Trafic de drogue

Chapitre 6 : Chez Steve

Par katia56

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Depuis la fenêtre de l'étage, Steve aperçoit une silhouette familière qui avance péniblement sur le sable. C'est Arielle. Elle marche le long de la plage et s'engage dans son jardin, avant de tremper ses pieds dans l’océan.


Il descend immédiatement et s'avance doucement vers elle. Contrairement à lui, personne ne l'a soignée : ses vêtements sont calcinés par endroits, ses brûlures sont à vif et ses poignets portent encore la marque des fers. En le voyant approcher, elle fait volte-face pour fuir.


« Arielle, je ne te courrai pas après, lance Steve d'une voix calme mais fatiguée.

- Pourquoi tu vis chez John ? lui crie-t-elle à distance, s'arrêtant un instant en le voyant poser une main sur son flanc douloureux.

- Je te l’ai dit... Je suis son fils, Steve McGarrett. »

 

Il sort son téléphone portable et le tend bien en évidence.


« Tiens. Je te le pose là. Il y a tout ce qu’il faut dedans pour te convaincre. »


Steve pose délicatement le mobile dans l'herbe, fait demi-tour et retourne à l'intérieur. Depuis la fenêtre, le cœur serré, il observe la scène, priant pour qu'elle ne prenne pas la fuite avant d'avoir découvert la vérité.

Seule dans le jardin, Arielle hésite. Puis, elle s'approche et ramasse l'appareil péniblement. Sur l'écran, une page présente un fichier audio prêt à être lu, et à côté, un album photos. Elle lance l'enregistrement tout en faisant défiler les clichés.


La voix de Bryan résonne dans le haut-parleur, crachant toute son hypocrisie et son mépris pour elle, avouant qu'il ne s'est servi d'elle que pour son corps et sa naïveté. En même temps, sous ses yeux, défilent les vieux clichés de John McGarrett souriant, les rapports de police de l'époque où John tentait désespérément de la sauver des services sociaux, et des photos de Steve enfant avec son père.


Les larmes inondent son visage, nettoyant la suie sur ses joues. Le monde autour d'elle vient de s'effondrer. Submergée par la douleur et la honte, elle repose le téléphone dans l'herbe, fait demi-tour et traverse la rue en courant.

À l'intérieur, Steve grogne de frustration en la voyant partir. Pensant qu'il l'a perdue, il sort précipitamment pour voir s'il peut encore la rattraper. Mais au lieu de s'enfuir sur la route, il la voit pousser le portail d'une propriété délabrée juste en face : la maison abandonnée de son enfance.


Steve s’y rend doucement. La maison est sale, abandonnée, taguée de toutes parts. Il retrouve Arielle assise par terre, au beau milieu de débris de verre et de béton. En l'entendant pénétrer dans la pièce, elle ne lève même pas la tête.


« Je ne m’excuserai pas, lâche-t-elle entre deux sanglots.

- D’accord. Je te pardonne, répond Steve d'une voix douce.

- T’es vraiment bouché du cul, toi...

- Hé, grand-mère, viens te faire soigner. On discutera plus tard, dit-il en lui tendant la main.

- Tu veux que je t’arrache encore tes fils, crétin ? réplique-t-elle en refusant sa main et en se levant toute seule, le corps douloureux.

- Hé ! C’est qui la vieillarde, maintenant ?

- Fous-moi la paix, répond-elle avec l'ombre d'un demi-sourire sur les lèvres. »


De retour chez Steve, il l'installe sur une chaise dans la cuisine, retire la menotte et sort la trousse de premiers secours. Mais pendant qu'il la soigne, elle ne cesse de râler.


« Tu me fais mal, là ! crie-t-elle en retirant son bras.

- Arrête de bouger !

- Je bouge plus que toi en tout cas, grand-père ! »


Tout en essayant de désinfecter ses brûlures et ses poignets ensanglantés, Steve doit faire face à un feu continu de piques. À certaines répliques piquantes, il réplique avec cynisme ; à d’autres, il se contente de soupirer en levant les yeux au ciel ; et pour quelques-unes, il fait volontairement exprès d'imprégner sa compresse pour repasser sur des zones sensibles déjà nettoyées.


« Arrête ! Tu l’as déjà faite, celle-ci !

- Tant que ça pique, c’est que ce n’est pas désinfecté.

- Tu vas voir, je vais te désinfecter autre chose, moi !

- Tais-toi, fait Steve en posant gentiment son index devant ses lèvres.

- Il pue du cul, ton doigt.

- J’ai dit chut. »


Dans le couloir, Danny pousse la porte d'entrée qui était restée entrebâillée. En entendant cet échange surréaliste depuis le hall, il s'arrête net. Caché derrière le cadre de la porte, il explose de rire en silence, observant son coéquipier surentraîné des Navy SEAL se faire démonter verbalement par une gamine de quatorze ans qu'il tente péniblement de soigner.


« Où vas-tu ? lui demande Steve une fois la gamine soignée et pansée.

- Chez moi.

- Dans ce vieux taudis ?! s'exclame Steve, rejoint par Danny qui s'avance dans la cuisine.

- Tu l’as appelé ! s’énerve-t-elle en pointant Danny du doigt. Qu’est-ce que vous me voulez tous les deux ?! Foutez-moi la paix !

- Hé ! Il ne m’a pas appelé, réplique Danny.

- Il est juste un poil protecteur, ajoute Steve. Reste là, tu as besoin de repos, s’il te plaît.

- Non, je dois partir.

- Juste cette nuit, d’accord ? insiste Steve d'un ton apaisant. Accepte juste en guise de remerciement, Arielle. Si j’ai bien compris, tu m’as encore sauvé la vie. Tu pourrais aller en haut et prendre une douche. Je te passe une de mes chemises si tu veux.

- Non, je ne suis pas un mec.

- Arielle, tu as besoin d’une bonne nuit de sommeil. »


Elle finit par capituler. Arielle va s'asseoir sur le canapé du salon et allume la télévision. Steve constate qu'elle connaît particulièrement bien la baraque, ce qu'elle confirme immédiatement :


« Hé, vieillard ! Elle n’est plus de cette époque, ta maison ! Il faudrait peut-être penser à changer la décoration. À moins que tu sois trop nul pour la mettre au goût du jour, lâche-t-elle, tandis que Danny regarde Steve, hilare. »


Soudain, en jetant un œil aux informations du JT qui tournent en fond, elle se lève d’un bond, prête à s'enfuir. Steve réagit vivement et lui attrape le bras. Il lit une terreur pure dans ses yeux, puis tourne la tête vers l'écran : le reportage montre le violent incendie de la planque du gang qu'ils viennent de finir de fouiller, annonçant que personne ne se trouvait à l’intérieur.


« Tu étais dedans ! Réponds-moi ! crie Steve. »


En voyant la gamine hocher la tête pour confirmer, Danny décroche immédiatement son téléphone pour appeler du renfort.


« Il faut que je parte ! panique Arielle en essayant de se dégager.

- Non, tu restes ici. Arielle, que tu sois là ou pas, ils vont venir te trouver. On a laissé plein de traces de sang de chez toi jusqu'à chez moi ! »


Voyant sa détresse, Steve l'attire contre lui et la serre fort dans ses bras pour la rassurer.

Quelques minutes plus tard, Chin, Kono et Lou débarquent en trombe dans le salon, leurs armes déjà tirées.


« Où sont nos armes ? s’inquiète Steve.

- Tu n’en as pas ! réplique Lou sans ménagement. Vous trois, vous montez à l'étage et nous, on gère la situation.

- Viens, on monte, dit Steve à Arielle, pas franchement ravi de devoir aller se cacher. »

 




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