Recueil de nouvelles érotiques

Chapitre 6 : La Joute Improvisée

Par alexp93

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Londres - 1663.


Le rideau était tombé sur un triomphe théâtral orchestré par le bouillonnant Walter Graham, laissant Duncan MacLeod prisonnier de son costume de satin et d’un corset impitoyable après sa prestation mémorable dans le rôle de la mégère Kate. Réfugié dans sa loge pour s'arracher de cette enveloppe féminine, il s’acharnait sur ses attaches lorsque la porte s’entrouvrit.

Hugh Fitzcairn s’avança dans la pièce. Le silence qui s'installa alors entre les deux immortels se révéla plus pesant qu'un duel au grand jour. Point de roses en main, point de flasque de vin, ni même le rire goguenard qu’il avait préparé tout au long de la représentation. Il fixa Duncan, le visage toujours poudré de blanc, les boucles savamment épinglées encadrant une expression farouche, avant de déglutir péniblement.

— Sacré spectacle, MacLeod, finit-il par lâcher d'une voix un peu trop rauque. Tu as... tu as vraiment le sens du détail.

— Aide-moi avec ce maudit nœud au lieu de rester là à me dévorer des yeux, grogna ce dernier en tournant le dos, révélant une rangée de lacets complexes qui emprisonnaient encore sa stature de Highlander.

Fitzcairn s'approcha, mais ses mains semblaient soudain gourdes. Duncan sentit le contact des doigts de l'immortel contre son dos, là où la soie s'ouvrait sur sa peau. C'était un contact étrange, presque trop précautionneux. En temps normal, il n'aurait jamais laissé personne se tenir ainsi derrière lui, hors de son champ de vision, surtout dans une position aussi entravée. Pourtant, sous la pression des mains de Fitz qui dénouaient lentement l'armature des baleines, Duncan sentit une tension inhabituelle l'envahir, une vulnérabilité qu'il n'avait pas prévue. Chaque lacet qui se relâchait semblait briser une barrière de sa propre défense. Il se surprit à apprécier cette sensation de défaite, cette manière dont son ami, malgré ses insultes, prenait possession de son espace. Le souffle court n'était plus seulement dû au corset trop serré.

Pour masquer le tremblement imperceptible de ses doigts et ce trouble qui lui nouait l'estomac, Fitzcairn quant à lui se raccrocha à sa meilleure arme : la mauvaise foi.

— J’essaie, MacLeod, j’essaie ! Mais avoue que ce n'est pas simple. D'habitude, mes conquêtes n'ont pas des épaules qui menacent de faire craquer la charpente du théâtre à chaque inspiration.

— Moque-toi, Fitz. C'est tout ce que tu sais faire.

— Non, mais sérieusement, continua ce dernier d'un ton brusque, presque agressif. Regarde-toi. On dirait une de ces paysannes des Highlands que tu affectionnes tant : trop musclée, probablement plus de poils au menton qu'une chèvre après l'hiver, et ce parfum de poudre qui masque à peine une odeur de guerrier en sueur... C’est atroce. Franchement, tu es la femme la plus repoussante que j'aie jamais approchée.

Duncan se raidit sous l’insulte, mais il percevait bien la note discordante dans la voix de son ami. C’était trop fort, trop appuyé.

— On dirait que tu n'as jamais défait un corset de ta vie, railla Duncan, tentant de masquer son propre trouble par une pique.

— C'est juste que d'habitude, il n'y a pas un Highlander de deux cents livres à l'intérieur ! répliqua Fitz avec une rudesse défensive.

Le basculement se produisit sur une maladresse. En tirant un peu trop fort sur un lacet rebelle pour ponctuer sa dernière phrase, Fitz fit perdre l'équilibre à Duncan. Ce dernier se retourna brusquement pour ne pas tomber, ses mains saisissant d'instinct les revers de la veste de son compagnon. Ils se retrouvèrent face à face, si proches que la poudre de riz de Duncan vint tacher le velours de son ami.

Ils restèrent ainsi, les mains agrippées l'un à l'autre, leurs respirations se confondant. Fitzcairn fixa les lèvres rouges de Duncan, puis ses yeux, où l'amusement avait laissé place à une attente brûlante.

— Tu es insupportable, MacLeod, murmura-t-il, sa voix perdant toute son arrogance pour devenir étrangement basse. Je maintiens que tu es la femme la plus repoussante qu'il m'ait été donné de courtiser, ajouta-t-il dans un souffle. Mais il se trouve que tu es l'homme le plus attirant que j'aie jamais eu entre mes mains... et je crois que j'ai une envie absolument déraisonnable de t'embrasser.

Le Highlander soutint son regard, ses doigts se resserrant sur le velours de la veste de Fitzcairn. Il laissa échapper un petit rire étouffé, un mélange de soulagement et d'excitation.

— L'homme le plus attirant, vraiment ? répondit-il en resserrant sa prise. On aura tout entendu. Mais je suppose qu'après une telle déclaration, tu ne vas pas me laisser en plan dans ce maudit corset. Alors... prouve-moi que tu es meilleur amant que critique de théâtre.


Le défi était lancé, et l'atmosphère dans la petite loge bascula d'un cran. Point de baiser théâtral pour sceller l'échange : leurs regards s'accrochèrent, chargés d’une électricité nouvelle, tandis que l’urgence de se libérer de leurs artifices reprenait le dessus.

Alors que Duncan achevait de se dépêtrer de son corset, Fitzcairn l'aida avec une fébrilité inhabituelle. Ses doigts glissèrent le long de la chemise fine qui couvrait les côtes du Highlander, frôlant la peau avec maladresse. Très vite, leurs mains ne s’attardèrent pas sur les torses : elles descendirent, guidées par une même pulsion, pour venir se glisser au niveau du bas-ventre.

Les caresses appuyées à travers les étoffes firent rapidement leur œuvre. Sous le frottement méthodique des mains de Fitz contre le tissu de sa robe et de son jupon, Duncan sentit sa chair s'alourdir, durcissant et se dressant avec une fermeté qu'il peinait à contenir. En retour, les doigts de l'Écossais, glissant le long des cuisses de son compagnon, vinrent presser la masse déjà bien lourde dissimulée sous le pantalon. C’est à travers ce contact direct, sous la paume de sa main, que Duncan constata, stupéfait, l'ampleur du volume de son ami. Même emprisonné dans les vêtements, l'engin avait de quoi laisser perplexe.

— Bon, puisque tu fais de grandes promesses, voyons voir ce que tu caches sous cette culotte de bourgeois, murmura Duncan avant de s'accroupir pour dénouer vivement le pantalon de Fitzcairn.

Quand le tissu s'affaissa, révélant la marchandise dans toute sa splendeur, Duncan manqua de s'étrangler. Il resta un instant interloqué, les yeux écarquillés face à un attribut dont la taille relevait franchement de l'indécence anatomique.

— Par tous les saints, Hugh... lâcha-t-il, abasourdi, en levant un regard effaré vers son ami. Comment fais tu pour conserver des maîtresses avec un truc pareil ? À moins de vouloir les couper en deux par le milieu, je ne vois pas bien l'intérêt ! C'est une arme de siège, pas un attribut humain !

Ce dernier redressa les épaules, piqué dans son orgueil de séducteur impénitent, bien que ses joues rougissent légèrement.

— Ne sous-estime pas mon talent, MacLeod ! répliqua-t-il avec une mauvaise foi absolue. Les dames de la cour ont le goût du risque. Elles adorent quand ça remplit son office !

— Bien sûr, et je parie qu'elles repartent toutes en carrosse à ressorts souples pour ne pas aggraver les dégâts, railla Duncan.

— Tu es jaloux, avoue-le ! riposta Fitzcairn en attrapant à son tour l'ourlet de la chemise de Duncan pour la faire glisser le long de son torse, avant de baisser son pantalon pour le mettre à nu.

Son regard s'attarda sur le corps de l'Écossais, dont l'érection, bien que plus modeste en comparaison du monstre de foire qu'il venait d'exhiber, dressait une promesse bien ferme.

— À mon tour de juger la concurrence, marmona-t-il en l'attirant contre lui.

Leurs corps entièrement nus se pressèrent l'un contre l'autre dans un choc de peaux brûlantes. Mais lorsque Fitzcairn, pris d'un élan d'enthousiasme, commença à glisser ses doigts vers l'arrière de Duncan en murmurant des promesses d'assaut, ce dernier se raidit instantanément et recula d'un pas, brandissant une main protectrice.

— Hors de question, Fitz ! Arrête-toi tout de suite, prévint Duncan, le regard mi-menaçant mi-paniqué. Je veux bien tester de nouveaux horizons, mais je tiens à ce que mon séant reste dans son intégrité d'origine. Avec ce machin-là, tu vas me traverser de part en part ! Il n'est pas question que tu m'introduises ça là-dedans.

— Très bien, très bien, capitula l'anglais en levant les mains, conscient que la perspective d'une loge ensanglantée n'était pas des plus romantiques. On s'en tient à l'extérieur.

Rassurés sur les limites de l'exercice, mais plus excités que jamais par ce compromis pragmatique, ils se rapprochèrent à nouveau. Duncan s'agenouilla de nouveau face à Fitz, tandis que ce dernier s'asseyait sur le bord d'un coffre de théâtre. Les doigts de Duncan enserrèrent la verge lourde et brûlante de Fitzcairn, amorçant un va-et-vient prudent, tandis que ce dernier caressait fermement le membre de son ami, découvrant avec fascination le plaisir brut de cette chair masculine offerte entre leurs mains.

Le souffle court, Fitzcairn observa le Highlander s'affairer avec une application presque studieuse sur son anatomie hors normes.

— Dis donc, MacLeod, on croirait voir un forgeron inspecter une pièce de fonderie, murmura-t-il en penchant la tête, un sourire goguenard étirant ses lèvres malgré la tension qui le faisait transpirer.

— Concentre-toi sur tes mouvements et épargne-moi tes commentaires de critique, répliqua Duncan sans lever les yeux, tout en accélérant légèrement la cadence de sa main. À t'entendre, il faudrait un diplôme d'ingénieur pour seulement tenir ton... machin.

Fitzcairn laissa échapper un rire rauque, mais ses yeux sombrèrent bien vite dans une lueur plus sombre. Voyant l'Écossais si habile et consentant à repousser ses propres frontières, l'immortel eut une inspiration. Il retira délicatement sa main du membre de Duncan pour la faire glisser plus bas, le long de ses cuisses, attirant l'attention de son compagnon.

— Puisque mon artillerie lourde doit rester aux portes du château, j'ai une autre idée. Laisse-moi explorer les parages d'un peu plus près, sans tout faire sauter. Juste... le seuil.

Duncan s'immobilisa une fraction de seconde, une ombre de méfiance traversant son regard. Il toisa son ami, évaluant le risque.

— Pas de mauvaise surprise, Fitz ? Je te préviens, si je sens ne serait-ce que l'ombre d'un pouce de trop, je te transforme en chapon pour la foire de minuit.

— Tu as ma parole de gentleman — ou ce qu'il en reste, grimaça Fitzcairn avec un clin d'œil. Fais-moi confiance, Highlander.

Convaincu par le ton inhabituellement sérieux et la lueur de convoitise pure qui brillait dans les yeux de son complice, Duncan hocha imperceptiblement la tête. Il se laissa basculer un peu plus en arrière, s'appuyant sur ses genoux, offrant son séant à la curiosité de son ami.

Ce dernier s'avança, glissant l'index et le majeur le long du périnée de Duncan. La peau était brûlante, tendue par l'excitation. D'un effleurement circulaire, précis et calculé, il commença par masser la zone externe, traçant des cercles lents qui firent haleter le Highlander.

— Dis donc, Fitz... Comment tu fais pour savoir y faire aussi bien ? Je croyais que tu ne faisais que parader à la Cour.

— Mon cher MacLeod, répliqua l'anglais avec un sourire arrogant, les maîtresses que je fréquente ne sont pas seulement éblouies par mon attribut : elles savent aussi fort habilement se servir de leurs mains, et j'ai de qui apprendre.

Puis, sentant les muscles de l'Écossais se détendre légèrement sous l'effet de la friction, il pressa son doigt juste ce qu'il fallait contre l'entrée close, explorant la délicate frontière sans chercher à forcer le passage.

Une onde de choc électrique traversa immédiatement l'échine de Duncan et gémissement rauque lui échappa.

— Ah... Bon sang, Fitz... souffla Duncan, les yeux mi-clos, surpris par la violence de la sensation.

— Tu vois ? murmura l'autre d'une voix grave, penché tout près de son oreille, sentant la réaction physique immédiate de son ami sous sa pression externe et périnéale. Pas besoin d'artillerie lourde pour faire capituler le grand MacLeod.

Encouragé par ce premier succès, il intensifia son manège, alternant pressions fermes sur la zone sensible et va-et-vient experts de sa main libre sur la verge de Duncan, tandis que l'Écossais, pris au piège de ce double assaut parfaitement calibré, relâchait toute résistance. Dans la pénombre de la loge, au milieu des costumes de théâtre et des décors poussiéreux, les deux immortels continuèrent ainsi à s'explorer l'un l'autre, savourant chaque décibel de leurs soupirs et chaque frémissement de leurs peaux, loin d'être rassasiés, mais savourant le vertige de cette première joute inédite.




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