Le Corbeau. Saison 1 par

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Side Story / Suspense / Action

26 XII Le Pentagramme et l'Epée

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CHAPITRE XII : LE PENTAGRAMME ET L’EPEE

 

Maldieu observait attentivement Thomas. A côté de lui, Suzanne Janis gardait une expression neutre. Chun restait en retrait. Et Pierrick se tenait prêt de son ami d’enfance.

« Ainsi, vous vous appelez Thomas Zimong, finit par dire Maldieu. Pourquoi un prénom français ?

-C’était le prénom préféré de mon père d’après ce que m’a dit ma mère avant de mourir, répondit Thomas. Il a toujours voulu appeler son fils ainsi. Lorsque je suis venu au monde, ma mère a décidé de me donner ce nom. Sûrement dans l’espoir que nous soyons réuni un jour.

-Comment avez-vous survécu au massacre ? Les Dragoniars ont été la cible des actions les plus expéditives de l’armée moldue.

-Ma mère m’a protégé. Elle m’a dit qui était mon père et est partie. Quelques uns d’entre nous se sont portés volontaire afin de permettre aux autres de s’enfuir. Ma mère en faisait parti.

-J’ai entendu parler de cette ultime défense des Dragoniars. Votre peuple est dispersé, à l’instar de la communauté magique chinoise. Pourquoi ne pas les rejoindre ?

-Parce que j’ai une sœur que je dois protéger. Il y a un mage noir à Beauxbâtons en ce moment. Il peut s’en prendre à n’importe qui, y compris à Laura.

-Et si Laura Jiraud refuse votre protection ?

-Elle n’a pas besoin de le savoir. Elle ignore que je suis son frère. Si pour qu’elle soit heureuse, je dois rester dans l’ombre, alors j’y resterai. Elle est ma dernière famille.

-Vous avez usé de sortilège de confusion et d’amnésie pour évincer tous les éventuels candidats au poste de professeur de défense contre les forces du mal. Vous savez ce que vous risquez pour ça ?

-Ecoutez, si vous voulez m’arrêter, faîtes le. Mais accordez-moi la faveur de pouvoir protéger Laura jusqu’au moment où le tueur sera hors d’état de nuire. »

            Maldieu tourna les yeux vers Pierrick une seconde puis pivota entièrement vers Janis.

« Suzanne ? fit-il.

-Il est franc, dit-elle. Il n’a pas menti ou alors il sait très bien contrôler son esprit. Mais je ne pense pas qu’il nous ait caché quelque chose.

-Qu’est-ce que ça signifie ? demanda Thomas.

-Pendant que je vous posais des questions, Suzanne usait de légilimancie sur vous. Elle est passée maître dans l’art de le faire sans que la victime ne le remarque. C’était pour nous une façon d’être sûr de vous. Veuillez nous pardonner.

-Au moins je suis lavé de tout soupçon. Allez-vous m’arrêter ?

-Non. Au Département des Chasseurs, nous nous occupons des mages noirs, pas des imposteurs. Ça, c’est le boulot de la Police Magique. Je pourrais prévenir Dakus, mais on n’est pas en bon terme. »

            Thomas se tourna vers Pierrick qui lui fit comprendre que c’était bon. Maldieu se tourna alors vers Pierrick pour lui demander un résumé de ce qu’il avait découvert. Ayant privilégié la piste de Thomas jusqu’à maintenant, il n’avait pas découvert grand-chose. Autant dire qu’il devait recommencer au point de départ. Il orientait maintenant son attention sur le Club du Serpent. Mais tout ce qu’il avait pour avancer dans cette direction était la liste de membre potentiel de Garde. Le professeur Rodès n’avait pas le profil du mangemort. Mais son goût pour la magie noire le rendait suspect. De même que Pierre Hargus qui avait déjà démontré malgré son jeune age des prédispositions pour les pratiques illicites et immorales de la magie.

            Franck Vinol fit des recherches approfondies sur Pierre Hargus. Ses parents étaient des moldus n’ayant aucun lien avec le monde des Sorciers à part leur fils, tenant une boutique de fleuriste. Il n’avait ni frère ni sœur. Du moins plus depuis la mort de son frère jumeau alors qu’ils avaient huit ans. D’après le rapport d’enquête de la police moldue, la mort de Bruno Hargus n’était due qu’à une malheureuse chute dans la rivière au bord de laquelle jouaient les deux garçons. Il en était ressorti que le jeune Pierre avait été choqué en voyant son frère couler à pique et était resté silencieux durant des années. Jusqu’au jour où il appris qu’il était sorcier et entra à l’Académie de magie Beauxbâtons.

            Dans les cas de sorciers apparaissant dans une famille moldue, l’usage est d’envoyer un professeur de l’Académie pour expliquer la situation à la famille et à l’enfant concerné. Ce professeur n’était autre que François Garde.

            L’ancien chasseur vint dés que Pierrick l’appela. Il parla sans détour de sa visite à la famille Hargus sept ans auparavant.

« C’était une famille comme toutes les autres, avec sa part de joie mais aussi de peine. Et dans leur cas, beaucoup de peine. Ce n’était pas la première fois que je devais annoncer la nature magique d’un enfant à ses parents. J’ai vu toute sorte de réactions, des gens accueillant la nouvelle avec joie, d’autres me traitant de fou, d’autres craignant que ce soit une mauvaise chose. J’ai vu des familles heureuses se détruire après cette découverte, et des malheureuses se reconstruire. Ce fut en parti le cas des Hargus. Leur fils ne parlait plus depuis la noyade de son frère jumeau. Il a tout vu, c’était compréhensible. Je n’avais que rarement vu un regard aussi vide dans les yeux d’un enfant. Cela m’a rappelé des souvenirs du temps où j’étais chasseur. Ils ont été incrédules, croyant à une farce. C’est la réaction la plus typique. Jusqu’au moment où j’ai métamorphosé leur table de salon en berger allemand. Pierre a dit alors ses premiers mots depuis des années : « Je veux faire ça. ». Ses parents ont dit immédiatement qu’ils étaient d’accord. Tout était bon pour que leur fils redevienne comme avant. Je leur ai tout expliqué. Comment marchait notre monde, l’Académie où irait leur fils à la prochaine rentrée, et cetera… Pierre parlait timidement, posant quelques questions judicieuses à chaque fois. Le sujet qu’il voulait surtout connaître c’est ce que pouvait faire les meilleurs sorciers en termes d’exploits. Je me souviens surtout d’une question : « Peut-on faire revivre ceux qui n’auraient pas dû mourir ? ». J’ai été obligé de lui dire non. Son expression est restée neutre durant toute la discussion, comme si son âme était vide. A ce moment là, je ne savais pas que j’avais devant moi un génie, mais aussi un être prêt à tout pour découvrir tous les secrets de la magie y compris les plus sombres. Mais je ne pense pas qu’il soit capable d’aller jusqu’au meurtre malgré tout. »

 

            Hans Friedrich apparut dans la cheminée de la maison des Jiraud. Il répondait à l’appel urgent de Laura. Cette dernière attendait devant l’âtre et sauta dans les bras de son petit ami dés qu’il se releva. Ses yeux rougis montraient qu’elle avait pleuré. Il l’étreignit quelques instants avant de lui demander ce qui lui arrivait. Elle l’entraîna dehors, prétextant de vouloir faire une ballade.

            Marchant main dans la main, Hans attendit que sa petite amie se décide à parler. Ils s’arrêtèrent sur un banc dans un parc, prêt d’une étendue d’eau où pataugeaient innocemment des canards. Lorsqu’elle se décida à parler, ce fut pour annoncer :

« J’ai découvert pourquoi Radus s’intéresse à moi. Je pense qu’il veut veiller sur moi, mais je n’en suis pas sûre.

-Pourquoi voudrait-il veiller sur toi ?

-Il est lié à mon père et à moi.

-Par quoi ? »

Laura prit une inspiration, elle avait encore du mal à accepter cette idée.

« Il ne s’appelle pas Radus mais Zimong. C’est mon frère. »

            Hans était aussi médusé par la nouvelle que l’avait été Laura en le découvrant.

« Il ne doit pas savoir que je suis au courant, pas encore, continua t-elle. Je veux d’abord être sûre de pouvoir gérer tout ça. C’est nouveau pour moi et je ne m’en rends pas bien compte encore.

-Je comprends. Mais crois-tu qu’il sache ?

-Sa mère a dû lui dire qui était son père. Et il a découvert que j’étais la fille de Gaston Jiraud, donc sa demi-sœur. »

Un nouveau silence se fit. Laura se décida à tout dire à Hans, elle avait entièrement confiance en lui.

« Il y a une dernière chose que j’ai découverte. Mais je veux que tu me promettes de n’en parler à personne et surtout pas à ma mère.

-Je ferais tout ce que tu voudras.

-Mon père a laissé une lettre avant de mourir. Elle n’avait jamais été lue par personne avant moi. Tiens. »

Elle lui tendit le parchemin. Hans le lut, passant d’un visage neutre à une expression horrifiée. Il posa sur sa petite amie un regard désolé.

« Ton… ton père.

-Oui, il s’est donné la mort. Je ne sais plus où j’en suis, dit-elle en se blottissant plus étroitement contre lui. C’est comme si je perdais mon père pour la deuxième fois. Je découvre que j’ai un frère, et je pense qu’il veut se rapprocher de moi et me protéger. Il doit être comme moi, il ne doit pas savoir comment s’y prendre. Je suis malheureuse d’avoir appris la vérité sur mon père. Mais je suis aussi heureuse car j’ai toujours voulu avoir un frère.

-Il faut lui parler.

-Je préfère attendre encore. Es-tu avec moi ?

-Je serais toujours avec toi. »

 

            La feuille de parchemin découverte dans le bureau de Guillaume Sazeau n’avait toujours pas délivré ses secrets. Mais selon Luc Fabre, la puissance du charme cillait. Pierrick décida d’essayer à son tour même si ce genre d’exercice n’était pas vraiment sa spécialité. Maldieu se tenait non loin et observait. François Garde entra juste avant que le Corbeau ne commence.

« Il va essayer ? demanda t-il.

-Oui, répondit Maldieu.

-C’est risqué.

-Pourquoi ?

-Ne fais pas l’innocent. Si ce parchemin a quelque chose à voir avec Faros…

-On n’en est pas sûrs.

-Mais c’est probable. Toi-même tu as dit avoir ressenti une vibration familière.

-S’il doit le découvrir ainsi, alors…

-Ce n’est pas ça le plus risqué.

-Je sais. Mais observons seulement. Son destin n’est plus entre nos mains. Du moins, plus complètement. »

            Pierrick était concentré sur la page de parchemin. Il ne prononça aucune formule. Personne n’en fut surpris, tout le monde savait qu’il était passé maître dans l’art des sortilèges informulés quelque soit le niveau. Un jet de lumière jaune intense jaillit de sa baguette et vint arrosé le document. La puissance était déjà énorme mais aucune crispation ne marquait le visage du Corbeau. Les agents de la IRIA observaient incrédules. Ils savaient que le Corbeau était un puissant sorcier malgré son jeune age, mais il était entrain de démontrer plus de puissance que Luc Fabre et Georges Nide réunit tout en restant parfaitement calme. Thomas Zimong, l’œil aiguisé, ne parut que peu surpris de la puissance de son ami.

            Durant une heure entière, Pierrick ne se relâcha pas. Quand il arrêta, le parchemin était encore vierge. Maldieu s’approcha, Garde préférait rester en retrait.

« Ça devrait suffire pour le moment, dit le chef des Chasseurs. Allez vous reposer tous. A demain. »

Les agents de la IRIA, Pierrick, Thomas et Chun s’en allèrent. Seuls restèrent Luc Fabre, Charles Maldieu et François Garde. Ce dernier finit par s’approcher à son tour.

« Il a échoué, dit Garde.

-Vous paraissez vous intéressez à ce parchemin, fit Fabre. A-t-il un rapport avec les Chaldo et votre passé ?

-Il est au courant ?!

-J’ai été obligé de lui dire, avoua Maldieu. Luc est quelqu’un de très intelligent, tu le sais bien. Il l’aurait découvert, il valait mieux qu’il l’apprenne par l’un de nous que seul. Il a compris pourquoi nous avons agi ainsi. Il a compris quelles erreurs nous avons commises.

-Je comprend en plus maintenant ce que vous avez redouté à l’époque, ajouta Fabre. Si ce parchemin est bien ce que vous pensez être…

-Il l’est, coupa Maldieu. Chaldo a réussit. Antoine Faros a toujours été quelqu’un de spécial. Pourquoi cacher quelque chose une fois quand on peut le cacher deux fois ?

-Tu veux dire…commença Garde.

-Oui, un double charme. C’était sa technique de dissimulation préférée.

-Quand as-tu compris ?

-Je m’en doutais seulement. Maintenant j’en suis sûr. Le premier charme est puissant et n’importe quel sorcier pensera qu’il n’a pas été dissout tant que rien ne sera apparu. Il pensera simplement qu’il est si fragilisé qu’il n’est plus assez puissant pour être ressenti. Seulement c’est juste que le second charme est encore plus discret mais bien moins puissant. Il faut juste changer de sortilège. Revelio, incanta t-il en tendant sa baguette vers le parchemin. »

Des lignes noires apparurent sur la surface du parchemin, formant un symbole : une étoile à cinq branches pointant vers le bas surmontée d’une épée pointant vers le bas. A la vue de ce symbole, Garde tressaillit.

« Un pentagramme inversé et une épée, décrit Fabre. Un symbole de magie noire et un de Justice ensemble.

-C’était donc ce que nous redoutions, dit Garde. Faros avait gardé son dossier de recherche. Pourquoi ne l’a-t-il pas détruit ?

-Car c’est l’une des seules preuves restantes de ce que nous avons fait à l’époque, dit Maldieu. Et bien qu’il soit mort avant, le contenu de ce dossier est la cause de la mort des Chaldo.

-Ce dossier a donc été découvert il y a quatre ans.

-Je ne pense pas. N’oublie pas que quelqu’un d’autres savait pour notre projet.

-Malgéus, ce serait lui ?

-Peut-être. Mais j’ai l’impression que quelqu’un d’autre agit dans l’ombre.

-Qui ? Pourquoi ?

-Je ne sais pas. Nous devons le découvrir.

-Le problème reste entier. Si Chaldo découvre le dossier de Faros…

-Si son contenu est caché, nous ne craignons rien. Mais il nous faut le récupérer pour ne pas qu’il tombe en de mauvaises mains.

-Il y a plus urgent, dit Fabre. Il faut cacher ce document. »

Garde tendit sa baguette et mit le feu au parchemin. Le document se consuma en quelques instants.

« Nous aurions dû faire ça il y a longtemps, dit-il.

-Non, contredit Maldieu. Car nous allons devoir répondre de nos actes bientôt. »

 

 

 

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