Harry Potter et l'Autre Malfoy — Tome I

Chapitre 22 : CHAPITRE 21 — SOUS L'ÉCOLE

Par NekoGeek

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Pendant deux heures, il ne se passa rien.

Harry aurait dû en être soulagé. Il trouva ce silence presque insupportable.

Il resta près de la fenêtre de la salle commune pendant que Ron tentait de lire la même bande dessinée sorcière pour la troisième fois. Hermione avait rendu ses livres. Elle était revenue avec une information raisonnable : madame Pince avait vu le professeur McGonagall traverser le couloir des enseignants avec Flitwick. Les adultes agissaient.

— Elle a dit qu'elle nous ferait appeler, répéta-t-elle.

Harry acquiesça.

Il compta les élèves qui entraient, puis cessa de compter parce qu'il n'avait aucune raison de le faire.

Au dîner, Quirrell n'était pas à la table des professeurs. Rogue non plus. McGonagall apparut au milieu du repas, parla quelques instants à Chourave et repartit avec elle. Aucun d'eux n'avait l'air de célébrer la fin des examens.

Harry regarda Hermione.

— Je sais, dit-elle avant qu'il ouvre la bouche.

Après le dessert, Percy se présenta devant leur banc.

— Le professeur McGonagall vous fait savoir que les accès ont été vérifiés et que le directeur a été contacté. Elle vous demande de rester dans votre salle commune.

— Elle a vu le chien ? demanda Harry.

Percy hésita.

— Elle ne m'a pas remis le détail de ses inspections, Harry.

Ron posa sa cuillère.

— Est-ce que quelqu'un surveille le troisième étage ?

— Plusieurs zones sont surveillées. Et il n'est pas nécessaire d'en parler aussi fort.

Il baissa lui-même la voix.

— Je sais que vous avez peur. Mais vous n'êtes pas les seuls à prendre cette histoire au sérieux.

Harry n'aimait pas que Percy ait l'air sincère. Il était plus facile de ne pas l'écouter quand il se contentait de citer le règlement.

Ils remontèrent.

Dracena termina sa dernière fiche de classement peu avant vingt heures.

Flitwick lui avait confié le soin de rapporter à la bibliothèque la boîte des références publiques ; les documents réservés étaient restés dans son bureau. Il l'avait remerciée pour le travail du trimestre, puis était parti à la suite d'un appel dont elle n'avait entendu qu'un mot : portail.

Dans le couloir, elle croisa deux professeurs qui marchaient vite vers l'escalier central.

Elle se rangea contre le mur.

L'un des relais fixés près de la porte des enseignants émit un son bref. Sa lumière devint ambrée. Dracena reconnut l'indication d'une communication en attente et continua.

Elle n'avait pas à transformer chaque lumière en énigme.

À la bibliothèque, madame Pince prit la boîte, vérifia le nombre de fiches et lui tendit un reçu.

— Vous avez conservé une copie de vos corrections ?

— Dans mon carnet.

— Bien. Celle-ci ira aux archives.

La bibliothécaire posa le reçu au-dessus de la boîte.

Dracena regarda son nom écrit dans une colonne qui resterait après son départ. Elle n'avait découvert aucun grand secret. Elle avait tout de même laissé quelque chose d'exact.

Elle sortit presque contente.

Au croisement suivant, une porte de service se referma doucement.

Un courant d'air froid passa sous sa manche.

Elle se retourna, mais le couloir était vide.

La lumière ambrée du relais brillait toujours.

Elle pensa au miroir du manoir, au nom qui apparaissait après le visage, aux explications de monsieur Vale. Puis elle regarda l'heure sur le cadran du palier et reprit le chemin des cachots.

Elle avait promis de ne plus chercher seule.

À vingt et une heures, le tableau d'affichage de Gryffondor reçut une consigne nouvelle.

Les élèves devaient rester dans les étages résidentiels. Une intervention était en cours près de l'entrée principale. Les préfets seraient informés de la fin de la mesure.

Une petite agitation parcourut la salle commune. Certains se précipitèrent vers les fenêtres, bien qu'aucune ne permette de voir le portail. D'autres inventèrent immédiatement une inspection du ministère.

Harry sentit sa cicatrice se contracter.

Ce n'était pas la douleur de la forêt. Une brûlure plus petite, plus profonde, comme un avertissement qu'il n'arrivait pas à traduire.

Hermione le vit porter la main à son front.

— Il faut appeler.

Ils allèrent au poste du palier, juste à l'extérieur du portrait. Harry appliqua sa main au cuivre et donna son nom.

La plaque s'éclaira.

— Je dois parler à un professeur. Ma cicatrice me fait mal et c'est peut-être lié à ce dont j'ai parlé au directeur.

Une voix leur demanda d'attendre.

Ils attendirent.

Ron regardait l'escalier. Hermione gardait sa main près de celle de Harry sans le toucher.

Au bout d'une minute, le cuivre produisit un grésillement.

— Le professeur McGonagall a reçu votre demande. Restez sur place. Un adulte viendra vous chercher.

— Quand ? demanda Harry.

La lumière était déjà retombée.

Ils restèrent près du portrait.

Cinq minutes passèrent.

Puis dix.

Un groupe de portraits voisins commença à se plaindre du bruit provenant d'un couloir inférieur. Il ne s'agissait pas de voix. Un petit air répétitif remontait par la cage de l'escalier, si faible que Harry crut d'abord l'imaginer.

Ron tourna la tête.

— Tu entends ?

Hermione pâlit.

— Ça peut être n'importe quoi.

Harry connaissait cette mélodie.

Pas les notes. La façon dont elle revenait sur elle-même, trop régulière, avec le petit claquement d'un mécanisme au bout de quelques mesures.

Il pensa à Touffu.

— Je vais regarder depuis le palier, dit-il.

— On doit attendre ici.

Il fit un pas.

Hermione le suivit avant d'avoir décidé si elle essayait de le retenir ou de voir la même chose.

Ils descendirent un étage, puis un autre.

L'air devint plus net.

Sur la porte extérieure de la galerie, la marque de cuivre était éteinte. La porte elle-même restait entrouverte, maintenue par un coin de bois. Harry s'arrêta assez loin pour ne pas franchir le seuil.

Ron le rejoignit.

— Elle était fermée tout à l'heure, murmura-t-il.

Hermione leva sa baguette sans l'agiter.

— On retourne au poste. Maintenant.

Harry regarda l'entrebâillement.

Il ne vit ni Rogue ni personne d'autre.

Il vit le bord d'une grande patte.

Et il entendit le souffle lourd d'un animal endormi.

Ils remontèrent en courant.

Harry répéta son appel en donnant cette fois l'emplacement exact, la porte ouverte et la musique. Le relais émit un signal, puis sa surface devint uniformément ambrée.

Aucune voix ne répondit.

Hermione posa la main à son tour, prononça les mêmes mots plus lentement. Le signal se répéta.

— Il prend le message, dit-elle. Mais je ne sais pas à qui il le transmet.

Ron partit chercher Percy dans la salle commune. Il revint avec Seamus.

— Il est descendu avec les autres préfets. Ils doivent vérifier que tout le monde reste dans les maisons.

Seamus regarda leurs visages.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Une porte qui devrait être fermée est ouverte, répondit Hermione. Va chercher Percy dès que tu le vois. Dis-lui que c'est urgent. Le troisième étage.

Il acquiesça, visiblement inquiet.

Harry resta devant le cuivre muet.

La musique continuait quelque part en dessous.

Il ne pouvait pas savoir depuis combien de temps quelqu'un était passé.

Il ne pouvait pas savoir combien de temps les adultes mettraient à arriver.

Cette double ignorance se transforma dans sa tête en une seule certitude : s'il restait là, il attendrait que tout soit terminé.

— Je vais chercher ma cape, dit-il.

Ron le saisit par le bras.

— Pour quoi faire ?

— Descendre.

Hermione se plaça devant lui.

— Harry, non.

Il regarda leurs visages.

Il aurait voulu pouvoir expliquer calmement. Il aurait voulu ne pas entendre les mots de Hagrid sur ses parents, ni voir le sang sur la bouche invisible. À la place, il sentit sa voix monter.

— Il est là-dessous. Quelqu'un est passé. On vient de le voir.

— On a vu une porte, dit Hermione.

— Et le chien endormi !

— Les professeurs ont pu ouvrir pour inspecter.

Cette possibilité l'arrêta une seconde.

Puis sa cicatrice lança de nouveau.

— Alors ils nous renverront en haut.

— Et si ce ne sont pas eux ? demanda Ron.

Harry regarda l'escalier.

— Je ne veux pas me réveiller demain en apprenant qu'on pouvait faire quelque chose.

Hermione avait les yeux brillants.

— Tu ne sais pas si tu peux faire quelque chose.

— Je sais que je peux essayer.

Elle secoua la tête.

— Ce n'est pas la même chose.

— Je sais !

Le cri résonna contre les portraits. Harry baissa aussitôt la voix.

— Je sais. Mais je n'arrive pas à rester là.

Ce fut la première phrase qui ne prétendit pas être un argument.

Ron lâcha son bras.

— Alors on prépare au moins de quoi revenir.

Hermione le regarda avec colère.

— Tu ne peux pas dire ça comme si…

— Je ne dis pas qu'il a raison. Je dis qu'il va y aller.

Harry ouvrit la bouche, puis la referma.

Il n'aimait pas se voir décrit aussi exactement.

Hermione resta quelques secondes immobile. Ensuite, elle tira un morceau de parchemin de son sac.

— J'écris où nous allons. Seamus le donnera à Percy. Et si on trouve des professeurs dans le couloir, on s'arrête. On ne se cache pas d'eux.

Harry acquiesça.

Elle le força à la regarder.

— Tu me l'as entendu dire ?

— Oui.

Elle écrivit en appuyant si fort que la plume accrocha le papier.

Neville les attendait près du portrait.

Il avait entendu une partie de la discussion. Trevor était posé dans une boîte trouée sur la table voisine. Pour une fois, le crapaud n'essayait pas de partir.

Harry s'arrêta avec la cape sur le bras et la flûte de Hagrid dans sa poche.

— Neville…

— Vous recommencez.

Ron regarda derrière lui. Seamus était monté chercher un pull avant de retourner au palier. Ils disposaient de quelques minutes, peut-être moins.

— C'est différent, dit-il.

Neville secoua la tête.

— Vous dites toujours ça.

Hermione lui montra la lettre.

— Quelqu'un peut être en train de voler un objet dangereux. On a essayé de prévenir.

— Alors on prévient encore.

Il avait peur. Cela se voyait dans sa façon de tenir ses mains. Il ne bougea pas.

Harry pensa à lui derrière le rideau du dortoir après le départ de Norbert. À sa phrase : je voulais juste te prévenir.

— Tu ne viens pas avec nous, dit-il.

— Je ne veux pas venir. Je veux que vous restiez.

Le silence devint lourd.

Dans l'escalier, une porte claqua. Harry sursauta.

— Écarte-toi, s'il te plaît.

Neville releva le menton.

— Non.

Hermione ferma les yeux une seconde.

Puis elle leva sa baguette.

— Je suis désolée.

Le sort immobilisa Neville avant qu'il puisse comprendre ce qu'elle allait faire. Ron le rattrapa quand ses jambes se bloquèrent et l'aida à s'allonger sur le canapé. Ses yeux restaient ouverts.

Harry sentit une honte immédiate, presque physique.

— Seamus arrive, dit Hermione d'une voix tremblante. Il appellera quelqu'un. Je laisse la formule pour te libérer.

Elle posa la lettre sur la table et écrivit quelques mots supplémentaires au-dessous.

Neville les regardait.

Aucune explication ne rendait ce regard moins difficile à supporter.

Harry aurait voulu lui promettre qu'il comprendrait. Il ne le fit pas. Ils venaient de choisir à sa place ; il n'avait pas en plus à leur offrir son pardon avant leur départ.

Ils sortirent.

Hermione tira la cape sur leurs épaules.

— Ne me dis pas que c'était nécessaire, murmura-t-elle.

Harry ne dit rien.

La porte de la galerie était toujours ouverte.

Personne ne surveillait le palier.

Harry retira la cape dès qu'ils furent à l'intérieur. L'animal occupait presque toute la pièce. Ses trois têtes reposaient à des hauteurs différentes et son souffle faisait frémir un pan de tapis près de la trappe.

Une petite boîte musicale était posée sur une caisse.

Le cylindre tournait, entraînant une série de lames métalliques. À chaque tour, le mécanisme ralentissait un peu.

Ron regarda le chien.

— C'est minuscule, ce truc.

— Il n'a pas besoin de comprendre les paroles, souffla Harry.

Il ne savait pas pourquoi il avait essayé de plaisanter.

Aucun d'eux ne sourit.

Hermione s'approcha de la trappe en prenant soin de ne pas toucher une patte. Elle était déjà ouverte. Une corde pendait dans le trou, fixée à un anneau du mur.

Harry se pencha.

Il ne distinguait pas le fond.

— Quelqu'un est descendu, dit-il.

— Ou est remonté, répondit Hermione.

La boîte produisit deux notes plus lentes.

Une paupière remua sur la tête la plus proche.

Harry sortit la flûte.

Il avait joué avec à Noël, assez pour trouver quelques notes qui ne ressemblaient pas à des cris d'oiseau malade. Il essaya de les retrouver. Ses doigts glissaient.

La première note fut affreuse.

Touffu ouvrit un œil.

Harry recommença, plus doucement.

L'œil se referma.

Ron expira sans bruit.

Hermione regarda la corde, puis les deux garçons.

— Je descends la première. Je pourrai éclairer en bas.

Harry voulut protester, mais il avait la flûte entre les lèvres. Elle avait déjà posé les mains sur le chanvre.

La corde s'arrêtait avant le sol. Hermione disparut dans l'obscurité, puis sa baguette éclaira une paroi humide.

— Une plateforme de plantes, dit-elle. Je crois qu'on peut…

Sa voix s'interrompit dans un bruit sourd.

— Hermione ? demanda Ron.

— Je suis tombée. Ça va. Attendez…

Un froissement rapide monta du trou.

— Ne sautez pas !

Ron attrapa la corde.

Harry cessa de jouer une seconde.

Les trois têtes grondèrent ensemble.

Il porta la flûte à sa bouche, le cœur battant si vite qu'il n'arrivait plus à choisir entre rester et descendre.

Ron toucha le fond au moment où les plantes atteignaient la taille d'Hermione.

Harry le vit à la lumière de sa baguette : des tiges épaisses montaient autour d'elle, lentes en apparence, mais chaque boucle nouvelle prenait la place de la précédente avant qu'elle ait pu s'en dégager.

— Remonte ! cria Harry.

— Elles me tiennent !

Ron essaya de tirer sur une tige. Elle s'enroula autour de son poignet.

La corde se tendit sous son poids, puis glissa dans sa main. Il avait lâché pour aider Hermione.

Harry regarda Touffu. La boîte musicale s'était arrêtée. Les notes qu'il produisait maintenaient encore le chien dans un sommeil léger, parcouru de mouvements de pattes.

Il ne pouvait pas garder la flûte et la corde.

En dessous, Hermione cria le nom de Ron.

Harry rangea la flûte dans sa robe, saisit la corde et descendit aussi vite qu'il put. Le chien aboya au-dessus de lui. Une masse heurta le bord de la trappe et fit tomber de la poussière dans le trou.

Le chanvre lui brûla les paumes.

Il lâcha à faible hauteur et s'enfonça dans un lit froid, souple, vivant.

Une tige se referma sur sa cheville.

— Lumos ! lança Hermione.

Sa baguette produisit une lumière blanche. Les petites feuilles les plus proches se recroquevillèrent, mais les grandes tiges continuèrent leur mouvement.

— Le Filet du Diable, dit-elle entre ses dents. Il faut de la chaleur. Pas seulement de la lumière.

Ron avait un bras pris contre son torse.

— Alors fais de la chaleur !

Elle tenta un geste. Une liane retenait son coude et la formule s'éteignit dans un souffle.

Harry comprit qu'elle ne pouvait pas bouger assez.

Il se pencha vers elle malgré la pression autour de son ventre, attrapa la tige qui bloquait son bras et tira vers lui. Elle se resserra sur ses doigts.

— Maintenant, souffla-t-il.

Hermione leva le poignet.

Une flamme bleue jaillit au-dessus de leurs têtes.

Les feuilles se replièrent avec un bruit de papier froissé. La chaleur ne brûlait pas leurs visages, mais la plante la sentait. Une ouverture se forma, puis une autre.

— Par là !

Hermione avança la première, en maintenant la flamme. Ron se dégagea, glissa et saisit le poignet de Harry.

Ils roulèrent tous les deux sur les pierres.

Derrière eux, les tiges se rejoignirent lentement.

Pendant quelques secondes, ils ne firent que respirer.

Harry avait de la terre dans la bouche.

Ron regarda ses doigts, puis la marque laissée par Norbert.

— Je vais finir par demander des mains de rechange.

Cette fois, Harry eut un petit rire qui lui fit mal aux côtes.

Hermione s'essuya le front avec sa manche.

— On ne touche plus à rien avant de regarder.

Ils acquiescèrent tous les deux.

Au-dessus, la corde se balançait hors de portée.

Elle traversait le tapis de plantes à plusieurs mètres d'eux. Ils pouvaient peut-être la faire venir, mais le chien était réveillé et les tiges reprenaient déjà leur place.

Hermione examina la galerie qui s'ouvrait dans la paroi.

Un courant d'air frais en venait.

— On doit chercher une autre sortie, dit-elle.

Harry ne la corrigea pas.

Il regardait les traces de boue sur les pierres. Une personne avait marché ici récemment. La largeur des empreintes ne lui disait rien. Il se surprit à chercher la forme des chaussures de Rogue et s'obligea à cesser.

Ils avancèrent.

Le couloir descendait légèrement, puis tournait. L'eau gouttait derrière une grille au ras du sol. Les murs avaient été taillés à des époques différentes ; certaines pierres portaient encore des marques que Harry ne savait pas lire.

Ron frissonna.

— On est sous le lac ?

— Je ne pense pas, répondit Hermione.

— Tu peux répondre avec plus de conviction ?

Elle lui lança un regard.

Un bruit métallique les fit s'arrêter.

Au bout du couloir, des éclats de lumière tournaient sous une voûte.

La pièce semblait pleine d'insectes de verre.

Puis Harry distingua les anneaux, les dents, les petits corps de métal autour desquels battaient des ailes transparentes.

Des clés.

Il y en avait des centaines.

Elles se croisaient sans se toucher, formaient des groupes, se dispersaient à nouveau. Certaines étaient si petites qu'il les perdait de vue lorsqu'elles passaient devant les lampes ; d'autres avaient la longueur de sa main.

La porte opposée portait une serrure étroite, à l'ancienne. Hermione essaya de l'ouvrir avec sa baguette. Une vibration lui répondit, sans aucun mouvement du verrou.

Ron regarda les trois balais posés contre le mur.

— Au moins, on comprend ce qu'il faut faire.

Harry prit le plus droit.

Le manche n'avait ni la souplesse ni l'équilibre de son Nimbus. Il en testa la réponse en se soulevant de quelques centimètres, puis reposa les pieds.

— Décrivez-moi la serrure.

Hermione s'accroupit devant la porte.

Elle détailla la largeur, la longueur probable de la tige, l'angle de l'entrée. Ron rejoignit Harry en l'air pour trier les grandes clés. Hermione resta au sol un instant de plus, observa les rayures autour de la serrure, puis prit le troisième balai.

Harry commença par voler trop vite.

Il perdit deux fois la clé qu'il croyait reconnaître et faillit heurter Ron au passage. Il sentit la vieille excitation de la poursuite, cette facilité à croire que ses mains sauraient avant lui.

Puis il se rappela le premier entraînement après l'attaque du balai.

Regarder. Choisir. Revenir.

Il ralentit.

Les clés avaient des habitudes. Elles évitaient les lampes, longeaient la voûte et revenaient vers le centre lorsque quelqu'un approchait trop près des murs. Une grande clé de fer sombre volait plus bas que les autres, comme si l'une de ses ailes ne la portait plus correctement.

Harry la suivit des yeux.

— Celle qui penche, près de la lampe cassée.

Ron la repéra.

— Je la rabats ?

— Pas encore.

La clé fit un tour incomplet et descendit vers la porte.

Hermione remarqua une tache claire sur son métal.

— Elle a de la poudre de pierre sur le côté. Comme la serrure.

Harry sentit son estomac se serrer.

Quelqu'un l'avait déjà utilisée.

Ils se placèrent.

Ron monta vers la voûte pour empêcher la clé de reprendre de la hauteur. Hermione resta entre elle et les lampes. Harry attendit qu'elle ait choisi la seule direction encore libre.

Puis il accéléra.

La clé vira plus court que prévu. Il se pencha, manqua de glisser, la rattrapa du bout des doigts et l'enferma contre sa paume.

Les ailes battirent avec une violence douloureuse.

Il atterrit sur un pied, puis sur l'autre.

La clé tourna dans la serrure.

Dès que le verrou céda, elle lui échappa et remonta vers la voûte avec son vol irrégulier.

Harry regarda ses doigts rougis.

Il n'avait jamais eu aussi peu envie d'entendre des applaudissements.

Au même moment, Dracena attendait devant le relais de Serpentard.

L'appel à sa mère était prévu depuis le matin. Narcissa voulait savoir comment s'étaient terminés les examens ; Draco avait demandé qu'on commence sans lui, le temps de retrouver un devoir qu'il prétendait avoir rangé.

Le miroir montra une première image, brouillée, puis le visage de Narcissa.

— Bonsoir, ma chérie.

Dracena ouvrit la bouche.

Le son disparut.

Elle tapota le cadre, vérifia le contact sur le cuivre et recommença. L'image se figea avant de s'effacer.

Une mention apparut sur le support : relais occupé, reprise différée.

Elle avait déjà vu ce message. Il concernait d'habitude quelques secondes.

Elle attendit une minute.

Puis une autre.

Le même petit signal revenait à intervalles réguliers.

Elle prit le carnet qu'elle gardait presque toujours dans son sac. Une annotation écrite en mars se trouvait au bord d'un tableau d'inventaire : « confirmation absente sur la dérivation ? » Il ne s'agissait pas d'une formule magique, seulement d'une question à laquelle personne n'avait encore répondu pour elle.

La mention du support avait changé, mais pas le petit signal. Un avis différé pouvait attendre ; il ne devait pas se déclarer remis sans qu'une voix le confirme. Elle avait passé des semaines à apprendre la différence.

Elle posa un doigt sur la ligne inachevée, puis referma le cahier. Elle ne savait pas si cette ancienne dérivation était en cause. Elle savait seulement que l'absence de réponse pouvait avoir une autre signification qu'un simple encombrement.

Draco arriva avec son parchemin.

— Tu as commencé ?

— Ça ne passe pas.

— Elle est peut-être partie.

— C'est le relais.

Il regarda la lumière.

— Demande à Gemma.

Dracena leva les yeux vers lui.

C'était exactement ce qu'elle aurait dû faire depuis le début.

Elle rangea son miroir et alla chercher la préfète.

La salle suivante était noire.

Ron demanda à Harry d'attendre avant d'avancer. Ils éclairèrent le seuil avec leurs baguettes.

Sous leurs pieds s'étendait un quadrillage clair et sombre.

Puis la lumière monta, sans venir de leurs sorts, et révéla les rangées de pièces.

Les échecs occupaient toute la pièce.

Les tours dépassaient Harry de deux têtes. Les chevaux avaient les naseaux sculptés ouverts et les oreilles plaquées en arrière. Les visages des rois et des reines étaient lisses, avec seulement une couronne pour désigner ce qu'ils étaient.

Ron resta immobile.

— Ce n'est pas possible.

— Quoi ? demanda Hermione.

— Si on doit jouer…

Il s'arrêta, puis s'approcha d'un cavalier noir.

La pièce tourna la tête vers lui.

Ron recula d'un demi-pas, mais ne partit pas.

— Il faut gagner pour passer ?

Le cavalier inclina son arme vers la porte, derrière les blancs.

— Et si on veut revenir ? demanda Hermione.

Une tour se déplaça de quelques centimètres, bloquant l'accès au couloir qu'ils venaient de quitter.

Ron regarda l'échiquier.

Les pièces étaient à leur place initiale. Aucune trace de combat n'était visible, sinon une fissure sur le bord d'un socle blanc.

— Il se remet en ordre après chaque partie, murmura-t-il. Sinon, le précédent aurait laissé…

Il ne termina pas.

Harry regarda la porte derrière le roi blanc.

— Tu peux gagner ?

Ron prit le temps de répondre.

— Je peux jouer.

Il étudia les pièces une à une, puis demanda au cavalier ce qui se passait s'ils entraient à trois. Trois silhouettes noires reculèrent hors du plateau : un cavalier, un fou et une tour.

Les cases vides les attendaient.

Hermione serra sa baguette.

— Ron…

— Je sais.

Il passa une main sur son visage.

— Harry, tu prends le fou. Hermione, la tour. Vous ne bougez que quand je vous le dis. Même si vous pensez avoir vu mieux.

Harry acquiesça aussitôt.

Hermione aussi.

Ron inspira.

— Et vous me dites si vous ne comprenez pas une case. Pas après.

Ils prirent leurs places.

La tour qui bloquait l'entrée recula définitivement.

Le premier pion blanc avança.

Harry avait cru connaître le bruit des échecs sorciers.

Il découvrit ce que produisait une pièce haute comme un homme lorsqu'elle frappait une autre pièce contre des dalles de pierre.

Le premier choc lui traversa les genoux.

Un pion noir se brisa sous la tour blanche. Les morceaux furent traînés hors du plateau par une force invisible, puis se rapprochèrent lentement, comme si le sort préparait déjà la partie suivante.

Ron pâlit.

Il regarda le pion se reformer.

— D'accord, murmura-t-il.

Ce d'accord ne s'adressait à personne.

La partie continua.

Harry avança en diagonale, s'arrêta au point indiqué et attendit. Il n'avait jamais autant senti la différence entre faire quelque chose et rester exposé pendant que quelqu'un d'autre pensait.

Hermione tenait sa baguette le long de sa cuisse. Elle regardait les pièces, puis Ron, puis la porte. Il était évident qu'elle essayait de ne pas proposer une solution chaque fois qu'elle apercevait un mouvement possible.

Ron ne semblait plus les voir comme des camarades.

Il voyait des lignes.

Parfois, il se corrigeait à voix basse avant de donner un ordre. Parfois, il demandait à Harry de compter une seconde fois les cases entre lui et une tour. Il ne jouait pas vite. Il jouait avec la peur visible de ne pas avoir regardé assez loin.

Un fou blanc s'approcha d'Hermione.

— Ne bouge pas, dit Ron.

— Il vient sur moi.

— Il ne peut pas te prendre tant que… Harry, deux cases en avant sur ta diagonale. À gauche.

Harry bougea.

Le fou blanc s'arrêta, puis changea de cible.

Hermione ferma les yeux une fraction de seconde.

Ron ne leva pas les bras en signe de victoire. Il avait déjà regardé ailleurs.

Le temps perdit sa forme.

Il ne restait plus que les coups, le bruit des socles et la sueur qui refroidissait entre les omoplates de Harry.

Quand Ron se tut trop longtemps, Harry comprit avant qu'il parle.

Le garçon regardait la reine blanche.

Puis Harry.

Puis la même case sombre, devant lui.

— Non, dit Harry.

Ron leva la tête.

— Je n'ai encore rien dit.

— Tu vas dire quelque chose que je ne veux pas entendre.

Hermione regarda les lignes entre les pièces.

Elle comprit à son tour.

— Il doit y avoir un autre coup.

— Il y en a d'autres. Mais ils perdent.

Ron s'essuya la paume sur sa robe.

— Si elle me prend, elle abandonne cette ligne. Harry pourra avancer et enfermer le roi. Hermione couvre l'autre sortie.

— On peut revenir, dit Harry.

Ron regarda la porte derrière eux, masquée par les pièces.

— Peut-être. Si on peut encore sortir du jeu. Mais ce n'est pas une sortie que je vois.

Hermione observa les morceaux qui se reformaient près du mur.

— Les pièces se réparent. Pas nous.

— Je sais.

La réponse fut si simple qu'aucun des deux ne trouva quoi ajouter.

Ron regarda Harry.

— Je ne le fais pas parce que tu l'as décidé. D'accord ?

Harry sentit sa gorge se serrer.

— D'accord.

— Je le fais parce qu'on est là et que je vois comment vous faire passer.

Il prit une inspiration.

— Après, vous venez me chercher. Vous ne partez pas en vous disant que je vais sûrement bien.

— On vient, dit Hermione.

Harry hocha la tête, incapable de parler.

Ron avança.

La reine blanche se tourna vers lui.

Elle leva son bras de pierre. Ron eut le réflexe de se protéger, trop tard.

Le coup le projeta hors de sa case.

Hermione cria.

Harry fit un mouvement pour courir vers lui et s'arrêta au bord de son carré. La reine occupait maintenant la place de Ron. Le roi blanc avait ouvert une ligne.

Le garçon bougea comme on lui avait dit.

Trois pas.

Puis un dernier.

Le roi inclina sa couronne.

Le bruit des pièces s'arrêta.

Ils coururent vers Ron.

Il était couché sur le côté, près du mur. Une marque sombre montait de son épaule vers la base du cou. Ses yeux étaient fermés.

Hermione s'agenouilla et posa deux doigts contre sa gorge.

Harry attendit sans respirer.

— Il respire.

La phrase ne suffit pas. Il voulut le secouer.

— Non, dit-elle. Pas sa tête.

Elle vérifia ses bras avec une précaution maladroite, puis le couvrit de la cape d'invisibilité repliée de manière à ne pas cacher son visage. Ron gémit, sans ouvrir les yeux.

Harry sentit une vague de soulagement lui donner presque envie de vomir.

— Il faut le remonter.

Hermione regarda le chemin qu'ils avaient parcouru, les clés, la corde, les plantes, le chien.

Elle ne répondit pas immédiatement.

Derrière la porte opposée, une voix s'éleva, très faible. Un mot, peut-être deux, déformés par l'épaisseur de la pierre.

Harry se retourna.

— Il est là.

Hermione regarda Ron.

Son visage exprimait un calcul qu'elle détestait devoir faire.

— Je vais chercher un passage derrière cette porte. On ne transporte pas Ron au hasard. Il faut une sortie ou de l'aide.

Harry acquiesça.

Ils laissèrent près de lui une flamme bleue dans une petite coupelle de pierre. La lumière rendait son visage moins pâle, ce qui ne voulait rien dire et leur fit quand même du bien.

— On revient, murmura Harry.

Ils passèrent la porte.

Gemma Farley n'arrivait pas à joindre le professeur Rogue.

Elle essaya deux fois, puis utilisa l'appel général réservé aux préfets. Le relais répondit par la même lumière ambrée que celui de Dracena.

— Il y a trop de demandes, dit-elle.

Dracena observa le rythme du signal.

— Peut-être.

La préfète se tourna vers elle.

— Vous avez une autre idée ?

Dracena pensa aux réparations de Noël. Au nom en retard sur le visage. Au défaut de retour qui faisait croire qu'une communication continuait alors qu'elle s'était interrompue.

Elle aurait voulu donner une réponse sûre.

— Non. Mais je n'ai pas entendu la confirmation vocale. Seulement le même signal.

— Ce n'est pas une preuve de sabotage, ajouta-t-elle. Mais ce message pourrait vouloir dire qu'un appel est retenu avant d'arriver au professeur. Dans les anciens tableaux, il existait une dérivation d'attente. Flitwick m'a fait travailler dessus.

Gemma regarda la plaque de cuivre, puis le couloir.

— Pourquoi ne l'as-tu pas dit tout de suite ?

Dracena sentit une réponse désagréable se former. Parce que les autres savaient moins qu'elle. Parce qu'elle avait besoin d'en être sûre. Parce que c'était plus facile d'avoir raison que de donner une information incomplète à quelqu'un qui pouvait agir.

— Je n'y ai pas pensé, dit-elle enfin. Pas assez tôt.

— Alors nous n'allons pas attendre davantage.

Gemma attendit encore quelques secondes, puis retira sa baguette du support.

— Restez dans la salle commune. Je vais chercher un professeur moi-même.

Dracena hocha la tête.

Elle ne proposa pas de venir.

La préfète la regarda une seconde, comme si elle s'y était attendue, puis sortit.

Draco s'assit près du feu.

— Ça va encore être de notre faute ?

— Non.

Dracena posa le miroir sur ses genoux.

Dans le verre, elle ne voyait que son propre visage.

Pour une fois, elle avait signalé ce qu'elle ne comprenait pas et laissé quelqu'un d'autre agir. Elle découvrit que cela ne rendait pas l'attente plus facile.

La pièce suivante sentait la pierre chaude et une odeur animale si forte que Harry porta sa manche à son nez.

Un troll gisait derrière une grille relevée, assommé. Une lourde chaîne était fixée au mur, assez longue pour lui permettre de barrer le passage. Des traces noires marquaient le sol près de sa main.

Hermione resta sur le seuil.

— Il est vivant.

Le ventre se souleva lentement.

Harry sentit un souvenir d'Halloween lui traverser les jambes. Il contourna la masse en gardant le plus de distance possible.

— Quelqu'un lui a lancé un sort.

— Oui.

Ils ne cherchèrent pas à deviner lequel.

La porte suivante s'ouvrit facilement.

Ils entrèrent dans une petite salle éclairée par des lampes basses. Une table étroite portait sept fioles identiques, chacune posée sur un cercle numéroté.

Derrière eux, la porte se couvrit de flammes violettes.

Devant, un rideau de feu sombre apparut dans l'ouverture opposée.

Harry recula jusqu'au centre de la pièce.

Hermione était déjà devant la table.

— Il y a des instructions.

Ce n'était pas un poème. Quelques lignes avaient été gravées sur une plaque de métal, avec une netteté presque agressive.

Trois liquides étaient des poisons. Deux ne produisaient aucun effet. Les deux derniers permettaient de franchir, l'un le feu de l'entrée, l'autre celui de la sortie. Le contenu ne pouvait être identifié par la couleur ou l'odeur. Tout déplacement d'une fiole avant la lecture complète des consignes rendait les indications inutiles.

Harry retira la main qu'il avait avancée.

Hermione lut la suite à voix basse.

— Les deux liquides sans effet sont en deuxième et cinquième positions. Chacun est immédiatement précédé d'un poison. Le troisième poison ne touche aucune des deux fioles sans effet. Le retour est à l'une des extrémités.

Elle regarda les numéros.

Harry essaya de suivre.

Il y avait sept positions. Il savait cela. Il n'arrivait pas à garder les autres informations dans sa tête.

Hermione prit sa plume, puis constata qu'elle n'avait plus de parchemin. Elle s'agenouilla et traça les chiffres dans la poussière avec le bout de sa baguette.

— Deux et cinq, rien. Donc un et quatre, poison.

— Le troisième ?

— Pas à côté de deux. Pas à côté de cinq. Il ne peut pas être trois ni six. Il reste sept.

Harry regarda la dernière fiole.

Elle semblait exactement aussi inoffensive que les autres.

— Le retour est à une extrémité, continua Hermione. Pas sept : poison. Pas un…

Elle s'arrêta.

Harry sentit son cœur se serrer.

— Quoi ?

Elle relut la plaque.

Son visage se ferma.

— Il manque une ligne.

Le bas de la plaque était couvert d'une mince couche grise.

Harry l'avait prise pour de la poussière. Hermione approcha la lumière et aperçut la bordure régulière d'un papier collé sur le métal.

Elle ne toucha pas aux fioles.

Elle glissa seulement l'ongle sous le bord du papier et le souleva.

Une phrase apparut : « Le nombre des fioles se compte depuis la flamme vers laquelle vous voulez aller ; la sortie peut devenir l'entrée pour celui qui revient. »

Hermione fronça les sourcils.

— Non. Ça ne résout pas la contradiction. Les extrémités restent les mêmes.

Harry sentit la peur se transformer en colère.

— Quelqu'un a changé les instructions.

— Ou en a ajouté.

Elle passa la lumière sur la plaque entière.

La dernière phrase, celle qui affirmait que le retour était à une extrémité, n'était pas gravée. Elle avait été écrite à l'encre noire, imitant la profondeur du métal.

Hermione la frotta avec le bord humide de sa manche. Un peu de noir s'effaça.

En dessous, les vrais mots apparurent : « Des deux passages, celui du retour est le plus proche de la troisième fiole empoisonnée. »

Harry regarda les numéros tracés au sol.

— Six ?

— Six, dit Hermione. Trois pour avancer.

Elle resta immobile.

La solution ne la faisait pas sourire.

Quelqu'un avait eu le temps de rendre l'épreuve mortelle pour celui qui suivrait.

Harry observa la troisième fiole. Le niveau du liquide était très bas. Une trace humide brillait encore sur le verre extérieur.

— Il s'est servi.

Hermione prit la fiole de retour et vérifia sa position une dernière fois.

— Il reste de quoi repartir à deux, peut-être trois. Mais celle-ci…

La fiole du passage avant contenait une seule gorgée.

Ils se regardèrent.

Derrière eux, Ron attendait dans une autre salle.

Devant, une voix parla encore.

Plus près, cette fois.

— Tu retournes chercher Ron, dit Harry.

Hermione secoua la tête.

— On peut repartir tous les deux.

Il regarda les flammes sombres.

— Oui.

Le mot lui coûta quelque chose. Il avait besoin de reconnaître que cette possibilité existait encore. Sans cela, la suite aurait ressemblé à une fatalité, et ce n'en était pas une.

— Mais je vais avancer.

Hermione serra la fiole.

— Tu ne sais même pas qui est là.

— Non.

— Tu ne sais pas te battre contre un professeur.

— Non.

Elle baissa les yeux.

Il n'essayait plus de lui vendre une victoire.

— Je peux peut-être gagner du temps, dit-il. Pendant que tu vas chercher quelqu'un.

Elle regarda le feu violet.

— Je reviens jusqu'à Ron. Je prends un balai dans la salle des clés. Si la corde ne suffit pas, je remonte avec lui dessus. Et je garde la musique en haut s'il faut passer le chien.

Harry lui donna la flûte.

Le bois était encore humide de ses doigts.

— Il faudra peut-être la reprendre après, dit-il stupidement.

Hermione le regarda.

Puis elle le serra contre elle, très fort, avec cette maladresse urgente des gens qui n'ont pas le temps de choisir leur geste.

— Tu me la rendras autrement.

Harry ferma les yeux une seconde.

Elle se recula, but une partie de la fiole de retour et frissonna violemment.

— C'est froid.

Elle traversa les flammes violettes.

Le feu se referma derrière elle sans bruit.

Harry resta seul devant la table.

Il regarda les chiffres tracés dans la poussière, la phrase falsifiée et la petite fiole presque vide.

Puis il la prit.

Il ne pensa ni aux points ni à la gloire.

Il pensa à Ron contre le mur. À Hermione qui s'éloignait avec une flûte. À Neville immobile sur un canapé parce qu'ils avaient eu peur de perdre du temps.

Il but.

Le froid descendit jusqu'à ses pieds.

Harry franchit le feu.

De l'autre côté, un homme se retourna.

Il portait un turban.





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