Les Enfants de la Seconde Phase par

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Univers Parallèle / Amitié / Surnaturel

4 Arc Premier : Chapitre Quatrième

Catégorie: G , 5265 mots
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Le Onze de Raimon observa avec soulagement l'autre moitié du terrain, désormais vide. L'amertume de cette fausse victoire restait en travers de la gorge de la plupart des joueurs aguerris. Ils se regardèrent les uns et les autres, notant sombrement les nombreuses écorchures sur les corps de chacun. Aucun n'avait été épargné. Ils étaient désormais dans le même état que leurs camarades de l'équipe seconde, dont les quelques membres présents semblaient hésitants à rentrer sur la surface de jeu pour les rejoindre.

« Capitaine ! »

Sans prévenir, Riccardo s'était effondré sur le sol. Ce fut ce qui brisa l'atmosphère morose, et avec lui le silence pesant, qui était tombée sur le stade. La plupart des joueurs se précipitèrent vers lui, surtout Samguk et Gabi. Un rapide examen révéla qu'il n'était qu'évanoui, visiblement d'épuisement autant physique, à cause de l'énergie demandée pour invoquer son Esprit Guerrier, que mental : les émotions de ce début de matinée avaient été trop intenses pour le garçon généralement flegmatique. Ce constat rassura tout de même les deux collégiens, qui poussèrent un soupir de soulagement commun. Aux vues des évènements, il faudrait juste qu'il se repose. Ils en auraient bien tous besoin, mais ils avaient d'abord une journée d'école à suivre…

« Oh, c'est épouvantable… Nous venons de provoquer le courroux du Cinquième Secteur ! Nous sommes tous condamnés ! » se lamenta Eugène en regardant son capitaine, semblant au bord des larmes et de la dépression.

Arion observa avec impuissance le tacticien être emmené à l'infirmerie par le coach, très vite suivi des autres membres les plus blessés de l'équipe, avec l'aide de leurs amis. Alors qu'il s'apprêtait à les suivre, Mme Hills l'appela et le rejoignit. Il se tourna vers elle avec un regard interrogateur.

« Une fois que tu auras fait soigner tes blessures, il faut que tu te rendes dans le bureau du Principal. Il doit te donner ton emploi du temps et ta classe. »

Les yeux du garçon s'élargirent.

« AH ! J'avais complètement oublié ça ! » s'exclama-t-il avant de courir à toute allure vers les vestiaires.

La conseillère le regarda faire, un peu déstabilisée, puis secoua la tête et partit à son tour vers l'infirmerie. Le convoi de blessés aurait pu attirer les regards si la majorité des membres de l'école, y compris les professeurs, n'était pas actuellement dans les gradins du stade qu'il venait de quitter. Après quelques minutes de marche à vitesse réduite, les élèves descendirent l'escalier du bâtiment principal et rejoignirent pour la deuxième fois de la matinée l'infirmerie, où l'infirmier se dépêcha d'installer les cinq patients les plus graves dans les lits vides disponibles. Heureusement, il y en avait suffisamment, et les membres de l'équipe seconde n'avait pas eu à en occuper. Un de plus, et il n'aurait pas pu recevoir le traitement approprié. Sa collègue donna le nécessaire pour administrer les premiers soins aux deux autres adultes, qui s'empressèrent de s'occuper des victimes moins graves des Impériaux. Effectivement, tous les membres du corps enseignant avaient reçut une formation aux premiers secours dans le cas où leurs élèves se retrouveraient en danger. Raison également pour laquelle il y avait des trousses de matériel médical dans toutes les salles de classe et certaines autres pièces.

Un examen complet des quatre garçons les plus amochés tira une grimace à l'infirmière. Elle passa ses notes à l'autre personne en charge des malades et des blessés, qui sortit juste après en demandant au coach et à la conseillère de le rejoindre quand ils auraient terminé leur besogne. La femme attendit que les élèves soient tous à peu près soignés et attentifs pour commencer à parler.

« Votre capitaine est stable. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais il a utilisé beaucoup d'énergie et doit se reposer pour reconstituer ses réserves. Pour le moment, il dort. »

Les enfants échangèrent un regard soulagé. Ils avaient vraiment eu peur, mais heureusement pour eux, le constat du gardien et du défenseur avait été vérifié. Avec un soupir, l'infirmière passa sa main dans ses cheveux, ce qui attira le regard des élèves, qui attendirent la suite.

« Pour les autres… j'ai malheureusement de mauvaises nouvelles à vous annoncer. »


* *

* * *

* *


Pendant ce temps, Arion montait quatre à quatre les marches qui menait au dernier étage du même bâtiment, où se trouvaient le bureau du Principal et celui du Principal-adjoint. Haletant légèrement, il tourna à droite une fois arrivé au bon palier et s'arrêta devant la porte avec l'écriteau marqué «Mr Goldwin», qui se trouvait être la plus grande autorité de l'école. Après avoir fais une pause pour retrouver son souffle, il frappa contre le panneau de bois, puis entra quand on lui en donna la permission.

Quand il eut fermé la porte, il remarqua la présence de trois personnes. La première était, s'il se souvenait de sa description, le vice-principal du collège. Mr Wintersea. Il se tenait à côté d'un homme aux cheveux blancs avec un fort embonpoint assis derrière le seul bureau de la pièce, qui devait être Mr Goldwin. L'identité de la troisième était plus surprenante.

Victor Blade.

Que faisait-il ici ?

« Ah, c'est vous. Arion Sherwind, c'est bien ça ?

– Euh… Oui. Oui, c'est moi.

– Bien. J'imagine que vous êtes ici pour recevoir tout le nécessaire pour votre scolarité ici. Monsieur Wintersea, si vous voulez bien.

– Bien sûr, monsieur. »

Wintersea remit nerveusement ses lunettes à leur place, puis alla fouiller dans l'un des tiroirs de la pièce, pour en sortir un petit dossier de feuilles soigneusement empilées. Il les feuilleta quelques secondes avant d'en saisir trois. S'approchant du brun, il les lui remit avec ce qui ressemblait à de la réticence, attendant qu'il les ait rangées dans sa sacoche pour revenir à son poste et reprendre la parole.

« Tu es en 5C, tout comme ton camarade ici présent. C'est au premier étage, couloir de gauche, tout au fond. Certains membres du club de foot y sont aussi. Concernant le fonctionnement de l'école, les cours commencent à neuf heure et finissent à seize, hormis le mercredi où ils ne sont assurés que le matin. La pause déjeuner occupe toute la période de midi. Tu pourras acheter de la nourriture à la cantine, mais il est recommandé aux élèves de ramener leur propre déjeuner. La période de seize à dix-sept heure est réservée aux clubs, mais il n'est pas obligatoire d'en avoir un, voire plusieurs, et les activités peuvent se prolonger jusqu'à vingt heure si nécessaire. L'école est également ouverte à partir de sept heure le matin, et les élèves peuvent faire ce qu'ils souhaitent pendant ce temps, à condition de ne pas être en retard à la première période et de rester dans la limite du règlement intérieur, bien entendu. Il est affiché dans le hall et dans chacune des salles de l'établissement. Je t'en ai donné une copie, tu peux la garder. Pour les fournitures, le matériel de base comme les cahiers, les manuels et les stylos sont fournis par l'école, tu les recevras de tes professeurs. Comme nous sommes déjà avancés dans l'année scolaire de presque deux mois, il faudra que tu rattrapes par toi-même les détails de ce que tu as manqué. Arrange-toi avec les délégués de ta classe. L'uniforme que tu portes dois toujours être sur ton dos, sauf en sport, où tu devras mettre celui spécifiquement fait pour. » Le vice-principal jeta un coup d'œil à son supérieur hiérarchique, qui lui répondit par un hochement de tête. « C'est à peu près tout. Si tu à la moindre question, adresse-toi aux professeurs ou aux autres élèves. »

D'un signe de tête, le brun montra qu'il avait compris.

« Bien. » fit le Principal. « Je crains de devoir vous demander d'aller en classe maintenant, les garçons. Monsieur Blade, je propose que nous continuions notre conversation après les cours.

– Très bien. »

Voyant que la discussion était close, les enfants quittèrent la pièce. Mais une fois dans le couloir, l'Impérial le devança, puis s'arrêta devant lui, l'empêchant d'avancer plus. Sans un mot, les deux garçons s'affrontèrent du regard, avant que le silence ne soit brisé par la voix, basse, de l'Invocateur.

« Je sais pas ce que tu comptes faire, Sherwind, mais je préfère te prévenir. Mets-toi en travers de la route du Cinquième Secteur et tu le regretteras.

– Parce que tu crois que je vais rester là à me tourner les pouces alors qu'ils détruisent ce qu'il y a de plus important pour moi ? » tempêta le brun sur le même ton. « C'est hors de question. Je protégerai le football. Notre Football, pas celui qui n'en est pas et qu'ils veulent imposer à tout le monde ! »

L'autre gronda.

« Alors ne sois pas surpris s'il t'arrive quelque chose de fâcheux. Tu pourras blâmer que toi. »

Les poings serrés, le brun regarda l'Impérial disparaître dans les escaliers pour aller dans un lieu connu de lui seul. Avant qu'il ne sorte de sa vue, pourtant, il répondit à l'avertissement.

« Je n'ai pas besoin qu'on me rappelle les risques que j'encoure. Je les connais sans doute mieux que quiconque. Mais c'est pas ça qui va m'empêcher de les arrêter. » murmura-t-il, suffisamment fort pour que l'autre entende. Il ne reçut pas de réaction autre qu'une pause dans sa marche le temps qu'il finisse.

Non, il n'allait certainement pas abandonner. Ses orbes gris se parèrent de la teinte des nuages de pluie, tristes. Il faudrait attendre encore un peu plus pour pouvoir l'aider lui. Il refusait de le laisser sombrer plus dans les ténèbres dont il avait recouvert son cœur.

Un soupir aussi doux que le battement d'aile d'un papillon franchit la barrière de ses lèvres. Ne dit-on pas que cela pouvait déclencher une tempête à l'autre bout du globe ? Si, effectivement. Mais c'était une chose pour un autre moment. Le temps du Changement pouvait attendre encore un peu. En silence, il se dirigea vers le rez-de-chaussée du bâtiment, où se trouvait, entre autres, l'infirmerie. Le couloir était vide de présence. L'absence d'élèves se dirigeant vers le petit magasin de l'école – on pouvait toujours avoir besoin d'acheter du matériel de rechange en cas d'urgence – séparé de l'espace médical par les placards à balais et autres produits et matériels pour le nettoyage n'était pourtant pas une gêne. Cela lui permit au contraire de saisir l'échange qui avait actuellement cours à l'intérieur de la pièce de soin. Il resta derrière la porte, en prenant garde à ne pas trahir sa présence, et tendit l'oreille.

« …aises nouvelles à vous annoncer. Je crains que, si vous n'arrêtez pas tous les quatre tous les types d'activité physique, intenses comme légers, durant les deux mois à venir, vous ne pourrez plus rejouer au foot au niveau auquel vous étiez. Hormis Jean-Pierre, qui pourra sortir d'ici la fin de la semaine, vous allez tous rester au lit pour ce laps de temps. Il faudra rajouter un autre mois de rééducation pour s'assurer que tout est bon. Mon collègue est allé téléphoner à l’hôpital de la ville pour pouvoir vous y transférer le temps que l'on puisse vous donner les traitements appropriés. Vos parents seront prévenus par votre coach et Mme Hills. »

Silence pendant quelques instants, puis vagues de cris et de plaintes. Avec une grimace, le première-année se décida à ouvrir la porte pour annoncer son arrivée, prétendant de façon suffisamment convaincante qu'il était arrivé en courant à cause d'un faux essoufflement, et qu'il n'avait par conséquent rien entendu de la conversation. C'était mieux comme ça, pour l'instant.

« Alors ? Ce n'était rien de trop grave, j'espère ? »

À la question, inattendue, la cacophonie se dissipa et le calme revint à peu près. Cependant, personne ne répondit oralement. Arion passa les yeux sur eux et fit mine de comprendre, aux expressions sombres et aux regards fuyants, que la réponse était négative. Il fallait s'y attendre, aux vues du temps de guérison énoncé plus tôt, mais il espérait toujours que ce ne soit pas si grave.

« Et… Et le capitaine ? Comment va-t-il ? » demanda-t-il d'une voix toute petite avec hésitation.

« Son état est stable, même s'il ne s'est pas encore réveillé. On ne peut qu'attendre. »

Samguk soupira au constat de l'infirmier et se massa les tempes.

« Puisque nous ne pouvons rien faire de plus ici, je pense qu'il serait judicieux que nous nous occupions de nettoyer l'ancien local. Je suis sûr que les profs ne verront pas d'inconvénient à ce que nous rattrapions les cours manqués plus tard après ce qui s'est passé. »

Inutile d'en dire plus pour que les joueurs se traînent sans entrain vers la sortie. L'aîné du club en profita de cette langueur pour prendre à part leur nouveau coéquipier.

« Bon… Écoute, Arion. Si tu as le moindre problème, que se soit au club, à l'école, avec des membres du collège, ou même à l'extérieur, n'hésite pas venir nous voir, moi ou Riccardo. Je suis désolé que ton premier jour ici ait été aussi catastrophique. Je te promets que nous te ferons visiter la ville demain ou dans la semaine. En attendant, je suis là si tu as besoin de moi. Va voir l'infirmier, je présume que tu n'as pas encore été soigné ? » Au hochement de tête affirmatif et un peu gêné, le dernière-année sourit et l'envoya d'une petite tape dans le dos vers l'adulte en question. « Tu n'as pas à t'inquiéter de venir nous aider. Va en cours à la deuxième heure. Ce serait bête d'être en retard pour ton premier jour ! »

Avec un léger sourire, il quitta à son tour la pièce pour suivre ses amis jusqu'à la vielle cabane en tôle. Le brun se contenta de rester à sa place tandis que l'infirmier désinfectait les quelques égratignures visibles et les recouvrait. Si l'un de ses coéquipiers avait été plus proche et attentif, il aurait été surpris du peu de blessures qui avaient subsisté de l'attaque de Victor et aurait été sûr qu'il en avait eu plus et de plus graves. Une fois cela fait, il reçut l'autorisation de s'approcher des autres patients qui occupaient les quelques lits de l'endroit, qui avaient l'air de broyer du noir en silence, malgré la tentative assez «jadesque» de la manageuse rousse pour leur remonter le moral.

« Allez, vous allez pas rester comme ça éternellement ! La prof a dit qu'il faudrait plusieurs mois de repos pour que vous puissiez rejouer à votre vrai niveau, pas que ce serait incapacité totale de bouger pendant tous ce temps !

– Elle a raison, les garçons. » renchérit Skie. « Rien ne vous empêche de rejouer progressivement après que vos blessures se soient suffisamment rétablies pour vous le permettre. »

Le brun prit le manque de réponse des alités comme l'autorisation de prendre la parole à son tour.

« Ce n'est pas si grave que ça en a l'air. Je suis sûr que tout va s'arranger d'une manière ou d'une autre avant que vous ne vous en rendiez compte. »

Aitor plissa les yeux, clairement en désaccord avec lui.

« Ce n'est pas toi qui es obligé d'arrêter de jouer. » grommela-t-il avec animosité. « Quand je pense qu'ils avaient enfin refait la 5C pour qu'on puisse atteindre plus rapidement les terrains vu qu'on est tout au bout… »

Arion cligna des yeux.

« Tu es en 5C ?

– Tous les premières-années du club y sont, à part Lucien. » informa utilement J. P.

« Mais alors ça veut dire qu'on est dans la même classe ! » s'exclama le nouveau avec un sourire réjoui, avant que la maîtresse des lieux ne lui fassent les gros yeux en lui ordonnant de baisser d'un ton. Ils étaient dans un lieu de repos avec des patients ayant besoin de calme, tout de même ! Après une grimace d'excuse et un regard contrit, il reporta son attention sur ses camardes et reprit, en chuchotant. « C'est génial ! J'espère que les autres élèves sont aussi sympas que vous. »

À cela, le défenseur farceur renifla.

« Ils sont aussi joyeux et enfantins que toi, le courant devrait passer… » marmonna-t-il entre ses dents juste assez fort pour que les autres comprennent.

« Hum… euh, j'espère que tu t'intégreras bien. » souhaita avec un peu de malaise le neveu de Ray Dark. Sa timidité n'était pas encore un problème réglé.

« Merci beaucoup, Lucien ! Je suis sûr que ça ira bien. Pour vous comme pour moi. » affirma sans une once de doute le milieu, sa conviction en ses paroles se lissant très clairement dans ses yeux et son expression, le sourire précédemment gai se teintant de confiance et d'optimisme.

« Comment tu peux en être si certain ? » questionna, intrigué, leur aîné.

« Ben… je le sais, c'est tout. » tenta de répondre le brun, sans y réussir vraiment. Un silence un peu maladroit retomba sur l'infirmerie.

« Il faudrait peut-être que nous y allions, les cours vont bientôt commencer. » fit soudain remarquer Skie après avoir regardé l'horloge accrochée au-dessus de la porte. « Rosie et Jade sont déjà parties. »

« Ha oui ! C'est vrai qu'elle m'a pas crié dessus depuis longtemps… » réalisa le deuxième-année. « Je les ai même pas vues partir, BOUM ! »

Sur cette réflexion démontrant la discrétion dont peu faire preuve une personne voulant s'éclipser, les deux premières-années devant aller en cours quittèrent l'infirmerie avec les encouragements des autres élèves de leur niveau.

« Tu as eu ton emploi du temps ? » s'enquérit la plus jeune des manageuses de Raimon alors qu'ils se dirigeaient vers l'escalier desservant tous les étages. Le garçon fouilla dans sa sacoche aux couleurs du collège et en sortit une demi-feuille de papier au moment où ils commencèrent à monter la volée de marche. Il profita de la montée pour étudier la disposition des cours qu'il aurait à suivre jusqu'à la fin de l'année.

« Alors… On a Maths en première et deuxième périodes, Histoire en troisième et Anima juste avant le déjeuner. »

L'« anima » était une langue créée juste après la Seconde Guerre Mondiale, par décision unanime des membres de l'OPU, l'Organisation des Pays Unis. Elle avait pour particularité d'être un mélange de toutes les langues vivantes du monde, ce qui avait évité la montée en puissance d'un pays qui aurait pu imposer sa langue maternelle aux autres, comme cela aurait pu être le cas avec les États-Unis et l'anglais. Depuis qu'elle avait été instaurée dans les programmes scolaires du monde entier, l'Anima avait pris suffisamment de place pour que toutes les générations qui l'avaient apprise puissent la parler aussi couramment que la ou les langue.s officielle.s et première.s de leur pays. Résultat : presque tout le monde était bilingue. Au point que la presque totalité des gens pouvaient passer de l'une ou des unes à l'autre parfois sans même sans rendre compte. Cette aisance était avantageuse pour les communications – et les négociations – entre différentes nations et leurs ressortissants.

« Hum… Je crois que l'administration a annulé les cours de la première période à cause du match.

– Oh, c'est pour ça que tout le monde est dehors. » constata le garçon. « Est-ce qu'on a entraînement pendant période du déjeuner ? » demanda ensuite curieusement Arion. On voyait dans ses yeux qu'il espérait de tout cœur que la réponse serait positive. Malheureusement, sa camarade dut mettre fin à ses espoirs.

« Les entraînements sont suspendus jusqu'à demain soir, ordre du coach. D'habitude, on arrive à faire quelques exercices pendant l'heure, mais on s'entraîne surtout après les cours de l'après-midi. »

Le brun hocha la tête pour montrer qu'il avait comprit. Ce fut à ce moment qu'ils arrivèrent devant leur salle de classe. Prenant une longue inspiration pour se calmer, le nouvel élève entra à la suite de Skie, et observa avec curiosité ce qui serait son lieu de travail jusqu'à la fin de l'année, ainsi que certains de ses nouveaux camarades.

La pièce était plutôt agréable, lumineuse grâce aux grandes fenêtres donnant sur le bâtiment du club de football et aux murs blancs, ainsi que spacieuse. Les bureaux n'étaient aussi nombreux qu'il s'y attendait, et était pour la plupart encore inoccupés. Celui des professeurs, en revanche, était déjà recouvert de feuilles actuellement étudiées par l'adulte qui leur enseignait les Mathématiques. L'enseignante, qui avait jeté un coup d'œil dans leur direction en entendant la porte coulissante s'ouvrir, se leva de son siège et s'approcha des deux enfants avec un sourire aimable.

« Bonjours Skie. Et tu dois être l'un des nouveaux élèves dont on m'a parlé. Comment t'appelles-tu ?

– Arion Sherwind, Madame. » se présenta celui-ci en s'inclinant poliment.

« Eh bien, Arion, bienvenue en 5C. Je suis ta professeure de Mathématiques. Trouve-toi une place libre le temps que je te ramène ton matériel. Je vais devoir te demander de te présenter à la classe avant de commencer le cours, ça te va ? » Le milieu de terrain hocha la tête et se tourna vers les places, qui s'étaient pour la plupart remplies pendant l'échange de politesse, tandis que l'adulte sortait de la pièce. Il vit Skie lui faire signe de la rejoindre à sa propre table.

« Tu peux t’asseoir ici si tu veux. » proposa-t-elle en montrant la place derrière elle. « Elle est libre, et celle de J. P. est juste à côté. »

Prenant la suggestion, il posa son sac à côté de la table et attendit que la professeure ait trouvé les cahiers et les stylos qui lui seraient donnés. Pendant ce temps, la classe finit de se remplir, et les sièges bleus furent bientôt pour la majorité occupés. Arion se tourna vers la fenêtre, contemplant le ciel bleu parsemé de nuages plutôt que de prêter attention aux regards curieux qu'il recevait.

« Voilà tes affaires. Ne les perds pas, nous n'en donnons pas en remplacement. » le ramena à la réalité la voix de l'enseignante, qui posa le matériel scolaire de base qu'elle avait récupéré sur la table auparavant vide. « Viens au tableau, ça va bientôt sonner. »

Effectivement, la mélodie qui faisait office de sonnerie retentit à peine une demie-minute plus tard, provoquant des bruits de course dans le couloir. Les retardataires entrèrent en trombe dans la pièce et se dirigèrent vers les places encore libres en marmonnant des excuses alors que l'adulte et le nouvel élève se mettaient à côté du tableau noir, vierge pour l'instant. La tension avait repris le contrôle des nerfs du garçon, le rendant aussi raide que lorsqu'il s'était présenté un peu plus d'une heure plus tôt devant le club de foot.

Heureusement, l'institutrice ne lui demanda pas tout de suite d'intervenir, prenant d'abord le temps d'informer la classe que certains de leurs camardes seraient absents pendant une durée indéterminée à cause du match du matin. Mais elle le fit juste après, ce qui n'était pas beaucoup mieux de son avis.

« Bonjour, je m'appelle Arion Sherwind, je suis originaire d'Okinawa et je suis nouveau à Inazuma et j'ai rejoint le club de foot ce matin. J'espère qu'on pourra bien s'entendre. » Il s'inclina comme il l'avait fait la première fois, puis attendit que l'adulte ait fini de compléter ses dires. Semblant réaliser quelque chose, il reprit la parole avant qu'il ne soit congédié.

« Oh ! Mr Goldwin m'a demandé de vous prévenir que l'autre élève avait des affaires à régler et qu'il ne pourrait peut-être pas se présenter à l'heure ou aux cours de la journée. » signala-t-il. Il se tourna ensuite vers ses nouveaux camarades. « Il est peut-être un peu effrayant et froid avec les gens, mais il a un bon cœur. Ne le mettez pas dans un coin juste pour ça, s'il vous plaît. »

Après cela, il retourna à sa table avec la permission de l'enseignante, qui commença ensuite le cours sur les quadrilatères particuliers.

À la fin de l'heure, les élèves se pressèrent autour du nouveau en posant tous des questions à tout-va, mais celui-ci ne put pas en comprendre une seule tant il était étouffé sous l'affluence de monde.

« Du calme ! Arrêtez de poser vos questions tous en même temps ! » La jeune fille qui avait parlé repoussa la foule qui s'était attroupée.

« Laissez-le un peu respirer, bon sang ! » appuya un autre garçon, plus grand que les autres. Arion arriva enfin à amener de l'air dans ses poumons normalement.

« Ça va ? » lui demanda avec un peu d'inquiétude sa voisine de devant. Il répondit par un hochement de tête affirmatif, et la jeune fille en profita pour s'adresser aux autres, une très légère menace voilée dans son ton. « Je vous conseille de retourner à vos places avant que les profs ne voient le bazar que vous mettez. »

Malgré quelques ronchonnements de la part de certains et certaines, ils s'exécutèrent.

« Merci. » souffla le milieu de terrain.

« De rien. Si tu as un problème ou des remarques à faire sur la classe en général, viens nous voir. Nous sommes les délégués qui représentent les élèves, c'est notre travail. Je m'appelle Amy Sargent.

– Moi, c'est Aaron Newgate. Ravi de te rencontrer.

– De même. » sourit le nouveau, de façon de toujours aussi brillante.

« Je propose que nous te montrions les cours que tu as ratés à midi. C'est bon pour toi ?

– Bien sûr ! »

Ils furent contraints de s'arrêter là, car le professeur d'Histoire et de Géographie venait d'entrer.


* *

* * *

* *


Dans une vaste salle plongée dans la pénombre, aux murs troués de multiples portes et au sol couvert au centre d'un épais tapis rouge cinabre, uniquement éclairée par un hologramme tridimensionnel de la planète Terre, un individu habillé d'une tenue presque militaire, poing sur le cœur, s'inclina devant l'unique élément matériel de la pièce, posé sur une estrade surélevée accessible grâce à quelques marches.

« Rapport de Sabel des Chevaliers Noirs. Il affirme avoir découvert un Invocateur au collège Raimon. Que devons-nous faire, Sire ?

– À Raimon, vous dites… » L'homme aux profonds yeux chocolat froids assis sur le trône regarda pensivement la personne qui lui avait rapporté l'information. « Je veux savoir comment il agira à l'avenir.

– Bien. Nous suivrons son évolution. »

Le placide maître des lieux examina pendant un long moment le globe holographique, un silence s'étant fait contemplatif planant dans l'endroit.

« Qu'en est-il des recherches ? »

La question, impromptue, fit monter la tension dans la pièce d'une manière telle que l'informateur déglutit difficilement.

« Rien, Sire. » Le soldat inclina la tête, conscient qu'il ne s'agissait pas d'une bonne nouvelle. « Toujours aucune trace de l'Enfant d’Éden tombé du Paradis. »


* *

* * *

* *

Informations :

1) Dans le jeu, on ne voit qu'une infirmière quand on va dans l'infirmerie. J'ai donc ajouté un infirmier. Pour l'égalité des sexes et l'arrêt des clichés. En ce qui concerne le matériel de premier secours dans toutes les classes et la formation des enseignants, étant donné que le Japon est sujet à de nombreux séismes de haute magnitude, il m'a semblé logique que le pays fasse en sorte que les enfants soient le plus facilement soignés, puisqu'ils en sont l'avenir.

2) L'Anima est simplement la réponse la plus logique que j'ai trouvé à la question "Pourquoi est-ce que tous les gens arrivent à se comprendre alors qu'ils habitent dans des pays différents avec des langues différentes ?". Comme écrit dans le chapitre, cela n'influencera pas du tout les dialogues et les interactions, mais certains éléments de l'intrigue y seront peut-être lié.

3) L'OPU est une version parallèle de l'ONU. Globalement, elles fonctionnent de la même façon. Dans les détails... peut-être pas. Pour l'anecdote et ceux qui ont lu Partners in Crime, sachez j'avais déjà écrit le passage de ce chapitre avant d'avoir l'idée de le réutiliser dans cette autre fiction.

4) J'ai dit qu'il n'y aurait pas d'OC, et je m'y tiens. Aaron Newgate et Amy Sargent n'en sont pas : ils existent bel et bien dans le jeu Chrono Stones. Vous pouvez même les recruter dans la communauté des Pèlerins du Sacre qui se trouve... au Stade de la Route du Sacre, en fait, si ça vous intéresse. Je ne les ai pas trouvé dans GO, par contre... J'ai décidé de les utiliser parce qu'il est dit dans leurs descriptions qu'ils sont tous les deux des "camarades d'Arion", puis j'ai eu l'idée qu'ils soient même les délégués. Ça ferra un peu d'interaction avec des gens de la classe qui ne sont pas du club de foot, bien qu'ils apparaitront peut-être encore une ou deux fois tout au plus. Ils n'auront pas d'importance réelle pour l'histoire.

5) Je me sers globalement de la carte du collège et de la ville que l'on a dans les jeux pour la disposition des lieux (non, il n'y a pas de placard à balais entre l'infirmerie et la supérette). Vous saurez tout plus en détails dans le chapitre suivant.


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