Independence Day : Payback

Chapitre 11 : Sacrifice

4171 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 07/11/2026 20:00

Adams s'acharnait vainement à tenter de reprendre le contrôle du vaisseau qui s'élevait toujours plus haut dans le ciel.

— Rien à faire ! Je ne comprends pas ce qui se passe !

David observait les commandes s’agiter d’elles-même. Il avait déjà vu ça, lorsque Steven et lui furent subitement conduits à l’intérieur du premier vaisseau-mère.

— Elle a pris le contrôle par elle-même… Comprit-il, mi-horrifié, mi-fasciné.

Adams, pragmatique, sut qu’il n'y avait plus qu'une chose à faire.

Il communiqua à travers l'ensemble du destructeur de villes.

— A tout le vaisseau, ici le président Joshua Adams. Le destructeur est passé sous le contrôle de l'impératrice. J'en ordonne l'évacuation immédiate. Vous savez ce que ça signifie. Rejoignez la surface à bord des chasseurs et faites autant de dégâts que vous pourrez. Bonne chance à tous.

Sans attendre, les soldats obéirent et se dirigèrent vers les vieux attaqueurs pour quitter le destructeur.

— On va se faire démolir ! On n'est pas assez nombreux ! C'est juste du suicide ! S’exclama Dylan en s’installant dans son H8.

— On aura toujours plus de chance dehors qu'en restant ici, répondit Jake à côté du chasseur en regardant les autres s’activer. Bonne chance, vieux.

— A toi aussi, répondit Dylan en enfilant son casque.

Jake, Patricia, Charlie, Rain et les autres pilotes montèrent dans leurs appareils et quittèrent le hangar, menés par Dylan.

Au poste de pilotage, Adams reçut un appel de sa femme.

— Joshua, qu'est-ce que tu fais ?

— Quelqu'un doit rester pour piloter cet engin, Janine, au cas où on trouverait un moyen de reprendre la main. Et je suis le seul homme qualifié à bord pour ça, tu le sais.

— Arrête ton délire du capitaine qui coule avec son navire et ramène-toi immédiatement !

— Non, Janine, ma décision est prise et tu ne pourras rien y changer cette fois. Il y a trop en jeu. Tu sais que j’irai jusqu’au bout, tu aurais fait la même chose. Je reviendrai dès que j’aurai accompli la mission, ou je ne reviendrai pas.

Il y eut un silence, qu’elle brisa de sa voix en sanglots.

— T'as intérêt à revenir alors !

— Oh, crois-moi, j’ai bien plus peur de ta colère que de celle de ces enfoirés !

Attaqueurs et H8 s'éloignèrent du destructeur de villes et furent rapidement repérés par les chasseurs ennemis qui approchaient de tous les côtés, en masse, pour les accueillir.

Tous les pilotes étaient conscients qu'ils ne pourraient jamais gagner cette bataille.

— Vous avez entendu les ordres, leur rappela Dylan. Faites un maximum de dégâts et emportez-en autant que vous pourrez avec vous si vous ne pouvez pas leur échapper !

L'ennemi arriva à portée de tir.

— Pour Éden ! Hurla Dylan en ouvrant le feu sur la cible la plus proche.

La bataille s'engagea. Les tirs bleus et verts jaillirent de partout.

Cette fois, les attaqueurs n'avaient aucune supériorité en bouclier et armement. Ils ne pouvaient compter que sur le talent de leurs pilotes, transmis par leurs instructeurs, sur Terre ou sur Éden. Et cela serait nettement insuffisant face aux millions de chasseurs qui allaient se déverser en continu des vaisseaux-mères vers eux.

Il y en avait de toutes sortes, leur technologie variant selon le vaisseau duquel ils provenaient. Les deux plus anciens envoyaient des chasseurs dépassés, plus lents, donc plus faciles à détruire et n’offrant pratiquement aucune résistance. Mais ils compensaient ces faiblesses par la force du nombre. Le troisième vaisseau-mère ressemblait à celui de 96 et déployait une variation des attaqueurs, plus rapides, mais sans résistance face aux chasseurs H8 modernes. Enfin, le vaisseau le plus massif et récemment amélioré vomissait ses chasseurs les plus redoutables, aux boucliers et canons renforcés, ayant appris de leur dernière bataille sur Terre pour faire face à la technologie hybride humaine.

C’est toute cette force combinée qu’allait devoir affronter l’escadron des quelques 700 ultimes combattants d’Éden.

Mais ça, Gaïa l’avait envisagé, parmi une infinité d’autres possibilités.

Il y eut, soudain, un véritable feu d'artifice dans le ciel. Des chasseurs ennemis explosèrent à la chaîne de tous les côtés, sans que personne n’en comprenne la raison.

Patricia aperçut une petite sphère scintillante passer à toute vitesse près de son chasseur. Les autres pilotes en virent bientôt des centaines. Des drones de Gaïa ! Ils abattaient les chasseurs avec leurs canons multidirectionnels embarqués. Leur rapidité et leur puissance de feu, mêlés à leur petite taille, les rendaient aussi redoutables que difficiles à détruire.

Cette aide inattendue, également venue de l’un des hangars du destructeur, redonna une lueur d'espoir aux pilotes. Une lueur bien trop brève qui fut rapidement éteinte. Car les attaqueurs ne cessaient d’être descendus en flammes dans les airs ou de s’écraser au sol, pour y être aussitôt pris d'assaut par les troupes réanimées de l'impératrice et toutes les autres légions. Aucune échappatoire.


Derrière le champ de confinement, l’impératrice observait la bataille aérienne et décida d’agir.

Les pilotes perdirent brusquement le contrôle des attaqueurs. La mise à jour de Gaïa, qui devait empêcher une telle chose, se révélait, là aussi, inefficace contre le signal inconnu de l’impératrice qui les menait, à présent, comme elle menait le destructeur de villes à sa perte. Chaque pilote vit alors, avec horreur, son chasseur s’arrêter en plein vol pour se faire éliminer par le premier ennemi venu, plonger au sol jusqu’à s’y écraser ou aller attaquer et détruire un allié avant d’être détruit à son tour. Ils étaient foutus.


Dans son H8, Jake était aux prises avec trois chasseurs ennemis. Il s'était éloigné du champ de bataille de la cité des Récolteurs et slalomait entre les montagnes noires acérées qui s’élevaient du paysage désolé. L'un des chasseurs, qui n'avait pas les mêmes réflexes que lui, s'écrasa contre l’un des sommets qu'il ne sut éviter.

Quelques kilomètres plus loin, il retrouvèrent tous un vaste terrain plat dégagé.

« Plus de diversion possible », pensa Jake. Il allait devoir tenter sa manœuvre secrète de la dernière chance.

Il s'assura que les deux ennemis étaient bien derrière lui et freina sec, en percutant un de son bouclier qui perdit le contrôle de son engin et se retrouvant derrière l'autre qu'il arrosa aussitôt des tirs de ses canons blaster pour le voir exploser en vol.

Jake respira, mais le chasseur restant reprit le contrôle plus tôt qu’il ne l’avait prévu et tira une rafale qui l’atteignit à l’unité anti-gravité gauche et juste en-dessous du cockpit.

L’appareil s’inclina dangereusement sur la droite et les alarmes à bord retentirent, tandis que Jake plongeait vers la surface à toute allure. Instinctivement, il tira la commande d’éjection… Et rien ne se passa. Les tirs près du cockpit avaient endommagé le système. Il allait devoir improviser un atterrissage d’urgence, en priant pour ne pas exploser en l’air ou au sol.

Il tenta de redresser son appareil comme il le pouvait, en compensant la gravité perdue par une correction du roulis avec l’unité restante qui tiendrait les quelques précieuses secondes dont il avait besoin. Puis il dériva toute la puissance des boucliers vers le ventre de son chasseur et se prépara à l’impact. Quelques secondes plus tard, l’appareil heurta la surface, assommant Jake contre le tableau de bord et glissant sur une centaine de mètres, avant de s’arrêter totalement.

Jake reprit lentement ses esprits, heureux d’être en vie, mais dans la confusion la plus totale.

Il n’entendit pas le chasseur se poser devant lui, pas plus qu’il ne vit le soldat Récolteur en sortir et l’approcher. Il ne réalisa ce qu’il se passait que lorsqu’il vit la verrière de son cockpit être transpercée et violemment arrachée par des tentacules, puis l’hideuse armure biomécanique apparaître à sa place, prête à l’achever. C’était trop tard. Jake était foutu. Il attendit son sort, qui n'arriva pas.

Le soldat fut balayé par une rafale de tirs bleus et sa carcasse fumante alla s’écraser plus loin.

Un chasseur H-8 se posa près de celui de Jake. Le pilote s’en extirpa à toute vitesse pour aller le rejoindre. Quand Jake vit son visage, il se sentit instantanément revivre.

— Patty ! Mais comment t’as su...

Elle le prit doucement dans ses bras et l'embrassa.

— Je t'ai suivi ! On est ensemble jusqu’à ce que la mort nous sépare, t’as oublié ? Et c’est pas pour aujourd’hui !

Il l’embrassa de plus belle, puis elle l’aida à s’extirper de l’épave.

— Je t’aurais bien dépanné mais il n’y a qu’une place à bord. Tu vas devoir appeler un taxi.

Jake regarda autour de lui et vit le chasseur ennemi posé plus loin, intact.

— En fait, il est déjà là.


A une cinquantaine de kilomètres d’eux, Dikembe Umbutu se tenait près de l’épave de son attaqueur. Un grondement aérien le fit se retourner. C’était un transporteur de troupes qui se posait face à lui. Il dégaina la paire de machettes dans son dos et attendit.

La rampe du transporteur se déploya et les soldats en descendirent par dizaines, armés de leur fusil d’assaut.

Dikembe inspira un grand coup et se lança dans une autre bataille.


À bord du destructeur de villes, David était toujours dans le poste de pilotage, perdu dans ses pensées. Le vaisseau cessa brusquement son ascension pour rester immobile au seuil de l’espace.

Pour autant, rien n’avait changé. L’impératrice avait toujours les commandes. Ce qui signifiait que cette pause était intentionnelle et ne présageait rien de bon.

— David, vous devez partir ! L'interpella Adams.

— Attendez, je crois avoir trouvé comment les battre.

— Quoi ? Comment ?

— Le signal de l'impératrice en surpasse n'importe quel autre. Il contrôle n'importe quel vaisseau ou individu Récolteur. Si on parvenait à s'en emparer, nous pourrions l’utiliser contre eux.

— Et on fait ça comment ?

— Il se trouve que j’ai pile l'outil adéquat.

Il sortit son terminal portable et commença à scanner la console de commande devant lui.

Mais le destructeur fit une violente embardée vers la droite qui les obligea à se raccrocher à ce qu’ils pouvaient pour ne pas tomber. Il ne s'élevait plus, il retombait comme une pierre à la renverse.

— Laissez tomber, vous devez partir, maintenant ! Insista Adams.

— Et vous alors ?

Adams lui sourit.

— Ma femme me reproche de jouer au capitaine qui coule avec son navire. Je lui ai dit que je la rejoindrai une fois la mission terminée. Mais... je pense que j’aurai un peu de retard.

David ne répondit rien, ayant compris son intention.

— Il y a sûrement une dernière chose à tenter ici. Je vais voir ce que je peux faire. Partez maintenant, tant que vous le pouvez encore. Il y a des capsules de sauvetage dans le couloir qui mène au monorail.

— Merci, Joshua.

— Gagnez cette guerre pour moi, David.

Il lui répondit d’un signe de tête et disparut dans le couloir, tandis qu’Adams reporta son attention sur les commandes, espérant un miracle.


Au sol, l'impératrice détourna son regard du vaisseau et des chasseurs. Elle n’avait plus à s'en soucier désormais. Ils étaient perdus, à la merci de ses troupes. Et elle avait autre chose de bien plus important à faire : S’extirper de ce piège.

Elle appela des canonnières qui abandonnèrent le combat en plein vol pour la rejoindre.

Pendant ce temps, les pilotes des attaqueurs ayant survécus, en nombre de plus en plus limité, retrouvèrent le contrôle de leurs appareils et poursuivirent leur combat désespéré.

Les commandes du destructeur redevinrent inertes. L'impératrice en avait abandonné le contrôle. Adams tenait son miracle. Il les reprit aussitôt en mains et tira de toutes ses forces pour tenter de redresser le titan d’acier noir. Mais il chutait beaucoup trop vite pour cela.

David avait atteint le couloir où se trouvaient les capsules de sauvetage. Le vaisseau était toujours en chute libre et penchait dangereusement vers l’avant, faisant subitement glisser David comme sur un toboggan. Il traversa le couloir entier avant de finir sa course contre la porte triangulaire fermée au fond.

Il se releva et marcha le long du mur de la porte, qui était devenu le sol, pour rejoindre la capsule de sauvetage la plus proche.

Il s’installa, respira un grand coup et l'activa. La capsule sphérique se ferma, se détacha de son support et plongea hors du destructeur, désormais complètement à la verticale, pour se diriger droit vers la surface, comme un boulet de canon.

Malgré son traitement contre le mal de l’air et ses 22 ans d’expérience en matière de vols spatiaux, David hurla.

La capsule traversa la bataille aérienne en un éclair, sans subir d’impact.

Quand elle arriva près de la surface désertique noire, loin de la cité ennemie, un champ d’énergie s’activa à l’intérieur pour protéger David de l’impact, qui se produisit quelques secondes plus tard. La sphère grise roula et roula, jusqu’à enfin s’arrêter, au milieu de nulle part.

Après quelques instants, sa trappe d’ouverture s’éjecta et David s’en extirpa, indemne, se demandant juste comment il allait bien pouvoir partir d’ici.

C’est alors qu’un attaqueur descendit littéralement du ciel à sa rencontre pour se poser près de lui. Son pilote en sortit. C'était Bobby ! Il l’avait repéré et suivi depuis là-haut.

— Je vous dépose ?

L'aéronef décolla avec son nouveau passager, se dirigeant le plus loin possible des combats, tandis que le destructeur de villes poursuivait sa chute verticale.


Les canonnières s'étaient déployées tout autour du champ de confinement et au-dessus de la sphère noire qui le diffusait. L'impératrice et les reines s'en écartèrent, puis l'ordre fut donné.

Les engins d'assaut ouvrirent le feu simultanément sur la boule d'énergie massive.

Dans les airs, Dylan, toujours en train de lutter pour sa survie avec les autres chasseurs encore actifs, repéra ce spectacle inquiétant depuis sa position.

— Oh non ! Vous allez pas vous tirer comme ça ! Escadron ! Ces canonnières sont notre cible prioritaire. Il faut les détruire le plus vite possible !

— Ça va être difficile de les atteindre vu tout ce qui nous tombe dessus ! Hurla Rain.

De tous les côtés, les H-8 et les attaqueurs, qui le pouvaient, échappèrent aux vagues incessantes de chasseurs ennemis pour rejoindre Dylan et se diriger vers les plateformes d'assaut mobiles. L’impératrice en vit rapidement exploser une, puis une autre. Elle leva la tête pour chercher la source de ces destructions et vit les chasseurs affluer dans tous les sens. Elle ordonna alors à ses troupes aériennes d’abandonner le combat pour aller former un dôme de protection autour des canonnières, empêchant toute attaque directe.

— C'est pas vrai ! Elles nous refont le coup ! Fulmina Dylan en repensant à la reine qui avait eu recours au même stratagème pour se protéger, en 2016.

Ainsi, les canonnières purent librement poursuivre leur attaque coordonnée et le champ de confinement, qui n'avait pas été conçu pour tenir aussi longtemps face à une telle puissance de feu soutenue, s'effondra.

L'impératrice écrasa la sphère noire et poussa un cri de triomphe. Elle avait désormais soif de revanche.

A bord de leur attaqueur fuyant, David et Bobby entendirent dans leur communicateur :

« Ici le commandant Dylan Hiller. Le piège est compromis ! Elles se sont échappées ! »

Bobby vira aussitôt de bord et arrêta l'aéronef pour observer le champ de bataille au loin et l’immense impératrice qui y avançait lentement, avec les trois reines à ses côtés.

Adams encaissa également le choc de cette nouvelle. Tout était perdu à présent.

Non. Les Récolteurs ne pouvaient pas gagner. Ils ne devaient pas gagner ! Il y avait forcément un moyen !

Tandis qu'il continuait à redresser, trop lentement, le destructeur en chute libre, il réalisa que le canon était aussi redevenu opérationnel.

Il réfléchit rapidement à un plan improvisé, puis ouvrit le canal de communication externe.

Dylan reçut la communication en même temps que tous les autres pilotes.

« À toutes les forces en présence, ici le président Adams, retirez-vous immédiatement de la zone et allez le plus loin possible ! » Ordonna-t-il.

Ils obéirent sur le champ et battirent en retraite, entraînant les forces ennemies avec eux.

Tandis que le destructeur voyait dangereusement la surface se rapprocher de lui, Adams en déploya le canon ventral et entama le processus de fusion des faisceaux de destruction.


Dans son attaqueur, Janine reçut un appel entrant de son mari.

— Joshua ?

— Je termine la mission, Janine. Je t'aime.

La communication se coupa. Elle tourna son regard terrifié en direction du destructeur.


Joshua avait retiré son communicateur et continuait de redresser le vaisseau de toutes ses forces. Il était parvenu à le ramener dans une position oblique.

La console indiqua bientôt que le canon était chargé. Il devait faire vite avant de s’écraser. Il n'était pas au-dessus de la cité, mais ce serait suffisant. Du moins, c’est ce qu’il espérait.

Il activa le rayon central. Les faisceaux bleus se concentrèrent en un seul, qui jaillit en direction du sol.

David et Bobby le virent et retinrent leur souffle, comme tous les autres en cet instant.

Quand l'impératrice le vit à son tour, il était déjà trop tard.

Adams appuya sur la commande de tir.

La boule d'énergie destructrice pure fut catapultée au sol et créa, instantanément, un gigantesque mur de feu qui balaya tout sur son passage.

Le tiers du destructeur qui penchait encore trop bas fut aussitôt emporté. Des alarmes retentirent à bord pour signaler l’agonie du vaisseau.

Mais du haut de la tour de contrôle, placée au centre de l’avant du vaisseau, Adams ne lâchait pas les commandes. L’onde de choc avait suffisamment redressé le destructeur pour qu’il plane au-dessus de la surface, prolongeant son espérance de vie de quelques minutes.

Adams chercha une échappatoire, un point d’atterrissage. Il aperçut alors la cité des Récolteurs au loin et eut une dernière idée.


Les Récolteurs fuyaient dans toutes les directions, mais ils furent tous avalés par le mur de feu.

Les reines se tenaient devant l'impératrice, qui se trouvait devant la seule chose qu'elle ne pouvait contrôler.

Et le feu les prit.

L’onde d’énergie destructrice pulvérisa le moindre bâtiment et désintégra le moindre corps, avant de s’évaporer, 25 kilomètres plus loin.


Au milieu du champ de bataille devenu un champ de cendres, les trois reines, étendues au sol, émergèrent de leur torpeur. Leurs boucliers, qui avaient absorbé toute la puissance du choc, clignotaient à un rythme saccadé. À côté d’elles, l'impératrice se releva, indemne.

— C’est pas vrai ! S’exclama David avec horreur en les voyant.

Mais son attention fut immédiatement détournée vers autre chose qui arrivait à toute vitesse depuis l’ouest : Le destructeur de villes qui plongeait sur la cité.

L’impératrice fut saisie de terreur et prit la fuite. Les reines l’imitèrent en partant dans des directions opposées. Mais c’était trop tard.

— Mission accomplie ! Conclut le président Joshua Adams en relâchant les commandes, prêt à rejoindre son destin.


Le vaisseau, partiellement mutilé, s'écrasa lourdement sur les quatre derniers Récolteurs qui détalaient vainement au sol, éjectant Adams vers le néant.


En voyant l’épave fumante du destructeur qui explosait de partout depuis son attaqueur, Janine pleura.

Bobby dirigea son attaqueur vers la carcasse du vaisseau, à l'endroit précis où il avait emporté l'impératrice et les reines avec lui.

Il n'y avait plus de cité, plus de ruche, de hangar ou quoi que ce soit qui tenait encore debout quelques minutes auparavant.

Juste un vaste champ de ruines dont la surface était jonchée des débris fumants du destructeur et des bâtiments.

Aucun corps. Les reines et l’impératrice avaient été écrasées par le vaisseau et leurs soldats avaient été vaporisés par le mur de flammes juste avant.

C’était un spectacle de désolation totale où ne régnait plus qu'un silence de mort.

David et Bobby contemplaient tout cela depuis leur attaqueur. Le regard de David se perdit dans les épaisses fumées noires des débris qui s'élevaient au ciel. Là, en dessous, gisait désormais la cause de la destruction de tant de planètes et de vies dans l'univers.

Justice avait enfin été faite et la cité des Récolteurs serait à présent leur nécropole.

Des bruits de réacteurs détournèrent l'attention de David qui leva alors les yeux au ciel.

Il vit les chasseurs ennemis faire face aux ruines de leur civilisation. Ils restaient là, statiques.


Il en était de même à une centaine de kilomètres de là, où ils faisaient face aux derniers combattants Édeniens, ayant subitement cessé leur assaut lorsque le destructeur s’était abattu sur leurs dirigeantes.

Ce qui troubla Dylan autant que David.

De toute évidence, quelque chose n'allait pas.

Quand les reines avaient été vaincues sur Terre, tous leurs chasseurs s'étaient effondrés avec elles, instantanément.

Ce n'était pas le cas ici.

Réalisant l'horrible vérité, David se tourna vers Bobby pour la lui annoncer :

— Elle est vivante !

Bobby n'eut même pas le temps de lui demander de qui il parlait, qu'il tourna son regard vers l’épave, en dessous d'eux, d'où un grincement métallique avait émergé.

Ils se collèrent à la vitre et virent les lourds morceaux d'acier noir se soulever, de plus en plus, avant d'être projetés violemment.

David suivit du regard l’imposante pièce métallique qui passa au ras de leur attaqueur.

Quand il reporta son attention sur la surface, il n'eut que le temps d'en voir émerger d'énormes tentacules qui saisirent leur chasseur, le secouant dans tous les sens, avant de le plaquer au sol.

À bord, Bobby et David étaient à la limite de l’inconscience, complètement endoloris par la violence du choc. Ils assistèrent, impuissants, à l'éventration de leur attaqueur par les tentacules qui le disloquèrent en deux parties distinctes.

Ne pouvant se relever pour fuir, ni appeler à l'aide, David, cloué au sol, regarda devant lui et la vit.

L'impératrice le dominait de toute sa hauteur. Elle n’avait subi aucun dégât grâce à son bouclier individuel issu d’une technologie supérieure à tous les autres. Lentement, elle s'approcha de lui et l'attrapa avec l'un de ses tentacules.

Quand il fut amené à hauteur de son visage synthétique, il sentit une intense douleur lui déchirer le crâne. Elle fouillait son esprit pour savoir ce qu'il était et ce qu'il savait.

David n'était absolument pas en état de faire face, encore moins de fermer son esprit à cette intrusion.

Dans ce partage de connexion forcée, il voyait tout ce qu'elle voyait : Catherine, Constance, ses souvenirs de la Terre, la première invasion, la Défense Spatiale Terrienne, l'évacuation de la planète, mais aussi Gaïa... Et Éden.

Elle avait enfin trouvé ce qu'elle cherchait : la localisation de la planète des réfugiés.


Autour des chasseurs Édeniens restants, les ennemis étaient brusquement sortis de leur torpeur et les menaçaient de leur canons braqués sur eux, prêts à les exterminer.

Dylan et les siens comprirent que leur heure était venue.

Mais les chasseurs ne tirèrent pas.

Au lieu de ça, ils s'écartèrent pour dégager un chemin, tandis que d'autres passèrent à l'arrière pour les retenir.

N'ayant pas d'autre choix que de suivre cette sinistre escorte, Dylan enclencha ses moteurs et donna l'ordre aux autres d’avancer avec lui, sans opposer de résistance.



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