Le Dernier Cercle
Lobo restait assis sur la caisse en acier dans la réserve, son esprit revenant sans cesse sur les événements du motel. La conversation qu'il avait entendue là-bas restait ancrée dans sa mémoire. L'identité de cet Overlord restait un mystère, mais quiconque avait assez de cran pour viser un péché capital devait se sentir invulnérable. Même si Asmodeus était réputé pour être l'un des plus mesurés, cela ne changeait rien à la gravité de la situation. Claris avait vu juste : les Overlords préparaient quelque chose, et la question était de savoir qui d'autre était impliqué.Il connaissait la voix de Vox et celle de Valentino, et aucune ne correspondait à celle qu'il avait entendue au motel. Mais malgré tout, une vague d'inconfort le gagnait. Il savait qu'il devait maintenant faire son rapport à Claris, une tâche qu'il n'anticipait jamais avec enthousiasme. Il consulta son téléphone : bientôt 10 heures. S'il se décidait à faire son rapport immédiatement, il aurait peut-être le reste de la journée pour lui. Soupirant, il se leva enfin, son regard se posant sur la porte de l'armurerie. À travers la fenêtre, il aperçut Anette en train de nettoyer le fusil Barrett avec une application surprenante pour son âge, sous la supervision de Marcus, qui semblait lui donner des conseils pratiques. Lobo n'avait jamais eu d'attentes trop élevées pour Anette, malgré la confiance croissante qu'il plaçait en elle. Mais cette mission lui avait prouvé qu'elle possédait un sang-froid et un talent pour les armes à feu qui dépassaient largement ses espoirs.
Lobo ouvrit la porte de la salle principale, émergeant de la réserve pour se retrouver derrière le bar du Dernier Cercle. Madeleine, toujours aussi diligente, servait quelques démons dispersés dans la salle. Une odeur de cuisson émanait de la cuisine, indiquant que Bug était probablement en train de préparer quelque chose. Cependant, c'est la scène à sa droite qui attira vraiment l'attention de Lobo. Sebastian, le mentor de Claris et bras droit du Dernier Cercle, était derrière le bar. Vêtu de sa chemise blanche avec ses manches retroussées et ses bretelles maintenant son pantalon en place, il semblait tout à fait à l'aise dans son rôle de barman temporaire. C'était rare, certes, mais Sebastian avait pris l'habitude d'aider les membres du Dernier Cercle quand il n'était pas en mission ou en conseil avec Claris. Malgré son apparence aviaire typique de la famille Goetia, il charmait les clients avec une aisance déconcertante, discutant avec eux sans jamais révéler l'étendue de sa puissance. Lobo traversa la salle, ses pas résonnant légèrement dans l'atmosphère feutrée du Dernier Cercle. Il s'engagea dans le couloir, la porte du bureau de Claris lui faisant face. Sans attendre, il leva la main et frappa trois coups. Une voix sereine se fit entendre de l'autre côté.
CLARIS
(sereine)
« Entrez ! »
Lobo poussa doucement la porte, trouvant Claris assise derrière son bureau, concentrée sur un dossier. Elle leva les yeux en le voyant et lâcha un soupir, visiblement satisfaite de le voir.
CLARIS
(avec un ton détendu)
« Ah, Lobo. Alors, comment ça s'est passé au Cercle de l'Avarice ? »
LOBO
(impassible)
« On a retrouvé la trace de Crimson, mais j'ai été repéré par un hellhound. J'ai dû évacuer. »
Claris lâcha un juron frustré en entendant cela.
CLARIS
(avec agacement)
« Merde... Ils doivent être loin maintenant. »
LOBO
(avec sérieux)
« Avant que je me fasse repérer, j'ai écouté une conversation entre deux personnes. L'une d'elles était sûrement Crimson. »
CLARIS
(soulevant un sourcil, curieuse)
« Et l'autre ? Un paumard qui lui devait de l'argent ? »
Lobo croisa les bras, la regardant avec intensité avant de répondre, sa voix grave trahissant l'importance de ce qu'il allait dire.
LOBO
(d'un ton calme, mais grave)
« Tu es loin de la vérité. »
Claris fronça légèrement les sourcils et, sans quitter Lobo du regard, s'alluma une cigarette. La flammèche violette apparut au bout de son index comme à son habitude, et elle tira une longue bouffée, attendant la suite.
CLARIS
(avec impatience)
« Alors, c'était qui ? »
LOBO
(avec gravité)
« Il parlait avec un Overlord. »
CLARIS
(surprise, haussant le ton)
« Quoi ? »
Claris posa son dossier sur le bureau, visiblement plus intéressée par cette révélation. Elle fixa Lobo, cherchant à évaluer la véracité de ses paroles. Lobo continua d'une voix posée.
LOBO
« J'ai entendu une voix masculine. Ce n'était ni Vox ni Valentino. »
Claris, toujours plongée dans ses pensées, souffla une bouffée de fumée tout en considérant ses options.
CLARIS
(réfléchissant à voix haute)
« Ce n'était pas Alastor non plus, je suppose ? Dans ce cas... il ne reste que Zestial et Maestro. »
Lobo hocha la tête, confirmant qu'elle était sur la bonne piste. Il continua, livrant un détail crucial.
LOBO
(avec sérieux)
« D'après ce que j'ai entendu, l'Overlord protège le gang de Crimson contre une rémunération pharaonique. »
Claris haussa légèrement les sourcils, absorbée par cette nouvelle information.
CLARIS
(avec un ton pensif)
« Ça expliquerait pourquoi la pègre du Cercle de l'avarice est au bord de la faillite... S'offrir les services d'un Overlord, ce n'est pas donné. »
Lobo resta silencieux, observant Claris, tandis qu'elle prenait une nouvelle bouffée de sa cigarette. Elle se balançait doucement sur sa chaise de bureau, la faisant pencher en arrière, ses yeux fixés sur le plafond, visiblement en pleine réflexion.
LOBO
(avec un ton neutre)
« Que vas-tu faire ? »
Claris ne répondit pas immédiatement. Après un long moment de silence, elle se leva lentement de sa chaise, s'approcha de sa bibliothèque et sortit un vieux grimoire bleu nuit. Elle tourna ensuite les talons et fixa Lobo, son expression plus déterminée.
CLARIS
(avec calme)
« Va dire à Sebastian de gérer mon bureau en mon absence. »
Lobo la fixa, perplexe.
LOBO
(intrigué)
« Où est-ce que tu vas ? »
CLARIS
(énigmatique, mais avec une pointe de malice)
« Je vais rendre visite à un vieil ami. »
Lobo acquiesça en silence, puis se dirigea vers la porte, son esprit déjà occupé par cette nouvelle énigme que Claris semblait vouloir résoudre seule. Sans dire un mot de plus, elle plaça ses deux mains devant elle et les écarta lentement. Un portail surgit de nulle part, s'ouvrant dans l'air à mesure que ses mains s'éloignaient l'une de l'autre. Elle traversa ce portail, tenant toujours dans sa main le grimoire bleu nuit. Elle se retrouva dans un grand manoir blanc. S'avançant dans les couloirs, ses yeux observaient attentivement chaque recoin. Cela faisait un moment qu'elle n'était pas venue ici. Elle s'arrêta soudain, son regard attiré par un détail au coin de l'œ?il. Elle se retourna et vit accroché au mur un tableau peint il y a bien des années. Le portrait représentait le Seigneur Paimon. Elle le contempla longuement. Beaucoup le voyaient comme le chef froid et distant de la famille Goetia, mais pour Claris, il resterait toujours celui qui lui avait donné la chance de devenir ce qu'elle est aujourd'hui. La démone s'inclina respectueusement devant le tableau, alors que des bruits de pas discrets résonnèrent derrière elle. Une silhouette grande et fine s'approcha : Stolas Goetia, le prince Goetia en personne. Il se tourna vers le tableau avant de saluer Claris.
STOLAS
(chaleureux)
« Claris ! »
CLARIS
(souriant)
« Stolas. »
Ils se tournèrent l'un vers l'autre, échangeant un sourire complice qui trahissait une réelle amitié.
CLARIS
(sincère)
« Je suis heureuse de te revoir. »
STOLAS
(amical, taquin)
« Ça faisait longtemps que tu n'étais pas venue en personne. D'habitude, tu te contentes de m'appeler ou d'envoyer ce chère Sebastian. »
Claris hocha légèrement la tête, un éclat de sérieux passant dans ses yeux.
CLARIS
(sérieuse)
« J'ai du nouveau sur la mission Crimson. »
Stolas commença à marcher dans les couloirs du manoir, Claris le suivant de près. Tandis qu'ils avançaient, Claris jeta un coup d'œ?il vers lui.
CLARIS
(curieuse)
« Comment va Via ? »
STOLAS
(tendre, avec une pointe de tristesse)
« Elle va bien. Elle a du mal à vivre le divorce, mais elle tient bon. »
CLARIS
(ironique, moqueuse)
« C'est un véritable exploit d'avoir tenu aussi longtemps avec cette harpie comme épouse. »
Stolas la regarda un instant, puis un léger rire échappa à ses lèvres. Claris, amusée, le rejoignit dans son rire. Après un moment de silence, Stolas lui adressa un sourire en coin.
STOLAS
(avec amusement)
« Tu as beau être la dirigeante du Dernier Cercle, tu n'as pas perdu tes bonnes manières. »
Ils arrivèrent enfin devant une grande porte que Stolas ouvrit sans hésitation. Les deux amis se retrouvèrent dans la cuisine du manoir, l'endroit calme et baigné d'une lumière froide.
Claris observa attentivement ce qui l'entourait, une expression soucieuse sur son visage. Elle leva la main vers la porte par laquelle ils étaient entrés, et une légère lumière se forma autour de celle-ci. Stolas la regarda avec un sourcil levé.
STOLAS
(curieux)
« Un sort de silence ? Tu es toujours aussi prudente, Claris. »
Claris, concentrée, hocha légèrement la tête.
CLARIS
(avec sérieux)
« Si le Dernier Cercle m'a bien appris quelque chose, c'est que les murs ont des oreilles. »
Stolas s'assit à la table tandis que Claris fit apparaître une théière et deux tasses d'un simple geste de la main. Elle s'installa en face de lui et servit du thé dans les tasses. Stolas observa le liquide s'écouler, intrigué par sa couleur noire claire.
STOLAS
(interrogatif, intrigué)
« Du Earl Grey ? Où as-tu pu en trouver ? Ce n'est pas le genre de thé qu'on peut facilement dénicher en enfer. »
CLARIS
(avec un sourire en coin)
« En enfer, on peut trouver bien des choses, si on sait où chercher. Du thé, des armes... même des parrains de la pègre. »
Stolas laissa échapper un petit rire en entendant cela, son bec s'ouvrant légèrement.
STOLAS
(taquin)
« Ah ! J'en conclus que tu as retrouvé notre petit diablotin. »
Claris haussa légèrement les épaules, toujours calme.
CLARIS
(avec un ton neutre)
« Pas pour longtemps. Mon agent de terrain s'est fait repérer, mais il a eu le temps de surprendre une conversation entre Crimson et un Overlord. »
Stolas, sur le point de saisir sa tasse de thé avec ses griffes, s'arrêta net, son expression devenant plus grave.
STOLAS
(préoccupé)
« Un Overlord ? C'est... préoccupant. Tu sais lequel était concerné ? »
CLARIS
(posée)
« J'ai ma petite idée. Mais rien d'assez concret à mon goût. »
Stolas posa lentement la tasse sur la table, l'air pensif.
STOLAS
(avec curiosité)
« Que comptes-tu faire pour la suite ? »
CLARIS
(avec un sourire malicieux)
« À t'entendre, on dirait que j'ai déjà un plan. »
Stolas la regarda attentivement, attendant la suite.
STOLAS
(taquin)
« Eh bien... tu as toujours un plan. »
Claris secoua légèrement la tête, toujours un sourire en coin.
CLARIS
(avec mystère)
« Pas encore de plan. Juste un objectif. »
STOLAS
(intéressé)
« Et quel est-il ? Tu comptes récupérer ton titre d'Overlord ? »
CLARIS
(plus sérieuse)
« Overlord ou non, je compte bien récupérer ce qui m'appartient. »
Stolas la fixa longuement, réfléchissant à ses paroles.
STOLAS
(avec prudence)
« Et ton objectif implique la pègre de Crimson, n'est-ce pas ? »
Claris haussa légèrement les épaules.
CLARIS
(avec indifférence)
« Pourquoi pas. S'ils sont à la botte d'un Overlord, ils sont déjà dans un sacré pétrin. Et ça pourrait m'aider. »
STOLAS
(sceptique)
« T'aider comment ? »
CLARIS
(avec assurance)
« Quand un édifice est déjà branlant, il suffit d'un bon coup de masse pour tout faire tomber. »
Elle marqua une pause, son regard perçant fixé sur Stolas.
CLARIS
(déterminée)
« Et crois-moi, Stolas, ce coup de masse, ce sera moi. »
Stolas laissa ses mots résonner un instant, appréciant la détermination de Claris, avant de porter enfin la tasse à ses griffes, buvant une gorgée de thé à travers son bec.
Stolas posa sa tasse de thé et se pencha légèrement en avant, un air plus détendu sur le visage.
STOLAS
(avec un ton casual)
« Au fait, j'ai eu un appel de Blitz il y a quelques jours. »
Claris leva un sourcil, intriguée.
CLARIS
(surprise)
« Blitzo ? Le patron des I.M.P. ? »
STOLAS
(hochant la tête)
« Oui, celui-là même. Il a reçu une visite des plus... inattendue. »
Claris laissa échapper un léger sourire en coin.
CLARIS
(avec une pointe d'amusement)
« Ça ne m'étonne pas. Arsène est du genre à marquer les esprits. »
STOLAS
(avec un sourire légèrement gêné)
« Ah, donc tu étais au courant ? »
CLARIS
(levant un sourcil, curieuse)
« Bien entendu, c'est moi qui ai validé cette mission. J'ai entendu des rumeurs sur Blitz et toi, mais je ne pensais pas que c'était aussi sérieux que cela. Tu te doutes bien que si ça avait été le cas, les choses auraient été différentes. »
Un bref silence s'installa, Stolas ne niant pas mais ne confirmant pas non plus directement. Il semblait un peu embarrassé par la tournure de la conversation. Claris saisit l'occasion pour poser une question plus directe.
CLARIS
(d'un ton plus direct)
« Alors, c'est grâce à toi qu'ils peuvent voyager dans le monde des humains ? »
Stolas resta silencieux, son bec se refermant sans émettre le moindre son, mais ce silence était assez révélateur. Claris le regarda longuement avant de hausser légèrement les épaules.
CLARIS
(froidement, mais avec une pointe de curiosité)
« Tu sais, permettre à des imps de voyager vers le monde humain sans l'autorisation d'un Péché Capital va à l'encontre de toutes les lois des démons. Tu pourrais y perdre ton titre si ça venait à se savoir. »
STOLAS
(sur la défensive, fronçant légèrement les sourcils)
« Et quoi ? Est-ce que toi ou l'un de tes agents de terrain n'a jamais mis les pieds dans le monde humain ? »
Claris fit un geste de la main, comme pour balayer la question.
CLARIS
(d'un ton léger, presque moqueur)
« Crois-moi, Stolas. Si j'avais le pouvoir de voyager dans le monde humain, mon chiffre d'affaires aurait déjà triplé. »
Elle laissa passer un instant de silence avant de revenir au sujet principal.
CLARIS
(avec sérieux)
« Mais pour en revenir à Blitzo... le contrat a été annulé. »
Stolas parut visiblement soulagé en entendant cette nouvelle. Il hocha la tête, un léger sourire apparaissant sur son visage.
STOLAS
(avec sincérité)
« Je dois dire que ça me soulage. Je t'apprécie beaucoup Claris, depuis toujours. Cela m'aurait fait beaucoup de peine si tu avais fait tuer Blitz. »
Claris le regarda un moment, puis haussa légèrement les épaules.
CLARIS
(sérieuse, mais avec une pointe d'affection)
« Le sentiment est réciproque. Je t'ai connu tout petit Stolas. Bien que je ne sois pas entrée à ton service, je t'ai toujours apprécié. »
Ils échangèrent un sourire complice, la tension entre eux semblant s'apaiser, et le thé continua de couler doucement dans les tasses. Stolas se pencha légèrement en avant, posant ses coudes sur la table, un regard interrogateur sur son visage.
STOLAS
(curieux)
« Alors, qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? »
Claris prit un moment pour réfléchir avant de répondre, son regard se perdant dans la tasse de thé devant elle.
CLARIS
(pensive)
« Difficile à dire... Mais peu importe ce qui m'attend, sache que tu pourras toujours compter sur l'aide du Dernier Cercle. »
Elle fouilla dans la poche intérieure de sa veste et en sortit une carte du Dernier Cercle qu'elle posa doucement sur la table. Stolas, visiblement touché par cette déclaration, chercha dans la poche de son pantalon et sortit son portefeuille. Une liasse de billets dépassait, mais avant qu'il ne puisse aller plus loin, Claris l'interrompit.
CLARIS
(avec fermeté)
« Range ton argent, Stolas. La mission est un échec, Crimson s'est échappé. »
Stolas fronça légèrement les sourcils, tenant toujours son portefeuille.
STOLAS
(insistant)
« Ce n'est pas pour ça. C'est un dédommagement. Tu as envoyé ton agent de terrain, il a fait de son mieux. C'est normal de te payer. »
Claris secoua doucement la tête, refusant catégoriquement.
CLARIS
(avec un ton ferme, mais calme)
« N'insiste pas, Stolas. »
Un silence s'installa, Stolas finit par céder en soupirant, rangeant lentement son portefeuille.
STOLAS
(avec un sourire en coin)
« Tu es plus têtue qu'une mule. »
Claris se leva, ajustant sa veste, un sourire narquois étirant ses lèvres.
CLARIS
(avec légèreté)
« J'ai encore beaucoup à faire. Mais si tu veux passer prendre un verre au Dernier Cercle, tu y seras le bienvenu. »
Stolas se redressa également, hochant la tête avec gratitude.
STOLAS
(sincère)
« Merci, Claris. Merci d'être venue. Reviens quand tu veux. »
Claris esquissa un sourire moqueur.
CLARIS
(avec un ton taquin)
« Ne compte pas trop là-dessus. »
Elle commença à tracer un portail dans l'air d'un geste fluide de la main, avant de jeter un dernier regard à Stolas.
CLARIS
(avec une pointe de douceur)
« Passe le bonjour à Via de ma part. »
Stolas hocha la tête avec un sourire, tandis que Claris traversa le portail, disparaissant aussi rapidement qu'elle était venue. Elle traversa le portail, se retrouvant dans le bureau élégant de Carmilla. La lumière rougeâtre, filtrée par les grandes fenêtres, donnait à la pièce une ambiance lourde et intense. Le tapis en longueur couvrait le milieu de la pièce, ajoutant une certaine solennité à l'endroit. Claris avança de quelques pas, observant les lieux avec attention. Le silence qui régnait entre les murs semblait presque peser sur elle, comme si l'air était chargé de souvenirs et de tensions non résolues. Carmilla, de l'autre côté du bureau, penchée sur ses documents, leva les yeux. Ses pupilles rouges se fixèrent sur Claris avec une froideur distante. Elle ne bougea pas immédiatement, mais ses doigts cessèrent de tourner les pages, indiquant que sa concentration était désormais ailleurs.
CLARIS
(avec calme, mais légèrement sur la défensive)
« Bonjour, Carmilla. »
Un silence lourd s'installa. Carmilla détourna les yeux, feignant de s'intéresser à un papier insignifiant sur son bureau. Sa réponse ne vint que plusieurs secondes plus tard, comme si elle décidait finalement que Claris méritait au moins une réponse.
CARMILLA
(froide, détachée)
« Sept ans. Tu disparais pendant sept ans et c'est tout ce que tu trouves à dire. »
Claris haussa légèrement les épaules. Elle savait que cette rencontre ne serait pas aisée. Elles étaient autrefois si proches, mais les années d'absence et la chute de Claris avaient laissé des blessures profondes, invisibles mais bien présentes. Claris avait espéré que le temps aurait effacé une partie de la rancune, mais la froideur de Carmilla prouvait le contraire.
CLARIS
(sur un ton désolé, mais avec retenue)
« Je sais, je n'ai pas agi comme une véritable amie. »
D'un geste souple, Claris fit apparaître une bouteille de bourbon et deux verres qui se posèrent doucement sur le bureau de Carmilla. Un geste autrefois symbolique de leur complicité. Mais cette fois, Carmilla ne répondit pas. Ses yeux se posèrent un instant sur la bouteille, mais elle ne fit pas un geste pour l'accepter. Le silence qui s'installa entre elles fut presque plus bruyant que les paroles. Carmilla ne disait rien, mais son regard parlait pour elle : la confiance était brisée. Elle attendait une explication. Peut-être même des excuses qu'elle ne recevrait jamais.
CLARIS
(avec un sourire léger, mais presque pour elle-même)
« Tu comptes m'inviter à m'asseoir, ou bien ? »
Un silence de plus. Carmilla resta immobile, droite derrière son bureau, l'observant sans répondre. Elle ne refusait pas l'offre, mais ne la validait pas non plus. Claris comprit que l'invitation ne viendrait pas. C'était là le premier signe d'une distance qu'elle ne parviendrait peut-être jamais à combler.
Sans se laisser démonter, Claris traversa la pièce et s'assit sur l'un des fauteuils en face du bureau. Elle s'installa confortablement, mais son regard restait fixé sur Carmilla. Elle attendait une ouverture, un signe que la situation pouvait s'adoucir.
CARMILLA
(d'un ton cinglant, tranchant)
« Qu'est-ce que tu veux, Claris ? »
Claris prit la bouteille de bourbon et versa les verres, prenant son temps, comme pour apaiser l'atmosphère tendue. Mais chaque geste semblait accentuer le fossé qui s'était creusé entre elles.
CLARIS
(en tentant de détendre l'atmosphère)
« Tu sembles te méfier de moi. J'ai raté un épisode ? Aux dernières nouvelles, nous étions amies. »
Carmilla détourna les yeux. Elle se rappelait parfaitement leur amitié, et c'est précisément cela qui la mettait en colère. Claris avait disparu sans un mot. Une absence longue et inexpliquée. Et maintenant, elle revenait comme si rien ne s'était passé. Carmilla ne laisserait pas passer cela aussi facilement.
CARMILLA
(froide, ne la regardant pas)
« Parce qu'on l'est encore ? Tu disparait pendant deux ans, tu ne donne pas signe de vie pendant les cinq dernières années, et pendant ce temps... quelqu'un s'est mis à s'attaquer aux démons et aux possessions des Overlords. Des âmes, des contrats, des territoires entiers qui se sont vidés du jour au lendemain, et bien sûr personne n'a jamais trouvé qui était derrière. »
Claris ne répondit pas tout de suite. Le poids de cette question semblait la frapper de plein fouet. Ses yeux se perdirent un instant dans le vide. Elle revit sa défaite face à Alastor, les âmes perdues, les trahisons, les moqueries. Elle prit une profonde inspiration avant de répondre en souriant.
CLARIS
(d'un ton moqueur)
« Tu me prêtes beaucoup d'importance... et puis tu n'as pas de raisons de te plaindre, si j'en croit les rumeurs, tes employés ont été épargnés par tous ces meurtres. »
Carmilla ne lui laissa pas le temps de continuer. Elle posa les deux mains à plat sur le bureau, lentement, comme quelqu'un qui choisit ses mots avant de les lancer. Quand elle releva les yeux vers Claris, il n'y avait plus trace d'indifférence. Juste une certitude froide, ancienne, taillée dans sept ans d'absence et cinq ans de cadavres non revendiqués. Et pourquoi elle revenait maintenant.
CARMILLA
(cinglante)
« Alors tout ça n'est qu'une simple vengeance ? »
Claris croisa son regard, soutenant le défi qu'elle lisait dans les yeux de Carmilla. Elle savait que la question était légitime, mais elle n'était pas prête à admettre ce qu'elle considérait comme une faiblesse.
CLARIS
(plus ferme)
« Je préfère le terme vendetta. »
Carmilla ne répondit pas, mais ses yeux parlaient. Elle comprenait que Claris n'avait pas changé. Toujours aussi obstinée, toujours prête à tout pour ses objectifs. La déception transparaissait sur le visage de Carmilla, mais elle n'allait pas offrir le moindre signe d'émotion. Pas cette fois. Carmilla se leva doucement de sa chaise, ses mouvements lents et contrôlés. Chaque geste semblait calculé pour maintenir la distance entre elles. Elle n'allait pas laisser Claris la manipuler, pas encore. Elle se détourna, se dirigeant vers une fenêtre, observant la ville au loin.
CARMILLA
(avec une froideur maîtrisée)
« Qu'est-ce que tu veux vraiment ? »
Claris suivit son regard, prenant une nouvelle gorgée de bourbon. Elle comprenait qu'elle ne pourrait pas regagner sa confiance aussi facilement, mais elle n'était pas là pour ça. Elle était là pour des réponses.
CLARIS
(posée, mais calculatrice)
« Je sais que Zestial et toi êtes très proches. Tu as toujours su bien t'entourer. Un Overlord aussi puissant que lui représente un allié de poids. »
Carmilla serra les dents, ses doigts se crispant légèrement sur le rebord de la fenêtre. Elle ne répondit pas immédiatement, mais ses mouvements trahissaient un léger agacement. Elle savait où Claris voulait en venir, mais elle n'avait aucune intention de la laisser l'utiliser.
CARMILLA
(plus dure, presque menaçante)
« Ne franchis pas cette ligne, Claris. »
Claris haussa un sourcil, prenant son temps avant de répondre. Elle savait que Carmilla n'était pas une ennemie à sous-estimer, mais elle avait besoin d'informations. Elle ne reculerait pas.
CLARIS
(avec calme)
« Sais-tu si Zestial est complice avec la pègre du Cercle de l'avarice? »
Carmilla se retourna brusquement, la regardant avec une intensité nouvelle. Elle n'allait pas répondre à cette question, mais le simple fait que Claris l'ait posée suffisait à la mettre sur ses gardes.
CARMILLA
(glaciale)
« Je n'ai pas à répondre à ça. »
Un long silence s'installa. Claris la fixa un moment, avant de se lever à son tour. La tension entre elles était palpable, mais Claris savait que la discussion ne mènerait nulle part pour le moment. Elle avait semé une graine de doute. C'était suffisant.
CLARIS
(avec une pointe de déception)
« Alors j'en conclus que la réponse est non. »
CARMILLA
(plus froide que jamais)
« Je ne te retiens pas, Claris. »
Claris hocha légèrement la tête. Un éclat de déception traversa son regard, mais elle n'insista pas. Elle termina son verre de bourbon avant de se tourner vers la sortie. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine tristesse.
CLARIS
(sincère, mais détachée)
« Malgré tout, ça a été un plaisir de te revoir. »
Sans attendre de réponse, Claris fit apparaître une carte sur le bureau de Carmilla, puis traça un nouveau portail dans l'air. Juste avant de le traverser, elle se retourna pour la regarder une dernière fois, un sourire mélancolique aux lèvres.
CLARIS
(avec une nostalgie contenue)
« Au revoir, mon amie. »
Carmilla ne répondit pas, ses yeux rouges fixés sur la carte que Claris venait de laisser. Elle savait que Claris n'était pas revenue uniquement pour renouer des liens. Elle avait ses propres objectifs. Et Carmilla ne savait pas encore si elle allait la laisser atteindre ses buts sans interférer. Claris traversa le portail, et se retrouva dans son bureau, le décor familier baigné dans la lueur des flammes infernales. Sebastian était assis derrière le bureau, occupé à trier des documents. Il leva les yeux, légèrement surpris de la voir revenir si tôt.
SEBASTIAN
(surpris, en se levant)
« Déjà de retour ? Je pensais que tu serais absente plus longtemps. »
Claris s'avança lentement, son regard pensif alors qu'elle se dirigeait vers la bibliothèque. Elle retira calmement le grimoire bleu nuit de sous son bras et le reposa à sa place sur une étagère. Sebastian observa ses gestes, ses yeux curieux mais respectueux.
SEBASTIAN
(neutre, mais intrigué)
« Je viens juste d'envoyer Appolia en mission. Il y a un démon majeur qui fait des siennes dans le Cercle de la Jalousie... Mais toi, où étais-tu partie ? »
Claris se retourna et s'assit tranquillement derrière son bureau. Elle poussa un léger soupir avant de répondre.
CLARIS
(calme, mais légèrement fatiguée)
« Je suis allée voir Carmilla. »
Sebastian resta silencieux un instant, pesant ses mots avant de répondre, ses plumes frémissant légèrement.
SEBASTIAN
(sobrement)
« Ah... Je suppose que la visite ne s'est pas déroulée comme tu l'espérais. »
Claris s'adossa à sa chaise, fixant un point invisible devant elle. Après un long silence, elle hocha la tête doucement.
CLARIS
(avec une pointe de regret)
« C'est peu de le dire... Elle n'a pas oublié ma disparition. Je suis partie du jour au lendemain sans un mot, et sans même prévenir la seule amie que j'avais parmi les Overlords. »
Sebastian, toujours debout, réfléchissait. Les liens brisés ne se réparent jamais facilement, surtout dans un monde où la trahison et la méfiance sont des monnaies courantes. Après une pause, il s'approcha légèrement.
SEBASTIAN
(doucement, mais avec curiosité)
« Pourquoi avoir emporté le grimoire des arts occultes avec toi ? »
Claris posa son regard sur la bibliothèque, là où reposait le grimoire. Son regard s'adoucit un instant, trahissant un souvenir qui l'avait touchée.
CLARIS
(avec une pointe de nostalgie)
« Je comptais le lui offrir. C'est elle qui me l'a donné, en gage d'amitié, à une époque où les choses étaient plus simples. »
Sebastian fronça légèrement les sourcils, intrigué par la suite de son récit.
SEBASTIAN
(plus direct)
« Pourquoi ne l'as-tu pas fait, alors ? »
Claris soupira de nouveau, jouant distraitement avec l'accoudoir de sa chaise.
CLARIS
(avec un ton mesuré)
« Carmilla... ne semblait pas encore prête. Je lui ai tendu une perche, mais je crois que le moment n'était pas le bon. »
Sebastian réfléchit un instant, pesant ses mots avec soin avant de parler.
SEBASTIAN
(avec une sagesse douce)
« L'amitié est une chose complexe. Mais votre lien avec Carmilla était solide, aussi solide que le diamant, non ? Si tu as été honnête avec elle, elle finira par réfléchir. »
Claris sourit faiblement, mais sans véritable joie.
CLARIS
(avec un soupçon d'espoir)
« Je l'espère. Je n'aime pas l'idée d'être en froid avec Carmilla. Nous avons partagé trop de choses. »
Un silence s'installa entre eux, pesant mais non oppressant. Ils savaient tous deux que le temps seul dirait si cette amitié pouvait être réparée.
Sebastian s'approcha tranquillement du mini bar situé dans un coin du bureau de Claris, en silence. Il en sortit une bouteille de bourbon bien vieillie, et sans se presser, il attrapa deux verres qu'il posa délicatement sur le bureau. Il commença à les remplir, ses gestes lents et mesurés. Tout en remplissant les verres, il brisa enfin le silence.
SEBASTIAN
(avec calme, mais curieux)
« Et si Carmilla venait à se mettre en travers de notre route... serais-tu prête à la combattre ? »
Claris prit un instant pour réfléchir, laissant la question flotter dans l'air. Elle semblait peser soigneusement ses mots avant de répondre.
CLARIS
(d'une voix réfléchie, presque triste)
« Je n'espère pas qu'on en arrive là. J'ai déjà perdu beaucoup, Sebastian. Je ne veux pas perdre Carmilla aussi. »
Sebastian lui tendit un des verres de bourbon, tout en l'observant attentivement, guettant la moindre réaction. Après un instant de silence, il reprit la parole, changeant légèrement de sujet.
SEBASTIAN
(avec sérieux)
« Lobo m'a raconté ce qu'il s'est passé pendant sa mission. Je ne pensais pas que les choses prendraient une telle tournure. Ta vendetta se présente plutôt bien, non ? »
Claris ne répondit pas immédiatement. Elle resta silencieuse, son regard se perdant dans le vide, comme si une tempête de pensées complexes se déchaînait dans son esprit. Sebastian remarqua son expression, et posa son verre sur le bureau.
SEBASTIAN
(avec une pointe d'inquiétude)
« Tout va bien ? Tu sembles... préoccupée. »
Claris sortit alors son étui à cigarette noir et en alluma une, le bout incandescant de la cigarette illuminant brièvement son visage. Après avoir tiré une longue bouffée, elle laissa sa fumée s'échapper doucement avant de poser une question inattendue.
CLARIS
(d'un ton neutre, mais calculateur)
« Si tu devais faire tomber un réseau mafieux... comment t'y prendrais-tu ? »
Sebastian fronça légèrement les sourcils, réfléchissant à la question. Il prit une petite gorgée de son bourbon avant de répondre.
SEBASTIAN
(analytique, avec calme)
« Il y a beaucoup de moyens de le faire. Tout dépend du résultat que tu veux atteindre. »
Claris tira une autre bouffée de sa cigarette, laissant la question en suspens un instant. Puis, elle répondit d'un ton calme et mesuré.
CLARIS
(pensivement)
« Avant de frapper, il faut affaiblir les Overlords. Mais pour les affaiblir, il faut d'abord se débarrasser de ce qui fait leur force. »
Sebastian acquiesça, analysant la situation à son tour. Après un moment, il ajouta avec une touche d'optimisme.
SEBASTIAN
(avec confiance)
« Nous pourrions compter sur le soutien d'Alastor. Avec lui, il y a de grandes chances que Rosie et ses cannibales se joignent à nous. »
Claris haussa un sourcil, tout en écrasant sa cigarette dans un cendrier. Elle semblait sceptique.
CLARIS
(se méfiant)
« Ils sont du côté de la princesse. Rien ne garantit qu'ils nous soutiendront. »
Sebastian la fixa un moment, un sourire en coin apparaissant lentement sur son visage. Il semblait étrangement confiant.
SEBASTIAN
(sûr de lui)
« Je pense qu'ils nous soutiendront. »
Claris se pencha légèrement en avant, intriguée par cette assurance.
CLARIS
(avec un ton curieux)
« Pourquoi es-tu si confiant ? »
Sebastian croisa les bras, regardant Claris avec sérieux avant de répondre, presque comme s'il lui faisait comprendre qu'elle sous-estimait son propre pouvoir.
SEBASTIAN
(avec douceur)
« Regarde tout ce que tu as accompli jusqu'à présent. Convaincre Alastor n'est pas aussi difficile que tu le crois. »
Claris le fixa un moment, son esprit passant en revue tout ce qu'elle avait réalisé. Puis, après un moment de réflexion, elle laissa échapper un petit sourire.
CLARIS
(avec un soupçon d'amusement)
« Pas faux. »
CLARIS
(avec détermination)
« Il faut passer à l'action le plus tôt possible, mais sans précipitation. »
Sebastian, appuyé contre le bureau, hocha la tête, appréciant la prudence de Claris.
SEBASTIAN
(avec calme)
« Je suis d'accord. Aujourd'hui, le Dernier Cercle est une affaire florissante. L'argent et les ressources se multiplient, et nos agents de terrain ont prouvé leur efficacité et leurs compétences. »
Claris, plongée dans ses pensées, récapitula mentalement la force de frappe à sa disposition, chaque nom évoquant un atout stratégique.
CLARIS
(réfléchissant à voix haute)
« Lobo, le meilleur assassin des sept cercles, un expert en filature. Arsène, un traqueur hors pair et un combattant redoutable. Ginger, notre experte en renseignement. Appolia, la meilleure guerrière de l'Enfer... »
Elle marqua une pause, laissant le poids de ses paroles s'installer dans l'air.
CLARIS
(plus affirmée)
« Nous avons le potentiel de changer l'équilibre des pouvoirs en Enfer... à condition de savoir où frapper. »
Sebastian laissa échapper un sourire énigmatique.
SEBASTIAN
(avec malice)
« Ooooh ! Crois-moi, j'ai ma petite idée sur le sujet. »
Claris le regarda, un sourire complice sur le visage.
CLARIS
(taquine)
« C'est pour ça que tu es mon bras droit, Monsieur le sous-directeur. »
Sebastian laissa échapper un rire franc, amusé par le ton de Claris.
SEBASTIAN
(avec humour)
« Ha ! C'est probablement la première fois que tu m'appelles "Monsieur". »
Claris leva son verre vers lui, un geste empreint d'une familiarité chaleureuse. Sebastian répondit à son geste, levant lui aussi son verre.
SEBASTIAN
(curieux, avec un sourire)
« Et... à quoi veux-tu trinquer, cette fois ? »
CLARIS
(avec sincérité)
« À mon mentor. »
Sebastian, touché par l'hommage, sourit à son tour avant de répondre avec un regard affectueux.
SEBASTIAN
(avec émotion)
« Dans ce cas, moi je trinque à la famille. »
Les deux verres se rencontrèrent dans un toast chaleureux, un bruit cristallin résonnant dans la pièce alors qu'ils célébraient leur lien indéfectible, prêt à faire face aux défis à venir.