Interdit d'Aimer

Chapitre 2 : Une lettre inattendue

Par Fleurdesoie

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Chapitre 2: Une lettre inattendue
 
Aujourd’hui, la météo dans votre région. Comme vous pouvez le voir, une belle journée s’annonce et les températures remontent, dit le présentateur, à la télé.
 
- Ca m’étonnerait que ces gros nuages annoncent du beau temps… Je crois qu’il va falloir annuler le pique-nique les enfants, dit Alice.
- Ohhhhhhhh, crièrent-ils. L’un d’eux s’était même mis à pleurer. Alice se leva et vint le prendre dans ses bras. La vieille dame était présente à l’orphelinat depuis plus de trente ans. Elle savait comment consoler les enfants.
- Là. Là. Tout va bien. Si le soleil se lève, nous le ferons ce pique-nique !
 
L’enfant retrouva aussitôt le sourire. Il sauta sur ses pieds et partit jouer avec ses camarades.
 
Alice se leva pour aller vérifier les préparatifs en cuisine. Il fallait prévenir les cuisinières que le pique-nique n’aurait peut-être pas lieu. Elle devait aussi trouver une solution de remplacement. Les nuages étaient quand-même méchamment gris et elle ne doutait plus que la pluie arriverait dans l’heure.
 
Elle était absorbée dans ses pensées lorsqu’elle remarqua que Sélya était, une fois de plus, seule dans le couloir. Elle s’arrêta et la regarda quelques instants. Cette petite était arrivée suite au décès de sa grand-mère adoptive. Depuis, elle n’avait pratiquement jamais prononcé un son. Elle semblait s’être enfermée dans un mutisme. Alice avait tout essayé, mais elle était restée impuissante.
 
L’orphelinat était trop pauvre pour lui offrir des séances avec un psychothérapeute. De plus, la direction ne prenait pas au sérieux le cas de cette petite fille. C’était courant de trouver des enfants déprimés dans les orphelinats. On ne pouvait pas les soigner, soi-disant. Mais Sélya ne paraissait pas déprimée. Elle était plutôt solitaire. Elle ne jouait pas avec les autres enfants. Souvent, elle entamait un jeu puis partait sans prévenir. Elle se postait alors dans le couloir et contemplait la porte d’entrée, comme si elle mourrait d’envie de quitter cet endroit…
 
Alice s’était inquiétée de cette attitude de peur que la fillette ne fugue. Mais jamais Sélya ne fit une telle tentative. Elle restait simplement là, perdue dans un monde imaginaire qu’elle seule pouvait voir. Alice était sûre que la petite était très intelligente. Lorsqu’elle se prêtait quelquefois à des jeux de raisonnement, elle était souvent la première à trouver la réponse. Mais elle ne voulait pas parler.
 
- Bonjour Sélya, comment vas-tu ?
 
La petite ne répondit évidemment pas, mais elle esquissa un petit sourire pour montrer qu’elle avait entendu. Alice n’insista pas et se rendit aux cuisines.
 
*
 
Finalement, la pluie prédite par Alice n’arriva pas. Au contraire, le soleil pointa son nez vers les onze heures. Les petits enfants s’étaient habillés en hâte.
 
- Faut vite partir avant k’y s’cache sinon on n’ira pas pique-niquer, expliqua l’un d’entre eux.
 
Alice donna un petit sac à chacun des enfants, puis ils quittèrent tous l’orphelinat et se rendirent au parc de la ville. Ils s’installèrent le long de la rivière, car c’était le seul endroit où il y avait assez d’arbres pour abriter tous les petits. Ils étaient quand-même une bonne cinquantaine avec les accompagnateurs.
 
- Ne vous éloignez pas. On va d’abord manger et après vous aurez le droit d’aller jouer.
  
Des petits groupes se formèrent çà et là. Quelques enfants étaient seuls. Alice décida donc de les regrouper pour qu’ils puissent partager un moment sympa.
 
- Sélya ? Sélya, où es-tu ?
 
Mais la petite était introuvable. En fait, elle avait quitté les autres dès leur arrivée dans le parc. Une force l’avait poussée à se rendre à l’opposé. Elle avait marché pendant plusieurs minutes puis elle s’était arrêtée près du deuxième bras de la rivière. Des canards et leurs petits passaient le long de la berge. La petite demoiselle s’assit près d’eux. Elle ouvrit son petit sac et sortit son sandwich. Les canetons, attirés par l’odeur, se précipitèrent vers Sélya. Cette vision sembla la ravir. Son joli visage s’illumina dans un sourire béat.
 
Elle lançait des miettes de son repas lorsqu’un drôle de personnage vint à ses côtés. C’était un vieil homme avec une longue barbe blanche. Il était accoutré d’une façon qui pourrait faire sourire, car il portait… une robe.
 
- Ils sont mignons, ces canards, dit-il d’une voix douce.
 
Sélya tourna la tête vers lui et lui fit un sourire.
 
- Que fais-tu ici ?
 
La jeune fille ne répondit pas. Son visage s’était fermé. Sans doute, cet homme était-il venu la chercher pour la ramener avec les autres. Comme la réponse ne venait pas, le vieux monsieur prit le parti de faire comme Sélya. Il s’assit à côté d’elle et commença à lancer des bouts de pains apparus comme par magie dans sa main. Sélya ouvrit de grands yeux. Elle montra la main et la regarda avec attention. Puis elle regarda derrière le monsieur, mais il ne cachait aucun sac rempli de nourriture…
 
- Tu te demandes comment j’ai fait cela ?
 
Sélya acquiesça.
 
- Je te le dirais si tu veux bien me parler, dit-il dans un sourire.
 
Mais comme la jeune fille ne semblait pas aussi intriguée qu’il l’aurait voulu, il fit apparaitre de nouveau des morceaux de pain. Ce coup-ci, ils apparurent directement dans les mains de Sélya qui sursauta et les lâcha.
 
- C… co… comment ? Murmura-t-elle.
 
L’homme se pencha et lui dit dans l’oreille :
 
- Je suis un sorcier.
 
Sélya ouvrit de grands yeux. Un sorcier ? C’est quoi un sorcier ?
 
- Comme un magicien ? Demanda-t-elle. C’était la première fois qu’elle prononçait une phrase depuis la mort de sa grand-mère adoptive.
- Non, les sorciers font de la vraie magie. Et toi aussi tu en es capable.
- Moi ?
- Tiens, prends cette lettre.
 
Le vieil homme lui tendit une petite enveloppe sur laquelle il y avait marqué le nom de la jeune fille.
 
- Au fait, je m’appelle Albus, Albus Dumbledore.
- Moi, c’est Sélya, dit-elle timidement.
 
Elle prit la lettre et l’ouvrit :
 
            « Chère Mlle Svanes,
J’ai le plaisir de vous annoncer que vous avez été choisie pour intégrer Poudlard, l’école de sorcellerie. Vous trouverez, ci-joint, la liste des fournitures nécessaires pour vos études. La rentrée s’effectuera le 1er Septembre. Vous devrez prendre le train en gare de Kings Cross. Votre billet se trouve également dans cette enveloppe.
Bien à vous,
Professeur McGonagall, directrice adjointe. »
 
- Je… commença-t-elle. Ca veut dire que je vais quitter l’orphelinat ?
- Oui, répondit-il.
 
Alors, sans prévenir, Sélya sauta au cou de Dumbledore. A nouveau, un grand sourire illuminait son visage. Ses jolis cheveux roux se mêlèrent aux cheveux blancs du vieil homme, offrant une belle vision à toute personne qui serait passée par là.



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