Le dernier chaos

Chapitre 23 : L'issue licencieuse

Par la_plume_de_traverse

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- Drago, attends.


Le jeune homme interrompit sa marche rapide qu'il tenait depuis presque trois heures, mais ne se retourna pas. Lors de leur périple, ils avaient dû combattre des boursoufs enragés, des inferis et même des manticores. Mais ils n'avaient toujours pas trouvé l'issue de cette succession de couloirs, escaliers et petites salles lugubres, ou, du moins, la solution à ce piège sans fin. Ils avaient peu parlé durant tout ce temps, sauf lors des combats pour se coordonner.


- Pourquoi ? Demanda-t-il d'un ton brusque.


- Est-ce qu'on peut faire une pause s'il te plaît ? On avance sans but : on a besoin d'une stratégie !


Malefoy souffla, et se laissa glisser le long du mur avant de s'asseoir, les avant-bras posés sur ses genoux repliés. Hermione l'imita. Elle était à bout de souffle, mais elle n'avait, jusqu'à présent, pas osé protester car elle aussi souhaitait rapidement en finir avec cette arène. Ils étaient à présent dans une petite pièce avec un autel central qui ressemblait à un tombeau. Le silence régnait autour d'eux. Après quelques secondes, elle se tourna vers lui.


- Tu l'avais lue, la lettre ? Quand tu m'as conseillé de retourner voir la professeure Smith ?


- Je croyais qu'on devait préparer un plan pour sortir d'ici, ironisa le sorcier avec un sourire en coin, tout en la dévisageant d'une façon un peu trop appuyée.


- Je n'ai pas de plan. Tu en as un, toi ?


Devant le mutisme de son compagnon de galère, elle le relança.


- Réponds-moi. Tu l'avais lue ?


Il souffla une seconde fois en regardant droit devant lui.


- Oui.


- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé avant ?


- Parce qu'avant tu semblais hésiter entre vivre ou mourir, Granger. Ensuite, quand finalement tu as regagné le monde des vivants, tu as essayé de me tuer. Donc j'ai logiquement gardé mes distances depuis. Sauf l'autre fois... Quand... Lorsque tu étais...


Il se mordit la lèvre inférieure. La jeune femme lui asséna un coup de coude dans les côtes pour chasser ses souvenirs lubriques. Il éclata d'un rire communicatif et Hermione ne put s'empêcher de sourire. Il poursuivit plus sérieusement.


- Et puis même si je t'en avais parlé, tu ne m'aurais pas cru. Ce que révèle ce parchemin est tellement... flippant.


Un silence réflexif s'installa quelques secondes entre les jeunes gens. L'attirance était là, puissante, enivrante, tandis que tous deux n'osaient bouger de peur d'interrompre un moment précieux. Et malgré la tension, l'incantation se faisait discrète, comme si elle laissait les âmes se réaligner, les corps s'apprivoiser et l'alchimie naturelle reprendre ses droits.


- Je te demande pardon pour ce que j'ai dit à propos de tes parents, osa enfin Drago en plongeant ses yeux gris dans ses prunelles noisettes. Je me rends compte que c'était abject, surtout quand je vois l'épouvantard que tu as généré. Je n'avais pas compris à quel point cela te faisait souffrir.


- Merci...


Elle avait renversé sa tête en arrière pour l'appuyer contre le mur de pierre, et observait le plafond pour tenter de se donner un peu de contenance. Son cœur battait à toute vitesse. Car il n'avait pas détaché son regard d'elle et elle était consciente de l'imminence de son abdication face à tous ses principes. De plus, la sincérité de ses excuses faisait exploser toutes les barrières qu'elle avait érigées pour tenter de le maintenir, lui et ses sentiments, à distance d'elle.


- Granger... Je... Je n'ai pas couché avec Pansy...


- Heu... Quoi ?


Pour la première fois depuis qu'elle s'était retrouvée enfermée dans ce labyrinthe, elle bénit la pénombre qui camouflait la rougeur de ses joues.


- Ce... Ça ne me regarde pas du tout, Malefoy ! Tu fais bien ce que tu veux avec qui tu veux. Pourquoi... Pourquoi tu me parles de ça ?


Et malgré sa gêne évidente - et elle se détestait pour ça -, elle faisait des sauts périlleux intérieurs pour fêter cette nouvelle qui n'aurait jamais dû autant la réjouir. Et comme pour accentuer son embarras, Drago éclata à nouveau de rire et sa main effleura la joue enfiévrée de la jeune femme.


- Même dans le noir, je peux te sentir rougir, Granger !


La sorcière se leva d'un bond, quelque peu agacée par l'hilarité du jeune homme, qui devait penser à présent qu'elle était prude. Certes, elle l'était, mais il n'était pas en mesure de le savoir. Du moins jusqu'à présent. Il se leva à son tour et s'approcha d'elle dangereusement.


- Je n'ai pas couché avec elle parce que... Je n'arrive pas à t'ôter de ma tête depuis que je t'ai revue dans le train.


Voilà. Ils y étaient. Ce fameux moment charnière qu'Hermione redoutait tout en le désirant ardemment. Elle s'était jurée qu'il n'arriverait jamais ce moment, elle avait lutté tant qu'elle pouvait, étouffant ses pulsions, ses sentiments et la ligne vraisemblablement écrite de son destin. À présent, sa volonté de fer avait tout bonnement disparu, comme si toutes les épreuves qu'ils avaient traversées n'avaient jamais existé.


- Tu as vu ma plus grande peur, Hermione, j'ai cru crever quand je t'ai entendu hurler cette nuit-là. J'ai cru devenir fou. Et quand je t'ai trouvée...


Ses paroles s'étranglèrent dans sa gorge. Pour l'aider et l'apaiser, la jeune femme posa ses deux mains sur son torse et s'approcha plus près encore, laissant leur souffle, devenu rapide, se mêler.


- Je me suis accroché autant que j'ai pu à l'idée que c'était ton sortilège qui était responsable de ce que je ressentais, mais... Même avant nos séances... Entre nous... Il y avait quelque chose. Et ces instants passés avec toi dans la bibliothèque... C'était chaque fois le meilleur moment de ma semaine. Avec le recul, je sais que même mes provocations par le passé n'avaient pour but que d'attirer ton attention : quand je te mettais en colère, au moins, j'existais à tes yeux.


La jeune femme retenait son souffle. Dans ce contexte hostile, elle se sentait pourtant, à cet instant, étrangement en sécurité. Lorsqu'il la regardait, elle se sentait indestructible, désirable et confiante. Et cette déclaration, qu'elle n'aurait jamais osé rêver, achevait de faire fondre l'armure de glace qu'elle avait mentalement construite pour se protéger. Une sensation d'ivresse et une légère torpeur la gagna. Elle se laissa doucement aller contre lui, tandis qu'il effleurait son nez avec le sien, ses lèvres avec ses lèvres, puis sa langue...


Ce baiser fut beaucoup moins brutal que le précédent, initié par des sentiments confus soudainement révélés, par une intense attraction finalement acceptée et, enfin, par le pardon sincère des blessures passées. Drago posa ses mains de chaque côté du visage d'Hermione tandis que les siennes, toujours appuyées sur son torse, exploraient timidement les reliefs sculpturaux de son buste à travers le tissu. Tous deux retenaient autant qu'ils le pouvaient leur avidité, terrifiés de tout gâcher en brûlant trop vite.


Malefoy se détacha d'elle avec douceur, au prix d'un effort colossal, et sonda son regard afin d'y déceler la moindre trace de regret. Mais ce qu'il lut dans les prunelles de la sorcière lui provoqua un frisson et balaya toutes ses craintes et la retenue douloureuse qu'il s'infligeait depuis qu'ils s'étaient retrouvés tous les deux face à l'épouvantard. Elle avait envie de lui, il le voyait. Elle était déterminée et impatiente de céder aux pulsions qu'elle bridait depuis si longtemps. Et ce fut elle qui, s'accrochant fermement à sa chemise, le ramena à elle avec force et qui reposa ses lèvres contre les siennes avec une précipitation peu équivoque.


Alors, ce baiser-là s'intensifia peu à peu, et ce qui n'était qu'un acte tendre au départ, devint progressivement un ballet enfiévré entre deux corps ne répondant plus qu'à leur instinct primitif. Leurs langues se caressaient avec une sensuelle frénésie, leur bassin se mouvait l'un contre l'autre à la recherche de l'extrême symbiose et leurs mains fébriles parcouraient le corps de l'autre sans aucune volonté de maîtrise.


- Dis-moi d'arrêter Granger, haleta Drago, au summum de la tension et sans interrompre un instant son comportement luxurieux. Repousse-moi maintenant, sinon je n'y arriverais pas.


Hermione éprouvait une lourdeur délicieusement lancinante dans le ventre, alors qu'elle sentait distinctement tout le désir du sorcier, ainsi appuyée contre lui. 


- Je t'en supplie, Granger, souffla-t-il encore. Pourquoi tu ne m'arrêtes pas ?


S'ils devaient s'interrompre maintenant, la frustration la tuerait, elle en était persuadée. Alors, pour toute réponse, elle se débarrassa de sa robe de sorcière. Puis, tout en faisant un pas en arrière sans perdre le contact visuel avec Drago, fit tomber son uniforme d'étudiante sur le sol. Il se mordit la lèvre inférieure en contemplant la jeune femme qui lui souriait. 


- Arrête-moi, toi, plutôt.


Et tandis que le gris de ses yeux s'assombrissait, il se déshabilla également sans la quitter des yeux, dévoilant ce corps puissant qui avait hanté les rêves d’Hermione durant de nombreuses nuits. Il s'approcha à nouveau d'elle, la dominant de toute sa stature.


- Je n'aurais jamais pensé que l'intello de l'école puisse se montrer aussi... audacieuse, articula-t-il d'une voix rauque sans pourtant sourire à sa taquinerie.


Il effleura du dos de sa main le bras de la jeune femme, dans une vaine tentative d'apaisement des esprits. Mais leur poitrine respective se gonflait et se dégonflait à une cadence telle, qu’elle ne laissait aucun doute sur leur intention imminente.


Hermione caressa du bout des doigts la peau ainsi dévoilée de l'étudiant, parcourant sa poitrine, ses abdominaux, puis s'engageant imprudemment plus bas. Il lâcha alors un râle rauque et lui saisit le poignet, sans essayer, pour autant, de dégager sa main.


- Ça devient... très difficile pour moi, Granger...


- Il me semble que parmi les recommandations de cette "Séraphine", était mentionné de ne pas lutter contre l'attraction naturelle ? J'essaye juste d'appliquer ses conseils...


Et elle se dégagea afin de poursuivre sa prospection curieuse. Malefoy agrippa avec les deux mains l'autel derrière lui, sa tête basculant en arrière tandis que sa respiration devenait de plus en plus saccadée. Et alors qu'elle intensifiait ses effleurements au niveau du point névralgique masculin, les transformant peu à peu en caresses lubriques et provoquant des gémissements incontrôlables chez son partenaire, elle se sentait grisée par cette sensation d'emprise sur lui et d'être la cause de ce plaisir submersible.


L'achèvement de cette opération lascive fut rapide : l'élève de Serpentard serra les dents alors que tout son corps semblait secoué de spasmes et qu'un grognement animal s'échappa de sa gorge. Hermione retira doucement sa main alors qu'il se détendait enfin et feignit de reculer. Mais Drago ne comptait pas être le seul à jouir d'une conclusion aussi plaisante et il l'attrapa par le bras. Elle put voir alors dans ses yeux encore sombres le reflet dangereux de sa pleine résolution et de ses intentions coupables envers elle. 


- Merci... Tu viens de m'offrir le répit et la concentration dont j'avais besoin pour m'occuper convenablement de toi maintenant.


Et sans autre sommation, il la saisit par les hanches et la souleva avec une facilité désarmante pour la déposer sur l'autel derrière lui. La jeune femme poussa un cri de surprise mais n'eut pas le loisir de protester car, avec une rapidité telle qu'elle témoignait d'une fougue bouillonnante chez le jeune homme, il lui retira les derniers morceaux de tissus qui camouflaient les dernières barrières de son intimité. Ainsi exposée, nue sur la pierre sculptée, Drago Malefoy la contempla d'un air presque carnassier.


- Si tu savais depuis combien de temps je rêve de te faire ça...


- Me faire quoi ?


La réponse lui parvint rapidement lorsque le jeune homme l'attira au bord de l'autel et embrassa son genou, puis l'intérieur de sa cuisse, puis remonta doucement le long de sa jambe. D'abord déconcertée, Hermione ne comprit qu'à la première décharge en quoi consistaient ses mystérieux fantasmes. Et elle s'ouvrit alors volontiers aux assauts avides de son scandaleux compagnon qui se délectait de son corps, ainsi que du plaisir extrême qu'elle exprimait au travers de complaintes difficilement contenues.


Et tandis que le courant électrique caractéristique commençait à se diffuser de la langue de son complice de crime jusqu'au plus profond de son ventre, qui se contractait violemment sous son effet, elle se sentit tout à coup comme aspirée de la scène dans un tourbillon surnaturel lumineux.


C'est ainsi qu'Hermione Granger, les joues rougies et le souffle court, ouvrit les yeux dans la salle de classe. Face à elle, le professeur Charvey, Harry et Ron la regardaient, les yeux écarquillés.




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