était avec tristesse qu'Elliel avait apprit la mort de sa première et unique monture qui s'était laissée dépérir après sa disparition. Il se souvenait encore avec précision de sa belle petite jument dorée offerte par sa mère à ses cinquante ans. Apprendre sa disparition l'avait beaucoup attristé. Avec cela comme avec beaucoup d'autres choses, il réalisait à chaque instant tout ce qu'il avait raté, tout ce dont Dumbledore l'avait privé et cela ne faisait que le déprimer un peu plus. Les discussions qu'il avait avec les autres parlaient souvent de tout ce qu'il s'était passé lors de son absence et s'il n'en montrait rien, cela le blessait alors qu'il regrettait d'avoir manqué tout cela.



Deux semaines après l'arrivée des habitants de la Lorien, Elliel ressentit un puissant besoin de solitude alors qu'il n'en n'avait plus eu depuis. Il était très heureux de les retrouver mais il avait besoin d'un moment seul avec lui même. S'il était proche des siens, il aimait aussi l'isolement qu'il avait appris à apprécier avec les longues heures de travail solitaire dans son atelier depuis bien des décennies déjà. Aussi un matin, après un réveil brutal suite aux cauchemars qui habitaient ses nuits, il décida de prendre quelques heures pour lui, pour réfléchir un peu. Il se leva doucement alors que le soleil n'était pas encore levé, allant prendre une douche fraîche pour terminer de se réveiller. Il s'habilla simplement, ne prenant pas la peine de faire plus que démêler ses cheveux. Il n'avait envie de rien aujourd'hui si ce n'était que de se rouler en boule dans un coin pour ne plus bouger après une nuit particulièrement difficile. Il passa donc un pantalon, une tunique et des chaussures toutes simples, attrapant une épaisse cape avant de quitter sa chambre. Il déambula dans la ville déserte à cette heure, maudissant son cruel manque de force alors qu'il se sentait faible, peinant à retrouver son énergie et sa magie. Il quitta bientôt les rues pour les bois les entourant, montant dans les hauteurs d'Imladris. Prenant son temps et faisant de temps en temps des pauses pour reprendre son souffle, il avança dans les petits chemins jusqu'à gagner les abords de la forêt plus dense couvrant le plateau surplombant la vallée.



Il s'installa sur un tronc tombé au sol, Imladris magnifique devant lui en contre bas alors que le soleil commençait à se lever. Seulement ce matin là, il ne fit pas du tout attention au phénomène, son esprit encombré de sombres pensées. Il remonta ses jambes contre sa poitrine, les entourant de ses bras. Il ne cessait de penser à ces dernières années et à tout ce qu'il s'était passé. Dumbledore l'avait trompé et il ne cessait de se demander qui d'autre avait pu en faire de même, si ceux qu'il avait considéré comme des amis l'avaient véritablement été au non. Maintenant qu'il avait récupéré son identité et son esprit, il ne se sentait plus du tout proche de ceux qu'il avait connu là bas alors qu'il voyait chacun d'une manière bien différente maintenant. Le seul qui avait encore de l'importance était Severus pour lequel il était très inquiet. Il se demandait ce qu'il se serait passé s'il avait été lui même dans cette période. Bien des choses auraient été différentes alors qu'il n'aurait pas du tout agis de la même manière, n'aurait pas été aussi naïf. Tout cela tournait dans sa tête, comme les semaines de torture de Voldemort qui le hantaient et l'éloignement de sa mère qui faisait pleurer son cœur.



Sombre, il ressassa cela longuement, tentant de démêler les choses sans y parvenir. Ce ne fut que bien des heures plus tard qu'il fut sorti de ses pensées par un bruit étrange attirant son attention. Il redressa la tête, tournant le regard vers la forêt derrière lui, tendant l'oreille. Bientôt, un faible râle aiguë et plaintif retenti plus loin, à peine audible même pour les oreilles elfiques. Elliel déplia les jambes et se leva, concentré sur le son. Cela ressemblait au cri de détresse d'un animal qu'il ne parvenait pas à identifier. Soudain curieux, il s'avança entre les arbres pour aller voir ça. Il lui fallut un bon moment pour trouver la source du bruit qui faiblissait doucement mais il parvint finalement au but. Le son provenait d'un fourré épais un peu éloigné de la vallée. Ce fut avec tristesse qu'il découvrit ce qui l'avait attiré. Il s'agissait d'un tout petit faon tout blanc, aux tâches un peu argentées et aux yeux ambrés. L'étonnant animal était très frêle, visiblement né depuis peu et dans un état déplorable. Et on devinait aisément pourquoi alors qu'il était couché près du corps sans vie de sa mère. La grande biche était très maigre, blessée et le pelage terne. Cela devait faire un jour ou deux qu'elle était morte, laissant son petit nouveau né livré à lui même. Il observa cela avec tristesse, se disant que la mise au monde d'un petit en plein hivers avait été fatale à la mère trop éprouvée. Une mise bas en plein mois de Février était très étrange à ses yeux mais près des protections d'Imladris et de son climat magiquement rendu doux, les cycles des animaux étaient parfois perturbés. Les marques de griffes que la biche portait suggéraient aussi l'attaque d'un fauve, peut-être d'un puma présent en ces terres. Elle devait avoir mis son petit au monde et mourir quelques instants plus tard.



Ce fut un cri faiblard du bébé qui sortit l'elfe de ses pensées. Souriant tristement, il n'hésita pas un instant, se prenant immédiatement d'affection pour la petite créature appelant à l'aide désespérément. Sans aide, le faon mourrait en quelques heures si un prédateur ne lui tombait pas dessus avant. Il grelottait de tout son petit corps dans le froid d'hivers plus intense à cette distance de la ville. Il était vraiment petit au vu de la belle taille de sa mère et Elliel supposa que la grossesse hivernale et une naissance peut-être prématurée ne devait pas y être pour rien. Il retira sa cape, l'étalant au sol et s'approchant doucement du petit être qui couinait de panique à son approche. Ne voulant pas l'effrayer davantage, l'adolescent concentra un peu de magie dans sa main, la chargeant d'envie de protection et de douceur. Il posa délicatement ses doigts sur la petite tête, le bébé se calmant rapidement en sentant la magie qui s'infiltrait en lui. Tout petit déjà, Elliel avait remarqué que son pouvoir calmait les animaux autour de lui. Il les attirait naturellement alors qu'il avait maintes fois joué avec biches, cerfs, loups, pumas, lapins, petites souries... et toutes les créatures que l'on trouvait dans cette région. Il pouvait encore se souvenir de la panique de sa mère qui l'avait un jour trouvé en train de câliner un puma comme s'il s'agissait d'une peluche. Et le fauve s'était laissé faire en ronronnant. Cela avait toujours été ainsi avec les animaux pour lui et cela marcha encore aujourd'hui, le faon s'apaisant sous sa main.



Il le caressa un moment, remarquant que son pelage était un peu humide. Délicatement, il glissa ses mains autour de lui, le soulevant et le séparant de sa mère. Le bébé très léger couina un peu plus s'agitant et tentant de s'échapper mais Elliel le maintint, le calmant d'un peu plus de magie. Cela fait, il l'installa dans sa cape, l'enroulant dans l'étoffe. Il le reprit ensuite dans ses bras, le serrant contre lui. Il observa le bébé qui regardait sa mère :



- Moi aussi je n'ai plus ma maman, dit-il doucement en le cajolant.



Le faon tourna son attention sur lui, la langue elfique attirant son attention.



- Mais contrairement à toi, j'aurais certainement la chance de la revoir un jour, remarqua-t-il.



Face à cette situation, cette réalisation s'imposa alors que l'énoncer à voix haute lui en faisait prendre réellement conscience. Oui, il reverrait sa mère un jour contrairement au petit animal et cela lui remonta un peu le moral.



- Je vais m'occuper de toi, assura-t-il alors.



Il se remit alors en route vers la ville, le petit faon faiblard caché dans sa cape. Il garda une main douce sur lui, lui envoyant un peu de douce magie pour l'apaiser et le réconforter. Il lui fallut un bon moment pour regagner Imladris, lui même fatigué et faible. Ce fut naturellement qu'il prit le chemin de son atelier, son refuge où il serait au calme. Il ne croisa personne sur sa route et il alla déposer sa petite charge dans le fauteuil se trouvant dans la partie bureau du vaste espace. Le bébé se remit à crier lorsqu'il s'éloigna de lui et il se dépêcha d'aller chercher quelques chiffons avant de revenir près de lui, s'asseyant au sol devant lui. Il écarta sa cape pour ensuite se mettre à frictionner le petit corps avec les chiffons, le séchant, le réchauffant et le stimulant alors qu'il ne savait pas depuis quand il était ainsi exposé aux éléments. Le faon se laissa faire complètement, restant immobile. Et cela n'était pas très bon signe aux yeux d'Elliel qui craignait qu'il ne survive pas à ce début de vie bien difficile.



Rapidement, il fut évident qu'il devait nourrir l'animal, son problème étant alors qu'on ne trouvait pas de lait à Imladris. Réfléchissant, ce fut vers sa magie qu'il se tourna pour régler son problème. Il alla chercher un pichet d'eau claire, y plongeant le bout de ses doigts. Se servant de sa volonté et de son imagination comme il l'avait toujours fait enfant, il concentra son pouvoir. Quelques instants plus tard, l'eau virait au blanc opaque, se transformant en un lait qu'il voulut riche pour le bébé qui en avait bien besoin. Il le fit aussi tiédir un peu pour ensuite tenter de faire boire le bébé. À son grand désespoir, sa tentative fut un échec cuisant, le faon refusant le bol qu'il lui présenta. Soupirant, Elliel décida de changer de stratégie au bout d'un quart d'heure. Cogitant, il se dit que le nouveau né ne devait pas être vraiment attiré par un bol, ne sachant comment s'y prendre alors qu'il était censé téter sa mère à cet âge. Réfléchissant à un moyen d'imiter les tétines d'une biche, il pensa au biberon, se demandant ensuite comment il pouvait fabriquer ça. Il regarda autour de lui, tout ses sens d'artisan éveillés pour trouver une solution. Il pensa alors aux outres de cuir, se disant qu'il pouvait peut-être s'inspirer de ça. Bondissant, il alla chercher un peu de matériel et une pièce de cuir, revenant s'asseoir près du faon enroulé dans une étoffe chaude et sèche. Avec application et concentration, il passa un moment à fabriquer un biberon improvisé, ses gestes précis comme lorsqu'il travaillait sur une pièce délicate. Il créa une tétine de cuir, y perçant un minuscule trou. Il veilla à faire d'épaisses coutures bien hermétiques, créant une sorte de pince bois pour pouvoir fermer la poche lorsqu'elle serait pleine.



Adressant une prière à son protecteur pour que cela marche, il versa le lait dans la poche de cuir, la fermant ensuite hermétiquement, le trou de la tétine trop petit pour que le liquide s'échappe. Mais il reproduirait à peu près ce qu'il se passait avec une tétine, le cuir approchant un peu la texture. Il espérait juste que le faon l'accepterait. Il posa sa création près de lui pour prendre le bébé dans ses bras, l'installant sur ses cuisses alors qu'il était adossé au fauteuil, ses outils et des morceaux de cuirs éparpillés autour de lui. Il le serra doucement, passa une main sous sa tête pour lui relever délicatement. Il prit son biberon, retenant sa respiration alors qu'il le présentait au bébé. Celui-ci refusa tout d'abord, crispant l'elfe qui se calma pourtant lorsque le petit animal manifesta son stress en sentant le sien. Il usa alors de sa magie, l'infiltrant dans l'objet pour tenter de le rendre attirant pour lui. Et finalement, le petit animal prit la tétine. Il se mit à boire doucement puis plus goulûment après les premières gorgées, manifestant ainsi sa satisfaction. Elliel sourit de victoire, ravi. Il observa son petit protéger boire avec gourmandise puis plus calmement, les yeux mi-clos alors qu'il était blotti contre lui. Souriant avec douceur, il se mit à le caresser doucement, le trouvant très mignon et très beau avec son pelage blanc inhabituel. Il resta là dans le silence, s'apaisant au contact du bébé, ressentant soudainement sa propre fatigue après toutes ces émotions. Sa randonnée l'avait éprouvé, comme la magie qu'il avait utilisé, mais ça en valait la peine.



- Vous êtes là prince Elliel, fit soudain une voix soulagée.



Il sursauta, le faon en faisant de même contre lui. Relevant le regard, il trouva Gandalf à l'entrée, souriant largement.



- Puis-je entrer ? Demanda le magicien gris.



Il acquiesça, le saluant avant de retourner son attention sur le bébé. L'Istari s'approcha alors, venant s'asseoir sur le fauteuil près de lui et observant avec curiosité le faon caché dans des étoffes et tétant tranquillement.



- Quelque chose ne va pas Mithrandir ? Demanda l'elfe. Vous semblez préoccupé.



- Nous vous avons cherché partout, remarqua le magicien. Tout le monde s'est inquiété de ne pas vous voir au petit déjeuner. Vos frères et votre sœur vous ont cherché partout et tout le monde s'y est mis lorsque vous n'êtes pas venu au déjeuner, expliqua-t-il.



Ce fut seulement alors qu'il remarqua qu'on était déjà dans l'après midi et qu'il n'avait dis à personne qu'il allait se promener.



- J'ai senti votre magie ici alors je suis venu voir, termina Gandalf.



- Je suis désolé, je n'ai pas vu le temps passer, s'excusa-t-il alors.



- Ce n'est rien mais permettez que je prévienne les autres, votre père est dans tout ses états.



L'adolescent acquiesça et Gandalf usa d'un petit sort pour prévenir les autres que le disparu venait d'être retrouvé. Et il ne fallut pas longtemps pour voir Elrond arriver en courant, un peu débraillé comme jamais ça n'arrivait. Il semblait un peu paniqué mais il se calma instantanément en posant les yeux sur son fils. Il entra à grand pas, venant s'agenouiller devant lui et prendre son visage dans ses mains pour embrasser longuement son front. Il avait cru mourir aujourd'hui lorsque son fils s'était fait introuvable, craignant soudain de perdre de nouveau. Et Elliel ressentit son angoisse intense dans son baiser, s'en voulant en réalisant ce qu'il avait dû penser.



- Je suis désolé Ada, dit-il craintivement. Je suis allé me promener tôt ce matin, je n'ai pas vu le temps passer. Je suis désolé.



- Ce n'est rien, assura Elrond en s'écartant et en le regardant avec amour. Ce n'est rien mais préviens la prochaine fois. J'ai eu si peur de t'avoir perdu de nouveau, dit-il les larmes aux yeux.



Et cela toucha profondément l'adolescent, ressentant tout l'amour que son père avait pour lui et la peur de le perdre qu'il avait ressenti. Le Seigneur accola son front au sien, s'apaisant à son contact alors que l'adolescent s'excusait une nouvelle fois dans un murmure. Rapidement, Elladan, Elrohir et Arwen arrivaient à leur tour en courant, Galadriel, Celeborn, Haldir et Glorfidel suivant et une fois de plus, Elliel fut profondément touché de lire en eux à quel point ils s'étaient inquiétés, s'apaisant en le retrouvant enfin. Il s'excusa plusieurs fois alors qu'ils venaient l'entourer, expliquant qu'il était allé se promener et qu'il était tombé sur un imprévu.



- Un imprévu ? Demanda son père agenouillé devant lui alors que les autres les entouraient.



Souriant avec douceur, le jeune mage baissa les yeux sur le petit animal caché dans les étoffes sur ses genoux. Il avait fini son repas et somnolait maintenant dans les bras de l'adolescent, sa petite tête à peine visible. Concentrés sur Elliel, nul ne l'avait remarqué jusqu'à ce que le jeune elfe écarte un peu le tissus pour leur montrer.



- C'est un faon ? Demanda Glorfindel.



- Oui, acquiesça Elliel. Je l'ai trouvé dans les bois près du corps de sa mère, dit-il tristement en caressant la petite tête. Il n'est pas né depuis très longtemps. Je l'ai récupéré et je l'ai ramené pour m'en occuper. J'étais sur les hauteurs quand je l'ai entendu crier. C'était un peu éloigné de la vallée alors ça m'a pris un moment pour le trouver et revenir. Et puis il m'a fallu un moment pour parvenir à le nourrir un peu.



- Il est blanc, remarqua Arwen. Il est magnifique, sourit-elle.



- Il est aussi très petit, remarqua Elrond en observant l'animal que son fils tenait comme un trésor.



- Je pense qu'il est né un peu prématurément. Sa mère est visiblement morte peu après et je ne sais pas combien de temps il a passé seul ainsi, dit-il en cajolant le petit animal endormis contre lui maintenant. J'espère qu'il survivra, dit-il doucement l'air angoissé.



- Il faut le garder au chaud et le nourrir régulièrement, conseilla son père.



Elliel avait vraiment l'air d'un petit enfant ramenant un petit animal blessé à la maison. Il l'avait fait de nombreuses fois lorsqu'il était petit. Combien d'oiseaux, de lapins, de renards ou autres petites bêtes lui et Celebrian n'avaient pas aidé à soigner lorsque leur fils en ramenait un ? Cette scène les ramena d'ailleurs tous dans l'enfance du jeune elfe, leur donnant le sourire.



- S'il a assez de force, il survivra, assura Elrond.



- Il s'est déjà trouvé une nouvelle maman on dirait, s'amusa Elladan en voyant le faon blottit contre son petit frère qui fit une moue boudeuse amusant tout le monde.



- Tu as toujours eu un don pour les animaux, sourit Arwen. Ça va aller pour lui, j'en suis sûre, dit-elle avec assurance en réconfortant son cadet.



- Il a besoin de se reposer et toi aussi, remarqua Elrond qui observait son fils. Tu as l'air épuisé. Tu as mangé aujourd'hui ?



Elliel fit signe de négation alors qu'il n'avait pas vraiment faim.



- Il faut aller manger, imposa alors le père franchement inquiet. Et puis tu iras te reposer ensuite, dit-il en le trouvant trop fatigué à son goût.



Il était très pâle, les paupières basses et l'air pas très alerte.



- Ça a été une longue balade ce matin, remarqua-t-il doucement. Je n'avais pas prévu d'aller si loin. Mais heureusement que je l'ai fait ou il serait peut-être mort à l'heure qu'il est, dit-il en baissant les yeux sur le faon.



Elrond sourit avec douceur, incitant ensuite son fils à se lever pour aller manger un peu. Il l'aida en voyant qu'il avait du mal avec l'animal qu'il gardait dans ses bras. Et Celeborn vint aider à son tour en voyant l'adolescent tanguer sur ses pieds comme prit d'un malaise. Les deux adultes se postèrent de part et d'autre du mage, le soutenant alors que tous étaient inquiets en le voyant si faible. Celui-ci tenta de les rassurer en disant qu'il s'était levé trop vite mais personne ne fut dupe. Tranquillement, le groupe se mit en route pour une petite salle à manger du palais d'Elrond, le seigneur faisant amener un repas pour son fils qui ne lâchait pas son protéger. Le mage avait vraiment l'air à bout de force. L'air soucieux, Gandalf vint bientôt poser une main sur son épaule, tous sentant qu'il lui transmettait un peu de magie. Et cela sembla réveiller un peu le jeune elfe qui le remercia. Il mangea sous l'insistance de son père, tous l'entourant et terminant de chasser l'angoisse de ces dernières heures. En ne trouvant pas une trace de l'adolescent tous avaient cru revivre sa disparition, infiniment soulagés de l'avoir finalement retrouvé. Son faon dans les bras, il fut rapidement poussé vers son lit pour se reposer un peu. Voulant le tranquilliser au sujet du petit animal pour lequel il s'angoissait, Arwen créa un nid de couvertures pour lui, l'installant près de son petit frère qui s'endormit avec un léger sourire. La famille resta autour de lui un moment, terminant de s'apaiser, puis ils quittèrent la pièce, soulagés.



Durant les deux jours qui suivirent, Elliel fut complètement concentré sur le faon qu'il entourait de soins, inquiet de le voir mourir. Une fois réveillé de sa sieste, il était retourné à son atelier pour récupérer son biberon improvisé et nourrir le bébé, fabriquant un lait riche de sa magie, y insufflant tout ce dont le bébé avait besoin. Et si cela le fatiguait, il était aussi heureux de parvenir à prendre soin de la petite créature. Le premier soir, il s'était appliqué à améliorer son biberon qu'il avait d'abord fait dans la précipitation. Il s'était installé près du grand âtre de sa forge, le faon dormant dans un nid de couverture près de lui et il s'était mis à l'ouvrage, se détendant dans cette activité. Après deux jours de soins étroits, le bébé s'était grandement attaché au mage, semblant réellement l'assimiler à sa mère. Regagnant doucement en force, il donnait de la voix lorsque le jeune elfe s'éloignait un peu trop à son goût, paniqué par tout autre et se cachant contre lui en recherche de protection.



Le troisième jour, la famille assista à une scène touchante. Ils étaient installés dans un salon en fin d'après midi, Elliel assis près de la cheminée allumée avec un livre sur les genoux, les autres installés dans les fauteuils. Le petit faon dormait contre sa hanche, blotti dans un nid de couverture. Le jeune elfe s'était alors levé pour aller chercher un verre d'eau. Bien qu'il fut délicat, le petit animal se réveilla. Seulement, au lieu de se mettre à couiner comme il l'avait fait jusque là, il s'était mis sur ses pattes, tremblotant avec maladresse et devant s'y reprendre à plusieurs fois. Se retournant, Elliel l'avait remarqué, souriant et s'accroupissant pour se mettre à la hauteur du faon qui se dressait sur ses jambes avec difficulté. Il y parvint cependant, faisant quelques pas en zigzaguant dangereusement, faisant sourire tout le monde. Les sabots écartés, il fit quelque pas pour rejoindre le mage qu'il ne lâchait pas des yeux. Elliel rit lorsque arrivé près de lui, le bébé s'emmêla les pinceaux pour le rejoindre dans un beau roulé boulé. Délicatement, Elliel le souleva pour le remettre sur ses jambes, le soutenant alors qu'il tremblait.



- Tu vas y arriver, dit-il doucement.



Le faon le regarda de ses yeux ambrés et l'elfe lui sourit doucement. Pendant un moment, le bébé tenta de marcher, Elliel faisant quelques pas dans la pièce pour l'inciter à le suivre. Il fallut un moment et quelques chutes mais il y parvint finalement, se mettant à sautiller comme un cabri autour du mage qui souriait largement. Celui-ci s'agenouilla alors et le bébé le rejoignit venant chercher des caresses qu'il obtint rapidement. Elliel balada ses doigts sur le duvet blanc et doux, son petit protéger se rallongeant bientôt et posant sa tête sur ses cuisses en soupirant de bien-être.



- Je pense que l'on peut dire qu'il est sorti d'affaire maintenant, remarqua Elrond en sachant que son fils s'inquiétait beaucoup pour l'animal. Il ne serait pas parvenu à se mettre debout ainsi si ça n'allait pas. Ça ira, assura-t-il au mage qui avait l'air soulagé.



- Tu es très courageux, murmura celui-ci en cajolant le bébé.



Voir la petite créature se battre ainsi pour sa vie lui redonnait beaucoup de courage, lui insufflant puissamment l'idée qu'il fallait avancer et continuer à vivre comme le faisait son petit protégé. Il ne savait pas si sa rencontre avec lui était fortuite ou s'il la devait au ciel mais cela lui faisait du bien.



- Comment vas-tu l'appeler ? Demanda son père avec douceur. Il serait temps de lui donner un nom maintenant.



Elliel réfléchit un moment en caressant le faon, répondant finalement :



- Rhîwial, dit-il.



Aussitôt, le bébé releva la tête pour le regarder, redressant ses grandes oreilles l'air attentif.



- Et bien, sourit Gandalf, on dirait que vous avez trouvé son nom véritable pour qu'il y réponde ainsi si vivement, remarqua-t-il l'air impressionné.



- « Cri d'hiver ». Cela résume bien votre rencontre, dit Glorfindel. Et cela va aussi à son pelage.



- Il lui vas très bien, sourit Arwen.



Le mage sourit doucement, préparant ensuite un biberon de lait avec sa magie, le faon comprenant rapidement en le voyant faire, se faisant pressant pour qu'il lui donne rapidement à manger. Elliel rit un peu en voyant sa gourmandise, le caressant en lui donnant son repas.



- Il promet d'être une magnifique créature, commenta Gandalf en regardant l'animal boire goulûment le lait chargé de magie de l'elfe.



Le mage qu'il était se doutait bien du fait que ce lait magique ne devait pas y être pour rien dans la survie du frêle nouveau né. Après cela, les jours se remirent à défiler, Elliel occupé par le petit faon qu'il soignait avec beaucoup d'attention. Et si peu comprirent ce qu'il ressentait au contact du bébé, tous sentirent que cette rencontre lui donnait de la force alors qu'il souriait davantage. Rapidement, il fut commun de voir Rhîwial sautiller comme un cabri autour du jeune prince se promenant dans la ville. Le faon le suivait partout du matin au soir, lui redonnant une joie de vivre qu'on ne lui avait pas vu depuis son retour. Et cela rassura un peu plus sa famille, le bébé lui donnant une raison d'avancer. Ce fut dans une meilleure humeur que les jours coulèrent tranquillement, le jeune mage retrouvant doucement ses forces, poussé par le petit faon à refaire un peu d'exercice pour l'emmener se promener. Celui-ci prenait d'ailleurs rapidement de la vigueur et du poids, l'air toujours heureux et cela faisait rayonner Elliel.



Le mage se mit alors à passer son temps entre le petit animal, son atelier, ses amis, sa famille ou la bibliothèque. Entouré des siens, il se remettait doucement de ces dernières années, ses forces lui revenant progressivement. Il finit même par de nouveau s'entraîner à l'épée avec Haldir. Il n'était pas aussi bon que ses frères et que son ami dans ce domaine mais il se débrouillait déjà honorablement, comme à l'arc. Il retrouvait sa forme physique bien que fatiguant rapidement mais cela lui faisait du bien, remontant un peu son moral. Ses nuits étaient toujours agitées de cauchemars mais ils commençaient à se faire plus rares alors que l'elfe allait mieux dans tout les sens du terme.



Ce fut près de deux mois après leur arrivée à Imladris que Celeborn, Galadriel, Haldir et Arwen durent se résoudre à retourner vers la Lorien déjà trop longuement privée du pouvoir de Nenya. Sa gardienne devait retourner en son domaine pour lui rendre sa protection. Haldir et Celeborn suivaient évidemment, comme Arwen voulant vivre auprès de sa grand mère depuis le départ de sa mère. La séparation fut difficile pour tous mais Elliel promit de venir passer un moment en Lorien lorsqu'il s'y sentirait prêt. Pour le moment, il ne voulait pour rien au monde quitter Fondcombe, sa maison et son père. Peu de temps après, ce fut au tour de Gandalf de reprendre la route et à la fin Avril, quatre mois après leur retour, Elladan et Elrohir repartirent pour le nord, poussés par leur petit frère ne voulant pas qu'ils fassent leur vie en fonction de lui. L'adolescent savait bien que leur vie n'était pas à Fondcombe et qu'on avait besoin d'eux ailleurs. Alors bien que la séparation le rebutait, il les incita à reprendre le cour de leur vie. Tous partis, il se retrouva alors avec son père et dans un sens, il fut très heureux de l'avoir pour lui seul, passant chaque jour beaucoup de temps avec lui. Elrond veillait d'ailleurs étroitement sur son cadet qu'il voyait reprendre vie doucement avec bonheur.



Le printemps revenu et bien installé, Elliel se mit à emmener Rhîwial dans de plus longues ballades en forêt pour lui faire découvrir le monde. Le petit faon avait bien grandi alors qu'il avait atteint plus d'une cinquantaine de kilos en quatre mois, promettant de devenir un beau mâle solide. Il débordait d'énergie alors qu'il prenait de la taille. Il était splendide, son pelage gardant son blanc éclatant, ses tâches d'argent s'étant effacées progressivement lorsqu'il avait passé les deux mois. Ses yeux pétillaient de vie, vifs et intelligents. Il suivait le mage partout, dormant dans son atelier lorsqu'il travaillait là bas. Tous avaient pris l'habitude de voir l'animal avec le prince, cela étant devenu commun. Chaque jour, Elliel l'emmenait donc se défouler et jouer dans les bois, le faon découvrant le monde autour de lui avec beaucoup de curiosité, restant pourtant toujours en vu de son protecteur.



Ce jour là, Elliel avait emmené son petit compagnon dans une clairière ensoleillée où les fleurs bourgeonnaient de partout en cette saison. Il s'était assis sur une pierre pour regarder le faon jouer et sautiller dans tout les sens, scrutant chaque odeur passant à sa porté. Il commençait à grignoter ce qu'il trouvait tentant alors que l'elfe pensait bientôt entamer son sevrage. Le mage le trouvait de plus en plus beau avec son pelage et ses yeux hors normes captant la lumière et l'entourant d'une aura blanche. Il avait l'air d'une créature divine d'une grande pureté alors qu'il baignait dans le soleil. Il rit lorsque l'animal tomba soudainement sur un hérisson et s'y piquant le bout du nez, sautant alors en arrière l'air outré. Il se mit à sautiller autour de la petite créature roulé en boule, voulant visiblement jouer mais il s'en désintéressa en le trouvant obstinément immobile, passant à autre chose.



Souriant, Elliel ferma les yeux, se concentrant sur sa respiration pour se détendre un peu et profiter du soleil et du silence. Il se concentra sur sa magie qui avait elle beaucoup plus de mal à se remettre que le reste de sa personne. Physiquement, il avait repris des forces. Il commençait à reprendre un peu de poids, son teint n'était plus maladif mais de porcelaine, sain et clair. Il se faisait de nouveau plus agile et fort, ses yeux et ses cheveux brillants. Mais sa magie elle, peinait beaucoup et il le sentait à chaque fois qu'il préparait le lait de son petit compagnon. Il n'arrivait pas à grand chose, son pouvoir vite fatigué. Aussi, comme souvent pour se réconforter, il se concentra sur la magie présente partout naturellement autour de lui, s'y plongeant pour retrouver ces sensations qu'il aimait.



Lorsqu'il en ressorti, il eut la surprise de découvrir des choses qui n'étaient pas là avant. Intrigué, il vit Rhîwial qui s'approchait pour renifler les objets, relevant ensuite un regard étonnement intense vers lui. Surprit, il quitta la pierre, s'avançant vers lui. Il posa une main sur l'épaule du faon, s'accroupissant pour regarder. Là, il trouva une très longue et épaisse branche d'un bois parfaitement blanc. Il semblait qu'on venait de la couper de son arbre, le surprenant alors qu'il n'en reconnaissait pas l'essence. Avec la branche, il y avait un gros sac de toile qu'il ouvrit. Il y trouva un métal brut très clair, du mithril ainsi que divers autres matériaux très rares ou même inconnus pour lui. Très surpris, il fronça les sourcils en sentant une légère magie émaner de tout cela. Se concentrant dessus, il se figea net en reconnaissant le pouvoir l'Ilùvatar, de son protecteur. Il comprit alors que c'était lui qui venait de lui envoyer cela. Et alors qu'il comprenait ça, une idée s'imposa à lui. Une idée de ce qu'il devait faire de ce cadeau. Les larmes lui montèrent aux yeux en réalisant quel trésor cela était. S'agenouillant, il pria le Créateur pour le remercier. Il sursauta lorsqu'une douce lumière blanche l'entoura, lui donnant la sensation d'une étreinte chaleureuse et réconfortante. Une fois de plus, il y reconnu l'énergie du dieu, des dieux de son monde, le remerciant d'une pensée émue pour sa protection et son attention. Après une minute, toute manifestation prit fin et il respira un moment, profitant de l'énergie s'évaporant doucement autour de lui. Ce fut le museau humide de Rhîwial contre sa joue qui le sortit de ses pensées. Souriant, il caressa son compagnon pour ensuite ramasser le sac de toile et la branche, se remettant en route pour la ville suivis du faon marchant à ses côtés.



Il gagna rapidement son atelier, des idées plein la tête et le sourire aux lèvres. Arrivée là, ce fut en sautillant que Rhîwial gagna le nid douillet aménagé pour lui par le mage, s'y installant pour ne plus bouger comme il en avait pris l'habitude. Elliel s'avança alors vers la grande table de bois qui trônait au milieu de l'espace. Il y fit un peu de place alors qu'elle était couverte d'objets, d'outils et de matériaux. Il y déposa son chargement, ouvrant le sac pour regarder de plus près ce qui s'y trouvait. Il se rendit alors compte que le sac contenait bien plus que ce qui était normalement possible et à un poids bien plus réduit, l'elfe comprenant que son protecteur lui avait facilité le transport de son cadeau. À l'intérieur, il y avait donc le métal et le mithril qu'il avait entraperçu. Il y avait aussi de l'or, une bourse pleine de pierres précieuse, des morceaux de bois de différentes essences, du cuir, du tissus, différents minéraux... il y avait là une montagne de choses donnant une tornade d'idée à l'artisan qu'il était. Il adorait façonner des objets et il faisait cela à merveille alors ce présent avait de quoi l'enjouer, ravi qu'il était. Il prit un bon moment pour sortir et observer tout ce qu'il avait à disposition, auscultant les matériaux de ses doigts fins et experts. Une fois fait, il alla s'asseoir à son bureau dans une grande alcôve aménagée dans l'atelier, attrapant parchemin et crayon pour se mettre à dessiner ses premières idées et donner forme à l'outil qu'il voulait créer.



Il se plongea complètement dans son nouveau projet, absorbé comme à chaque fois qu'il était dans son atelier. Cet endroit était vraiment son refuge alors que s'occuper l'esprit en façonnant des objets l'empêchait de penser à autre chose. Il ne vit pas le temps passer, ni l'obscurité qui tombait alors que ses yeux d'elfes et le feu de sa forge réglaient le problème. Concentré, il n'entendit pas que l'on approchait et il fit un bond mémorable lorsqu'une voix s'éleva :



- Sur quoi travailles-tu? Demanda-t-elle.



Sursautant, Elliel releva le regard pour tomber sur son père debout non loin et l'observant avec amusement.



- Je pensais bien te trouver ici, remarqua le Seigneur en s'approchant. Je m'inquiétais de ne pas te voir au dîner.



- Il est déjà si tard ? Demanda le mage l'air étonné. Excusez moi Ada, je n'ai pas vu le temps passer.



- Tu ne vois jamais le temps passer lorsque tu es ici, remarqua le père en posant une main douce sur son épaule.



Il se pencha un peu sur ses dessins, les regardant avec intérêt en renouvelant sa première question. Elliel se leva alors pour l'amener vers la grande table, lui montrant les matériaux que le Seigneur observa avec attention, surprit de voir des choses qu'il ne connaissait pas malgré son savoir.



- Je promenais Rhîwial dans les bois, raconta le mage. Je me suis arrêté dans une clairière pour le laisser jouer un peu et je me suis mis à méditer un peu sur la magie, dit-il alors qu'Elrond posait une main réconfortante sur son épaule en sachant bien que ses soucis de magie lui pesaient. Quand j'ai rouvert les yeux, tout cela était devant moi, entouré de la magie d'Ilùvatar.



- Un cadeau ? Comprit alors le père très surpris.



- Et pas n'importe quel cadeau, sourit le mage en caressant la grande branche de bois blanc. Je vais pouvoir faire beaucoup de choses avec tout ça mais le but principal et que j'en fasse mon bâton de magicien. Je l'ai compris tout de suite en touchant ce bois. Ilùvatar m'offre mon bâton comme aux Istari mais il me laisse choisir la forme que je souhaite lui donner, il me laisse le fabriquer de mes mains. Je vais pouvoir faire beaucoup plus de magie avec ça.



- C'est formidable, sourit Elrond. Je suis heureux pour toi mon fils, dit-il en l'étreignant doucement. Mais il faut tout de même manger et dormir, tu en as besoin. Alors que dirais-tu de venir dîner avec moi ?



Elliel acquiesça en souriant doucement, allant réveiller doucement son faon qui ne se fit pas prier pour le suivre. Le père et le fils allèrent alors manger, s'installant ensuite dans un salon pour un moment tranquille. Elliel en profita alors pour offrir un grand biberon de lait à son faon alors qu'il avait beaucoup amélioré l'objet depuis qu'il l'avait avec lui. Il avait appris à beaucoup aimer ce moment de douceur avec Rhîwial, se disant que cela allait lui manquer une fois son sevrage terminé. Il passait chaque soir ce moment tranquille avec son père et parfois avec d'autres elfes parmi lesquels Lindir ou Glorfindel particulièrement proches de la famille. Dans les jours qui suivirent, Elliel fut complètement absorbé par la confection de son bâton. Il ne sortait de son atelier que pour aller manger, dormir et promener Rhîwial. Lorsqu'il travaillait, le faon restait toujours tranquille, dormant près de la forge, profitant du soleil sur la terrasse surplombant la vallée ou venant observer l'elfe qui travaillait. Cet épisode de solitude calme à faire ce qu'il aimait fit du bien à l'adolescent qui se concentrait sur sa tâche avec beaucoup d'application et de soin.



Il lui fallut presque un mois de travail acharné pour que le jeune mage termine son bâton, usant chaque jour d'un peu de magie comme il pouvait pour façonner ce qu'il ne pouvait faire avec ses outils. Cela le fatiguait mais il s'en fichait, heureux de voir son outil prendre forme. En Terre du Milieu, tout les magiciens dignes de ce nom avaient leur bâton offert par les Valars et il aurait aussi le sien offert par son protecteur et qui lui permettrait d'user bien plus facilement de magie. Et finalement, il fut terminé une semaine après le début de l'été.



Elliel sourit largement en observant son œuvre. Son bâton était posé devant lui, sur une grande table qu'il avait installé sur sa terrasse de l'atelier pour pouvoir travailler au soleil. Il mesurait deux mètres en tout, parfaitement droit alors qu'il avait été taillé dans la grande branche blanche. Le bois était immaculé, doux et brillant. Elliel l'avait couvert de très fines plaques d'ors ciselé pour dessiner de complexes motifs archaïques faits de volutes, d'arabesques, d'enchevêtrement de lignes fines formant des ornements d'une grande beauté. Ils épousaient le bois avec perfection, l'habillant merveilleusement sans le cacher entièrement. Le mage y avait ajouté de minuscules éclats de mithril et d'émeraudes presque invisibles si ce n'était lorsqu'ils brillaient dans la lumière. Au milieu du bâton, il y avait une partie longue d'une quinzaine de centimètre couverte d'un bois noir et luisant, veiné d'or et de mithril. Il semblait dessiner une poignée de laquelle partait les dessins d'ors. L'extrémité basse du bâton était faite d'une pierre blanche de bonne taille à l'air brute sertie dans une monture d'or et de mithril. Elle brillait doucement. Le haut du bâton était lui formé d'un enchevêtrement de dizaines de fines tiges faites du bois blanc, de mithril brillant ou d'or. Elles formaient une archaïque cage enfermant une pierre noire presque invisible derrière ses barreaux. De multiples petites émeraudes étaient serties ça et là.



Enchanté par le résultat qu'il avait rêvé, Elliel posa ses mains sur le bâton de part et d'autre de la poignée noire, le tenant à l'horizontal devant lui. Respirant un coup il écarta finalement les mains, tirant doucement. Comme il l'avait imaginé, le bâton s'ouvrit en deux sans un bruit en deux parties de taille parfaitement égale. Elles se séparèrent doucement, révélant deux lames sortant du bâton. Il décrivit un large arc de cercle de ses deux bras, dégainant les deux lames fixées chacune à une partie du bâton. Elles mesuraient soixante dix centimètres chacune, extrêmement fines et larges d'à peine deux centimètres. Elles étaient faîte d'un métal luisant et clair qu'Elliel n'avait jamais vu avant et que son protecteur lui avait offert. Il était à la fois relativement souple et extrêmement solide, très tranchant une fois affûté. Une fois encore, Elliel avait couvert le métal de très fins dessins qui avaient coulé de ses doigts comme une évidence pour lui. Les lames apparurent sans un bruit, le faisant sourire alors qu'elles brillaient. Ces épées se fondaient dans son bâton et il espérait qu'elles pourrait elles aussi supporter sa magie. Il avait imaginé cela afin de pouvoir se battre et user de magie en même temps, se souvenant des histoires de Gandalf une épée dans une main et son bâton dans l'autre. Il rengaina ensuite, les lames disparaissant dans le bois. Une fois les deux parties de nouveau jointes, leur séparation disparaissait complètement à tel point qu'on ne pouvait la deviner.



Satisfait, il le reposa, souriant et épongeant son front. Il vit Rhîwial approcher doucement, venant renifler le bâton les oreilles dressées avant de venir chercher des caresses que l'elfe lui offrit avec joie. Et alors qu'il cajolait le faon, Elliel vit son bâton irradier soudain d'une forte lumière blanche. Il reconnut immédiatement l'énergie de son protecteur, souriant largement. Le phénomène dura un long moment avant de cesser, l'objet en ressortant plus beau encore semblait-il, irradiant d'une puissante magie. Hypnotisé, Elliel avança une main pour de nouveau saisir son œuvre. À peine l'eut-il toucher qu'il sentit la magie douce et forte s'infiltrer dans tout son corps en une sensation follement agréable pour lui. Il ferma les yeux sans même s'en apercevoir, ce gorgeant de ce pouvoir si bienfaiteur pour lui. Cela se termina trop vite à son goût mais il sut alors qu'Ilùvatar avait béni son bâton et que celui-ci serait désormais son meilleur outils de magie. Reprenant ses esprits, il alla chercher une large ceinture de cuir noire aux boucles d'ors qu'il avait spécialement confectionné. Il la passa en bandoulière sur son épaule droite alors qu'elle tombait sur sa hanche gauche. Il la boucla sur sa poitrine avant de fermer deux autres courroies très fines cette fois, l'une passant sur son épaule gauche l'autre sous son aisselle droite. Toutes deux étaient destinées à maintenir la ceinture en place alors qu'elle devrait porter le bâton qui, s'il était plus léger qu'il ne le paraissait, pesait tout de même son poids. Et pour cela, il y avait dans le dos, deux clips de métal qui maintiendraient le bâton dans son dos tout en permettant de l'attraper facilement. Cela en place, il y plaça le bâton, ravi de voir que cela donnait exactement le résultat qu'il avait imaginé. L'outil traçait alors une diagonale derrière lui, splendide.



Fatigué mais heureux, il quitta son atelier son bâton dans son dos, Rhîwial sautillant autour de lui. Le premier à qui il montra son œuvre fut Glorfindel qu'il croisa rapidement. Et ce fut avec excitation qu'il lui présenta son outil, l'elfe blond émerveillé par l'objet d'une grande beauté. Il l'observa minutieusement mais n'y toucha pas une fois, sachant que cela ne se faisait pas avec le bâton d'un magicien. Le Seigneur de la maison de la fleur d'or le poussa ensuite à montrer cela à son père et ce fut ensemble qu'ils allèrent retrouver Elrond fasciné lui aussi par la création de son fils.



Après cela, ce fut avec joie que le jeune elfe se remit à la pratique de la magie en douceur, grandement aidé par le cadeau de son protecteur facilitant les choses. Et cela améliora grandement son moral. L'été passa tranquillement, Rhîwial grandissant à vu d’œil au côté de son protecteur qui retrouvait ses forces et sa santé. Avec les matériaux offerts par Ilùvatar, Elliel fabriqua de multiple objets qui l'occupèrent des mois durant, cette activité le détendant beaucoup et l'aidant à ne pas se triturer l'esprit. Ce faisant, ses idées sombres s'apaisèrent, aidées par les discussions qu'il avait régulièrement avec son père ou Glorfindel. Il passait aussi bien du temps avec le jeune cerf blanc, à la bibliothèque ou avec ses amis, occupant son temps en des activités qu'il aimait. Avec les gardes de la ville, il se remit à pratiquer les armes comme dans son enfance, alors qu'il avait appris à apprécier cela avec ses frères et Haldir. À d'autres moment, il se baladait autour d'Imladris, à toute heure du jour ou de la nuit, profitant simplement. Les mois coulaient et son esprit s'apaisait à sa plus grande joie. Le jeune prince reprit progressivement le cour de sa vie, tournant la page et soignant ses blessures, retrouvant sa joie de vivre et son bien être. Il lui fallut une année en tout pour retrouver toute sa forme physique et une magie stable et plus forte, celle-ci pourtant encore loin de ce qu'elle avait été autrefois. Et si cela inquiétait le jeune elfe, il relativisait en se disant que cela s'arrangerait certainement avec le temps.




Les années coulèrent tranquillement, poussière pour l'elfe qu'était Elliel. Il n'y avait que les saisons défilant et Rhîwial grandissant qui montrait le temps passant au jeune mage. Le jeune cerf devint un grand mâle fier et splendide en une dizaine d'années, devenant bien plus grand qu'un cerf ordinaire. Il mesurait un bon mètre quatre vingt au garrot, ses bois impressionnants et imposants, ne tombant jamais, sa ramure très développée reflétant d'un éclat d'or. Il avait gardé sa magnifique couleur blanc pur. Ses yeux ambrés virant au doré. Musclé et fort, il avait une toison plus épaisse à la base du cou et sur la poitrine. L'animal s'était montré exceptionnellement intelligent toujours très proche du mage qui lui laissait pourtant toute sa liberté. Le cerf n'était jamais enfermé, pouvant aller gambader en forêt comme bon lui semblait. Pourtant, il n'était jamais bien loin de son maître et il était normal pour tous de voir le grand cerf dormir dans l'atelier d'Elliel ou sur la terrasse de celui-ci lorsqu'il y travaillait. Il n'était pas rare non plus de le voir avec l'adolescent au palais de son père ou dans les allées de la ville.



Lorsqu'il avait été assez fort pour cela, Elliel s'était mis à éduquer l'animal pour le monter sur une suggestion de Glorfindel et de son père. La première fois qu'il était monté sur son dos resterait dans les mémoires de touts les elfes venus observer ce jour là. Rhîwial avait regardé avec une grande curiosité son maître grimper sur son dos, sans bouger. Il n'avait pas fait mine de vouloir le mettre par terre mais il avait voulu obtenir une caresse, de mettant à tourner en rond sur lui même pour approcher son museau de son cavalier qu'il ne parvenait pas à atteindre. En équilibre précaire, Elliel avait tenté de le faire stopper mais le cerf s'était pris les bois dans de basses branches, s'emmêlant les pinceaux alors que maître et monture terminaient rapidement au sol pêle-mêle. Toute noblesse envolée dans cette cascade comique, Elliel avait eu un fou rire mémorable comme tout les présents, le cerf affichant un air vexé alors qu'il s'était relevé et éloigné le nez relevé. Rhîwial n'avait jamais cherché à l'empêcher de grimper sur son dos et il s'était même rapidement mis à apprécier la chose pour emmener son maître dans de longue balades en forêt. Mais lorsqu'il voulait jouer, il gardait cette manie de tourner en rond sur lui même comme un chien voulant attraper sa queue dans l'espoir d'atteindre son cavalier. Lorsque ses bois étaient encore d'une taille raisonnable, il y parvenait mais son imposante ramure sortie grandissant doucement, il n'y arrivait plus, donnant lieu à des scènes comiques. Elliel avait passé beaucoup de temps à lui confectionner une selle et une bride spécialement pour lui. Chaque pièce de cuir noire était ornée d'or dans le même esprit que son bâton. Il y avait aussi des émeraudes et du mithril. Le jeune elfe avait mis beaucoup de cœur à confectionner des bijoux pour orner la ramure de son cerf, se plaisant à l'embellir alors que l'animal se prêtait au jeu avec joie.



Un peu plus de dix ans passèrent ainsi. Dix ans de paix et de tranquillité pour Elliel qui avait retrouvé sa sérénité. Mais tous avaient constaté le changement opéré depuis son enlèvement. Il avait perdu son innocence et sa naïveté, se comportant comme un adulte, le regard bien plus grave qu'il aurait dû l'être. Il n'était plus enclin aux blagues comme autrefois et il voyait le monde d'un autre œil plus sérieux et plus conscient des réalités. Il n'était plus l'enfant qu'il avait été avant sa disparition, loin de là. Il était mature malgré son jeune âge pour leur peuple, sage et éclairé, parfois désillusionné. Il avait pris sa place de prince auprès de son père qui partageait avec lui ce qu'il se passait en Terre du Milieu à sa demande. Mais au bout de cette décennie, le jeune elfe eut besoin d'autre chose, se mettant à rêver de voyage. Il s'était reconstruit chez lui, il voulait maintenant redécouvrir son monde et sa terre, la visiter en long en large et en travers, estimant son monde si précieux plus que jamais après ce qu'il avait vécu. Il avait envie de tout voir de la Terre du Milieu, d'en découvrir tout les secrets. Il y réfléchit tout l'hiver, en parlant avec son père qui eut bien du mal à se faire à l'idée de voir son plus jeune fils qui n'avait pas encore cent ans, voyager seul à travers le monde. Elliel se montra cependant persuasif, mettant en avant le fait qu'il était un très bon guerrier et un très bon magicien, qu'il savait se débrouiller et qu'il savait se faire discret. L'adolescent voulait découvrir son monde de ses yeux alors qu'il n'avait jamais connu que Fondcombe. Ayant promis à Ilùvatar de laisser son fils vivre comme bon lui semblait le jour où il l'avait sauvé, Elrond finit par céder, concédant que son fils chéri saurait se défendre.



Le jeune mage se prépara alors tranquillement, attendant que le printemps soit bien installé pour partir. À Fondcombe, tous furent tristes d'apprendre qu'il s'en allait, tous choyant le plus jeune elfe de leur peuple. Mais ils étaient aussi heureux de le voir retrouver le caractère aventureux de son enfance. Ce fut donc au premier jour de Juillet qu'il quitta Imladris, monté sur Rhîwial. Il prit vers l'est sans se presser, traversant les montagnes par les Hauts Cols. De là, suivant ses envies, il avança jusqu'à l'Anduin, le grand fleuve qu'il traversa à l'ancien gué pour ensuite poursuivre vers l'est et gagner la région de Rhosgobel en bordure de la Forêt Noire. Il eut alors la très bonne surprise de tomber sur Radagast qui le reconnu sur le champ malgré qu'il ne l'ait vu qu'une seule fois alors qu'il n'avait que quelques années. Comme tout les Istari, il était venu voir le jeune elfe si doué en magie lorsqu'il avait manifesté tout petit de puissants pouvoirs. Le magicien fut excessivement heureux de le revoir, l'invitant à rester un peu avec lui et lui faisant visiter ses bois avec beaucoup de joie et d'enthousiasme. Ce fut avec joie qu'Elliel accepta l'invitation, vivant alors au milieu des animaux avec le Brun, ravi de cette vie simple. Et Radagast s'était longuement extasié sur Rhîwial qu'il trouvait splendide. Il y sentait puissamment la magie du jeune elfe, assurant en apprenant son histoire que c'était certainement sa magie qui l'avait sauvé à la mort de sa mère. Et assura aussi que c'était ce même pouvoir qui l'avait rendu si majestueux et qui lui permettrait de vivre aussi longtemps que son maître vivrait, profondément lié à lui. Apprendre cela ravi Elliel alors assuré de garder son ami avec lui tout au long de sa vie.  

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