Harry Potter (III) : Les Ombres de l'Aube

Chapitre 7 : Le Train pour Poudlard

1177 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 18/08/2026 20:08

Le matin du départ pour Poudlard avait une saveur particulière, un mélange d’excitation fébrile, de nervosité diffuse et d’un sentiment étrange d’irréalité, comme si Elizabeth avait passé la nuit à flotter entre deux mondes sans jamais réussir à s’ancrer dans l’un ou l’autre, incapable de trouver un sommeil profond tant son esprit était occupé par mille pensées contradictoires qui se superposaient, s’entrechoquaient, se déformaient, et dans lesquelles revenait sans cesse la lettre noire, obsédante, silencieuse, lourde comme une menace qu’elle ne comprenait pas encore mais qu’elle sentait déjà peser sur elle. Elle avait rêvé de couloirs immenses, de tours noyées dans la brume, de silhouettes indistinctes qui l’observaient depuis les ombres, et au milieu de tout cela, la lettre noire revenait, encore et encore, comme un rappel que son entrée à Poudlard ne serait pas seulement une aventure, mais aussi un pas vers quelque chose de plus sombre, de plus dangereux, de plus inévitable. Pourtant, malgré cette inquiétude persistante, elle sentait aussi une impatience brûlante, presque douloureuse, celle de découvrir enfin l’école dont elle avait tant entendu parler, celle de vivre ce que tous les enfants sorciers attendaient depuis leur naissance.


Le trajet jusqu’à la gare se fit dans un mélange de rires, de bavardages et de silences lourds. Marylin, elle, ne tenait pas en place, parlant sans arrêt, imaginant déjà les dortoirs, les cours, les professeurs, les matchs de Quidditch, les repas dans la Grande Salle, tout ce qu’elle avait lu, entendu, rêvé, et Elizabeth l’écoutait d’une oreille distraite, souriant parfois, mais son esprit revenait toujours à la lettre noire, à son poids dans sa poche, à la sensation qu’elle brûlait contre sa peau. Albus, qui les accompagnait, jetait de temps en temps un regard inquiet vers sa nièce, comme s’il devinait ce qui se passait dans sa tête sans oser en parler devant Marylin, comme s’il craignait que le simple fait d’évoquer la lettre ne lui donne plus de pouvoir encore.


Lorsqu’ils arrivèrent sur le quai, Elizabeth sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Le Poudlard Express se dressait devant eux, majestueux, rouge écarlate, crachant des volutes de vapeur blanche qui s’élevaient dans l’air frais du matin, et le train semblait vivant, presque conscient, comme s’il attendait patiemment que les élèves montent à bord pour les emmener vers leur destin. Marylin resta bouche bée, les yeux brillants d’émerveillement.


— Il est encore plus beau que dans les histoires !


Elizabeth hocha la tête, incapable de détacher son regard de la locomotive, se demandant un instant si on pouvait dormir dans le train et se réveiller au terminus, et si, par erreur, le train pouvait revenir en arrière, l’idée la fit sourire, et elle imagina Albus les retrouver au point de départ, complètement perdues mais ravies, une pensée légère, presque enfantine, qui lui fit du bien.


— ELI ! MARYLIN !


La voix qui venait de hurler leurs prénoms résonna sur tout le quai. Les deux filles se retournèrent juste à temps pour voir Harry II Potter-Shacklebolt courir vers elles, un grand sourire aux lèvres, suivi de près par son père, Alexis Shacklebolt, ministre de la Magie. Les retrouvailles furent immédiates, chaleureuses, presque bruyantes, les trois cousins se serrant dans les bras, riant, parlant tous en même temps, incapables de contenir leur joie à l’idée de se retrouver à Poudlard.


— Hum hum, Harry… tu étais obligé de crier comme ça ? soupira Alexis, même si un sourire amusé flottait sur ses lèvres. Essaie d’éviter les bêtises la première semaine, d’accord ? Je suis fier de toi, tu sais. Et ta mère aussi. Je suis certain que tu vas t’y plaire.


Harry baissa légèrement les yeux, une ombre de tristesse traversant son visage.


— J’aurais tellement voulu que maman soit là…


— Je sais, mon grand. Mais ce n’était pas possible. Allez, monte dans le train avant qu’il ne parte. À plus, Albus, Elizabeth, Marylin. Faites une bonne route, toutes les deux.


Après avoir aidé son fils à monter avec ses bagages, Alexis salua une dernière fois son beau-frère et ses nièces avant de repartir vers le Ministère. Albus le regarda s’éloigner, puis se tourna vers les deux filles. Il les serra longuement dans ses bras, fier, ému, mais une ombre traversa son regard lorsqu’il posa les yeux sur Elizabeth. La lettre noire lui revenait en mémoire. Il espérait qu’elle n’en parlerait à personne. Elle était jeune, et les secrets, surtout les plus lourds, avaient tendance à glisser hors des lèvres des enfants sans qu’ils s’en rendent compte. Après un dernier sourire, il les laissa monter dans le train et partit à son tour pour le Ministère.


À peine les adultes disparus, Harry II se frotta les mains avec un air malicieux.


— Ça y est, les adultes sont partis. On va pouvoir faire des bêtises maintenant.


— Dans tes rêves, répliqua Marylin. Moi, je compte bien être une élève modèle.


— Moi, je dis pas non à des bêtises, ajouta Elizabeth pour faire bonne figure, même si son cœur n’y était pas vraiment. La lettre noire continuait de lui glacer le sang, comme une ombre qui refusait de la quitter.


Harry la dévisagea, inquiet.


— Ça va, Eli ? T’es toute pâle demanda Harry II.


— Oui… oui, je suis juste fatiguée. J’ai mal dormi.


— Alors profite pour dormir avant qu’on arrive.


Elizabeth hocha la tête. Elle allait justement s’installer pour faire une sieste quand un garçon blond passa devant leur compartiment. Il portait déjà son uniforme impeccablement repassé, et son regard, froid et insistant, se posa sur elle avec une intensité qui la fit frissonner. Il resta planté là quelques secondes de trop, comme s’il cherchait quelque chose dans ses yeux, ou comme s’il savait déjà quelque chose qu’il n’aurait pas dû savoir. Ce n’est que lorsqu’il reprit sa marche que la jeune fille put enfin respirer.


— Ouf… j’ai cru qu’il n’allait jamais partir. C’est qui, lui ?


Marylin fronça les sourcils.


— Hum… cheveux blond platine, regard hautain… ça ne peut être qu’un Malefoy. Orion Malefoy, je crois.


— Il m’a terrifiée. J’espère que ça va bien se passer avec lui dans les parages.


— S’il nous cause des problèmes, j’en parle à papa, déclara Harry avec assurance.


Elizabeth esquissa un sourire, mais son malaise persistait. Entre la lettre noire, ce regard étrange, et la sensation que quelque chose l’attendait à Poudlard, elle comprenait que cette année ne serait pas seulement une aventure.


Ce serait un combat.


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