Harry Potter (III) : Les Ombres de l'Aube

Chapitre 4 : Le Dîner d’Adieu

1327 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 14/07/2026 16:08

Ça y est, on y était, c’était le tout dernier soir avant que les deux filles ne partent pour faire leur scolarité à Poudlard, et même si la journée avait été longue, bruyante, épuisante, chacun savait que ce moment-là serait encore plus difficile, car il marquait la fin d’une époque, la fin de l’enfance pour Elizabeth et Marylin, et l’émotion était au rendez-vous, même si les parents faisaient tout pour ne rien laisser paraître devant les enfants, préférant de loin s’accorder un moment d’intimité pour discuter entre eux, loin des oreilles curieuses et des questions auxquelles ils n’avaient pas toujours de réponses.


Pour une fois, les enfants étaient tous occupés dans leurs chambres respectives, et ils avaient promis — ou plutôt juré — de ne pas faire de bêtises, comme s’ils avaient compris que leurs parents étaient à bout, noyés sous leur énergie débordante depuis des jours, et qu’ils avaient besoin d’un peu de calme avant le grand départ. C’était rare, presque miraculeux, mais ils avaient accepté de rester dans leurs chambres, chacun dans son espace, laissant enfin un peu de répit aux adultes.


Dans leur chambre, Albus et Alice s’étaient assis sur le lit, silencieux d’abord, puis Alice avait laissé échapper un soupir tremblant.


— Je suis tellement inquiète, Albus… cette lettre… les filles qui vont à Poudlard… tout ça arrive si vite.


— Moi aussi, répondit-il en passant une main sur son visage, même si je suis heureux qu’elles y aillent enfin. Mais cette lettre mystérieuse me hante depuis qu’Elizabeth l’a reçue.


— Tu n’as rien trouvé ?


— Rien du tout. J’ai enquêté aussi discrètement que possible, mais… j’ai des doutes que ça puisse être elle.


— Elle ? Oh non… pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle lui voudrait ? demanda Alice, la voix tremblante.


— Je ne sais pas encore. Mais je ne lâcherai pas. J’ai promis à James et Savannah de prendre soin de leur fille s’ils venaient à mourir. Et je tiendrai cette promesse. Je ferai tout pour la protéger.


— Sois prudent, mon amour, d’accord ?


— C’est promis, murmura Albus avant de l’embrasser.


Ils finirent par s’allonger, l’un contre l’autre, cherchant un peu de réconfort dans la chaleur de l’autre, et s’endormirent tranquillement, même si leurs pensées restaient accrochées à cette lettre pleine de mystère, comme une ombre qui refusait de se dissiper.


Lorsqu’ils se réveillèrent plusieurs heures plus tard, la lumière du soir baignait la chambre d’une teinte orangée, douce et mélancolique, et le manoir semblait étrangement calme, comme si tout le monde retenait son souffle. Il fallait préparer le repas, un dernier dîner où ils seraient tous réunis, un dernier moment avant que la maison ne perde deux de ses voix, deux de ses rires, deux de ses présences. Un repas de fête, oui. Un repas d’adieu, surtout.


En descendant les escaliers, ils entendirent déjà du bruit dans l’entrée, et lorsqu’ils arrivèrent dans le salon, ils virent Lily et Alexis, arrivés plus tôt que prévu, accompagnés de leurs neuf enfants, et le calme fragile du manoir vola immédiatement en éclats. Les quatre de neuf ans — Elyra, Amara, Arabella et Ellis — se disputaient déjà une place à table, tandis que les quatre de sept ans — Lydia, Lyall, Freya et Ronan — couraient en rond comme un petit troupeau indomptable, renversant presque un vase au passage, et Harry II, du haut de ses onze ans, tentait tant bien que mal de jouer les grands en rappelant à l’ordre ses frères et sœurs, sans grand succès. Alexis portait encore Freya sous un bras, comme un paquet trop agité pour être posé, et Lily, les cheveux en bataille, avait ce regard de mère épuisée mais résignée, celui qu’elle arborait toujours lorsqu’elle arrivait quelque part avec toute sa tribu.


Ginny, elle, observait la scène avec une patience presque surnaturelle, habituée depuis longtemps à gérer des foules d’enfants surexcités, et Albus, en voyant le chaos s’installer, se contenta de souffler un rire nerveux, comme s’il avait compris que ce dîner d’adieu serait tout sauf calme. Marylin et Harry II Potter-Shacklebolt s’étaient déjà installés à table, tentant de faire semblant que tout cela était normal, tandis qu’Elizabeth, assise en silence, regardait cette scène avec un mélange de tendresse et de vertige. Elle aimait ce chaos. Elle aimait cette chaleur. Et pourtant, elle savait que demain, tout serait différent.


Le repas fut un mélange de conversations entrecoupées, de rires trop forts, de disputes d’enfants, de verres renversés, de “Ronan, repose ça immédiatement !” et de “Freya, descends de cette chaise !”, mais aussi de moments doux, de regards échangés, de sourires fatigués. Ginny servait les plats avec une douceur presque cérémonielle, comme si chaque geste comptait, comme si elle voulait graver ce moment dans sa mémoire, et Albus observait Elizabeth du coin de l’œil, remarquant la façon dont elle triturait sa fourchette, signe qu’elle était nerveuse malgré ses efforts pour paraître calme.


— Tu es prête pour demain ? demanda doucement Alice.


Elizabeth haussa les épaules.


— Je crois…


— Tu vas t’en sortir, dit Marylin avec un sourire. Tu es une Potter.


Elizabeth esquissa un sourire, un vrai cette fois.


Lorsque le dessert fut servi, un silence étrange s’installa, un silence que personne n’osa briser pendant quelques secondes, jusqu’à ce que Ginny pose sa main sur celle d’Elizabeth.


— Tu vas leur montrer de quoi tu es capable, ma chérie.


Elizabeth releva les yeux, surprise par la douceur dans la voix de sa grand-mère.


— J’espère…


— Tu n’as pas besoin d’espérer, répondit Ginny. Tu es prête.


Après le repas, les enfants se dispersèrent dans le salon, certains jouent encore, d’autres s’endormant contre leurs parents, et les adultes parlent plus doucement, comme si la maison elle-même demandait un peu de calme. Albus s’assit près de la cheminée, observant Elizabeth qui parlait avec Marylin, et il sentit une boule se former dans sa gorge, car il se souvenait encore du jour où James lui avait confié sa fille, ce jour terrible où tout avait basculé, et il se promit une fois de plus qu’il ne laisserait jamais rien arriver à Elizabeth, quoi qu’il en coûte.


Lorsque l’heure du coucher arriva, les enfants montèrent à l’étage, certains en traînant les pieds, d’autres en sautillant encore d’énergie, et Elizabeth resta un instant dans l’escalier, observant sa famille en bas, comme si elle voulait graver cette image dans sa mémoire avant de partir. Ginny la rejoignit, posant une main sur son épaule.


— Tu sais… dit-elle doucement, ton père serait tellement fier de toi.


Elizabeth sentit son cœur se serrer.


— Tu crois ?


— J’en suis certaine.


Elles restèrent ainsi quelques secondes, silencieuses, puis Elizabeth monta dans sa chambre, laissant derrière elle la lumière chaude du salon et les voix de sa famille qui s’éteignaient peu à peu. Lorsqu’elle referma la porte, elle sentit pour la première fois une véritable peur, une peur douce mais réelle, celle de quitter ce qu’elle connaissait, ce qu’elle aimait, pour entrer dans un monde qui l’attendait depuis longtemps. Elle s’assit sur son lit, regarda sa valise ouverte, ses affaires soigneusement rangées, et elle inspira profondément, comme pour se donner du courage, puis elle murmura pour elle-même, presque inaudible :


— Demain… tout commence.


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