Livre 1 - Les secrets d'un Malfoy

Chapitre 9 : Chapitre 9 — Les premières leçons

Par Larousse28

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Chapitre 9 — Les premières leçons

 

Draco Malfoy n'avait pas particulièrement bien dormi. Le lit était confortable, les draps propres et le matelas bien plus agréable que ce qu'il avait imaginé. Pourtant, il avait eu du mal à trouver le sommeil. Entre les bruits inhabituels du château, les conversations étouffées provenant des autres lits et la sensation étrange de dormir sous un lac, il lui avait fallu un certain temps avant de fermer les yeux.

 

Il avait finalement réussi à s'endormir, convaincu que les nuits suivantes seraient bien plus reposantes. Pour l'instant, il était encore trop tôt pour en juger.

 

Lorsqu'il ouvrit les yeux, une faible lumière verdâtre filtrait à travers les grandes fenêtres du dortoir. Quelques garçons dormaient toujours profondément. D'autres commençaient à remuer sous leurs couvertures.

 

Draco repoussa les draps et s'assit au bord de son lit. Il passa une main dans ses cheveux, encore un peu ébouriffés, puis jeta un regard vers les fenêtres. Le lac était particulièrement calme.

 

Il se leva, enfila ses chaussons et se dirigea vers sa malle pour récupérer ses affaires. Il avait bien l'intention de profiter de ces quelques minutes de tranquillité avant que Blaise ne commence à parler et que Theo ne trouve une remarque désagréable à faire.

 

Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre la salle de bains, une ombre attira son attention.

Elle venait de passer derrière la vitre. Draco s'arrêta.

 

Il fronça légèrement les sourcils et tourna la tête vers l'extérieur. L'ombre avait disparu, mais il lui avait semblé apercevoir quelque chose de particulièrement grand. Curieux malgré lui, il s'approcha de la fenêtre. Il posa une main contre le rebord et se pencha légèrement pour mieux voir. L'eau était sombre, traversée par quelques mouvements indistincts. Il plissa les yeux.

Une nouvelle ombre passa. Cette fois, elle était plus proche.

 

Draco avança encore, jusqu'à ce que son visage se trouve à quelques centimètres de la vitre. Il essaya de distinguer ce qui se cachait dans l'eau.

Puis, sans le moindre avertissement…

 

BAM !

 

Une énorme tentacule s'abattit contre la vitre juste devant son nez.

 

— PAR MERLIN !

 

Draco bondit en arrière avec un cri étranglé. Son pied heurta le bord d'une malle et il dut battre des bras pour ne pas tomber. Le bruit réveilla immédiatement plusieurs occupants du dortoir.

 

Blaise se redressa brusquement dans son lit, les cheveux en désordre et les yeux encore à moitié fermés.

 

— Qu'est-ce qui se passe ?!

 

Theo ouvrit lentement les yeux. Il observa Draco, qui se tenait à plusieurs pas de la fenêtre, puis tourna la tête vers la vitre. Derrière celle-ci, une immense tentacule s'éloignait tranquillement.

Il fallut quelques secondes à Blaise pour comprendre. Puis son visage s'éclaira d'un sourire.

 

— Non…

 

Draco tourna vivement la tête vers lui.

 

— Quoi ?

 

— Ne me dis pas que…

 

Blaise regarda la fenêtre, puis Draco. Il éclata de rire.

 

— Tu t'es encore fait surprendre par le calamar !

 

— Il m'a attaqué !

 

Theo se redressa sur un coude, l'air parfaitement calme.

 

— Il était pourtant de l'autre côté de la vitre.

 

Draco lui lança un regard noir.

 

— Merci, Nott. Cette précision m'est absolument indispensable.

 

Blaise riait tellement qu'il avait du mal à retrouver son souffle.

 

— Je regrette tellement de ne pas avoir vu ça !

 

— Tu n'avais qu'à te réveiller plus tôt !

 

— Et manquer ma grasse matinée pour quoi ? Pour assister à ton duel contre un mollusque ?

 

— Ce n'est pas un mollusque !

 

Theo inclina légèrement la tête.

 

— C'est pourtant un calamar géant.

 

— Je sais parfaitement ce que c'est !

 

Draco se retourna vers la fenêtre. La tentacule avait disparu, mais il était certain que la créature se trouvait toujours quelque part derrière la vitre.

Il s'approcha de nouveau, cette fois en conservant une distance raisonnable.

 

— Très bien, marmonna-t-il. Puisque c'est comme ça…

 

Blaise essuya une larme au coin de son œil.

 

— Qu'est-ce que tu fais ?

 

Draco redressa les épaules et pointa un doigt accusateur vers le lac.

 

— Sache que nous sommes désormais ennemis.

 

Un silence suivit. Theo le fixa quelques secondes.

 

— Je suis certain qu'il tremble de peur.

 

Blaise se laissa retomber sur son oreiller, secoué d'un nouveau fou rire.

 

— Je n'arrive pas à croire que tu viens de déclarer la guerre à un calamar !

 

— C'est lui qui a commencé.

 

— Bien sûr.

 

Draco lui adressa un regard glacial.

 

— Tu pourrais au moins avoir la décence de soutenir ton camarade.

 

— Je te soutiens, répondit Blaise entre deux rires. Je suis simplement très heureux d'assister à cette bataille historique.

 

Theo se leva à son tour et récupéra ses vêtements.

 

— Nous devrions peut-être nous dépêcher. À moins que tu ne souhaites rester ici pour surveiller ton ennemi.

 

Draco lui tourna le dos.

 

— Je n'ai pas peur de lui.

 

— Personne n'a dit le contraire.

 

Le ton parfaitement neutre de Theo ne fit qu'aggraver son humeur.

 

Quelques minutes plus tard, les trois garçons avaient rejoint la salle de bains du dortoir. Draco prit le temps de se rafraîchir, de se laver le visage et de remettre correctement ses cheveux en place. Il n'avait aucune intention de descendre prendre son petit-déjeuner avec une apparence négligée.

 

Blaise, qui semblait avoir retrouvé toute son énergie, continuait de revenir sur l'incident.

 

— Tu aurais dû voir ta tête.

 

— Je t'assure que si tu continues, tu risques de découvrir à quel point je peux être désagréable avant le petit-déjeuner.

 

— Je n'en doute pas.

 

Theo ajusta tranquillement le col de sa chemise.

 

— Il faudrait peut-être éviter de le provoquer. Il vient de perdre une bataille contre un mollusque.

 

Draco se retourna vers lui.

 

— Je n'ai perdu aucune bataille.

 

— Naturellement.

 

Il n'obtint pas davantage de réponse. Draco attrapa sa robe de sorcier et la passa sur ses épaules avant de quitter la pièce. Il avait déjà perdu suffisamment de temps.

 

La Grande Salle était bien plus animée que la veille au soir. Les élèves prenaient leur petit-déjeuner en discutant de leurs premières impressions sur le château. Des hiboux entraient et sortaient par les hautes fenêtres, tandis que des assiettes se remplissaient à mesure que les plats apparaissaient sur les tables.

 

Draco s'installa à la table des Serpentard, entre Blaise et Theo. Il se servit quelques tartines et un verre de jus de citrouille.

 

— Alors, demanda Blaise en s'installant face à lui, as-tu réfléchi à une stratégie pour vaincre ton adversaire ?

 

Draco leva lentement les yeux.

 

— Zabini.

 

— Oui ?

 

— Mange.

 

Theo esquissa un sourire discret avant de prendre une tasse de thé. Draco venait à peine de commencer son petit-déjeuner que son regard fut attiré par la table des Gryffondor.

 

Potter était assis avec Weasley et Granger. Les trois semblaient déjà plongés dans une conversation animée.

 

Draco détourna les yeux. Il n'avait aucune raison de s'intéresser à ce qu'ils racontaient. Il reporta son attention sur son assiette, puis aperçut le parchemin contenant son emploi du temps, qu'il avait posé près de son verre.

 

Métamorphose. Potions. Il connaissait déjà quelques notions théoriques grâce à son éducation, mais il avait hâte de commencer les véritables cours. Il voulait savoir comment les professeurs enseignaient et, surtout, se montrer à la hauteur de son nom. Il avait bien l'intention de faire partie des meilleurs élèves.

 

Le journal lui avait pourtant conseillé de ne pas chercher à tout contrôler. Draco fronça légèrement les sourcils. C'était facile à dire lorsqu'on avait déjà vécu toutes ces années.

Il se promit de ne pas y penser davantage.

 

Le premier cours de la matinée avait lieu dans une salle située au deuxième étage. Les élèves de Gryffondor et de Serpentard s'y retrouvèrent, certains encore occupés à chercher leur chemin dans les couloirs. Draco marchait avec Blaise et Theo, son sac soigneusement posé sur l'épaule.

Ils arrivèrent devant une salle où plusieurs élèves attendaient déjà. Granger était parmi eux.

 

Elle tenait un livre ouvert entre ses mains et semblait relire quelque chose avec une concentration presque excessive. Draco ralentit légèrement.

 

— Elle travaille déjà ? murmura Blaise.

 

— Apparemment, répondit Theo.

 

— Nous n'avons même pas commencé les cours, fit remarquer Draco.

 

— Peut-être qu'elle souhaite prendre de l'avance.

 

Draco observa la jeune fille une seconde de plus.

Il n'avait pas l'intention de se laisser distancer par une née-Moldue. La porte s'ouvrit avant qu'il ait pu ajouter quoi que ce soit.

 

La professeure McGonagall se tenait sur le seuil. Son regard sévère parcourut les élèves.

 

— Entrez. Et installez-vous rapidement.

 

Les conversations cessèrent presque immédiatement. Draco choisit une place près de Blaise et Theo. Il sortit ses affaires et posa son manuel sur la table.

 

La salle était organisée en plusieurs rangées de bureaux. Sur le bureau de la professeure se trouvaient quelques objets destinés à la démonstration du cours.

 

McGonagall attendit que chacun soit installé avant de prendre la parole.

 

— La métamorphose est l'une des branches les plus complexes de la magie. Elle demande de la concentration, de la précision et une excellente maîtrise de soi. Une erreur peut avoir des conséquences bien plus importantes que vous ne l'imaginez.

 

Elle posa les mains sur son bureau.

 

— Nous commencerons par les principes fondamentaux. Je vous déconseille vivement de tenter des transformations en dehors de mes cours avant d'en avoir reçu l'autorisation.

 

Draco ouvrit son manuel. Il connaissait déjà une partie de ce qu'elle expliquait. Lucius avait insisté pour qu'il apprenne les bases avant son arrivée à Poudlard. Il avait également lu plusieurs ouvrages consacrés à la métamorphose pendant l'été. Il n'était donc pas complètement perdu.

 

McGonagall poursuivit son explication avant de se tourner vers le tableau.

 

— Qui peut me dire quelle différence fondamentale existe entre une transformation complète et une transformation partielle ?

 

Plusieurs élèves baissèrent les yeux. Draco leva immédiatement la main. Presque au même instant, celle de Granger se dressa à son tour. La professeure les observa tous les deux.

 

— Monsieur Malfoy ?

 

Draco se redressa légèrement.

 

— Une transformation complète modifie entièrement la forme de l'objet ou de l'être concerné, tandis qu'une transformation partielle ne concerne qu'une partie de celui-ci.

 

— Correct. Et pouvez-vous me donner un exemple ?

 

— Transformer un objet entier en animal, ou modifier uniquement une partie de sa structure.

 

McGonagall hocha la tête.

 

— Très bien, Cinq points pour Serpentard.

 

Draco eut un petit sourire satisfait. Mais il disparut rapidement lorsque Granger leva de nouveau la main.

 

— Mademoiselle Granger ?

 

— Une transformation partielle exige généralement davantage de précision, car il faut conserver certaines caractéristiques de l'objet d'origine tout en modifiant les autres.

 

McGonagall sembla satisfaite.

 

— Exactement. Cinq points pour Gryffondor.

 

Draco baissa les yeux vers son manuel. Il n'avait pas tort, mais il aurait préféré que la professeure s'arrête à sa propre réponse. Granger semblait décidément déterminée à ne pas lui laisser le moindre avantage.

 

Il s'apprêtait à tourner la page lorsqu'un bruit précipité retentit dans le couloir. La porte de la salle s'ouvrit brusquement et deux garçons apparurent sur le seuil, légèrement essoufflés.

Potter et Weasley. Draco haussa un sourcil.

 

— Monsieur Potter, monsieur Weasley, fit McGonagall d'une voix sèche. Quelle agréable surprise.

 

Les deux garçons s'immobilisèrent.

 

— Nous sommes désolés, professeur, commença Harry.

 

— Nous avons eu un petit problème en chemin, ajouta Ron.

 

— Un problème qui vous a manifestement empêchés de consulter une horloge, répliqua-t-elle. Entrez. Et tâchez de ne pas perturber davantage le cours.

 

Ils traversèrent la salle sous les regards de leurs camarades. Hermione, assise non loin de Draco, leur adressa un regard désapprobateur.

 

— Vous êtes en retard ! murmura-t-elle lorsqu'ils passèrent près d'elle.

 

— On ne l'a pas fait exprès, protesta Ron à voix basse.

 

— Ça ne change pas grand-chose au résultat, répondit-elle.

 

Blaise étouffa un rire.

 

— Voilà qui commence bien, souffla-t-il à Draco.

 

— Certains semblent avoir du mal à comprendre le principe de ponctualité, répondit celui-ci.

 

Theo observa les deux Gryffondor rejoindre leurs places.

 

— Ou celui de lire leur emploi du temps.

 

Draco esquissa un sourire amusé. Potter, lui, avait entendu la remarque. Il tourna brièvement la tête vers eux, l'air peu enthousiaste, avant de reporter son attention sur le bureau de la professeure.

 

Granger leur adressa un dernier regard, comme si elle désapprouvait autant leur retard que les commentaires des Serpentard.

 

McGonagall attendit que le silence revienne avant de poursuivre. Quelques minutes plus tard, elle posa une petite boîte d'allumettes sur son bureau.

 

— Nous allons commencer par un exercice simple. Vous allez tenter de transformer une allumette en aiguille. Ne vous attendez pas à obtenir un résultat parfait dès votre première tentative.

 

Elle distribua les instructions et demanda aux élèves de se mettre au travail. Draco prit son allumette entre ses doigts. Il relut rapidement les indications avant de sortir sa baguette.

Il se concentra. La transformation ne fut pas immédiate. L'allumette sembla d'abord s'affiner légèrement, puis sa surface prit une teinte métallique sur une petite portion.

 

Draco fronça les sourcils. Ce n'était pas exactement ce qu'il voulait. Il recommença, plus attentivement. À côté de lui, Blaise observait son propre travail avec une expression dubitative.

 

— La mienne ressemble à une allumette malade.

 

Theo jeta un coup d'œil à son bureau.

 

— C'est déjà un progrès. Elle a au moins changé de couleur.

 

— Merci pour ton soutien.

 

Draco ne releva pas. Il était trop occupé à recommencer son exercice. Quelques rangées plus loin, Granger semblait obtenir un résultat assez satisfaisant. Son allumette avait déjà commencé à prendre une forme plus fine.

 

Draco serra légèrement les lèvres. Il n'allait certainement pas se laisser dépasser. Il reprit sa baguette et recommença, en prenant soin de suivre les instructions à la lettre.

 

Cette fois, la transformation fut plus nette. L'allumette s'allongea et prit une apparence métallique, même si sa pointe restait encore trop épaisse.

 

McGonagall passa entre les rangées. Elle s'arrêta devant le bureau de Draco.

 

— Une tentative intéressante, monsieur Malfoy. La forme est correcte, mais la pointe manque encore de précision.

 

Draco redressa légèrement le menton.

 

— Je vais corriger cela, professeur.

 

— Je n'en doute pas. Mais ne vous précipitez pas. La métamorphose demande de la patience.

 

Elle poursuivit son inspection. Draco baissa les yeux vers son travail. Il n'aimait pas qu'on lui fasse remarquer ses erreurs, surtout lorsqu'il avait fait de son mieux. Un léger mouvement à côté de lui attira son attention.

 

Theo avait posé sa baguette et observait son allumette, dont une partie était devenue argentée.

 

— Tu comptes la transformer ou simplement la regarder jusqu'à ce qu'elle cède ? demanda Draco à voix basse.

 

Theo leva les yeux.

 

— J'essaie de comprendre pourquoi vous êtes tous les deux si pressés.

 

— Nous essayons de réussir.

 

— Je l'avais remarqué.

 

Il reprit sa baguette et ajouta tranquillement :

 

— Vous pourriez peut-être vous mettre d'accord sur un système de rotation. L'un répond, l'autre transforme, et le troisième vous rappelle de respirer.

 

Draco lui lança un regard agacé.

 

— Personne ne t'a demandé ton avis, Nott.

 

— C'est précisément ce qui rend mes interventions si précieuses.

 

Blaise étouffa un rire.

 

À la fin du cours, Draco avait réussi à obtenir une aiguille presque parfaite. Il était plutôt satisfait du résultat, même s'il avait remarqué que Granger avait également réussi son exercice.

En rangeant ses affaires, il jeta un regard vers elle. Elle semblait ravie de son travail. Draco referma son manuel un peu plus sèchement que nécessaire. Il aurait une autre occasion de faire mieux.

 

La pause entre les deux cours leur permit de rejoindre tranquillement les cachots. Les couloirs étaient déjà remplis d'élèves qui se dirigeaient vers leurs prochaines salles. Certains discutaient à voix haute, d'autres comparaient leurs emplois du temps ou cherchaient encore leur chemin. Blaise marchait à côté de Draco.

 

— Tu as pris l'exercice très au sérieux.

 

— C'est le but d'un cours, Zabini.

 

— Je disais simplement que tu avais l'air particulièrement contrarié lorsque Granger a réussi sa transformation.

 

— Je n'étais pas contrarié.

 

Theo intervint sans même tourner la tête.

 

— Bien sûr. Tu étais simplement profondément préoccupé par la qualité de son aiguille.

 

Draco lui adressa un regard noir.

 

— Vous êtes tous les deux insupportables.

 

— Nous faisons de notre mieux, répondit Blaise avec un sourire.

 

Ils arrivèrent devant la salle de potions quelques instants plus tard. Draco sentit immédiatement une certaine excitation l'envahir. Il connaissait déjà le professeur qui allait leur enseigner cette matière. Il avait rencontré Severus à plusieurs reprises au manoir et savait qu'il ne supportait ni les élèves inattentifs ni les questions inutiles.

 

Il était impatient de commencer. Il devait simplement veiller à ne pas laisser paraître qu'il connaissait déjà le professeur. La porte s'ouvrit.

 

— Entrez.

 

La voix froide de Severus Rogue résonna dans le couloir. Les élèves pénétrèrent dans la salle.

 

Les cachots étaient frais et légèrement humides. Plusieurs étagères longeaient les murs, couvertes de bocaux contenant des ingrédients que Draco reconnut pour certains. Des chaudrons étaient disposés sur les tables, et une odeur particulière de plantes séchées et de substances inconnues flottait dans l'air.

 

Draco choisit une place avec Blaise et Theo.

Les Gryffondor s'installèrent de l'autre côté de la salle. Rogue entra quelques secondes plus tard, sa longue robe noire balayant le sol derrière lui.

Il se plaça devant la classe et observa les élèves en silence. Son regard s'arrêta brièvement sur Harry. Draco le remarqua.

 

Il avait déjà vu son parrain dans de nombreuses situations, mais il ne se souvenait pas l'avoir vu regarder un enfant de cette manière.

 

— Vous êtes ici pour apprendre l'art subtil et rigoureux de la préparation des potions, commença Rogue d'une voix basse. Il n'y aura ni agitation inutile, ni bavardages, ni expérimentations stupides. Les instructions devront être suivies avec précision.

 

Il fit quelques pas entre les rangées.

 

— Je ne m'attends pas à ce que vous sachiez déjà préparer une potion correctement. En revanche, je m'attends à ce que vous soyez capables d'écouter.

 

Son regard revint vers Potter.

 

— Voyons si certains d'entre vous en sont capables.

 

Draco fronça légèrement les sourcils. Rogue se plaça devant son bureau.

 

— Potter.

 

Harry releva la tête.

 

— Oui, professeur ?

 

— Que savez-vous des propriétés de l'asphodèle ?

 

Harry sembla chercher dans sa mémoire.

 

— Je… je ne sais pas, professeur.

 

Rogue ne manifesta aucune surprise.

 

— Et la racine d'armoise ? Quelle est son utilisation dans la préparation de certaines potions ?

 

Harry resta silencieux.

 

— Vous ne savez pas ? demanda Rogue d'un ton glacial. Absolument rien ?

 

Hermione leva aussitôt la main.

 

Rogue ne lui accorda pas un regard.

 

— Peut-être que cette question est trop difficile pour vous, Potter. Essayons quelque chose de plus simple. Où trouveriez-vous un bézoard ?

 

Harry baissa les yeux vers son manuel.

 

— Je ne sais pas.

 

Un léger sourire apparut sur le visage de Rogue.

 

— Visiblement.

 

Draco observa son parrain, puis Potter. Il savait que Severus pouvait être particulièrement sévère, mais il ne comprenait pas pourquoi il s'acharnait ainsi sur le garçon. Potter venait à peine de franchir les portes de Poudlard. Il n'avait pas encore eu l'occasion de commettre la moindre erreur en cours. Hermione gardait la main levée, visiblement impatiente de répondre.

Finalement, Rogue se tourna vers elle.

 

— Mademoiselle… ?

 

— Granger, professeur.

 

— Puisque vous semblez si pressée de participer, peut-être pourriez-vous nous dire où se trouve un bézoard.

 

Hermione répondit aussitôt :

 

— Dans l'estomac d'une chèvre, professeur. Il peut servir d'antidote à la plupart des poisons.

 

— C'est exact.

 

Elle baissa la main, satisfaite. Rogue reprit sa place devant la classe.

 

— Il est toujours préférable de connaître les propriétés des ingrédients que l'on manipule. Cela évite de provoquer des accidents regrettables.

 

Il distribua ensuite les instructions pour leur premier exercice. Draco baissa les yeux vers son parchemin. La préparation était relativement simple pour un premier cours, mais demandait de la précision. Il connaissait déjà plusieurs ingrédients et avait étudié certaines de leurs propriétés. Il commença à préparer son espace de travail.

 

— Monsieur Malfoy.

 

Draco releva la tête.

 

— Oui, professeur ?

 

Rogue s'était arrêté près de leur table.

 

— Veillez à ne pas confondre les deux ingrédients. Leur apparence est trompeuse, mais leurs propriétés ne sont pas interchangeables.

 

— Je ferai attention.

 

Le regard du professeur s'attarda une fraction de seconde sur lui.

 

— Je l'espère.

 

Puis il s'éloigna. Draco reprit son travail. Il connaissait son parrain suffisamment pour savoir qu'il n'était pas question de lui demander pourquoi il s'était arrêté à leur table. Il préférait éviter de donner aux autres élèves une raison de se poser des questions.

 

À quelques pas, Harry tentait de suivre les instructions. Il semblait concentré, mais hésitait régulièrement avant de manipuler les ingrédients.

Hermione, installée près de lui, lui indiquait discrètement certaines étapes. Draco détourna les yeux. Il n'avait pas besoin de s'occuper de Potter. Il avait sa propre potion à préparer.

 

Au bout de quelques minutes, une odeur désagréable commença à se répandre dans la salle. Rogue se retourna immédiatement.

 

— Qui est responsable de cette abomination ?

 

Plusieurs élèves baissèrent la tête. Son regard se posa sur la table de Potter. Le contenu de son chaudron produisait une légère fumée.

 

— Potter.

 

Harry se redressa.

 

— Oui, professeur ?

 

— Auriez-vous l'obligeance de m'expliquer ce que vous avez fait à votre préparation ?

 

Harry regarda son chaudron.

 

— Je crois que j'ai ajouté l'ingrédient trop tôt.

 

Rogue s'approcha.

 

— Vous croyez ?

 

Il observa la mixture avec une expression de profond dégoût.

 

— Vous avez ajouté la poudre avant que le mélange ait atteint la température nécessaire. Vous avez également remué dans le mauvais sens.

 

Harry ouvrit la bouche.

 

— Mais les instructions…

 

— Les instructions étaient pourtant parfaitement claires, Potter. Il suffisait de les lire.

 

Hermione intervint timidement :

 

— Professeur, je crois qu'il a simplement oublié une étape…

 

Rogue tourna lentement la tête vers elle.

 

— Je ne vous ai pas demandé de commenter son travail, mademoiselle Granger. Cinq points en moins pour Gryffondor pour cette intervention inutile.

 

Hermione referma la bouche, visiblement contrariée. Ses joues s'étaient légèrement empourprées et elle baissa les yeux vers son chaudron, vexée d'avoir fait perdre des points à sa maison alors qu'elle avait simplement voulu intervenir.

 

Draco observa la scène avec une certaine perplexité. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi Granger prenait autant à cœur cette perte de points. Puis il réalisa que les cinq points retirés à Gryffondor rétablissaient l'avance de Serpentard. Un sourire satisfait étira ses lèvres. Au moins, il reprenait la tête.

 

Il reporta son attention sur Harry. Le garçon semblait toujours aussi mal à l'aise depuis les remarques de Rogue. Draco ne comprenait toujours pas ce qui avait pu pousser son parrain à prendre Potter en grippe dès leur première rencontre.

 

Il se replongea dans son travail, déterminé à ne pas commettre la moindre erreur. Il avait suffisamment de raisons de vouloir obtenir une bonne appréciation de Rogue sans avoir à attirer inutilement son attention.

 

À quelques tables de là, Neville Londubat semblait rencontrer quelques difficultés. Ses mains tremblaient légèrement tandis qu'il tentait de suivre les indications de son manuel. Il vérifia plusieurs fois ses mesures avant d'ajouter un ingrédient dans son chaudron.

 

Draco ne lui accorda d'abord qu'un regard distrait. Le garçon avait l'air tellement nerveux qu'il semblait avoir peur de toucher à ses propres ingrédients.

 

Un bruit étrange retentit soudain

 

Le chaudron de Neville se mit à trembler, puis son contenu commença à mousser dangereusement. Une fumée épaisse s'en échappa, accompagnée d'une odeur particulièrement âcre. Rogue se retourna aussitôt.

 

— Londubat !

 

Neville sursauta et recula maladroitement.

 

— Qu'avez-vous encore fait ?

 

— Je… je ne sais pas, professeur !

 

— Vous ne savez pas ? Voilà qui est particulièrement rassurant. La voix de Rogue s'était faite particulièrement froide.

 

Neville baissa les yeux, incapable de soutenir son regard.

 

— Vous n'avez donc pas pris la peine de lire les instructions avant de commencer ? demanda-t-il en désignant le manuel ouvert devant lui.

 

— Si, professeur, mais…

 

— Il n'y a pas de « mais » qui tienne, Londubat.

Le chaudron émit soudain un bruit inquiétant. Le mélange prit une teinte orange peu engageante et commença à produire une épaisse fumée.

Rogue eut un mouvement brusque.

 

— Reculez !

 

Neville s'exécuta maladroitement, faisant tomber son tabouret dans sa précipitation.

Le professeur leva sa baguette et neutralisa rapidement la préparation avant qu'elle ne déborde. Quelques éclaboussures avaient néanmoins atteint les mains du garçon, qui poussa un petit cri de douleur.

 

— Par Merlin, Londubat ! Vous êtes incapable de suivre trois instructions sans mettre votre santé en danger ?

 

Neville avait blêmi. Il gardait les mains serrées contre lui et semblait incapable de prononcer un mot.

 

— Cinq points en moins pour Gryffondor. Et allez immédiatement à l'infirmerie. Je ne veux pas que vous touchiez à quoi que ce soit d'autre aujourd'hui.

 

Le garçon hocha précipitamment la tête avant de quitter la salle, sous les regards de ses camarades. Draco avait observé toute la scène.

Il connaissait le caractère de Rogue. Il savait que son parrain pouvait se montrer particulièrement désagréable lorsqu'un élève ne travaillait pas correctement. Pourtant, il ne se souvenait pas l'avoir jamais vu s'acharner de cette manière sur quelqu'un.

 

Il avait surtout remarqué la réaction de Londubat. Le garçon semblait presque terrorisé. Ce n'était pas simplement la peur d'avoir raté une potion ou de faire perdre des points à sa maison. Il avait eu l'air véritablement effrayé par Rogue.

 

Draco reporta son attention sur son propre chaudron. Il avait beau connaître le caractère de son parrain, il ne comprenait toujours pas cette hostilité envers Potter. Et maintenant, il venait de découvrir que Londubat n'avait manifestement pas droit à davantage de clémence.

 

De l'autre côté de la salle, Harry observait la place désormais vide de Neville. Son expression était difficile à interpréter, mais Draco aurait juré qu'il ne comprenait pas davantage la manière dont Rogue traitait les élèves.

 

Le reste du cours se déroula sans autre incident majeur. Draco suivit soigneusement les instructions et obtint une préparation correcte. Rogue passa près de sa table, observa le résultat et hocha très légèrement la tête.

 

— Acceptable, monsieur Malfoy.

 

Ce n'était pas un compliment particulièrement enthousiaste, mais Draco savait que c'était déjà une forme d'approbation venant de lui. Blaise, en revanche, semblait moins satisfait de sa propre potion.

 

— Je crois que la mienne a pris une couleur étrange, murmura-t-il.

 

Theo observa son chaudron.

 

— Elle était déjà étrange avant que tu ne commences.

 

— Merci, Nott.

 

— Je t'en prie.

 

Draco eut un léger sourire avant de retourner à son travail.

 

Lorsque la cloche annonça la fin du cours, les élèves commencèrent à ranger leurs affaires.

Rogue attendit que le bruit diminue.

 

— N'oubliez pas que vous devrez rendre un compte rendu de votre préparation. Je veux connaître les propriétés des ingrédients utilisés et les raisons pour lesquelles chaque étape doit être respectée.

 

Il marqua une pause.

 

— Et, Potter…

 

Harry releva la tête.

 

— Oui, professeur ?

 

— La prochaine fois, essayez de ne pas vous laisser distraire par les erreurs de vos camarades. Vous aurez déjà suffisamment de mal à vous occuper de votre propre travail.

 

Quelques rires étouffés se firent entendre.

Harry rougit légèrement. Il semblait sur le point de répondre, mais finit par se raviser. Rogue ne sembla pas s'en préoccuper.

 

— Vous pouvez disposer.

 

Draco rangea son manuel dans son sac.

En quittant la salle, il jeta un dernier regard vers son parrain. Rogue était déjà occupé à examiner les préparations restantes. Il avait toujours été sévère, mais cette hostilité envers Potter lui paraissait étrange.

 

Il n'eut toutefois pas le temps d'y réfléchir davantage. Blaise venait de lui donner un léger coup d'épaule.

 

— Alors ? Tu as apprécié ton premier cours ?

 

— C'était très bien.

 

— Tu as même eu droit à un regard approbateur du professeur.

 

Draco haussa légèrement le menton. Theo ajusta la sangle de son sac.

 

— Et Potter a eu droit à quelques remarques. Chacun son moment de gloire.

 

Draco haussa les épaules.

 

— Il n'avait qu'à se concentrer sur son travail.

 

— Tu sembles presque déçu qu'il n'ait pas réussi à faire exploser son chaudron, remarqua Blaise.

 

— Je n'aurais certainement pas été déçu.

 

Theo lui adressa un regard en coin.

 

— Naturellement.

 

La journée se poursuivit avec d'autres cours et quelques déplacements dans les couloirs du château.

 

À l'heure du déjeuner, Draco retrouva Blaise et Theo à la table des Serpentard. Il avait faim et apprécia particulièrement de pouvoir s'installer quelques minutes sans avoir à écouter les explications d'un professeur.

 

La conversation dériva rapidement sur les premiers cours. Blaise raconta qu'il avait failli confondre deux ingrédients en potions, tandis que Theo lui fit remarquer qu'il avait surtout passé une bonne partie du cours à observer les chaudrons des autres.

 

— Je vérifiais simplement que personne ne commettait d'erreur.

 

— Bien sûr, répondit Theo.

 

Draco prit une gorgée de jus de citrouille.

Son regard glissa brièvement vers la table des Gryffondor. Harry discutait avec Ron et Hermione. Il semblait avoir retrouvé sa bonne humeur, malgré le cours de potions.

 

Draco fronça légèrement les sourcils. Comment pouvait-il être aussi tranquille après s'être fait reprendre de cette manière ?

 

Il reporta son attention sur son assiette. Il avait d'autres choses à faire que de s'interroger sur Potter. Notamment réussir ses prochains cours.

Et peut-être trouver un moyen de faire comprendre à un certain calamar qu'on ne s'en prenait pas impunément à un Malfoy.

 

Cette dernière pensée lui arracha un petit sourire.

Blaise le remarqua.

 

— Qu'est-ce qui te fait sourire ?

 

Draco secoua la tête.

 

— Rien.

 

Theo leva les yeux vers lui.

 

— Je préfère ne pas demander.

 

— Sage décision.

 

Les cours de l'après-midi se déroulèrent sans événement particulièrement marquant.

Draco commençait à prendre ses repères dans le château. Il savait désormais quel escalier emprunter pour rejoindre les cachots et reconnaissait quelques visages parmi les élèves qu'il croisait régulièrement.

 

La compétition avec Granger ne tarda pas à reprendre. À plusieurs reprises, ils levèrent la main presque simultanément pour répondre aux questions des professeurs. Hermione semblait déterminée à démontrer qu'elle connaissait les réponses, tandis que Draco ne supportait pas l'idée de la laisser prendre de l'avance.

Theo, qui avait parfaitement compris leur petit manège, se contentait d'intervenir de temps à autre pour les agacer.

 

À la fin d'un cours, il leur fit même remarquer qu'ils avaient probablement levé la main davantage de fois qu'ils n'avaient pris de notes.

Draco lui répondit qu'il ferait mieux de s'occuper de ses propres résultats. Theo se contenta de sourire.

 

La journée avançait et, malgré quelques moments d'ennui, Draco commençait à apprécier le rythme de Poudlard.

Il avait encore beaucoup à découvrir.

 

Le soir venu, après le dîner et un passage dans la salle commune, Draco retrouva enfin le calme du dortoir.

 

Blaise et Theo étaient encore occupés à discuter avec quelques autres garçons. Draco en profita pour préparer ses affaires du lendemain et vérifier son emploi du temps.

 

Il attendit que les conversations diminuent avant de sortir discrètement le journal de la poche intérieure de sa robe. Il le posa sur ses genoux, assis au bord de son lit.

 

Il jeta un regard vers les autres occupants de la pièce. Personne ne semblait faire attention à lui.

Draco ouvrit le journal.

 

L'encre apparut progressivement sur la page.

 

"Alors ?"

 

Draco fronça les sourcils.

 

— "Alors quoi ?" Écrit-il.

 

"Ta première journée."

 

Il prit sa plume.

 

"Elle était parfaitement normale."

 

Quelques secondes passèrent.

 

"Vraiment ?"

 

Draco pinça les lèvres.

 

"J'ai assisté à mes premiers cours. La métamorphose était intéressante. Le professeur Rogue est toujours aussi exigeant. Et Potter est incapable de préparer correctement une potion."

 

La réponse ne tarda pas à apparaître.

 

"Tu as donc rencontré Potter."

 

Draco fronça les sourcils.

 

"Oui. Nous sommes dans la même classe, si tu avais oublié."

 

"Je ne l'avais pas oublié. Je me demandais simplement comment s'était passée votre rencontre."

 

Draco hésita un instant avant d'écrire.

 

"Il est plutôt ordinaire, mais je lui ai tout de même fait l'honneur de lui serrer la main dans le train."

 

Le journal resta silencieux quelques secondes.

 

"Tu lui as serré la main ?"

 

Draco observa la phrase.

 

"Oui. Quel est le problème ?"

 

"Aucun. Je trouve simplement que tu as fait preuve d'une générosité remarquable."

 

Draco plissa les yeux.

 

"Tu te moques encore de moi."

 

"Un peu. Potter n'a jamais été particulièrement doué pour apprécier les gestes de bonne volonté."

 

Draco esquissa un sourire satisfait.

 

"C'est exactement ce que je pense. Il est plutôt arrogant."

 

La réponse apparut presque aussitôt.

 

"Arrogant ? Potter ? Attends donc de le connaître un peu mieux. Tu découvriras qu'il peut être particulièrement agaçant, obstiné, désobéissant et doté d'un talent remarquable pour se mettre dans des situations impossibles."

 

Draco haussa un sourcil.

 

"Tu ne sembles pas beaucoup l'apprécier."

 

"C'est une façon de voir les choses."

 

"Alors pourquoi réagis-tu comme ça ?"

 

Le journal demeura silencieux un instant.

 

"Je me demande simplement pourquoi tu as jugé bon de lui tendre la main."

 

"Parce que tu m'avais conseillé de lui laisser une chance."

 

Une nouvelle phrase apparut.

 

"Je retire ce conseil."

 

Draco laissa échapper un rire amusé. Il ne s'attendait visiblement pas à ce que son futur lui revienne aussi rapidement sur ses propres recommandations.

 

Il reprit sa plume et écrivit :

 

"Tu penses vraiment que Potter est aussi terrible que ça ?"

 

La réponse ne tarda pas.

 

"Je pense que Potter et sa petite bande sont probablement plus dangereux que tu ne l'imagines. Oublie mon conseil et tiens-toi éloigné du trio Gryffondor."

 

Draco éclata franchement de rire cette fois-ci. Il trouvait assez ironique que son futur lui lui recommande maintenant exactement le contraire de ce qu'il lui avait conseillé quelques minutes plus tôt.

 

Il baissa les yeux vers le journal, puis ajouta :

 

"Le trio Gryffondor ? Tu connaissais aussi Granger et Weasley ?"

 

L'encre resta immobile quelques secondes.

Puis une réponse apparut.

 

"Disons que je les connais depuis suffisamment longtemps pour savoir qu'ils sont rarement à l'origine de bonnes idées. Et que Potter a une fâcheuse tendance à les entraîner avec lui."

 

"Tu les connais donc si bien que ça ?"

 

"Malheureusement. Eux aussi, tu les as rencontrés ?"

 

"Oui. Weasley est insupportable et Granger parle beaucoup trop."

 

Le journal sembla prendre davantage son temps avant de répondre.

 

"Je vois que Potter, Weasley et Granger ont déjà réussi à attirer ton attention."

 

Draco fronça les sourcils.

 

Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

 

Le journal resta silencieux un instant.

 

"Disons simplement que tu devrais éviter de tirer des conclusions trop hâtives à leur sujet. Ces trois-là finiront par occuper une place bien plus importante dans ta vie que tu ne peux l'imaginer."

 

Draco se redressa légèrement.

 

"Pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils vont faire ?"

 

"Le monde sorcier ne restera pas le même à cause d'eux."

 

Draco relut la phrase.

 

"Et moi ?"

 

La réponse apparut après quelques secondes.

 

"Tu ferais mieux de ne pas croire que tu resteras à l'écart de leur histoire."

 

Draco fixa les mots, intrigué.

 

Il s'apprêtait à écrire une nouvelle question lorsqu'une dernière phrase apparut.

 

"Et, pour ce qui est de Potter, évite de lui tendre la main trop souvent. Il pourrait finir par croire que tu l'apprécies."

 

Draco eut un sourire narquois.

 

- Je préférerais encore serrer la main d'un troll.

 

"Je te comprends parfaitement."

 

Il réalisa seulement après avoir prononcé ces mots qu'il les avait dits à voix haute. Trop absorbé par sa conversation avec le journal, il avait complètement oublié de surveiller le volume de sa voix.

 

Blaise tourna légèrement la tête depuis son lit.

 

— Tu disais quelque chose ?

 

Draco referma brusquement le journal.

 

— Non.

Blaise le regarda quelques secondes, puis retourna à sa conversation. Draco attendit encore un moment avant de rouvrir le livre.

Il baissa les yeux vers les dernières lignes, puis prit sa plume.

 

"Tu dois connaître mes nouveaux camarades, j'imagine."

 

L'encre se mit à bouger.

"Crabbe et Goyle ?"

Draco fronça les sourcils.

 

'Pourquoi tu me parles de ces deux gorilles ? Je parle de Nott et Zabini."

 

Une nouvelle phrase apparut.

 

"Ah. Zabini et Nott."

 

"Oui. Eux."

 

Le journal resta silencieux quelques secondes.

"À mon époque, nous fréquentions les mêmes personnes parce que nous partagions le même dortoir. Mais nous n'étions pas particulièrement proches."

Draco haussa un sourcil.

 

"Tu ne t'entendais pas avec eux ?"

 

"Ce n'est pas ce que j'ai dit. Nous nous entendions suffisamment bien, mais nous n'étions pas vraiment amis."

 

Draco observa la réponse avec curiosité. Il était étrange d'imaginer son futur lui entouré de personnes différentes, ou même de constater que certaines relations qui commençaient à se former aujourd'hui n'avaient peut-être pas toujours existé. Il reprit sa plume.

 

"Et tu es devenu ami avec qui, alors ?"

 

L'encre commença à apparaître, mais s'interrompit après quelques mots.

 

"Tu as encore largement le temps de le découvrir."

 

"Tu deviens aussi agaçant que Potter."

 

Une nouvelle phrase apparut.

 

"Je vais prendre cela pour un compliment."

 

Draco esquissa un sourire malgré lui. Il n'avait aucune intention de reconnaître que Blaise et Theo étaient plutôt agréables à fréquenter. Ils avaient de la conversation, un certain sens de l'humour et, surtout, ils ne semblaient pas chercher à lui faire la leçon à chaque occasion. C'était déjà appréciable.

 

Il s'apprêtait à refermer le journal lorsqu'il se souvint de son emploi du temps. Il reprit sa plume.

 

"Demain, nous avons notre premier cours de vol. J'espère au moins que ce sera plus intéressant que les cours de théorie."

 

La réponse mit quelques secondes à apparaître.

 

"Fais attention demain, Draco."

 

Il fronça les sourcils.

 

"À quoi ?"

 

"Ton premier cours de vol risque de ne pas se dérouler exactement comme tu l'imagines. Essaie de garder ton calme et de ne pas laisser ton orgueil décider à ta place."

 

Draco observa la phrase avec méfiance.

 

"Je sais voler. Je n'ai pas besoin qu'on m'apprenne à monter sur un balai."

"Je n'ai jamais prétendu le contraire."

"Alors quel est le problème ?"

 

L'encre resta immobile un instant.

 

"Disons simplement que certaines occasions ne méritent pas qu'on prenne des risques."

 

Draco relut ces mots, contrarié par ce nouvel avertissement à moitié expliqué.

 

" Tu pourrais être un peu plus précis, pour une fois."

 

"Je pourrais. Mais tu ne m'écouterais probablement pas."

 

Draco plissa les yeux.

 

"Tu me connais bien mal."

 

"Bien au contraire."

 

Draco referma le journal d'un geste sec et le glissa sous son oreiller. Il en avait assez des réponses mystérieuses pour une soirée. De toute façon, il savait parfaitement se débrouiller sur un balai. Il n'avait aucune raison de s'inquiéter pour un simple cours de vol.

 

Il se tourna dans son lit, encore intrigué par les dernières réponses de son futur lui. Il aurait aimé en savoir davantage sur les personnes qu'il finirait par fréquenter, mais il commençait à comprendre qu'il n'obtiendrait pas toutes les réponses qu'il souhaitait.

 

Theo, qui venait de s'asseoir sur son propre lit, tourna la tête vers lui.

 

— Tout va bien ?

 

Draco releva les yeux.

 

— Oui.

 

Theo le dévisagea une seconde, puis haussa simplement les épaules.

 

— D'accord.

 

Il ne sembla pas particulièrement convaincu, mais ne chercha pas à insister. Après tout, Draco avait déjà montré à plusieurs reprises qu'il pouvait se montrer désagréable sans raison apparente. Blaise et lui commençaient à s'y habituer. Son regard s'attarda néanmoins brièvement sur l'oreiller sous lequel Draco venait de dissimuler quelque chose.

 

Draco détourna les yeux et fit semblant de s'intéresser à ses couvertures. Il n'avait aucune envie que Blaise ou Theo découvrent ce qu'il cachait.

 

Après quelques instants, il se glissa sous les couvertures et ferma les yeux. La journée avait été longue. Entre les premiers cours, les remarques de Rogue, les maladresses de Potter et les réponses toujours aussi mystérieuses du journal, il avait eu suffisamment de choses à digérer.

 

Et demain, il y aurait le cours de vol. Draco esquissa un sourire dans l'obscurité. Il avait hâte de retrouver son balai et de montrer aux autres ce qu'il savait faire. L'avertissement de son futur lui lui revenait bien en tête, mais il ne voyait pas vraiment ce qui pourrait mal se passer. Après tout, il savait parfaitement voler.

 

Quant au calamar, Draco espérait simplement ne pas avoir à le croiser de nouveau de sitôt. Il n'avait aucune intention de laisser une créature vivant dans un lac gâcher sa première année à Poudlard.

 

Fin du chapitre 9.

 




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