Chapitre 1: Rencontre au clair de lune
C’était il y a quelques années. Il avait plu toute la journée et une partie de la nuit. Puis le ciel s’était dégagé, laissant apparaître des milliers d’étoiles. La lune illuminait alors les rues d’un petit village de campagne. C’est à ce moment que quelqu’un frappa à la porte de la maison la plus excentrée.
- Qui est là ? Interrogea une voix grave et hautaine. La seconde répondit un timide « c’est moi » et la porte s’ouvrit.
Une jeune femme se trouvait là. Ses cheveux et ses vêtements étaient complètement trempés. Mais ce qui frappa le plus, le propriétaire de la maison, c’était la beauté que dégageait cette femme. On se serait cru en pleine vision. Les rayons de la lune éclairaient un visage au teint pâle où, malgré des signes de tristesse et de détresse, deux magnifiques yeux verts flamboyaient.
- Entre, lui dit-il et la jeune femme s’exécuta. La porte se referma alors sur ces deux personnes, aussi étranges l’une que l’autre.
L’homme sortit un objet fin de sa poche, ressemblant à un bâton d’une vingtaine de centimètres. Avec, il fit un signe et une serviette apparut comme par magie. Puis il la tendit à la jeune femme qui ne sembla aucunement étonnée de cette prouesse.
- Merci, dit-elle en commençant à se sécher.
- Assieds-toi, s’il te plait, dit l’homme dont le ton s’était légèrement adoucit.
Ils étaient entrés dans un petit salon peu éclairé. Cette pièce ne semblait guère entretenue, comme si la personne qui habitait là, n’y vivait pas vraiment. Toutefois, la jeune femme n’y prit pas gare. Un feu ronflait dans la cheminée et réchauffait l’atmosphère austère de cet endroit. Elle s’assit sur un canapé de cuir noir et l’homme prit place à ses côtés. Il n’osait pas la regarder en face. Elle le troublait.
- Pourquoi es-tu venue ?
- Nous nous sommes disputés, dit-elle dans un sanglot.
Son estomac fit un bond. Se pouvait-il que ses désirs les plus chers soient sur le point de se réaliser ? Cela ne se pouvait. Il devait, une fois de plus, être en train de rêver ! Et pourtant, elle était là sous ses yeux, dans sa maison, sur son canapé. Il pouvait même sentir son parfum, à la fois doux et acidulé. Dieu qu’elle était belle. Il mourrait d’envie de la prendre dans ses bras. Elle paraissait si fragile…
Mais il ne fit aucun mouvement, de peur qu’elle ne se sauve ou qu’il ne se réveille. Lorsqu’elle s’approcha d’elle-même plus près de lui, il sentit son cœur bondir dans sa poitrine. Sa respiration s’accéléra. Elle était si près qu’il pouvait sentir son souffle le long de sa joue. Une vague de désir le submergea. Il sut qu’il ne pourrait plus se retenir. Il l’attira alors doucement à lui et l’embrassa tendrement.
*
A l’aube de la journée suivante, la jeune femme quitta la maison. L’homme la regarda partir le cœur lourd. Il éprouvait tellement d’amour que ça le déchirait de se séparer d’elle. Il ne savait même pas si elle franchirait de nouveau, le pas de sa porte. Malheureux, il referma brutalement la porte, se cloîtra dans le noir de son salon et n’en bougea plus.
*
Elle ne revint jamais, mais neuf mois plus tard, elle donna le jour à un bébé. Personne ne fut mis au courant de cette naissance, pas même le propriétaire de la petite maison de campagne…