Les Roses de Panem tome 1
Chapitre 1 : Prologue : Les Roses de la Discorde
499 mots, Catégorie: K+
Dernière mise à jour 22/09/2026 17:26
On m'a tout pris le jour où le Geai Moqueur a décoché sa flèche.
Ce jour-là, la foule a hurlé de joie en voyant mon grand-père s'effondrer. Ils ont célébré la fin du tyran, la chute de la maison Snow, l'aube d'un nouveau Panem. Mais pour moi, ce jour-là n'était pas une libération. C'était le début de l'enfer. Les rebelles, avec leurs visages barbouillés de suie et leurs yeux pleins de haine, ont envahi notre demeure. Ils ont pillé nos souvenirs, confisqué nos richesses et nous ont jetés dans la boue. Ils prétendaient apporter la justice, mais ils n'ont apporté que la misère aux enfants du Capitole.
Aujourd'hui, je m'appelle Maya. Un prénom fade, sans histoire, inventé par le nouveau gouvernement pour effacer mon passé. Je vis dans une petite chambre grise du District 2, travaillant douze heures par jour dans les bureaux de l'administration minière. Mes mains, autrefois si douces, sont désormais rêches. Mes vêtements somptueux ont été remplacés par des tissus frêles et ternes.
Mais sous ma chemise, contre ma peau, bat toujours le cœur d'une Snow. Chaque soir, je répète les mêmes gestes. Je m'assure que les rideaux sont bien tirés. Je m'assois par terre, et je sors de ma cachette le seul secret qu'ils n'ont pas réussi à me voler : un petit carnet en cuir noir, écrit de la main de mon grand-père, Coriolanus. Ses mots sont ma bible. « La nature humaine est sauvage, Celestia, » m'avait-il murmuré un soir avant la fin. « Sans une main de fer pour la guider, elle s'auto détruit. Les districts ne comprennent que la force. »
Il avait raison. Regardez-les aujourd'hui, avec leur démocratie fragile et leurs sourires de façade. Ils pensent que la paix est éternelle. Ils pensent que Katniss Everdeen les a sauvés. Ils ont oublié ce que signifie la peur. Ils ont oublié le prix de la rébellion.
Je regarde par la fenêtre, vers le ciel sombre.
Quelque part au District 12, le Geai Moqueur élève ses enfants dans une prairie verdoyante. Un garçon et une fille, paraît-il. Ils rient, ils jouent, ils dorment sur les cendres de mon héritage sans le moindre remords. Une haine pure, glaciale, me traverse le corps. La présidente Coin voulait jeter les enfants du Capitole dans l'arène pour se venger. Quelle ironie. Ce ne sont pas les enfants du Capitole qui mourront sous les projecteurs.
Je referme le carnet.
Dans un coin de ma pièce, une unique rose blanche, cultivée en secret dans un pot de terre rouge, commence à éclore. Son parfum est sucré, presque toxique.
Le Geai Moqueur a détruit mon monde. Je vais reconstruire le sien, brique par brique, tribut par tribut. Il est temps que Panem se souvienne du sens du mot sacrifice. Il est temps de rouvrir les Jeux.