Interdit d'Aimer
Chapitre 15 : Les facéties du Professeur Dumbledore
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Dernière mise à jour 09/11/2016 01:15
Chapitre 15 : Les Facéties du Professeur Dumbledore
Désormais, Severus savait qu’il devait chercher les causes de la mort de la grand-mère pour guérir les cauchemars de la petite demoiselle, mais il préféra remettre cela à plus tard.
- Cette nuit, elle n’a pas fait de mauvais rêves. Cela peut bien attendre encore un peu, se répéta-t-il une énième fois, dans la salle de bain.
Il avait compris la profonde détresse qui secouait sa petite invitée et il ne souhaitait pas en rajouter pour le moment. Alors, ils continuèrent leur petite vie, dans leur appartement commun, un peu comme seuls au monde. Lorsqu’ils n’y étaient pas, ils étaient comme avant : lui si froid et indifférent, elle, hé bien, rien ne changeait sauf ses jolis yeux qui se mettaient à briller dès qu’elle le voyait.
Ils n’étaient toujours pas familier l’un envers l’autre : pas de tutoiement entre eux, mais ils savaient s’apprécier. Severus avait décidé d’apprendre une nouvelle potion à Sélya qui en redemandait sans cesse.
*
Et Halloween arriva enfin et avec lui, toute l’excitation qui accompagne ce genre de fête. Quelques professeurs s’affairaient à la décoration : Hagrid posait d’énormes citrouilles dans la Grande Salle pendant que le professeur Flitwick installait les bougies qui allaient servir à illuminer la pièce lors de la soirée.
Tout le monde se réjouissait de cette fête, petite pause dans leurs études ou leur enseignement pour les professeurs. Il paraitrait même que Dumbledore aurait invité un groupe de musique pour la soirée. En tout cas, c’est ce qu’avait dit Thomas à Sélya pendant leur cours d’histoire de la magie. Il lui avait aussi expliqué que les premières années n’étaient autorisées à rester que jusqu’à onze heures, mais ça, elle le savait déjà puisque Rogue le lui avait dit.
En effet, les premières années n’étaient encore que des petits bouts de choux qu’il fallait ménager. D’ailleurs les deuxièmes et troisièmes années subissaient le même sort. Seuls les autres avaient le droit de continuer la fête jusqu’à minuit. Passé cette heure, les professeurs devaient veiller à ce que tout le monde regagne son dortoir.
Il ne va donc jamais finir ce cours ? S’énerva la petite Sélya.
Elle trépignait d’impatience comme ses camarades. Et le cours de Binns était vraiment le plus ennuyeux et le plus long qu’elle n’ait jamais connu. Heureusement la sonnerie retentit à ce moment-là et la cohue s’ensuivit, naturellement… Certains prirent le temps de poser leurs affaires dans leur dortoir tandis que les autres se pressaient dans la Grande Salle.
Lorsque Sélya vit les grosses citrouilles, elle ne put s’empêcher de lâcher :
- Oh, on dirait le carrosse de Cendrillon ! Et il y en a partout !!
Elle s’installa à la table des Serpentards où Thomas vint la rejoindre, non sans susciter chez elle un certain déplaisir. Elle l’ignora au profit d’un magnifique repas qui s’offrait à eux, encore plus impressionnant que celui de la rentrée. Des plats que Sélya n’avait jamais vus, couraient le long de la table et elle sentit son estomac lui crier famine. Glouglou… Elle attrapa vivement de tout ce qui passait à sa portée et mangea de bon cœur. Elle se sentait si bien à Poudlard, maintenant. C’était devenu sa maison. Et Severus était tellement gentil avec elle.
Pourquoi les autres ne le remarquent-ils pas ? J’en ai assez de les voir le critiquer sans arrêt.
En effet, la retenue qu’il avait mise aux deuxièmes années de Gryffondor avait eu don de leur délier la langue et notamment celle de Martha.
Pendant ce temps-là, le même Severus était assis à la gauche du directeur et Minerva était à sa droite. Le maître des potions reparlait enfin au directeur et celui-ci lui demanda s’il avait résolu le problème des cauchemars.
C’est penaud qu’il répondit :
- Non, mais j’y travaille.
- Bien, c’est bien. Mais je vous conseille d’y mettre un peu plus du vôtre. Garder cette enfant aussi longtemps avec vous, commence à paraître suspect et les élèves, en particulier un jeune Serpentard, se demandent pourquoi elle n’est plus dans leur dortoir. Ils vont bientôt se mettre à faire leurs propres recherches.
- De quel Serpentard vous parlez ? Dit-il, irrité.
- Peu importe, mais pensez à ce que je viens de vous dire, insista un peu plus le directeur.
- Oui, monsieur, se contenta de répondre Rogue.
Attendons le week-end prochain, ajouta-t-il pour lui-même.
*
Puis vint la fin du repas et Dumbledore se leva, entraînant immédiatement le silence dans toute la salle. Les élèves étaient, à présent, tournés vers leur directeur qui prit la parole et fit une annonce des plus étonnantes :
- J’espère que vous trouvez cette soirée à votre goût, commença-t-il. Des « oui » fusèrent et Dumbledore continua, le regard bienveillant. Chacun d’entre vous a devant lui une petite citrouille que vous ne devrez ouvrir que lorsque vous serez seuls. Certaines contiennent un petit parchemin indiquant le rôle que vous allez jouer dans le prochain spectacle.
Ce coup-ci, ce ne furent plus des « oui » mais bel et bien des cris d’excitation qui explosèrent un peu partout, sauf peut-être chez les Serpentards qui n’étaient guère friands de ce genre de choses. En revanche, Sélya se sentit transporter à cette annonce.
Pourvu que j’en ai un !
- Je vous demande de ne pas divulguer aux autres que vous avez été choisis afin de garder la surprise pour le jour de la représentation qui aura lieu le 6 Décembre, jour de la saint Nicolas. Vous pouvez, toutefois, vous faire aider d’un camarade pour les répétitions, mais celui-ci devra tenir sa langue, lança-t-il avec un grand sourire.
Les élèves virent alors apparaître devant eux leur citrouille et s’en saisirent, avides de savoir s’ils avaient été choisis ou non. Mais tout le monde respecta la règle imposée par le directeur. Quelques Gryffondors tentèrent de l’ouvrir en douce sans y parvenir.
Et là, comble de l’étonnement, des petites citrouilles apparurent à la table des professeurs : eux aussi allaient devoir mettre la main à la pâte, enfin, pour ceux qui seraient choisis. Quelle mouche avait donc piqué le directeur ? A voir leur visage, les professeurs ne semblaient pas du tout ravis de cette idée et McGonnagal ne tarda pas à le faire savoir à son cher directeur.
- Albus ! Vous voulez que nous nous rendions ridicules auprès des élèves ?? Dit-elle, mécontente.
Mais au lieu de répondre, le directeur se mit à rire de cette sortie.
- Il faut bien s’amuser un peu.
Offusquée, le professeur McGonnagal se tourna vers le professeur Flitwick et finit son repas dans le plus grand silence.
Peu après, Dumbledore demanda de nouveau le calme, qui se fit immédiatement.
- Que la fête commence !
Les élèves sortirent alors dans le hall pendant que le directeur, aidé des professeurs, modifiait la décoration de la salle. Place à de petites tables et à un petit buffet pour les affamés. La lumière ne provenait plus que des petites bougies et la scène était prête.
Comme prévu, un groupe de musique était là et Sélya s’amusa comme une petite folle. Finalement, elle partagea la soirée avec Thomas puisqu’elle ne pouvait se permettre d’aller voir Martha ou Clo. Elle aurait bien essayé, mais Severus la surveillait. Elle avait surpris son regard plusieurs fois et pour le punir de cette surveillance, elle lui fit un grand sourire qui le sidéra et l’obligea à regarder ailleurs.
De toute façon, elle ne semblait pas manquer à ses amis. Martha lui fit, quand-même, un petit clin d’œil : elle était avec Jean, une autre élève de Gryffondor. Quant à Clo, il s’empiffrait grâce au banquet.
Celui-là, il ne peut s’empêcher de manger, pensa-t-elle amusée.
*
Mais comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin et l’heure, pour les premières, deuxièmes et troisièmes années, était venue de rejoindre leur dortoir. Sélya chercha Severus du regard, car elle ne pouvait pas rentrer dans leur appartement commun, mais il était déjà en chemin pour la retrouver. Les yeux noirs se croisèrent, mais il n’y avait pas de tendresse dans ceux de Rogue.
Qu’est-ce qu’il a ?
La petite demoiselle se fit conduire discrètement à leur appartement commun. Sa gaité s’était un peu envolée devant l’air renfrogné de son professeur. Elle aurait bien voulu savoir pourquoi, mais il ne lui en laissa pas le temps… A peine avait-elle franchit la porte avec le tableau de Serpent que Rogue avait tourné les talons, filant ainsi reprendre son poste de surveillant.
- Tant pis, j’attendrais que tu reviennes, murmura-t-elle. Elle aimait bien le tutoyer en rêve, tout en espérant qu’un jour, elle pourrait le faire ouvertement.
Elle partit s’installer dans un des canapés de cuir. Ses joues étaient encore rouges après cette soirée où elle s’était beaucoup amusée. Floyd avait été un parfait gentleman et l’avait fait beaucoup rire. Il l’avait même initiée à la danse sorcière ce qui avait donné lieu à un beau n’importe quoi… le sourire aux lèvres, elle sortit sa petite citrouille de sa poche. Le moment était venu de savoir ce qu’elle contenait.
- Ca y est, je suis toute seule. Tu peux t’ouvrir !! Prononça-t-elle avec excitation.
Elle terminait à peine sa phrase que la citrouille obéit. Doucement, lentement, quartier après quartier, elle s’ouvrait. Sélya retint son souffle. L’excitation était à son comble. Et là, un parchemin apparut. Ni une, ni deux, Sélya fut debout et sautilla partout.
- Youpi, youpiiii. J’en ai un !!
Quoi de mieux pour finir la soirée que de découvrir que l’on participera à un spectacle lorsque depuis toujours on a envie de faire du théâtre ? Sélya n’en croyait pas ses yeux et se jeta sur le canapé. Elle déroula le parchemin et commença à lire le scénario. Son sourire ne la quitta pas durant toute sa lecture.
Lorsqu’elle eut fini, elle était encore trop excitée pour se coucher et recommença à sautiller partout. Elle avait maintenant hâte que Severus revienne. Non plus qu’elle veuille savoir ce qui n’allait pas chez lui, elle mourait d’envie de lui annoncer la nouvelle.
Il va être si content.
*
Il était plus de minuit lorsque Severus entra enfin dans leur appartement commun : il avait dû aider à ranger. Sélya, pour qui l’excitation était retombée, s’était endormie sur l’un des canapés. Oubliant son mécontentement et sa fatigue, Severus l’observa dormir. Cela dura un bon moment avant qu’il ne se décide à la mettre au lit et qu’il ne gagne le sien.
Il avait, décidément, du mal à la quitter des yeux comme lors de la soirée. La voir en compagnie de Floyd lui avait profondément déplu, se souvenant de la façon dont cela s’était terminée la dernière fois. Pourtant, il n’avait rien pu déceler de bizarre dans son comportement et il avait fini par prendre part à la fête lui aussi.
Si elle ne m’avait pas souri comme ça !
Il avait accordé quelques danses et étonna les autres professeurs par son manque de froideur. Où était ce bon vieux Rogue ? Pas si loin que ça, car Dumbledore leur avait rappelé, à la fin de la soirée, que tous devaient ouvrir leur citrouille et que toute tentative pour faire disparaitre l’une d’elle, était vaine. Puis il avait tourné son regard pétillant vers Rogue qui avait fait mine de regarder ailleurs.
Et comme pour lui rappeler ces dernières paroles, la citrouille sauta de sa poche et se posa délicatement sur sa couverture. Il l’attrapa et la jeta loin mais c’était inutile, car elle revint aussitôt et se replaça au même endroit. Soupir. Il l’attrapa une fois de plus, mais il ne la jeta pas. Soupir.
- Ce nouveau jeu ne me plait pas du tout ! Tout ce qui parait trop innocent ne l’est pas. Dumbledore est peut-être un vieux fou, mais il a un plan derrière toute cette histoire.
- Allons Rogue, tu te débines ? Lui sortit sa petite voix intérieure.
- Jamais !
Et il ajouta tout haut :
-Ouvre-toi.
Comme celle de Sélya, elle s’ouvrit lentement, doucement… beaucoup trop mollement à son goût. Maintenant, il voulait savoir tout en appréhendant. Et s’il y avait un parchemin dedans ?
…
Ca y était, la citrouille était complètement ouverte.
- Par la barbe de merlin !
Lui aussi, il en avait un…