Interdit d'Aimer

Chapitre 9 : Convocation chez Dumbledore

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Dernière mise à jour 08/11/2016 08:32

Chapitre 9 : Convocation chez Dumbledore

 

Sélya se leva le lendemain de bonne humeur. Elle avait bien dormi et n’avait fait aucun mauvais rêve. Malgré la fraicheur diffusée par les murs de pierre, elle avait trouvé un lit chaud et douillet. Un baldaquin de voiles verts la protégeait des regards indiscrets et rehaussait l’atmosphère.

 

Sélya passa dans la salle de bain où elle croisa d’autres filles. Mais celles-ci ne lui prêtèrent aucune attention. D’ailleurs aucune ne parlait. Elles semblaient toutes enfermées dans leur petit monde. C’est lugubre, pensa Sélya. Elle se dépêcha donc de se préparer et se rendit dans la grande salle, sans se perdre ce coup-ci ! 

 

Le petit-déjeuner était aussi excellent que le repas de la veille. Les autres Serpentards de premières années se joignirent à elle et la questionnèrent un peu :

 

- Svanes, c’est ça ? Demanda l’un d’entre eux.

 

Sélya acquiesça, mais ne dit pas un mot. Elle était impressionnée de voir autant de monde s’intéresser à elle.

 

- D’où viens-tu ? C’est un nom qui ne me dit rien, poursuivit le jeune homme brun.

- D’un orphelinat.

 

Le jeune garçon et ses compagnons ouvrirent de grands yeux ronds. Ils la dévisagèrent quelques instants puis chacun s’enferma dans ses pensées.

 

Mais qu’est-ce que j’ai dit ? Elle n’osa pas poser la question. Elle regarda à son tour ses camarades, mais discrètement. Ils semblaient tous battis sur le même moule. Petits ou grands, blonds ou bruns, ils étaient tous filiformes avec un petit air suffisant ou supérieur qui suscita chez Sélya une bonne dose d’antipathie.

 

Soudain, quelqu’un de l’autre côté de la salle attira son attention. C’était Martha qui lui faisait signe de la rejoindre dans le hall. Elle termina son succulent petit-déjeuner et alla retrouver son amie qui attendait près d’une statue.

 

- Coucou ! Bien dormi ?

- Oh oui ! répondit Sélya. Et toi ?

- Moi aussi. Clo ne devrait pas tarder à nous rejoindre.

 

En effet, seulement quelques minutes après Sélya, il rejoignit les deux filles avec un éclair au chocolat dans la main et une tartine dans la bouche. Cette vision fit rire les deux amies.

 

- Ca vous dit d’aller dans le parc ? Proposa Martha.

- D’accord !

- Voui !

 

Les trois enfants se rendirent donc silencieusement près du lac. Clo finissait son petit-déjeuner tandis que Sélya découvrait un splendide paysage et que Martha cherchait un petit coin tranquille. Elle regardait à droite et à gauche, mais ce n’était pas pour s’émerveiller des reflets du soleil sur le lac, c’était comme si elle avait peur qu’on la voit. Elle finit par choisir un petit bosquet. Comme ils n’avaient que onze ans, ils étaient assez petits pour s’y dissimuler.

 

- Alors, comment ça s’est passé avec les Serpentards ? Maman m’a dit qu’ils étaient plutôt méchants et peu sociables…

 

Sélya n’avait pas envie de dire du mal de ses camarades alors qu’elle ne les connaissait pas encore.

 

- Je n’ai pas encore eu le temps de beaucoup leur parler. Mais ils ont eu une réaction bizarre quand je leur ai dit que je venais d’un orphelinat.

 

Martha lui lança un regard interrogateur :

 

- Bizarre comment ?

- Hum, je dirais qu’ils étaient tendus voire anxieux, dit-elle nonchalamment.

 

Elle s’attendait à ce que cela fasse rire les deux autres, mais Clo n’écoutait pas et Martha avait pris un air grave.

 

- Quoi ?

- Je ne sais pas si je dois t’en parler.

 

Mais devant le regard brulant de curiosité de Sélya, Martha finit par lui expliquer que la dernière fois qu’un orphelin avait rejoint la maison de Serpentard, il était devenu le plus grand mage noir de ces cinquante dernières années. La jeune fille fut horrifiée d’entendre une chose pareille et comprit instantanément pourquoi les autres n’avaient plus rien osé lui dire.

 

- Je ne suis pas un mage noir ! s’indigna Sélya.

- Ne t’inquiète pas. Je le sais. Sinon, on ne serait pas amie, dit-elle tout en lui faisant un petit clin d’œil.

 

Sélya sourit. Elle a dit que nous sommes « amies ». Cela lui faisait chaud au cœur d’entendre ça.

 

- Mais tâche de faire honneur à notre amitié, sinon couic. Elle passa un doigt sous son cou ; ce qui fit beaucoup rire Clo et aussi Sélya.

- Ce que tu peux être drôle Martha !! dit le garçon.

 

Tous les trois passèrent le reste de la matinée assis là. Sélya leur raconta comment elle s’était perdue la veille et comment elle avait échappé à ses retenues. Les deux autres furent émerveillés par sa chance et la félicitèrent. Ils remercièrent aussi, mais seulement en pensées, leur cher directeur qui s’était trouvé là au bon moment.

 

L’après-midi fut tout aussi agréable que la matinée et c’est plein de bonnes pensées que Sélya se mit au lit cette nuit là.

 

Le lendemain, elle rejoignit la table des Serpentards avec un peu moins d’enthousiasme. Dans quelques minutes, elle allait avoir cours avec Rogue. Heureusement, il s’agissait d’un cours avec les Gryffondors. Elle ne serait donc pas seule. Elle mangea rapidement son petit-déjeuner puis se rendit dans les cachots qu’elle commençait à découvrir de plus en plus chaque jour.

 

Les autres étaient là aussi. Lorsque la porte s’ouvrit, ils s’engouffrèrent à l’intérieur, les premiers cherchant à avoir les meilleures places. Martha avait choisi une table au fond de la salle. Il ne fallait pas être trop près du grand méchant loup, comme elle disait. Sélya s’assit à côté d’elle et sortit son livre de potion.

 

Sans prévenir, la porte de la salle claqua et le professeur Rogue traversa la pièce en trombe. Le silence se fit aussitôt dans la pièce. Il dévisagea l’assemblée, ordonnant le silence ; ce qui était bien inutile. Puis il prit un registre et commença à faire l’appel, les Serpentards d’abord.

 

Sélya dont le nom commençait par un « s » se trouvait tout à la fin de la liste. Lorsqu’il l’appela, elle leva sa petite main. Elle vit alors les yeux de Rogue se rétrécir et sentit qu’il y avait un problème sans savoir lequel.

 

- Svanes !!

 

Elle sursauta malgré elle devant ce ton si froid et acerbe.

 

- Allez à côté de M. Floyd.

 

Tous les yeux s’étaient tournés vers elle. Mon dieu, mais qu’ai-je fait ? Elle ramassa ses affaires, rouge de honte de s’être fait tancer devant tout le monde. Les élèves restaient silencieux sauf quelques Gryffondors qui osèrent rigoler.

 

- Cinq points de moins pour Gryffondor ! dit Rogue sur un ton de colère froide.

- Quant à vous Svanes, vous viendrez me voir après le cours, aboya-t-il.

 

Ce n’est pas possible. Cet homme me hait. Je n’ai rien fait et lui me crie dessus. Sélya détestait plus que tout, les injustices. Celle-ci en était une à ses yeux et elle sentit sa propre colère monter.

 

Le cours commença aussitôt. Rogue leur présenta la potion du jour et les instructions apparurent au tableau. Sélya mit toute sa colère dans son travail. Elle choisit ses ingrédients avec soin et lut rigoureusement les instructions ; ce qui lui valut de faire une excellente potion.

 

Elle vit Rogue passer à travers les rangs en critiquant de nombreux Gryffondors, dont Martha, qui avait brulé sa potion. Elle attendit avec une certaine appréhension qu’il regarde la sienne, mais quand son tour vint, il ne se passa rien. Mais enfin quoi ? Qu’est-ce qu’il attend pour me critiquer ? Sélya dut se rendre à l’évidence. Il ne l’avait pas critiquée parce qu’il n’y avait rien à critiquer. Sa potion était parfaite. La colère fit place à la joie.

 

Elle la regarda une dernière fois puis vida son chaudron. Pendant ce temps-là, les autres élèves ramassaient leurs affaires et quittaient la salle. Sélya, elle, ne se pressa pas. Elle redoutait ce qui allait arriver. En même temps, elle était pressée que cela se termine. Elle finit de ranger ses propres affaires et attendit.

 

Rogue traversa de nouveau la pièce et lorsque tous les enfants furent sortis, il claqua la porte.

 

- A quoi pensiez-vous ?

- Mais qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Se surprit à rétorquer la petite Sélya. Mais il fallait bien qu’elle sache !

- Ce que vous avez fait de mal ? Répéta-t-il. Sélya le vit blêmir. Les Serpentards ne se mêlent pas aux Gryffondors et vous n’y ferez pas exception !

 

Alors, c’est ça ? C’est parce que je me suis mise à côté de Martha ?

 

- Mais, c’est mon amie…

 

Les yeux noirs du professeur se rétrécirent.

 

- Les Serpentards n’ont pas d’amis, dit-il glacialement.

 

Sélya croisa le regard de son professeur. Il avait des yeux noirs, froids et durs qui lui firent monter les larmes. Refusant de pleurer devant cet homme, Sélya s’enfuit en courant, abandonnant derrière elle, toutes ses affaires.

 

Elle ne savait pas trop où aller, mais elle prit garde à mettre le plus de distance entre elle et Rogue. Elle entra dans une salle vide dont elle referma délicatement la porte. Puis elle pleura tout son soul.

 

- Martha et Clo sont mes seuls amis…

- Mais ils ne sont pas à Serpentard, susurra une voix à son oreille.

- Je ne pourrais pas être amie avec ceux-là, je leur fais peur.

- Au contraire, tu les impressionnes. Imagine, il pense que tu es une puissante sorcière !

- Mais je ne veux pas ça ! Je veux juste mes nouveaux amis, snif.

 

Elle n’eut pas le temps de poursuivre sa lutte avec elle-même, car la porte de la salle venait de s’ouvrir. C’est Rogue, il m’a trouvé, pensa la petite Sélya horrifiée. Elle regarda à droite et à gauche, mais il n’y avait rien pour la cacher. A son grand soulagement, ce fut la tête de Martha qui apparut.

 

- Co… comment tu… m’as… snif… trouvé ? Demanda Sélya.

- Je t’attendais à la sortie. Je voulais te parler.

 

Martha s’approcha d’elle, l’étreignit puis lui tendit un mouchoir. La jeune fille se calma aussitôt et se moucha.

 

- Tu ne m’en veux pas ?

- Mais pourquoi je t’en voudrais ? Répondit Martha en souriant. Ce n’est pas de ta faute si j’ai fait perdre des points à Gryffondor.

- Oui… Mais Rogue s’est vengé sur toi parce que j’étais assise à tes côtés !

- Je m’en suis doutée. D’ailleurs c’est de ça que je voudrais te parler.

- Ah oui ?

- Oui. Ça ne se fait pas de trainer ensemble…

 

Sélya sentit les larmes remonter. Pourquoi sa nouvelle amie était-elle si cruelle ?

 

- Mais tu as dit que nous étions amies !

- Oui et je te le confirme. Mais devant les autres, on ne peut pas. Serpentard et Gryffondor sont adversaires depuis la nuit des temps.

- Bah alors, comment on fait pour être amies ?

 

Des petites perles étaient réapparues au coin de ses magnifiques yeux noirs.

 

- On fait semblant. Tu es à Serpentard, tu es donc rusée, dit Martha avec un clin d’œil.

 

Aussitôt, la jeune fille identifia ce que sa copine cherchait à lui dire. Sélya était une jeune fille très perspicace, mais aussi très émotive.

 

- Compris, je ne m’assois plus à côté de toi, répondit-elle en rendant son clin d’œil à Martha.

- Parfait, allez viens. Il est temps de retourner en cours. J’ai métamorphose, il ne faut pas que je sois en retard parce que McGonagall est sévère. Elle risque d’enlever des points à Gryffondor et là je crois que j’ai mon quota !

- Oh non !

- Quoi ? Demanda Martha alarmée.

 

Le destin voulait-il s’acharner sur la petite Sélya ?

 

- J’ai oublié mes affaires chez Rogue.

 

Le visage posé de Martha ne se modifia pas d’un pouce. Mais comment fait-elle pour être toujours aussi calme et détachée ?

 

- Tu as quoi là ?

- Histoire de la magie.

- Hum, Binns. Maman m’a parlé de lui. Ça va tu pourras arriver en retard. Dépêche-toi d’aller chercher tes affaires avant que Rogue ne ferme la porte.

 

Sélya la remercia et partit en courant vers les cachots. Heureusement pour elle, elle était au premier étage. Elle n’eut donc aucun mal à trouver le chemin des cachots. Mon dieu, faites que le cours n’ait pas encore commencé, pitié ! Elle courut le plus vite possible et ce fut essoufflée qu’elle arriva devant la salle de classe dont la porte était encore ouverte. Ses poumons étaient en feu et ses jambes étaient devenues aussi lourdes que des bûches. Elle passa la tête discrètement dans l’embrasure de la porte. Rogue n’était pas en vue. La salle était pleine d’élèves, mais ils ne firent pas attention à Sélya. Elle se glissa à l’intérieur, attrapa ses affaires et fila en courant. Elle avait eu chaud.

 

*

 

Le reste de la journée s’était déroulé sans accroc. Rogue n’avait pas cherché à lui parler et les autres professeurs étaient plutôt sympathiques. En revanche, les Serpentards ne l’approchaient plus. Ou je leur fais peur, ou ils m’en veulent… se dit la jeune fille. Mais elle s’en moquait, car elle avait des amis, des vrais sur qui elle pouvait compter. Après les cours, tous les trois avaient réussi à se parler dans un endroit discret. Clo lui avait dit, bien sûr, de « rester cool ». D’ailleurs, c’était son mot favori. Il aurait pu faire partie de la génération yé-yé française.

 

Après manger, Sélya retourna dans sa salle commune. Elle ne pouvait pas encore aller se coucher, car elle avait le devoir de Rogue à faire. Elle n’en avait jamais fait de sa vie et ne savait par où commencer. Autour d’elle, d’autres élèves s’étaient mis à leurs devoirs. Quand elle s’approcha pour leur demander conseil, ils détournèrent le regard et firent comme s’ils ne l’entendaient pas. Grrr. Sélya ne voulait pas faire de scandale, elle retourna donc à sa table où un jeune garçon l’attendait.

 

Elle s’arrêta aussitôt et le considéra. C’était un jeune homme brun avec le teint pâle. Il était en train de regarder le parchemin de Sélya.

 

- C’est ma place ! Chuchota-t-elle.

- J’ai vu… dit-il lentement.

- Alors, rends-la-moi !

- Non.

- Mais qu’est-ce que tu me veux ?

- Rien de spécial, juste t’aider.

 

M’aider ? La jeune fille lui jeta un regard soupçonneux puis, estimant que de toute façon elle avait besoin d’aide, elle partit se chercher une chaise et s’installa en face du jeune garçon qui n’était autre que Floyd.

 

- Vas-y je t’écoute. Comment je dois faire pour le devoir ?

 

Floyd se mit à rire. Qu’est-ce que j’ai dit de drôle ?

 

- Je ne parlais pas de ça.

- Bah de quoi alors ? Demanda Sélya, étonnée.

- Devenir une vraie Serpentarde.

 

Les mots parvinrent jusqu’au centre de traitement, mais ils étaient incompréhensibles. Sélya dut les répéter plusieurs fois pour qu’enfin ils prennent du sens. Comme pour la convaincre, Floyd ajouta :

 

- Tu dois t’intégrer pour survivre ici. Je dis ça pour toi. Mais si tu ne raisonnes pas en Serpentard, les autres vont t’en faire voir de toutes les couleurs. Alors, tu veux de mon aide ou pas ?

 

Il parle un peu comme Martha, à sa façon… Elle fixa le beau visage qui n’exprimait que de la courtoisie. Cependant, elle crut voir une drôle de lueur dans ses yeux, mais elle disparut si vite qu’elle n’en était pas sûre. Accepter ou refuser ? Il a raison. Il faut que je m’intègre. Rien ne m’empêche de ne plus l’écouter s’il me dit des bêtises !

 

- D’accord.

- Parfait ! Première leçon : tout est donnant-donnant. Je peux t’aider pour la forme du devoir, mais tu me fais le mien. J’ai remarqué que tu étais particulièrement douée ce matin.

 

Flattée, Sélya accepta et tous les deux se mirent au travail.

 

Il était presque minuit quand elle se glissa enfin dans son lit. Elle était beaucoup moins sereine que la veille. Martha et Clo lui avaient apporté beaucoup de réconfort, mais elle n’avait pas encore d’avis sur Thomas, ou Floyd comme il préférait se faire appeler. De plus, la journée avait été riche en émotions. Elle avait découvert qu’elle adorait les Potions, mais qu’elle n’était pas très douée en Sortilèges. En tout cas, elle s’était fixé un but : épater le maître des potions. Etait-ce par envie de recevoir des compliments ou pour faire plaisir au professeur, la petite ne s’était pas posé la question.

 

*

           

Sélya s’éveilla en sueur. Elle avait crié, elle en était sûre. Les filles de son dortoir la regardaient depuis leur lit, mi-anxieuses mi-énervées.

 

- Y en a marre, Svanes. Fais quelque chose !

 

Depuis trois semaines qu’elle était arrivée à Poudlard, elle faisait des cauchemars presque toutes les nuits. Ses camarades n’en pouvaient plus d’être réveillées aux aurores. L’une d’elle avait bien essayé de la calmer la troisième nuit, mais quand Sélya s’était mise à crier, l’autre fille n’avait même pas réussi à la réveiller.

 

- Je suis désolée, dit-elle confuse.

 

Elle s’était confiée à Martha et Clo mais l’une lui avait conseillé d’aller voir l’infirmière Madame Pomfrey et l’autre lui avait dit que cela allait passer. Mais elle sentait bien qu’ils ne comprenaient pas vraiment ce qui lui arrivait. Tout le contraire de Thomas. Elle s’était beaucoup rapprochée de lui malgré le fait qu’il la mettait mal à l’aise à de nombreuses reprises. Lui aussi faisait des cauchemars, mais il se maîtrisait suffisamment pour ne pas réveiller ses camarades.

 

*

 

Pour une fois, Sélya n’avait pas dérangé les autres trop tôt. Elle se doucha rapidement et partit dans la grande salle prendre son petit déjeuner, seule. Lentement, elle avala bouchée par bouchée. Elle n’était pas pressée puisque c’était Samedi. Des cernes soulignaient ses yeux noirs. En plus de la mettre mal à l’aise vis-à-vis des filles de son dortoir, ces cauchemars l’épuisaient physiquement et moralement.

 

Quelques minutes plus tard, quelqu’un lui tapota l’épaule avec une baguette. La jeune fille se retourna et se trouva nez à nez avec Rogue. Qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? Lui aussi n’avait pas l’air très bien. Malgré les performances de Sélya en potion, il continuait à être odieux à la moindre étourderie.

 

- Le directeur voudrait n… vous voir, dit-il. Il avait l’air agacé et cela ne présageait rien de bon.

 

La jeune fille acquiesça et emboîta le pas au professeur. Elle ne savait pas trop où il l’emmenait, car elle n’avait jamais vu le bureau du directeur. Puis prenant conscience de l’endroit où elle se rendait, elle sentit une pierre tomber dans son estomac. Pour être convoquée chez le directeur, il fallait avoir fait quelque chose de grave ou alors… Je suis renvoyée ! Je suis tellement nulle en sortilège et en métamorphose qu’il me renvoie à l’orphelinat. L’idée lui était totalement insupportable, mais elle ne voyait pas d’autres raisons à cette convocation.

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