Lévannah Mackenzie : Après deux générations

Chapitre 8 : Aperçu du passé

3918 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 15/08/2026 19:19

Le début de l’automne était désagréable en Angleterre mais les élèves de Durmstrang ne se plaignaient pas. Si la température était fraîche et le temps humide, on était loin des étendues enneigées et du froid polaire de leur école. Quelques filles de Durmstrang avaient déclaré que l’école ne mettait pas de chauffage à la disposition des élèves. Les élèves se baladaient donc encore en manches courtes au début de l’automne tandis que les autres étudiants remettaient leurs amples capes fourrées.

C’est bras nus que Lévannah retrouva Théo au début de l’après-midi. Il portait les pantalons cargo de l’école de Durmstrang et les lourdes bottes de cuir qui faisaient souffrir les élèves. Plus jeune, il portait les cheveux longs qui masquaient parfois son regard, maintenant, ils étaient coupés à la façon des militaires moldus. Il avait toujours eu une certaine carrure mais maintenant qu’il grandissait, il prenait en masse sans plus grandir. Aussi, les bras croisés sur le ventre, il affichait des muscles aussi gros que son poings. Sous les fourrures, on ne distinguait pas tant leur physionomie, mais debout, au milieu de la route du village de Pré-au-Lard, il découpait une solide figure athlétique. En le voyant se tenir de la sorte, on aurait pu imaginer qu’il avait l’air sérieux et perdu dans l’horizon, mais il affichait bien plutôt, un regard confiant et rieur. Dans sa main droite, il tenait un gros bouquet de fleurs jaunes que Lévannah ne put reconnaître. Elle ne s’y connaissait pas en plantes.

Quand il la vit, il quitta sa position militaire et s’approcha de la manière d’un enfant qui n’a pas conscience de la taille de son corps. Il lui tendit le bouquet avec un large sourire :

-       Je trouve que c’est un peu trop, admit-il, mais je voulais faire quelque chose.

Lévannah saisit le cadeau, le sentit doucement et eut un regard qui signifiait qu’elle le remerciait. Théo ne paraissait guère gêné par son silence. Il lança un regard en direction du bar Les trois balais. Nombreux étaient les élèves de Poudlard qu’on pouvait voir devant l’établissement, un peu pompettes, rigolant et jouant au lancer de fer à cheval.

-       Je me disais, reprit Théo, qu’on pourrait aller ailleurs. Il y a un salon de thé, on sera plus tranquilles. D’ailleurs, tu aimes le thé, non ?

-       Parfaitement, répondit Lévannah dans un sourire.

Ils prirent donc le chemin opposé au bar Les trois balais. Lors de leur départ, Rictus sortait justement du bar. Il leva son regard sur le couple qui s’engageait sur la route. Garry venait de s’écraser dans son dos, complètement ivre :

-       Tu devrais arrêter de boire si tu ne le supportes pas, s’écria-t-il en le laissant tomber par terre.

Il n’arrivait pas à détacher son regard des deux élèves qui disparaissait à l’horizon :

-       Ouh ouh, s’écria la voix pâteuse de Garry, on dirait… oh ! Lévannah, non ? Avec le gars de Durmstrang ? Théopitius, Théophi… Théo…

-       J’ai compris, coupa Rictus.

-       Je sais pas ce qu’t’attends pour lui demander d’aller, tu sais ? au bal. Avec toi.

-       Tu es stupide ou quoi ?

-       Bourré, dit-il en mimant une bouteille.

Rictus les perdit de vue et traîna de nouveau Garry à l’intérieur du bar. Après tout, il y avait Patience, Nadia, Holly et quelques Serdaigle à l’intérieur. Il n’avait aucune raison de s’inquiéter.

Théo et Lévannah remontaient tranquillement la rue principale du village. Théo occupait la conversation sous les regards calmes de Lévannah :

-       Ma mère enseigne le soin aux créatures magiques là-bas, expliqua-t-il. Elle préférait enseigner la métamorphose mais à Durmstrang, on n’apprend pas ce genre de magie. Il y a tellement de différences. Il n’y a pas de maison, là-bas non plus. On fait corps, on doit toujours faire corps. Il y a un chef pour chaque niveau, par contre. Il dirige le corps, en gros.

-       Difficile de ne pas être le chef comme chez Gryffondor, dit-elle pour se moquer.

-       En quelques sortes, répliqua-t-il, j’ai eu tellement d’ennui au début ! Mais je n’ai pas trouvé d’acolyte aussi impliqué qu’Abel ! J’ai pu à peine le voir depuis que je suis rentré ! Il a grandi. Tout ce qu’on a pu faire comme conneries plus jeune.

-       Abel ne s’en prive toujours pas.

-       J’ai entendu dire qu’il avait hébergé ton ami Blaise pendant l’été. Une sale affaire, à ce que j’ai entendu ?

Lévannah le regarda sans répondre. Ils venaient d’arriver devant le salon de thé de la famille Pieddodu.

-       Je sais que je reviens comme une fleur, s’entendit dire Théo, qu’il y a plein de choses qui sont arrivés que j’ignore. J’aimerais le savoir, te connaître à nouveau. Je ne prétends pas venir récupérer tout ce que j’ai laissé en l’état. On était plutôt amis à l’époque, non ? Essayons de commencer par là. Ensuite… on verra !

Il pénétra dans l’établissement et demanda une table pour deux personnes. On lui donna un vase pour que Lévannah put mettre le bouquet et on les installa près de la fenêtre. Elle donna sur un champ vide et gris. Lévannah ôta le foulard qu’elle avait enroulé autour de sa tête. Sous sa cape, elle s’était vêtue simplement malgré l’insistance de Nadia qui voulait lui prêter une robe. De toutes façons, Théo était resté très simple aussi.

-       Quelle stratégie tu vas adopter pour la première épreuve ?

Théo avait toujours été comme cela. Il parlait de tout et de rien, pas vraiment de ce qu’il voulait savoir vraiment. Il était très à l’aise, s’intéressait sincèrement à tout ce qu’on pouvait raconter et s’en souvenait avec une dévotion déconcertante. Jusqu’à ce qu’ils soient ensemble, ils n’avaient parlé que des problèmes de Poudlard et des solutions qu’ils devaient imaginer. Lévannah retrouva un certain confort dans cette conversation :

-       Tu es parti depuis longtemps, déclara-t-elle, je suis devenue plutôt forte au Quidditch. Je cours aussi vite et j’ai l’habitude de sauter du balai et de revenir d’aussi. Avec Abelforth, on est allés dans les Monts Cambriens il y a deux ans. On a appris à voler dans certaines conditions plus contraignantes.

-       Tu comptes sur tes compétences physiques alors, uniquement ? dit-il d’un air de défi.

-       Pourquoi pas ? répliqua-t-elle.

Sa discussion tergiversa sur différentes aptitudes qu’elle avait pu acquérir ces dernières années et Théo les compara à celle qu’Anastassia pouvait avoir, donnant de précieux renseignements sur sa rivale à Lévannah. Ils commandèrent une seconde fois alors que la conversation dérivait sur les deux petites sœurs de Théo, Abby et Thalia. Théo invoquait nombreux de souvenirs qu’il avait de sa scolarité à Poudlard. Lévannah ne gardait que des bribes qu’elle peinait à invoquer parfois. Il parla peu de sa nouvelle vie à Durmstrang en prétextant qu’elle était inintéressante.

Le soleil commençait à rougir quand une pierre vint frapper contre la fenêtre près de laquelle ils se trouvaient. Lévannah fit volte-face avec une rapidité et une agilité qui désarçonnèrent Théo. Dehors, on devinait un groupe de Serpentard, quelques-uns de troisièmes et quatrièmes années, d’autres plus vieux avec à leur tête, Rictus, éméché, rouge et confus qui tenait des pierres dans les mains.

-       On dirait qu’on a de la compagnie.

Théo paya la vieille serveuse affolée et sortit suivi de Lévannah. Rictus se tenait à quelques mètres d’eux et fit signe à ses jeunes camarades de partir. Il resta quelques minutes à leur faire face, fit une grimace à leur attention et disparut en rigolant.

-       Wow, Rictus est charmant, commenta Théo.

Mais Lévannah paraissait réellement contrariée.

-       Je lui ai parlé il y a quelques semaines, confessa-t-il alors.

-       A quel sujet ? s’étonna-t-elle.

-       Je croyais que vous étiez ensemble.

Lévannah fronça les sourcils. Elle ne répondit pas.

-       Il a démenti avec une certaine hargne, je dois bien le reconnaître, reprit-il. Puis il m’a incendié. Il m’a dit que je ne méritais pas de te côtoyer, que je te connaissais plus en gros. C’est vrai. Il a été méchant mais il a dit des choses vraies.

-       Tu ne devrais pas faire attention à ce que dit Rictus, répondit simplement Lévannah.

-       Si, je crois. Rictus a toujours eu une sorte d’attirance pour toi.

-       De quoi tu parles ?

-       Tu as l’air étonné ? se moqua Théo. Depuis le tout début, je le crois. Il est toujours derrière toi, si on te fréquente, il rôde. Il rôde toujours. Quand on a été officiellement ensemble, je ne l’ai jamais vu aussi sombre et méchant. Tu n’as pas remarqué ? Il prenait un soin tout particulier à te rendre jalouse, à te taquiner, à attirer ton attention. Aujourd’hui encore, on dirait. Il a dû nous voir, ça l’a rendu fou. Il ne t’a jamais rien dit ?

-       Jamais, souffla-t-elle.

Elle parut confuse et finit par déclarer :

-       J’ai passé un très bon moment. Je suis un peu tracassée maintenant. Je vais devoir rentrer.

-       Y’a-t-il quelque chose que je dois savoir ? demanda Théo avec un sourire qui se voulait enjôleur mais qui cachait une certaine appréhension.

-       Non, non, Rictus, c’est quelque chose d’autre. Ça n’arrivera jamais.


Lévannah était rentrée en ignorant les questions de ses camarades. Morgane ne lui en avait posé aucune mais les autres s’étaient empressées pour savoir s’il y avait eu un baiser. Elles se moquaient un peu de Lévannah car la plupart avaient déjà eu des relations plus intimes, un baiser les faisait retomber en enfance. Mais Lévannah s’enferma dans sa chambre et interdit à Morgane et Holly, ses camarades de dortoir de rentrer pendant de longues minutes.

Elle s’était plutôt amusée lors de son rendez-vous. C’était l’irruption de Rictus qui la mettait mal à l’aise. Aurait-elle dû parler plus sérieusement de sa relation avec Rictus à Théo ? Depuis le début de l’année, elle savait qu’un malaise planait entre eux. Le malaise n’aurait pas existé s’il n’y avait pas eu quelques éléments étranges. En réalité, il n’y avait pas que l’accolade qu’elle avait partagé en souvenirs avec Morgane. Les deux dernières années, Rictus et Lévannah s’étaient beaucoup épaulés. A leur manière. Ils savaient où se trouver et peu de mots leur suffisaient pour qu’ils se sentent réconfortés. Un soir de la cinquième année, Rictus lui avait proposé d’aller dîner à l’extérieur avec lui. Elle avait accepté. Tout avait eu l’air si naturel. Ils passaient presque toutes leurs soirées dans la salle commune de Serpentard, bavardaient simplement ou se taisaient en regardant le feu. Rictus s’était désintéressé de toutes les autres filles malgré l’insistance de Nadia. Une rumeur avait couru pendant de longs mois selon laquelle Rictus avait refusé de coucher avec elle. Rictus avait simplement haussé les épaules en répliquant qu’elle n’était pas à son goût. Lévannah l’avait largement réprimandé pour son attitude. Et Rictus s’était plus excusé auprès d’elle qu’auprès de la principale concernée. Un soir, il lui avait déclaré :

-       Je me fous de ce que peuvent bien penser les autres de moi. Mais toi. Parfois, on dirait que ça compte.

Donc tout naturellement Lévannah s’était attachée à la complexité de Rictus et avait accepté le dîner. Elle ignorait tout de ce qui avait pu se passer en lui quand elle ne s’était pas présentée. Qu’est-ce qu’elle avait pu briser dans ce garçon orgueilleux quand elle n’était pas venue. Ils n’en avaient jamais parlé mais il semblait lui en tenir rigueur. Le soir de leur rendez-vous, Lévannah se rendait chez les MacGraith, à la lisière de Pré-au-Lard. Blaise n’était pas revenu depuis les vacances d’hiver et malgré ses multiples questions aux professeurs, personne n’avait su lui répondre. Elle allait vérifier par elle-même. Puis elle avait partagé pendant plusieurs semaines les tortures que Blaise subissait lui-même depuis l’hiver.

Elle avait des souvenirs très confus de cette période. Parfois, elle avait l’impression d’avoir été avec Blaise durant son emprisonnement, d’autre fois, il lui semblait qu’elle avait purgé seule sa longue peine. On lui lançait sans cesse des Endoloris accompagnés d’hallucinations et de délire. Elle avait perdu la notion du temps parfois même de l’espace et des raisons qui faisaient qu’elle était là. Quand elle se souvenait de Blaise, elle se demandait s’il était en vie.

L’année précédente, les parents de Blaise, Tarek et Iseulde MacGraith, avaient expérimenté de nombreux sortilèges sur des moldus capturés. Ils avaient créé ce qu’on appelait maintenant les Détraqués. A l’image des Détraqueurs, ils n’étaient que des fantômes d’eux-mêmes qui venaient dévorer les sentiments négatifs des personnes qu’ils croisaient. Ils les avaient lâchés dans Pré-au-lard semant le chaos durant toute l’année. Blaise avait dû découvrir l’affreux secret et avait été condamné au silence. Il en avait été de même pour Lévannah.

On ne lui avait jamais expliqué comment elle avait été sauvé, mais Mme Gorath avait joué un rôle clé. Sous la douleur, elle ne se souvenait pas de ses propres actions qui lui avait valu le surnom d’héroïne de Pré-au-lard. Elle ne se souvenait que du lit d’hôpital qu’elle n’avait pas quitté jusqu’à la fin de l’année. Était-ce trop tôt pour espérer être de nouveau sur pieds, comment avant ?

Dans ses souvenirs, elle voyait sans cesse le visage horrifié de Rictus. Elle devait être dans une salle, seule depuis tout ce temps. La porte claquait. Il lui sembla qu’elle roulait sur elle-même, levait un regard vitreux sur la silhouette qui venait de faire irruption. Mais déjà, elle sentait les mains hésitantes et tremblantes de la silhouette. Rictus tentait de la secouer. Elle entendait son nom mais elle était incapable de répondre. Alors, d’une force qu’elle ne lui aurait pas cru, il l’avait soulevé et sortie de la pièce. La bataille avait dû durer l’après-midi et elle-même s’était réveillée au milieu du champ de bataille, le front dégoulinant de sang.

Voilà tout ce dont elle pouvait se souvenir. Alors l’irruption de Rictus à son rendez-vous ne faisait que retourner le couteau dans la plaie. Serait-elle allée en rendez-vous avec Théo si elle avait eu l’occasion d’aller au bout avec Rictus ? Pourquoi lui arrivait-il de penser qu’elle était passée à côté de quelque chose ? Théo avait-il raison et pourquoi Rictus n’était pas plus clair de son côté ? Lévannah avait du mal avec tout ce genre de comportement, elle ne comprenait que ce qui était clair et affirmé. Ce qui était loin de correspondre à Rictus. Elle haussa et les épaules pour elle-même et soupira. Elle espérait que Théo n’avait pas mal interprétée son départ. Mais comment fallait-il l’interpréter ?

*

-       C’est très simple, s’agaça Blaise, tu dois simplement aller vers quelqu’un que tu apprécies et lui demander s’il veut aller au bal avec toi.

Blaise, Abelfort, Lévannah, Morgane, Hélène et Pif s’étaient réunis dans la cour de Poudlard et grignotait des gâteaux au sucre confectionnés par Hélène. Un rayon de soleil avait percé les nuages gris et avait traîné les élèves désespérés à l’extérieur.

-       J’ai compris, déclara le Gryffondor, alors t’es d’accord pour aller au bal avec moi, Blaise ?

Le garçon devint livide et attrapa son acolyte par le col :

-       Qu’est-ce que tu n’as pas compris dans ce que je viens de t’expliquer ?

-       Tu as dit : demande à quelqu’un que t’apprécies, répéta Abel, c’est ce que je fais !

Blaise le relâcha et soupira :

-       Je voulais dire qui t’attires, amoureusement, précisa-t-il avec emphase.

Hélène rigolait simplement, retenant sa capeline d’automne fermement. C’était un chapeau sur lequel elle avait cousu des citrouilles souriantes et qu’elle avait agrémenté avec de fausses toiles d’araignées. Des tissus déchirés voletaient autour pour donner un côté plus « effrayant » avait-elle expliqué.

-       Tu n’es pas précis, répliqua Abelforth. Puis, on est vraiment obligés d’y aller avec quelqu’un ? Je trouve que c’est barbant. Alors, qui est l’heureuse élue pour toi, Blaise ? Tu fais le fanfaron, je te connais personne pour y aller.

-       Parce que je n’ai demandé à personne.

-       Pourtant, Vinh Perry, la préfète des Serpentard lui a demandé, commenta Lévannah.

Blaise lui lança un regard noir et haussa les épaules.

-       C’est la fille avec de longs cheveux blonds, non ? demanda Abelforth. Celle qui a refusé tous les gars de Durmstrang. Wow, tu fais le difficile.

-       C’est plutôt Hélène qui a refusé tous les gars de Durmstrang, déclara Blaise pour changer de sujet.

-       C’est un peu ringard d’aller au bal tout seul, lâcha Abelforth.

-       Tu as deux mois pour trouver quelqu’un, rassura Blaise avec ironie.

-       Je parlais pour toi, se moqua-t-il, moi, je peux demander à des pelletés de personnes. Je m’en fiche. Elles ne seront pas aussi rabat-joie que toi.

-       Tu dois demander à une fille, c’est clair, lâcha-t-il exaspéré.

-       Je demande à qui je veux après tout.

-       On va se moquer de toi, avertit Morgane le nez dans son livre.

-       Wow, bah dans ce cas, je propose qu’on choisisse pour moi, ça évitera que je puisse demander à des gens louches.

-       Ce que Blaise essaie de te dire, reformula Morgane, c’est que le bal, c’est un homme, une femme. C’est tout. Quoi, tu voulais absolument y aller avec Blaise ?

-       Non, s’écria le garçon. Non, je m’en fiche de vos débats. Vous essayez toujours de me retourner le cerveau.

-       Je vais rentrer aussi, déclara Hélène en suivant le mouvement d’Abelforth.

-       Tu dois bien avoir une amie à lui présenter, insista Morgane.

Mais Hélène s’était fermée de manière inhabituelle. Elle s’accrocha aux bras d’Abelforth et disparut avec lui sans regard pour Morgane.

-       Il est encore jeune, commenta la Serpentard.

-       Peut-être qu’il voulait sincèrement y aller avec Blaise, concéda Lévannah.

-       Impossible, trancha Morgane.

Elle avait l’air catégorique et furieuse :

-       Après tout, s’il s’en fiche, qu’est-ce que ça peut faire qu’on se moque de lui ? Abel n’en a rien à faire des autres, c’est sûr, renchérit Lévannah.

-       Tout le monde s’en fiche de mon avis ? s’écria Blaise.

-       Je dis ça en général, s’excusa-t-elle.

-       Sema Ele m’a demandé d’y aller avec elle, déclara la toute petite voix de Pif. Qu’est-ce que je dois dire ? 


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