Harry Potter (III) : Les Ombres de l'Aube

Chapitre 1 : Les Derniers Jours Avant Poudlard

1461 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 23/06/2026 11:38

Elizabeth allait enfin se rendre à Poudlard pour la toute première fois, et même si la plupart des enfants de son âge vivaient ce moment comme une fête, un rite de passage attendu avec impatience, elle ne parvenait pas à ressentir cette excitation pure dont parlaient les autres. Pour elle, c’était plus compliqué, plus lourd, presque vertigineux. Depuis onze ans, elle vivait avec l’absence de ses parents, James et Savannah, morts lorsqu’elle n’avait que trois mois. Elle n’avait aucun souvenir d’eux, seulement des récits, des photos, des fragments d’histoires racontées avec tendresse par ceux qui les avaient connus. Elle avait grandi au manoir Potter, entourée d’Albus et Alice II, son oncle et sa tante, qui l’avaient élevée comme leur propre fille malgré leurs huit enfants — une famille immense, bruyante, chaleureuse, où l’aînée seulement partait à Poudlard cette année, les autres étant destinés à Ilvermorny. Elizabeth n’avait jamais manqué d’amour, mais l’ombre de ses parents planait toujours quelque part, silencieuse et persistante.


Elle connaissait son histoire, ou du moins la version qu’on donne à une enfant : ses parents étaient morts en la protégeant de Vaseras, un mage noir dont le nom seul suffisait à faire frissonner ceux qui l’avaient affronté. On lui avait expliqué qu’elle avait survécu au sortilège de la mort grâce au sacrifice de sa mère, un acte d’amour si puissant qu’il avait repoussé la magie la plus sombre. Ce qu’elle ignorait encore, c’était la prophétie. Celle qui liait son destin à celui de Vaseras. Celle qui expliquait réellement pourquoi ses parents étaient morts. Celle que tout le monde autour d’elle connaissait, mais que personne n’avait encore osé lui révéler.


Comme si cela ne suffisait pas, Elizabeth portait un autre fardeau : elle était un loup-garou. Sa condition n’était pas un secret dans la famille, mais elle restait une source de peur, de honte parfois, et surtout d’angoisse. Jusqu’ici, elle avait toujours vécu ses transformations au manoir, entourée d’Albus, de Teddy, de Lily, de tous ceux qui savaient comment l’aider, la guider, la protéger. Mais cette année, pour la première fois, elle devrait affronter la pleine lune loin de chez elle, loin de tout ce qui lui avait toujours permis de garder le contrôle. L’idée la terrifiait. Elle avait beau être disciplinée, rigoureuse, attentive à chaque détail, elle savait que la lune n’avait que faire de la discipline. Elle savait ce que c’était que de sentir son corps se déchirer, ses os se tordre, son esprit vaciller. Elle savait ce que c’était que de lutter pour ne pas devenir un danger pour ceux qu’elle aimait.


Elle aurait voulu emporter le balai de sa mère, ou celui de son père. Deux reliques précieuses, soigneusement conservées dans une armoire enchantée du manoir. Elle les avait souvent sortis pour les admirer, les toucher du bout des doigts, imaginer ses parents en plein vol, libres et lumineux. Mais les règles de Poudlard étaient strictes : aucun élève de première année n’était autorisé à apporter son propre balai, sauf s’il faisait partie d’une équipe de Quidditch. Elizabeth se consolait en se disant qu’elle avait ça dans le sang. Avec deux parents joueurs professionnels, elle ne pouvait qu’être douée. Elle se promettait déjà qu’elle rejoindrait une équipe dès qu’elle en aurait l’occasion.


Sa valise n’était pas encore totalement prête. Elle avait encore le temps, se disait-elle. Après tout, elle ne partait pas encore. Mais un doute la rongeait, un doute qui n’avait rien à voir avec des chaussettes oubliées ou des livres mal rangés. Elle descendit jusqu’au bureau d’Albus, le cœur serré, et frappa doucement.


— Entre, ma puce.


Elle poussa la porte. Albus était assis derrière son bureau, entouré de piles de parchemins et de plumes enchantées qui griffonnaient seules. Il leva les yeux vers elle, et son expression se radoucit immédiatement.


— Tonton… je te dérange ?


— Non, jamais. Qu’est-ce qu’il y a ?


Elle hésita, triturant la manche de son pull, puis laissa tomber d’une voix tremblante :


— J’ai peur pour la pleine lune. Sans toi. Sans tonton Teddy. Et tante Lily ne pourra pas me préparer mes potions…


Albus se leva sans un mot, ferma la porte derrière elle et l’invita à s’asseoir sur le canapé. Il s’installa à côté d’elle, les mains jointes, le regard attentif.


— C’est normal d’avoir peur, dit-il doucement. Mais tu ne seras pas seule. Lysander Dragonneau t’accompagnera. C’est un expert, et un ami. Il saura t’aider. Et pour les potions, il s’en occupera aussi. Tu n’as pas à t’en faire.


Elizabeth baissa les yeux, la gorge serrée.


— Et si je perds le contrôle ?


— Tu ne le perdras pas. Tu es disciplinée, tu es forte, et tu n’as rien à prouver. Ni à moi, ni à Poudlard, ni à qui que ce soit.


Elle hocha la tête, un peu rassurée, même si la peur ne disparaissait pas complètement. Après un moment, elle remonta dans sa chambre. Le manoir était calme, baigné d’une lumière dorée qui filtrait à travers les grandes fenêtres. Elle passa devant les portraits familiaux, s’arrêtant devant celui où elle apparaissait enfant, serrée contre Albus. Elle effleura la vitre du bout des doigts, comme pour puiser un peu de courage dans cette image figée.


— Je vais y arriver… murmura-t-elle.


Dans sa chambre, elle s’assit sur son lit. Sa valise était prête, mais son cœur ne l’était pas. La pleine lune approchait, et l’angoisse lui serrait la poitrine comme une main invisible. Elle inspira profondément, sans réussir à se calmer.


On frappa doucement à la porte.


— Eli ? C’est moi.


Alice II entra, tenant une petite boîte en bois. Elle s’assit à côté d’Elizabeth et l’ouvrit. À l’intérieur reposait un pendentif en argent, représentant une lune entourée de runes protectrices.


— C’était à ta mère, dit-elle d’une voix douce. Elle le portait quand elle était anxieuse. Je pense qu’elle aurait voulu que tu l’aies.


Elizabeth sentit sa gorge se serrer.


— Merci… tante Alice.


— Tu n’es pas obligée de le porter. Mais parfois, avoir quelque chose qui nous relie à ceux qu’on a perdus, ça aide.


Elizabeth hocha la tête. Alice la prit dans ses bras, la serrant contre elle.


— Tu vas devenir une sorcière incroyable, ma chérie. Et tu n’as pas besoin d’être parfaite pour ça.


— Tu crois que mes parents seraient fiers de moi… malgré ma condition ?


— Ils t’auraient aimée exactement comme tu es.


La nuit fut agitée. Elizabeth se retourna encore et encore dans son lit, incapable de trouver le sommeil. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle voyait la lune, voyait les transformations passées, la douleur, la peur. Finalement, elle se leva et s’approcha de la fenêtre. Le jardin était plongé dans l’obscurité, éclairé seulement par les lanternes enchantées qui flottaient doucement dans l’air.


— Je veux juste être normale… souffla-t-elle.


Mais elle savait que ce n’était pas possible. Elle était une Potter. Elle était un loup-garou. Et elle était liée à une prophétie qu’elle ne connaissait même pas encore. Elle resta là longtemps, jusqu’à ce que la fatigue finisse par l’emporter.


Le lendemain matin, elle descendit dans la cuisine. L’odeur du chocolat chaud flottait dans l’air. Marylin était déjà là, assise sur le plan de travail, les jambes pendantes.


— T’es réveillée tôt, dit-elle.


— J’ai pas beaucoup dormi.


Marylin hocha la tête.


— Tu sais… moi aussi j’ai peur. Poudlard, c’est grand. Et j’ai peur de ne pas être à la hauteur.


Elizabeth la regarda, surprise.


— On sera ensemble. Ça va aller.


Marylin sourit.


— Oui. Ensemble.


Elles se prirent dans les bras. Albus entra dans la cuisine, enfilant sa cape, visiblement prêt à partir travailler.


— Eh bien, je me demande ce que vous mijotez toutes les deux.


Marylin éclata de rire.


— Pour une fois, rien, papa.


— Bien sûr… Bon, je file. Aidez un peu à la maison, d’accord ?


— Promis, papa.


Elizabeth sentit une petite étincelle d’excitation naître dans sa poitrine. Peut-être que tout irait bien. Peut-être.



Laisser un commentaire ?