Mage d'Ilùvatar

Chapitre 10 : Le roi couronné

Par audragon

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 L'éclat s'éteignit, semblant disparaître des yeux de Thorin mais Elliel était désormais certain qu'il se battait encore.



- Sommes nous d'accord ? Demanda finalement Bard en brisant le silence. L'Akenstone en échange de ce qui a été promis ?



Thorin se mit à faire les cent pas, nerveux et colérique :



- Pourquoi devrais-je acheter ce qui m'appartient de plein droit ?! ragea-t-il pour ensuite les menacer copieusement quand Thranduil proposa de simplement vendre la pierre.



- C'est assez ! posa le Roi préparant ses troupes.



Gandalf tenta de le convaincre encore une fois, Elliel voyant Balin en faire de même.



- Quel est votre réponse ? demanda désespérément Bard. Voulez vous la paix ? Ou la guerre ?



Après un temps qui parût se faire éternité, un oiseau se posa près de Thorin qui se tourna vers eux, le regard haineux :



- Je veux la guerre, répondit-il en les choquant.



Pieds d'acier fit alors éruption par l'est, avec son armée faisant trembler la terre et surprenant Thranduil, qui voulut placer immédiatement son armée :



- Seigneur Thranduil, interpella Elliel en le figeant et le faisant se tourner vers lui. Par pitié, montrez l'exemple. Par pitié mon ami, ne laissez pas votre douleur et votre rancœur l'emporter. Vous devez vous battre vous aussi ou vous ne retrouverez jamais ce que vous chérissez tant. S'il vous plaît mon ami, ne faîtes rien d'inconsidéré.



Le Roi le fixa un moment dans les yeux, ordonnant finalement une simple position de défense face aux Nains et revenant à ses côtés, recevant un signe de tête approbateur. Ils écoutèrent ensuite Dain faire son discours et leur demander peu poliment de partir. Elliel vit Thranduil faire un effort pour ne pas céder à la provocation, Gandalf s'avançant pour tenter de calmer le Nain, rappelant la menace des Orques. Mais rien n'y fit, Dain voulant visiblement en découdre avec Thranduil qui resta tranquille malgré son envie terrible d'aller le faire taire. Il échangea un regard lourd avec Elliel, visiblement en plein dilemme. Le mage le regarda sérieusement murmurant pour lui :



- Vous êtes un grand roi Thranduil et vous n'avez toujours pensé qu'à la sécurité des vôtres. N'oubliez pas pourquoi vous vous battez. La haine et la violence sont des poisons vous éloignant de l'amour que vous chérissez tant, dit-il tranquillement.



Ces mots semblèrent décider le Roi qui s'avança au devant de ses troupes toujours en position défensive. Il ravala alors sa fierté pour tenter de calmer les choses :



- Nous ne sommes pas là pour nous battre, dit-il avec assurance et calme, nous sommes là pour voir votre prince honorer sa parole. Celle d'aujourd'hui et celle de jadis. Ou les Nains n'ont-ils aucun honneur ?



- Dit celui-ci qui nous a trahis ! hurla Thorin en faisant crier les siens d'approbation.



- Votre grand père fut le premier à briser l'accord ! Rétorqua-t-il. Je l'avais mis en garde pour le Dragon, je l'avais prévenu. Et il m'a renvoyé. Je lui avais conseillé de mettre en place des défenses. Et il m'a ignoré. Quand j'ai accepté et fait moult sacrifices pour récupérer ce qui m'appartenait et qui aurait dû m'être rendu sans concession. Il m'a trompé et trahis. Pourquoi aurais-je risqué la vie des miens ce jour là ?! Pourquoi aurais-je risqué ce que j'ai passé des siècles et des millénaires à chérir et protéger pour une lignée qui n'a pas d'honneur ! Posa-t-il froidement.



Cela ne fit que mettre les Nains plus en colère mais il poursuivit :



- Tous nous avons souffert, dit-il en regardant Elliel qui lui adressa un sourire et un signe de tête approbateur. Tous nous avons souffert. Le sang n'a-t-il pas assez coulé ?! Nous pouvons nous entendre sans heurt. Les Orques arrivent, nous serions ridicules de leur faciliter la tâche.



Il s'arrêta et un silence lourd tomba de nouveau. Les Nains trépignèrent, Dain semblant se demander s'il s'agissait d'une ruse ou non. Seulement personne ne su jamais quelle réponse il donnerait. La terre trembla, un grondement sourd raisonnant.



- Les grands Manges-Terres, bredouilla Gandalf alors que de gigantesques vers perçaient les monts au sud de leur position.



Tous se tournèrent vers eux, voyant le pire arriver. Les créatures disparurent et leurs tunnels se mirent à vomir des bataillons entiers d'Orques en armures, équipés pour la guerre. Elliel aperçut Azog donnant ses ordres de Ravenhill. L'ennemi chargea sur le champs. Thranduil lança immédiatement ses ordres pour placer ses soldats, comme Bard mais tout deux se tournèrent vivement vers le mage :



- Partez Elliel ! pressa Bard. Allez vous mettre à l'abri.



- Il a raison, partez vite, appuya Thranduil. Vous n'êtes guère en état pour une telle bataille. Laissez nous faire. Allez vous mettre à l'abri. Je ne tolérerais pas que vous soyez blessé.



- Rhîwial peut vous emmener en sécurité, continua Bard. Vous ne pouvez vous battre, remarqua-t-il gravement en sachant parfaitement dans quel état il était. Partez !



- Il est hors de question que je vous..., commença Elliel.



Il fut néanmoins interrompu par son cerf se redressant soudain. Une énergie qu'il connaissait bien se mit à émaner puissamment de lui alors que ses yeux se faisaient lumière blanche comme son pelage.



- Que faîtes vous mon Seigneur ? Demanda-t-il avec peur en levant les yeux au ciel.



Seul lui même, Bard et Thranduil l'entendirent mais une voix grave et profonde lui répondit, venant de nul part :



- Tu as fait ton devoir de guide et de conseiller mon enfant. De protecteur, dit-elle. Tu ne peux te battre, tu en as assez fait ces derniers temps. Je ne permettrais pas que tu risques ta vie dans ce combat.



La voix s'évanouit et Rhîwial bondit soudain, partant avec son cavalier qui tenta de l'arrêter sans succès.



- Qui était-ce ? Demanda Bard à Thranduil.



- Le protecteur du Prince Elliel, répondit-il l'air fasciné. Le Roi des Valar, Ilùvatar, dit-il en le surprenant. Il n'interviendra pas pour nous. Nous sommes maître de notre destin, mais il veille sur son mage. Elliel sera en sécurité, dit-il l'air rassuré.



Bard acquiesça et tout deux se concentrèrent complètement sur la bataille, les Orques approchant. Dain avait déjà replacé ses troupes pour les recevoir et Thranduil alla au devant des siennes pour les mener, Bard en faisant de même avec les siens. L'armée Naine comptait plus de cinq cent guerriers, celle de Bard deux cent et celle de Thranduil le double des deux autres. Pourtant, les Orques les surpassaient, masse grouillante dont on ne pouvait faire le compte. Personne ne recula cependant, faisant face. Le premier choc fut violent mais parfaitement géré alors que Thranduil se servait des positions des Nains pour avantager les attaques des siennes. Il plaça ses archers à l'arrière, leur ordonnant de tirer sur l'arrière de la masse ennemie alors que ses guerriers allaient aux corps à corps. Bard resta en retrait, laissant faire les chefs de guerre. Les Troll ne tardèrent pas à débarquer, faisant des ravages. Les elfes tirèrent alors de nouvelles salves, les chars des Nains entrant en scène pour renforcer leurs assauts, Azog ordonnant leur destruction.



Elliel lui, ne put rien faire contre sa monture sous l'emprise de son protecteur. Rhîwial l'emmena loin, sur un promontoire d'où il pouvait voir la bataille tout en étant à l'abri. Lorsque le cerf s'arrêta enfin, secouant la tête alors que la présence d'Ilùvatar s'évanouissait, Elliel était en larme sur son dos. Son corps n'était qu'un océan de douleur, les dégâts laissés par le combat avec Smaug atroces en plus de son immense faiblesse. La fièvre le rendait un peu confus alors qu'il peinait à respirer, tremblant comme une feuille. Il avait l'impression de brûler comme si le dragon crachait encore son feu sur lui. Pourtant, ce n'était pas pour cela qu'il pleurait, il pleurait de désespoir de ne rien pouvoir faire dans cette bataille. Il le savait bien. Il était incapable de se battre en cet instant, incapable de déployer la puissante magie dont-il aurait eu besoin. Il n'avait plus d'armure, plus d'armes et tenait à grand peine sur sa monture, ne pouvant que se laisser porter. Il ne pouvait rien faire mais laisser ses amis se battre seuls là bas, sans lui, était une torture pire encore que celle de ses blessures et de son état pour lui. Mais il n'y pouvait rien et Ilùvatar avait pris pour lui, la décision inévitable qu'il était incapable de prendre : quitter le champs de bataille et observer de loin. Il lui fallut un moment pour encaisser ce choc et se reprendre un peu. L'adrénaline de la rencontre avec Thorin et du début de la guerre retomba rapidement, laissant de nouveau entièrement place à sa souffrance qui le fit gémir. Il secoua un peu la tête pour tenter d'éclaircir sa vision trouble, tenant fermement son bâton et se concentrant sur le combat.



La première charge dura un long moment mais finalement, Azog ordonna l'attaque de Dale affolant un peu Elliel craignant pour les civils. Un bataillon d'Orques en attente fila alors vers la ville, Bard s'empressant de la rejoindre avec ses hommes pour la défendre. Des catapultes furent amenées par les Trolls, faisant bientôt pleuvoir les roches sur la ville, les Orques ne tardant pas à y entrer alors que Bard l'atteignait. Elliel vit Gandalf et Bilbon accompagner les Hommes, priant pour eux comme pour tous, pleurant encore de ne rien pouvoir faire. Il savait que son protecteur ne le laisserait pas y aller, le protégeant malgré lui. Ilùvatar n'intervenait que dans des cas exceptionnels pour les créatures de son monde mais il était une exception. Il l'aidait souvent de petites manières. Mais il n'intervenait pas directement lorsqu'il s'agissait des affaires des peuples de la Terre du Milieu. Il l'avait aidé à gagner Dol Guldur mais il ne l'avait pas aider à combattre les Nazguls et Sauron, comme il ne l'avait pas aidé à combattre Smaug. Elliel le comprenait, sachant que cela était leurs combats à lui et à ceux l'entourant et qu'ils devaient les mener eux mêmes. Seulement, Ilùvatar veillait sur lui et il ne le laisserait pas se jeter dans une telle bataille dans son état. S'il avait été en forme, il n'y avait nul doute qu'il l'aurait laissé faire ce qu'il voulait mais ce n'était pas le cas. Le Roi des Valars ne voulait pas perdre son mage et s'il était intervenu une fois pour le sauver, il ne pouvait dire non à la mort éternellement. Même lui ne pouvait faire cela. Alors il l'avait éloigné.



Le mage regarda Thranduil se battre, comme tout les autres, priant pour chacun d'entre eux. La bataille dura des heures, ses amis faiblissant alors qu'une deuxième vague d'Orques était arrivée. Les Nains, les Elfes et les Hommes étaient forts mais moins nombreux et le combat se faisait long. Et au grand désespoir d'Elliel, il n'y avait nul trace de Thorin qui se terrait dans la Montagne. Elliel vit Thranduil aller vers la ville, perdre sa monture alors qu'il redoublait d'efforts. Doucement, ils commencèrent à perdre inévitablement du terrain, Dain regroupant ses forces devant la grande porte, Bard tentant de protéger les siens en se repliant, Thranduil s'horrifiant de voir les siens tomber en masse.



- Thorin je vous en prie, nous avons besoin de vous, murmura Elliel en larme en regardant la Montagne. Les vôtres ont besoin de vous. Il faut vous lever et vous battre.



La situation continua à s'aggraver et puis soudain, Dain fut acculé devant les grandes portes. Il y eut comme une pause, lui permettant de réorganiser les rangs qu'il lui restait alors que quelques dizaines de mètres les séparaient des Orques qui s'étaient figés. Ils ne reprirent leur avancée que lorsque qu'une ligne de Troll prit la tête. Seulement, ils n'eurent pas le temps de faire un pas qu'un cor puissant retentissait. Elliel se redressa vivement sur sa selle, oubliant une seconde la douleur en fixant la grande porte pour y voir Bombur soufflant dans un cor d'Erebor. Un espoir fou l'envahis et il reporta son attention sur l'entrée. Le silence était tombé, brusquement brisé par une immense cloche d'or défonçant les renforts de pierres obstruant le chemin à la Montagne. Elle fut de nouveau avalée par le noir tunnel et soudain, Thorin en émergea. Dans son allure d'autrefois, il chargea vaillamment émerveillant Elliel comprenant qu'il avait vaincu les ombres. La Compagnie entière le suivait. Les rangs des Nains se fendirent dans un ordre parfait pour le laisser passer, tous se ralliant ensuite immédiatement à lui sans la moindre hésitation, le suivant à la bataille avec une détermination et une volonté revenue en force.



- Tous avec le Roi ! Hurla Dain.



Et tous s'élancèrent, le combat reprenant de plus belle. Les Nains se rallièrent à leur roi, fondant tel un tsunami dévastateur sur leurs ennemis. Et ils se firent d'une efficacité redoutable. Bard se reprit aussi, relançant sa propre charge avec cette volonté qui lui était propre, suivi en masse par les siens alors que même les femmes venaient aux secours de leurs hommes. Elliel vit la Compagnie faire des merveilles souriant doucement, soulagé. Thorin se battait vaillamment, vite rejoint par Dain qu'il étreignit comme si de rien n'était au milieu du combat. Il grimpa soudain sur un bélier après avoir parlé avec son cousin. Il rassembla ses meilleurs guerriers, partant à la charge vers Ravenhill et Elliel comprit sur le champs son intention, priant pour qu'il réussisse. Autant dire que la percée fut extraordinaire avec Balin conduisant un char Nain et avec Kili, Fili et Dwalin qui se battaient avec lui. Ils ne faisaient vraiment pas dans la dentelle et Elliel les reconnus bien là, suivant leur progression. Bofur les aida, ayant pris possession d'un Troll avec lequel il semblait beaucoup s'amuser. Les Warg tentèrent aussi de les arrêter mais rien n'y fit. Dwalin, Kili et Fili durent finalement abandonner le char, prenant les béliers le tirant. Balin resta derrière abattant nombre de loup de ses flèches.



En ville la situation s'améliorait doucement pour les Hommes, le Magicien, le Hobbit et les Elfes. Elliel perdit Thorin et les siens dans les brumes de Ravenhill, priant pour eux. Le mage repéra avec surprise Legolas et Tauriel arriver. La situation s'apaisa à Dale pour laisser le temps à Thranduil de constater le désastre et les corps des siens jonchant le sol. Et Elliel savait à quel point cela lui causait un mal atroce. Il ferma douloureusement les yeux lorsqu'il l'entendit sonner la retraite. Il n'approuvait pas mais il pouvait comprendre ce qu'il ressentait. Il voulait protéger ce qu'il restait des siens. Alors qu'il surveillait toujours la bataille, Elliel sentit une nouvelle pointe de douleur intense le parcourir et il se recroquevilla un peu sur lui même, tenant son bâton de toute ses forces. Il se concentra pourtant, ses yeux d'Elfes apercevant Legolas et Tauriel tenter de raisonner Thranduil. Tout deux partirent ensuite vers Ravenhill, laissant un Roi touché par son fils.



Elliel ne put pourtant s'empêcher de hurler de douleur lorsqu'une vision de Fili empalé sur l'épée d'Azog s'imposa dans son esprit. Il pleura, criant en comprenant que cela venait bien d'arriver. La Terre du Milieu lui murmurait. Fili venait d'être abattu. Il ne pouvait accepter ça ! Jamais ! Il était son ami. En larme, il releva un regard plein de rage vers Ravenhill, déterminé.



- À Ravenhill Rhîwial, ordonna-t-il. Trouve Fili.



Le cerf s'élança sur le champs et Elliel fut soulagé de constater qu'Ilùvatar ne l'arrêtait pas. En route, se concentrant sur ses amis pour oublier la douleur atroce qu'il accentuait, il vit les Chauve-Souris débarquer, priant pour que tous tiennent bon. Il lui fallut un long moment pour atteindre Ravenhill, Rhîwial lui faisant éviter les ennemis et lorsque c'était impossible, le cerf se chargeait lui même de leur cas. Et finalement, il arriva auprès du corps sans vie de Fili, l'endroit vide de présence. Il descendit de sa monture, le visage en larme posé sur son ami blond. Il s'avança, doucement, son état désastreux et sa douleur physique effacée par la douleur que son cœur ressentait à cette vue. Il s'agenouilla près du Nain, ravagé. Non, cela ne devait pas être. Il sursauta, lâcha un cri et pleura de plus belle lorsqu'une image de Kili subissant le même sort traversa son esprit.



- Non ! Non, pleura-t-il.



Il posa sa main avec son bâton sur la poitrine de Fili, fermant les yeux. Il se mit à prier dans sa langue, implorant son protecteur de sauver ses amis. Il le fit longuement, désespéré et lorsqu'il vit que rien ne se passait. Il voulut mobiliser sa magie pour tenter de le faire lui même. Fili et Kili ne devaient pas mourir !



- « Arrête mon enfant. » stoppa soudain la voix d'Ilùvatar dans son esprit. « C'est là leur destin. Ils ont vécu leurs vies comme ils l'entendaient et ils ont choisi cette mort. »



- Je ne le permettrais pas ! Pleura-t-il.



- « Tu ne peux vaincre la mort Elliel. »



- Mais vous si. Par pitié mon Seigneur, ramenez les ! Je ferais tout ce qu'il faudra. Mais ramenez les !



- « Elliel... »



- Ils ne doivent pas mourir ! Ce sont mes amis mais il n'y a pas que cela. Pour la Terre du Milieu, pour notre monde, pour nous qui en sommes l'essence. Ils ont de grandes âmes, de grands cœurs. Ce sont des gens exceptionnels qui ne feront qu'embellir et protéger notre terre. Elle ne peut se passer d'eux et ils y ont mérité leur place. Ils se sont battu pour nous, ils ont donné leur vies pour nous. Ne pouvons nous nous battre pour eux ?



- « Et que fais-tu de tout les autres morts Elliel ? Ils sont loin d'être les seuls. Pourquoi eux plus que d'autres devraient être sauvé. »



- Parce qu'ils sauveront plus de vies que nul autre et rendront heureux leur peuple, je le sais, dit-il.



- « Tu possèdes un merveilleux don que de sentir le monde que j'ai créé et son avenir. » remarqua-t-il soudainement la voix douce. « Je ne sais guère d'où cela te vient. Ma création s'est retrouvée bénie d'un esprit aussi puissant que moi et je pense qu'elle t'a pris en affection. C'est certainement elle qui te laisse la lire elle et son temps. Soit, si tu es certain qu'ils seront une bénédiction pour ce monde... »



Elliel sentit alors une énergie puissante se répandre en lui. Il rouvrit les yeux, se trouvant nimbé de lumière blanche. À cet instant, il se sentait terriblement puissant, toutes ses douleurs envolés. Un calme et une sérénité sans pareille s'emparèrent de lui, l'apaisant soudain et le détendant. D'instinct, il sut quoi faire, son bâton irradia d'un puissant éclat, sa main toujours posée sur le torse de Fili. Il y eu soudain une puissante onde d'énergie et le Nain ouvrit les yeux brusquement, prenant une grande inspiration et toussant un peu.



- Tout va bien mon ami, tranquillisa Elliel sachant que toutes ses blessures mortelles étaient guéries et qu'il allait bien.



Fili posa les yeux sur lui, l'air fasciné et émerveillé.



- Il m'a dit..., hésita-t-il. Ilùvatar, il m'a dit que c'était vous qui l'aviez convaincu de me ramener.



- Oui, comme si j'aurais laissé mon ami mourir, sourit-il en recevant la même expression. Mais vous aurez fort à faire dans l'avenir pour rendre cette dette.



- Que devrais-je faire ?



- Être quelqu'un de bien, un grand seigneur Nain qui rendra son peuple heureux et prospère. Un Seigneur Nain qui saura voir les siens, mais aussi les autres, répondit-il. Je sais que vous en êtes parfaitement capable Fili.



Celui-ci acquiesça et se releva alors que l'elfe en faisait autant. Sans discuter, il le suivit quand il lui demanda d'un geste. Ils déambulèrent dans les ruines, Elliel faisant figure d'ange nimbé dans sa lumière. Fili ne pouvait s'empêcher de l'admirer, réalisant à peine ce que l'Elfe venait de faire pour lui. Dehors, les cris des aigles géants se firent entendre, mais il n'y fit pas attention, suivant le mage et son cerf. Il revint brusquement à la réalité en trouvant son frère sans vie dans les bras d'une Tauriel dévastée lui tenant la main. Il accourut, dépassant le mage qui s'approcha doucement. L'Elfe et le Nain le regardèrent avec espoir lorsqu'il posa sa main et son bâton sur la poitrine de l'archer. Une nouvelle fois, il y eut une impulsion d'énergie et Kili reprit soudain vie, sa blessure guérie. Tauriel et Fili le serrèrent dans leurs bras à l'en étouffer mais ils le relâchèrent finalement et il se redressa, regardant Elliel debout devant lui.



- Je vous dois la vie, remarqua-t-il. Je l'ai vu.



- Comme moi, sourit Fili à ses côtés en lui faisant comprendre qu'il avait eu la même chance.



- Comment pourrais-je jamais vous remercier ? Demanda-t-il.



- En vivant votre vie sans égard pour les conventions et l'avis des autres, dit-il en regardant Tauriel tenant toujours la main du Nain avec douceur. Cela changera bien des choses.



Il approuva, promettant d'obéir bien qu'il ne comprenait pas encore ce qu'il voulait dire. Elliel se tourna vivement lorsqu'il vit soudain Thorin s'effondrer à son tour. Sans un mot, il partit dans sa direction, laissant Tauriel et Kili échanger leur premier baiser sous le sourire de Fili. Lorsqu'il arriva sur le glacier, tout était fini. Les aigles étaient venus à leur secours et il voyait Beorn et Radagast loin en bas. Les chef Orques étaient en déroute, Azog mort. Tout cela permis aux Hommes, aux Elfes et aux Nains de se rallier dans la vallée, Thranduil finalement toujours là. Ils reprirent alors l'ascendant pour ne plus le perdre, mettant l'ennemi en déroute. Mais il ignora tout cela, se dirigeant vers un Thorin sans vie et un Bilbon effondré à ses côtés. Le Hobbit ne le vit qu'au dernier moment, relevant un regard émerveillé vers l'Elfe entouré de lumière suivit de son cerf. Il tenait son bâton, souriant doucement malgré les traces de larmes sur ses joues. Ses yeux brillaient follement, plus beaux que toutes les émeraudes du monde. Il vint s'accroupir avec élégance près de Thorin.



- Prince Elliel, bredouilla Bilbon.



Il lui sourit en réponse, reportant son attention sur Thorin. Il posa sa main sur son torse avec son bâton et une puissante lumière se manifesta une dernière fois, ramenant le Nain à la vie. Celui-ci regarda autour de lui précipitamment, respirant brusquement alors que Bilbon n'en revenait pas. Il fixa bientôt son regard sur l'Elfe et un long silence s'installa entre eux. Elliel lui sourit finalement largement :



- J'ai dis : vous serez un grand Roi sous la Montagne Thorin. Interdiction de mourir avant d'être monté sur ce trône, dit-il en faisant doucement rire Bilbon et le Nain.



- Je vous jure de ne jamais vous décevoir, dit-il ensuite plus sérieusement. Jamais plus je ne vous décevrez, vous ou mes amis, dit-il en regardant Bilbon.



- Vous ne nous avez jamais déçu mon ami, répondit Elliel en se relevant. La bataille se termine, nous sommes vainqueurs, remarqua-t-il. Il est grand temps d'être Roi.



Thorin lui sourit, se redressant lentement. Lui et Bilbon le regardèrent remonter sur son cerf et s'éloigner, voyant avec joie, Fili et Kili qui arrivaient en courant avec Tauriel. Et alors que Thorin regardait Elliel s'éloigner, il réalisait tout ce qu'il lui devait. Pendant que Rhîwial lui faisait quitter Ravenhill, Elliel sentit le pouvoir de son protecteur le quitter. La douleur revint en force, son corps subissant de nouveau son état atroce. Il sentit le feu de Smaug le brûler comme la première fois, ses ténèbres l'empoisonnant. Sa tête menaça d'exploser alors qu'il avait l'impression de peser des tonnes. Il faillit tomber et ce fut Rhîwial qui le tint en selle, renversant la tête en arrière pour l'entourer de ses bois. Il peina à respirer, le monde tournant terriblement autour de lui. Il lâcha un cri de douleur, convulsant presque sous le retour brutal de la souffrance. Il dut lutter contre l'inconscience, se rendant à peine compte que Rhîwial l'emmenait doucement. Lorsqu'il reprit un peu ses esprits, il s'aperçut que son cerf l'avait amené à mi-chemin entre Dale et la Montagne. Ils étaient sur une petite plateforme de pierre abritée par la colline dont-elle habillait le flanc. Difficilement, il descendit ou plutôt, il laissa Rhîwial le descendre de sa selle, s'asseyant au sol lourdement. Le cerf s'allongeant derrière lui et il put s'appuyer contre son épaule, cédant bientôt à l'inconscience alors qu'il gémissait de douleur.



Il ne sut pas combien de temps il en fut ainsi mais lorsqu'il se réveilla. Un feu brûlait doucement non loin et il faisait nuit. Il était toujours là où Rhîwial l'avait amené et il sentait d'ailleurs le flanc chaud du cerf dans son dos. Il mit un très long moment à reprendre ses esprits, discernant vaguement une silhouette s'approcher doucement



- Tenez, buvez prince Elliel, fit une voix douce.



Une main glissa sur sa joue, lui redressant la tête. Un gobelet fut présenté à ses lèvres et il but doucement, fermant les yeux alors que la fraîcheur de l'eau lui faisait le plus grand bien. Il se sentait toujours brûler, la douleur atroce.



- Sigrid, bredouilla-t-il en reconnaissant la demoiselle.



- Je suis là, je m'occupe de vous, assura-t-elle alors qu'il sentait qu'on lui rafraîchissait le visage.



Il mit un bon moment à se reprendre. Il se rendit compte que son cerf ne portait plus son équipement, celui-ci posé non loin. Il était allongé derrière lui alors qu'il reposait contre son flanc chaud. Sa couverture elfique le couvrait soigneusement. La fille aînée de Bard était là, près de lui, souriant doucement et lui laissant le temps dont-il avait besoin pour se réveiller. Et il y parvint finalement, regardant le petit camps installé autour de lui. Il était seul avec la demoiselle qu'il regarda avec interrogation.



- Après la bataille, commença-t-elle alors, quand tout a été fini et que tout fut calmé. Nous vous avons cherché. Papa a dû s'occuper des autres alors je lui ai promis de vous trouver et de veiller sur vous. Lorsque le soleil s'est couché, je vous ai enfin trouvé quand un rayon de soleil à frappé Rhîwial un instant. D'ici, on voit toute la vallée et la ville mais je peux vous assurer qu'on ne vous voit pas de là bas. Je vous ai trouvé et je ne vous ai plus quitté. Vous êtes resté inconscient longtemps.



- Merci beaucoup Sigrid, remercia-t-il la voix pâteuse et rauque. Combien de temps ? Demanda-t-il laborieusement.



- Deux nuits et une journée, répondit-elle. Personne ne sait que vous êtes là.



Il approuva légèrement, fermant les yeux.



- Reposez vous, je veille sur vous, assura l'adolescente.



Il céda alors de nouveau au sommeil, à bout de force. Plusieurs fois il se réveilla quelques instants, à peine conscient et à chaque fois. Sigrid était là, lui donnant à boire et à manger, l'aidant au mieux. Ce ne fut qu'au matin le lendemain qu'il reprit vraiment conscience, la jeune fille toujours près de lui. Elle lui offrit de nouveau à boire, épongeant son visage en sueur alors que son état ne s'était guère amélioré.



- Merci Sigrid, dit-il doucement.



- Ce n'est rien, sourit-elle. Tout est fini maintenant, vous êtes libre de rentrer chez vous pour que votre père vous soigne, dit-elle terriblement inquiète pour lui.



- Oui, j'aimerais tellement rentrer chez moi, soupira-t-il à bout de force. Je dois aller voir Thorin puis je me mettrais en route avant ce soir.



- Le roi Thranduil acceptera sûrement de vous donner une escorte, remarqua-t-elle.



- Je vais rentrer seul, répondit-il en la choquant. Le Roi Thranduil a besoin de tout les siens après pareille épreuve.



- Vous ne pouvez pas entreprendre un tel voyage seul dans votre état, s'inquiéta-t-elle. Il faut que quelqu'un veille sur vous et vous aide.



- Ça ira Sigrid, ne vous en faîtes pas pour moi, dit-il avec un pâle sourire.



- Mais je m'en fais justement. Je vois bien que vous êtes au plus mal. Vous êtes mon ami, confia-t-elle, j'ai peur pour vous, dit-elle en tenant sa main valide.



Il lui sourit doucement, touché.



- C'est un immense honneur pour moi que d'être l'ami d'une si jolie demoiselle avec tant de bienveillance, dit-il en la faisant sourire et rougir un peu. Ça ira pour moi Sigrid, Rhîwial veillera sur moi, assura-t-il en relevant le regard vers son cerf qui vint effleurer sa joue de son nez.



Elle n'eut pas l'air convaincu un instant mais elle ne dit plus rien, l'aidant plutôt à boire de nouveau. Elliel prit un moment pour se réveiller complètement et reprendre ses sens, se sentant terriblement épuisé, la douleur insoutenable. Il demanda finalement à la jeune fille de l'aider à se préparer. Elle rangea alors le petit camp et ses affaires. Elle le soutint quand Rhîwial se releva et elle regarda avec émerveillement la magie lui remettre son équipement en quelques secondes. Elle fut près de lui lorsque le cerf le releva en lui donnant ses bois. Elle l'aida à remettre de l'ordre dans sa tenue alors qu'il portait des vêtements d'un gris clair offerts par Thranduil. Puis elle le regarda se mettre péniblement en selle, lâchant un cri de douleur qui lui fit monter les larmes aux yeux. Il respira un moment, se redressant ensuite. Il se tourna vers elle avec un air rassurant qui ne la dupait plus :



- Je vous remercie demoiselle, pour tout, dit-il. Je vais aller voir Thorin puis je me mettrais en route. Mais je reviendrais vous voir dés que possible soyez en certaine. Retournez auprès de votre famille Sigrid.



Elle acquiesça, le laissant passer alors que le cerf se mettait doucement en route. Elle le regarda s'éloigner, très inquiète. Elliel était devenu si important pour elle, pour sa famille. Elle l'admirait plus que tout, seul son père adoré le dépassait. Savoir qu'il allait entreprendre un tel voyage dans son état, seul, la terrifiait. Aussi, très vite, elle prit sa décision, partant en courant à toute jambe vers Dale. Elle devait parler à son père.



Il fallut un moment mais Elliel fut finalement sur la route menant à la Montagne. Il se maîtrisa autant que possible pour ne rien laisser paraître. Il ne voulait inquiéter personne avec son état. De toute manière, ils n'y pouvaient rien. On était en train de nettoyer le champs de bataille mais il n'y fit pas attention traversant les fumées des bûchers allumés pour brûler les cadavres de leurs ennemis. Il arriva finalement à la grande porte gardée par quatre Nains en armure qui se tendirent à son approche. Seulement, il n'eut pas à ouvrir la bouche, Fili arrivant en courant de la Montagne.



- Prince Elliel ! Dit-il en courant jusqu'à lui en souriant et marchant à côté du cerf. Nous vous avons cherché partout après la bataille.



- J'avais besoin d'un moment de repos, répondit-il alors que Fili faisait signe aux gardes de se détendre.



- Je m'en doute, approuva-t-il alors qu'ils entraient dans Erebor ensemble. Nous vous devons tant. Thorin voulait vous voir.



- Je viens justement pour lui, expliqua-t-il.



Sans discuter, le blond le mena rapidement vers son Roi. Rhîwial n'avait aucun mal à évoluer dans les gigantesques allées d'Erebor et il put donc l'emmener. Fili le conduisit jusqu'à l'entrée d'une grande salle, s'arrêtant à l'entrée.



- Il est là, dit-il en souriant doucement. Il est seul, assura-t-il.



Elliel le remercia et entra avec son cerf, découvrant une vaste pièce emplie de trésors plus précieux les uns que les autres. Thorin était là, habillé simplement comme il l'avait toujours connu. Il était appuyé et penché sur une petite table de pierre où reposait un coffret. Et dans ce coffret, l'Arkenstone plus brillante que par le passé. L'entendant entrer, il releva le regard, son visage se fendant d'un magnifique sourire lorsqu'il le reconnu. Il se redressa, Elliel ravi de voir dans son regard qu'il ne subissait plus aucune influence. Rhîwial s'allongea doucement et l'aida à descendre, le mage s'appuyant sur son bâton.



- Allez vous bien ? Demanda immédiatement Thorin en s'approchant de lui l'air inquiet.



- Vous ramener vous et vos neveux à la vie ne fut pas sans effort, sourit-il doucement.



- Vous nous avez sauvé, malgré tout le mal que j'ai pu vous faire, remarqua le Nain.



- Vous ne m'avez fait aucun mal Thorin, ce sont les malédictions qui l'ont fait. Vous n'avez rien à vous reprocher. Vous avez vaincu ces maléfices, tout ira bien maintenant, assura-t-il.



- C'était grâce à vous, à Bilbon et aux autres, répondit Thorin. Vos voix m'ont atteint. Elles m'ont réveillé, montré le véritable trésor. Sans vous je..., dit-il visiblement encore touché par ce qu'il s'était passé.



- Vous n'oublierez plus ce qui est important maintenant, sourit Elliel alors qu'il acquiesçait. Aujourd'hui, vous êtes vraiment Roi sous la Montagne pour moi, dit-il alors qu'ils s'approchaient de l'Arkenstone. Elle est vraiment à vous désormais. Elle vous sera fidèle. Son pouvoir est plus fort que jamais. Elle ne sera plus une malédiction mais une bénédiction. Elle nettoiera la Montagne et son trésor des maléfices de Smaug, de toute influence néfaste et elle vous protégera. Vous avez passé le test, dit-il en le regardant. Vous serez parmi les plus grands des Rois Nains.



Thorin lui adressa un élégant signe de tête, l'air fier et plus apaisé que jamais. Ce fut alors qu'Elliel aperçu un trésor bien particulier derrière lui, avançant vers lui.



- Les gemmes blanches de Lasgalen, dit-il en admirant le magnifique collier. Les gemmes blanches des Vertes Feuilles. Ceci est à l'origine de votre querelle avec Thranduil, remarqua-t-il alors que le Nain le rejoignait. Savez pourquoi ?



- Thranduil voulait ce collier et mon grand père lui a refusé, répondit-il.



- Savez vous pourquoi Thranduil est allé si loin pour lui ?



- Non, avoua-t-il.



- Ce collier et ses joyaux sont une création de la main de Thranduil, révéla-t-il en surprenant le Nain. Il voulait le plus beau des bijoux pour orner et embellir le plus grand de ses trésors. L'amour de sa vie, sa femme à qui il l'a offert avec tout son amour, raconta-t-il. On dit qu'elle le portait toujours, qu'elle l'adorait pour ce qu'il représentait pour elle. Elle le portait aussi sous son armure le jour où elle fut tuée dans une bataille à Gundabad. Elle aurait perdu son collier dans le combat. Elle est morte là bas, son joyau perdu. Cela a détruit Thranduil. Les Elfes sont immortels mais la mélancolie et la douleur de perdre l'unique amour de nos vies peuvent nous tuer plus efficacement qu'une lame en plein cœur. Thranduil depuis lors, s'est focalisé sur la protection de tout ce qu'il aimait, promettant de ne plus les perdre : son fils qu'il aime plus que sa vie et son peuple. Il est terrifié à l'idée de les voir souffrir et mourir. Pour cela, il ne s'est plus que concentré sur eux après cette perte. Puis il a appris que le collier de son amour avait été retrouvé, par votre peuple. Il est venu réclamer son bien, l'unique souvenir de son amour disparut. Au début, on lui avait promis de lui restituer sans condition en échange d'un trésor Nain qu'il avait en sa possession. Il accepta sans condition et rendit ce qu'on lui demandait. Seulement, votre grand père ne tint pas sa promesse. Il réclama davantage, Thranduil lui donna et il ne tint toujours pas sa promesse. Thror exigea qu'il s'incline devant lui pour le récupérer, il le fit et il ne tint pas sa promesse. Il s'amusa à humilier Thranduil plusieurs fois sachant à quel point il voulait récupérer son trésor. Et jamais il ne lui rendit.



Le mage garda le silence un instant, un coup d’œil sur Thorin lui apprenant que cette histoire changeait au moins un peu sa vision du Roi Elfe.



- Lorsqu'il a vu le danger, Thranduil, malgré leur mésentente, a prévenu votre grand père pour les dragons risquant de venir pour son or. Il lui a conseillé des défenses, des mesures de précaution. Conseillé de disperser son trésor en plusieurs endroit pour éviter le désastre. Il s'est fait renvoyé comme un mal propre. Par le passé, Thranduil avait déjà affronté les dragons. Il savait à quel point ils étaient de redoutables ennemis. Le jour de l'attaque de Smaug, sa rancœur envers Thror et les Nains était grande. S'il ne s'est pas engagé pour combattre Smaug, ce fut parce qu'il savait qu'il risquait d'y laisser son armée entière sans vaincre le dragon. Plus d'un millier des siens. Après les souffrances que son cœur avait enduré, il n'a pas eu la force de prendre ce risque et il a préféré protéger son peuple avant tout.



Son histoire terminée, l'Elfe regarda une fois de plus Thorin qui réfléchissait :



- Je dois avouer, dit-il finalement, que cela change les choses. Je ne savais pas.



- Vous savez maintenant. Cela ne change en rien le fait que Thranduil aurait pu vous aider ce jour là. Il avait de bonnes chances de vaincre avant que Smaug ne se mette à couver cet or qui l'a rendu plus puissant. Cela ne change pas le fait qu'il aurait pu vous aider vous et votre peuple dans votre fuite et la vie que vous avez dû mener ensuite. Cependant, sa réaction est compréhensible, sa colère à votre égard légitime.



- J'aurais certainement agis de même, avoua Thorin.



- En effet, s'amusa Elliel. Vous et Thranduil vous ressemblez énormément, ne vous en déplaise. Si on oublie vos différences de peuple. Vous êtes aussi entêtés l'un que l'autre, aussi rancuniers, aussi prompts à la colère, aussi fermés à la compréhension de vos ennemis. Vous avez tout les deux sale caractère, remarqua-t-il en faisant sourire le Nain. Mais tout deux, vous êtes d'une loyauté sans faille envers ceux que vous aimez, envers vos peuples. Vous êtes tout deux de grands rois. Vous êtes tout deux, généreux, courageux et bienveillants. En sommes, vous n'êtes pas si différent.



- Je restituerais ceci à Thranduil sans concession, promit Thorin. Et... je m'excuserais, dit-il plus bas.



- Et vous prouverez ainsi que vous savez reconnaître vos erreurs et celles de vos ancêtres. Si vous faîte cela, je suis certain que Thranduil sera bien plus conciliant. Cela demandera du travail mais vous pouvez rebâtir des relations amicales entre vos peuples. Thranduil est têtu mais il sait aussi voir où est son intérêt. Je ne dis pas que vous devez être ami mais pour le bien de vos communautés, vous devez vous entendre. Restituer ce collier sera ouvrir la porte à une grande alliance. N'en doutez pas.



- J'essaierais, promit-il.



Elliel sourit, amusé de sentir sa réticence. Mais il savait qu'il ferait ce qu'il fallait.



- Et pour les survivants d'Esgaroth ? Demanda-t-il.



- Je vais leur remettre ce que j'avais promis et davantage pour la restitution de l'Arkenstone, promit-il. Des Nains préparent déjà des coffres pour eux. Et j'ai également promis l'aide des Nains d'Erebor pour rebâtir leur ville, gratuitement. Je tiendrais toutes ces promesses, assura-t-il avec force.



- Je n'en doute pas mon ami, répondit-il.



- Et vous ? Que souhaitez vous en remerciement pour tout ce que vous avez fait ? Demanda le Roi Nain.



- Je ne veux rien Thorin, dit-il en le surprenant. Le trésor d'Erebor ne m'a jamais intéressé. Mon trésor est dans les yeux de ceux que j'aime. Vous avez aussi appris cela maintenant. Je ne veux rien. Vos promesses de rétablir ce qui doit l'être me suffisent. Vous voir vaincre ces malédictions m'a suffit. Je n'ai besoin de rien. J'ai déjà tout ce dont on peut rêver.



- Resterez vous un peu ? Demanda Thorin. Il va y avoir de grandes fêtes et le couronnement.



- Votre couronnement, j'y ai assisté quand vous avez jeté la couronne dont vous vous étiez affublé et que vous êtes venu au secours des vôtres, détruisant ces maléfices. Je vais rentrer chez moi maintenant. Ma maison me manque et je suis fatigué. Ma famille m'attend avec grande inquiétude. Je prend la route tout à l'heure. Mais soyez assuré que je reviendrais vous voir, promit-il. Et je serais ravi de visiter Erebor avec vous alors.



- Je vous montrerais notre royaume avec plaisir, sourit le Nain. Erebor retrouvera sa splendeur comme vous l'avez espéré. Prenez vous la route seul ?



- Oui. Tous ici ont fort à faire. Je vais rentrer seul.



- On m'a raconté votre combat contre Smaug. Bard m'a dit que vous n'aviez plus ni arme ni armure.



- En effet, approuva-t-il.



- Alors prenez ceci, répondit le Roi en détachant son épée de sa taille.



- Orcrist, remarqua Elliel. Mon père vous l'a offerte Thorin, elle est à vous.



- Et je vous l'offre à mon tour. Pour vous remercier mon ami. Je vais reprendre une bonne veille épée naine, sourit-il. Et je ne peux vous laisser entreprendre le retour sans arme. Prenez là s'il vous plaît.



Elliel accepta alors avec un beau signe de tête, allant attacher l'épée dans son fourreau à sa selle. Il remonta ensuite sur son cerf qui se releva, Thorin s'approchant :



- Merci pour tout, dit alors le Nain. Je vous dois beaucoup. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit. D'un peu d'or, sourit-il, d'une arme, d'une armée,... je serais là, assura-t-il. Et cette Montagne vous sera toujours ouverte.



- Merci Thorin.



Le Nain lui sourit, marchant ensuite avec lui pour sortir. À la grande porte, ils retrouvèrent toute la Compagnie, Bilbon et Gandalf. Longuement, Elliel les salua tous, Fili et Kili se montrant très émus devant son départ, promettant de chérir à jamais la vie qu'il leur avait rendu. Le mage jura de revenir les voir aussi rapidement que possible, annonçant qu'il passerait du temps avec eux à ce moment là. Bilbon lui assura qu'il repasserait à Imladris pour le voir sur le chemin du retour, Elliel assurant qu'il y était le bienvenu. Il salua Mithrandir qui le pria de faire attention sur la route, puis il quitta Erebor.



Il laissa son masque glisser un peu alors qu'il avançait vers Dale. Il se sentait terriblement mal, mais il devait tenir jusqu'à Imladris. Le voyage allait être horriblement pénible et il espérait que tout se passerait bien. Il n'avait plus de poursuivants. La bataille à Dol Guldur avait dû grandement affaiblir les ténèbres en Forêt Noire, comme la fuite de Sauron. La guerre pour la Montagnes avait décimé des légions d'Orques et de Gobelins, cela les calmerait pour un moment et ils retourneraient se terrer dans leurs noirs refuges. Et cette fois, il n'entrerait pas chez les Gobelins aussi, le voyage s'annonçait plus calme. Seul les rudesses de l'hiver approchant l'inquiétaient un peu mais il se sentait tellement brûler que le froid lui faisait envie en ce moment. Alors qu'il allait vers Dale, il vit Bard et sa fille en sortir précipitamment, souriant en le voyant. Ils le rejoignirent en courant :



- Je suis heureux de vous voir, remarqua Bard, Sigrid m'a dis que vous rentrez seul ? S'alarma-t-il.



- Oui, acquiesça-t-il. Ça ira Bard, assura-t-il en forçant un sourire.



- Je viens avec vous, imposa alors la jeune fille avec détermination.



Elliel la regarda, remarquant qu'elle était chaudement vêtu, portant dans son dos un gros sac de cuir plein, une grosse couverture roulée y étant attachée avec une outre. Elle était prête à partir et avait l'air décidée.



- Vous ne pouvez pas partir seul dans votre état, dit-elle avec inquiétude. Vous luttez déjà pour rester conscient, remarqua-t-elle. Et il vous faut de l'aide pour vos soins et pour le reste. Vous pouvez à peine bouger. Je viens avec vous, dit-elle.



Elliel regarda Bard qui observait sa fille avec un sourire fier devant la force qu'elle affichait. Il semblait avoir accepté cette possibilité.



- C'est son choix, dit l'archer en sentant son regard. Elle souhaite vraiment vous accompagner et veiller sur vous. Je ne l'empêcherais pas de vivre sa vie, dit-il alors qu'elle lui souriait. Et vous voir partir seul ne me plaît pas non plus. Je serais bien venu mais...



- Les vôtres ont besoin de vous, termina Elliel. Si vous venez avec moi Sigrid, vous serez loin de votre famille pendant un bon moment. Vous êtes la bienvenue à Imladris, comme toute votre famille. Vous êtes mes amis, dit-il en les faisant sourire. Mais je ne voudrais pas vous séparer juste pour que vous m'aidiez.



- S'il vous plaît prince Elliel, pria-t-elle. Laissez moi venir avec vous, insista-t-elle.



Il la regarda dans les yeux un moment, y trouvant une détermination sans faille. Il soupira alors :



- Très bien, acquiesça-t-il. Je veillerais sur elle Bard, je vous le jure sur ma vie. Et lorsqu'elle voudra rentrer, je l'accompagnerais moi même, assura-t-il.



L'archer le remercia, aidant ensuite sa fille à monter derrière lui quand l'elfe l'y invita. Et Rhîwial ne s'en montra nullement gêné.



- Rentrez vite vous faire soigner Elliel. Il est plus que temps, remarqua Bard. Lorsque vous reviendrez, nous pourrons passer ensemble des temps plus tranquilles.



- J'en serais ravi, répondit-il. Thorin va vous aider, il me l'a promis et cette fois, je sais qu'il tiendra parole.



- Je le sais. Nous avons longuement discuté hier, remarqua-t-il. Merci pour tout Elliel. Allez maintenant, le voyage sera long et vous devez rentrer au plus vite.



Il embrassa sa fille, la priant de prendre soin d'elle et de l'Elfe puis le duo se mit en route, contournant la ville. Elliel choisit de demander à Rhîwial de tenir une cadence soutenue même si cela le faisait souffrir davantage. Il voulait rentrer au plus vite. Noyé dans la douleur, il se focalisait sur le visage doux du Seigneur de la Maison de la Fleur d'or qui lui manquait terriblement. Seul cette image l'aidait maintenant à garder un tant soit peu ses esprits. Il faiblissait de plus en plus sous son état atroce alors que seul sa volonté lui permettait encore de lutter contre la souffrance. Le visage doux de Glorfindel flottait dans son esprit, comme toujours depuis son départ mais plus encore depuis qu'il avait à lutter contre la torture de Smaug. Il lui manquait terriblement. Il avait tellement envie de le retrouver. Il voulait donc voyager vite malgré la douleur. Dés le premier soir lorsqu'ils s'arrêtèrent, Elliel loua la présence de Sigrid qui l'aidait énormément et prenait soin de lui. En selle, elle l'aidait à garder son équilibre, lui parlant doucement pour qu'il puisse se concentrer sur elle. Elle veillait étroitement, le faisant boire et manger, le soutenant. Très vite, ils commencèrent à discuter pour permettre au prince de se détourner de la douleur. Et celui-ci se mit alors à lui parler de ce qu'il avait pu voir de plus extraordinaires dans ses voyages, cela lui faisant aussi du bien, ses beaux souvenirs l'aidant à s'apaiser.



Il fallut trois jours pour gagner Esgaroth où ils s'arrêtèrent. La ville fumait encore. Ils s'y arrêtèrent une nuit, Sigrid soignant Elliel qui hurla plusieurs fois. L'Elfe parvenait de moins en moins à cacher sa douleur, l'angoissant terriblement alors qu'elle espérait qu'il supporterait le voyage. Son état était atroce. Un mois avait passé depuis le combat contre Smaug et ses brûlures restaient identiques au premier jour malgré les soins. La jeune fille eut même l'impression qu'elles s'étaient étendues un peu. Elle ne savait pas si cela était possible ni comment mais elle n'en n'avait pas parlé au mage pour ne pas l'inquiéter davantage. Il n'en n'avait pas besoin dans son état. Un jour plus tard, ils arrivaient chez Thranduil. Sigrid s'émerveilla de la magnifique cité elfique, vite refroidie par la condescendance que les Elfes affichèrent à son égard, la prenant de haut. Ils respectaient énormément Elliel mais ils la faisaient se sentir comme si elle était un déchet indigne de la compagnie du Prince. Ils furent reçu par un Seigneur de la ville, Thranduil encore à Dale. Elliel cacha son état avec brio et ils n'y passèrent qu'une nuit, repartant le lendemain matin.



Il fallut ensuite trois jours à bonne cadence pour arriver à la Rivière Enchantée dans la Forêt Noire. Elliel s'était un peu détendu à propos du lieu après la première journée dans les bois. Malgré sa magie au plus bas et ses perceptions très affaiblies, il avait vite compris que chasser Sauron de Dol Guldur avait eu son effet. L'air était plus respirable et la magie illusoire de la forêt était passée à une neutralité confuse, ne les embrouillant plus. Après tout ce qu'elle avait vu passé dernièrement, elle ne semblait plus savoir pour qui ou contre qui elle devait travailler. Elle se faisait alors neutre. Elle ne travaillait pas pour lui mais contrairement à la dernière fois, elle n'était pas contre lui non plus et cela facilita beaucoup les choses. Et puis il n'y avait plus trace d'araignées ou de créature sombre. Elles devaient avoir fuis vers le sud, s'éloignant du royaume elfique après la baisse de puissance des ombres. Après trois jours, ils arrivèrent donc au pont de pierre effondré.



- Comment allons nous passer ? Demanda Sigrid derrière lui.



- Accrochez vous, répondit-il d'une voix faible.



Il allait de mal en pire maintenant, Sigrid le poussant à dormir contre elle le plus possible, le tenant avec précaution en louant la légèreté des Elfes et la souplesses de la démarche du cerf. Elle était terriblement inquiète alors que le mage ne pouvait plus retenir ses gémissements de souffrance, sa fièvre incontrôlable alors qu'il tremblait sans discontinuer. Il peinait à respirer et il était de moins en moins conscient. Il avait même dû se résoudre à attacher son bâton à sa selle, ne pouvant plus le tenir constamment. Il avait pourtant toujours sa main valide dessus, Sigrid ayant bien remarqué depuis qu'elle l'avait rencontré qu'il ne le lâchait que lorsqu'il n'avait pas le choix. Elle était rassurée de savoir que Rhîwial pouvait les amener à Imladris sans qu'on le conduise. Elle s'émerveillait toujours autant de l'intelligence du cerf qui la fascinait. Elle doutait qu'Elliel ait pu trouver le chemin dans son état.



- Rhîwial va sauter, annonça le mage.



Elle s'y prépara alors sans appréhension. Elle avait confiance en cette splendide monture. D'une main, elle s'accrocha solidement à la selle et elle passa un bras autour du mage pour l'aider à tenir. Sachant parfaitement où étaient les brûlures, elle fit bien attention à ne pas les toucher, habitué alors qu'elle le tenait souvent depuis la demeure de Thranduil. De son côté droit brûlé, seul sa hanche était épargnée et ce fut donc là qu'elle posa sa main, son bras gauche atour de lui. Le cerf prit un peu d'élan et sauta facilement la rivière. Seulement, l’atterrissage, s'il fut très doux pour elle, fut un choc pour Elliel qui hurla de douleur. Rhîwial s'arrêta comme à chaque fois que le voyage était trop pénible pour son maître. Sigrid le tint contre elle pour ne pas qu'il tombe, lui parlant doucement comme à chaque fois pour l'aider à s'apaiser. Elle attrapa un linge pour éponger son visage couvert de sueur. Elle sursauta lorsque le bruit de chevaux se fit entendre sur le chemin devant eux, arrivant dans l'autre sens. Ils semblaient être dans un grand trot qui ne devait pas être évident sur le fin sentier. Les cavaliers devaient être bons. Elle se tendit alors que le mage tentait de se redresser un peu. Elle le vit tendre difficilement une main vers son épée mais elle savait qu'il ne pouvait se battre. Rhîwial releva la tête, les oreilles dirigée dans la direction du bruit. Il huma l'air mais il restait tranquille, parfaitement calme. Elliel abandonna alors l'idée de prendre son épée en s'en apercevant et elle devina que ceux qui arrivaient ne devaient pas être dangereux. Elliel lui avait expliqué que s'il était inconscient, elle pouvait se fier au cerf pour le danger alors qu'il s'y fiait lui même.



Elle reporta son attention sur le chemin et bientôt, elle vit un groupe de cinq Elfe émerger en catastrophe des arbres l'air complètement paniqués. Quatre hommes et une femme. Ils étaient en armures, armés, leur chevaux portant chacun plusieurs paquetages. Ils étaient des elfes mais pourtant, ils semblaient très différents de ceux qu'elle connaissait. Leurs vêtements et leurs armures étaient différents. Au devant de leur file, il y avait un grand elfe splendide dont les cheveux ressemblaient à une rivière d'or. Il était magnifique mais il avait aussi l'air paniqué et il le fut encore davantage lorsqu'il posa les yeux sur Elliel mal en point. Il stoppa sa monture blanche et sauta de selle, sa cape volant derrière lui. Et il se précipita vers eux :



- Prince Elliel ! S'écria-t-il.



Elle sentit le mage se figer contre elle à sa vue, ne sachant que penser mais elle sut que le nouveau venu ne lui était pas inconnu lorsqu'il murmura d'une voix emplie d'un bonheur et d'un soulagement qu'elle perçut nettement :



- Glorfindel, bredouilla-t-il.



Alors que le blond arrivait sur eux, elle vit les autres Elfes sauter au sol pour les rejoindre à leur tour. Le blond connaissait le cerf puisqu'il l'appela par son nom, lui demandant de se baisser et de s'allonger. Et à la grande surprise de la jeune fille, il obéit sur le champs. Elliel lui avait dit qu'il ne coopérait que rarement avec les autres sauf avec sa famille. Elle se demanda donc si le blond était un de ses proches. Mais comprendre qu'ils étaient des connaissances du prince la rassura, espérant qu'ils les aideraient. Rhîwial se coucha délicatement et le blond voulu prendre le prince dans ses bras.



- Attention, il est..., commença la jeune fille.



- Lourdement blessé, termina le blond pour elle. Je sais demoiselle, dit-il sans lâcher Elliel des yeux.



Surprise, elle le regarda soulever très délicatement le mage, sans jamais toucher aux zones blessées. Elle se demanda immédiatement comment il pouvait savoir. Seul elle et son père savaient. Elle l'observa caler précautionneusement Elliel contre lui, le portant comme une princesse. Elle se rassura complètement en voyant son ami se laisser faire complètement, épuisé et grimaçant, ne se cachant plus devant lui. Elle le vit se tourner vers lui et accrocher son bras de sa main valide.



- Glorfindel, murmura une fois de plus Elliel lâchant une larme.



- Je suis là mon prince, assura doucement le blond. Je suis là, je vais m'occuper de vous. Nous allons passer le reste de la journée et la nuit ici, dit-il à l'attention des autres.



Tous s'agitèrent alors pour monter très vite un camp dans l'espace dégagé devant le pont. Sigrid regarda le grand blond qui n'avait d'attention que pour le mage qu'il tenait comme un trésor, l'air affreusement inquiet pour lui. Il lui parlait doucement, l'encourageant et cherchant visiblement à le réconforter. Cette scène la soulagea, désormais certaine qu'ils allaient les secourir. En un clin d’œil l'un des Elfes avait allumé un feu et il commença immédiatement à préparer un thé très odorant, la surprenant. Il semblait en faire une priorité absolu sur le reste de l'installation. Quelques instants encore et une couche l'air très confortable était installée. Immédiatement, le blond se dirigea vers elle. Il se baissa souplement, posant un genou au bord de la couche et pliant l'autre jambe à angle droit. Il s'en servit alors comme d'un dossier auquel il appuya Elliel, déposant ses jambes tremblantes sur le matelas. Le mage se tourna vers lui, comme refusant de le quitter. Libérant son bras qui avait porté les jambes du prince, le blond commença à se défaire de son armure, vite aidé de l'un de ses camarades. Une fois son plastron retiré, il cala doucement le mage contre sa poitrine bien plus confortable pour lui maintenant et Sigrid le vit cacher son visage dans ses vêtements, se mettant visiblement à pleurer. Elle resta choquée de le voir craquer ainsi après avoir montré tant de force mais elle comprenait aisément. Dans un sens, cela la rassurait beaucoup. Sur les nouveaux venus dont-elle ne savait rien et en qui Elliel avait plus que visiblement confiance pour réagir ainsi. Et sur le mage qui allait peut-être enfin être soulagé et qui se laisserait plus facilement faire visiblement.



- Comment vous nommez vous mademoiselle ? Fit soudain une voix aimable près d'elle.



C'était la dame elfe qui était venue vers elle. Elle aussi en armure, elle était magnifique avec de longs cheveux châtains.



- Je m'appelle Sigrid, fille de Bard, répondit-elle. J'accompagne le prince jusqu'à Imladris, expliqua-t-elle.



- Enchantée Sigrid, répondit-elle aimablement. Je me nomme Filia et voici, Winael, Arwas, Joriel et le Seigneur de la Maison de la Fleur d'or dont nous faisons parti, le Seigneur Glorfindel, présenta-t-elle en désignant le blond. Nous sommes des Elfes d'Imladris. Nous sommes là pour ramener le prince chez lui, dit-elle.  




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