Indiana Jones et la lance du destin

Chapitre 3

1958 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 30/05/2026 09:15

Le groupe ne mit pas longtemps à quitter Lima, la ville était loin derrière eux à présent. Pendant leur marche sur un chemin de terre, le jeune mendiant racontait sa vie.

- Je m’appelle Pablo, toute ma vie j’ai vécu dans la misère, avec mes frères. Pour manger j’ai du voler, mais heureusement, je ne devrais plus faire ça maintenant, grâce à vous señor.

- Ce sont tes frères ? Demanda Indy en désignant les trois autres hommes.

- Non, ma famille est morte depuis plus d’un an maintenant, ils sont morts de faim. J’ai eu la chance d’avoir survécu. Mais vous señor, vous venez d’Amérique pas vrai ?

- Oui.

- Vous avez la grande statue au flambeau.

- Oui, elle symbolise la liberté.

- J’aimerai tant la voir.

- Un jour peut être, tu a toute la vie pour ça.

- Vous pourriez m’emmener avec vous ?

- Non, c’est impossible, je suis désolé.

- Mierda, chuchota Pablo pour lui-même.


Quelques instants plus tard ils arrivèrent à l’entrée de la jungle.

- Après vous señor, dit Pablo.

Indy franchit le rideau de feuilles éparses. Le soleil était à présent voilé par la haute cime des arbres. La faune et la flore vivaient en totale symbiose ici. L’homme n’était certainement pas le bienvenue.

Ils firent quelques pas, Kurt s’arrêta pour regarder quelque chose au sol.

- Professeur, venez voir.

Indy s’approcha. Kurt désigna le sol.

- Des traces de pneus, il y a six traînées en tout.

- Stratner. 

- Il est allé dans la jungle en voiture, il est fou.

- J’espère qu’il va tomber dans un ravin.

- En tous cas le chemin à l’air praticable.

- Vous voyez señor, on aurait dû venir en voiture, moins de fatigue.

- C’est beaucoup plus prudent de marcher.

- C’est vous qui le dites señor.


Ils avancèrent dans la jungle qui paraissait sans limite, un cri inhumain se fit alors entendre. Tout le monde sursauta, sauf Indy.

- Du calme, ce ne sont que les bestioles locales.

- Les bestioles locales ? Dit Pablo. Eh ! Je veux pas me faire bouffer moi !

- Tu ne risque rien tant que tu reste avec moi.

Une énorme mygale apparut alors devant Indy alors que celui-ci se retourna. Les autres hurlèrent de frayeur mais lui se contenta de soupirer. L’araignée rampa sur le sol pour disparaître rapidement.

- Rien ne vous fait donc peur señor ?

- Si, une chose. Et j’espère ne pas y avoir affaire ici.

Ils continuèrent leur marche, les cris d’animaux affluèrent de tous les côtés.

- Ces trucs sont partout ! Hurla Pablo la sueur au visage, se tournant dans tous les sens.

- C’est bien pour cela que ça s’appelle la jungle.

Indy sourit en disant cela, il avait dit la même chose à Willie Scott dix ans auparavant alors qu’il était en Inde. Il aurait payé cher pour l’avoir avec lui ici, ça l’aurait distrait.


Finalement, après des heures de marche, Indy ordonna un arrêt et l’établissement d’un campement pour la nuit.

Les tentes furent montées en quelques minutes, Indy ôta sa veste de cuir, il était en sueur. Il alla s’asseoir près du feu qu’avait allumé Kurt et sortit une carte. Kurt l’aborda.

- Où en sommes-nous ?

- Nous avons bien avancé, même mieux que je ne le pensais. Nous devrions être aux environs de Huancayo, à mi-chemin donc, ce qui veut dire que nous arriverons demain, si tout va bien.

- C’est une bonne nouvelle.

- Oui, profitons-en pour bien nous reposer, demain sera une rude journée, nous devrons traverser le fleuve Urubamba, je ne dis pas que ce sera facile, l’archéologie réserve tellement de surprises.

- Ca vous pouvez le dire ! Pour se retrouver face aux nazis dès le départ !

- Simple question d’habitude. Avec le temps ils sont presque devenus de vieux amis.

-Vous avez une drôle de conception de l’amitié alors !

- Je préfère rester prudent à ce sujet.

Il sortit un jeu de cartes de sa poche.

- Un poker ? 

- Pourquoi pas, si vous ne trichez pas.

- Jamais de la vie ! Réprima Indy avec un rictus.


La soirée passa court. Le poker n’avait pas duré longtemps, Indy avait tellement triché que Kurt en devenait presque malade !

Chacun rejoignit sa tente et s’endormit d’un paisible sommeil.


Au milieu de la nuit, Indy ouvrit les yeux. Il y avait quelque chose d’étrange. Il sentait quelque chose remuer du côté de sa jambe droite. Il leva lentement la tête et vit une forme onduler.

Un serpent.

Il était tétanisé. Un serpent. Sa plus grande peur, son unique peur, était là.

Il ne tremblait pas tellement il avait peur, il était complètement paralysé.

Le serpent siffla tandis qu’il rampait lentement vers le torse d’Indy.

Impossible d’appeler à l’aide, il était seul dans sa tente et les autres dormaient profondément.

Il vit son revolver à quelques mètres de lui sur sa droite. Il tendit lentement les doigts et effleura l’arme qui tomba alors. Le serpent siffla. Indy attrapa l’arme. Il la pointa sur l’animal d’une main tremblante. La bête était arrivé sur son torse, son contact froid et horrible faisait frissonner Indy qui suait de partout. Avec un dernier élan de courage il appuya sur la détente.

La bestiole éclata en sang et resta inerte sur le torse d’Indy. Il soupira longuement avant de la jeter vivement hors de la tente et prendre bien soin de refermer l’entrée.


L’aube venait à peine de se lever qu’Indy était déjà debout bien avant les autres. Il faut dire que sa nuit de sommeil avait été inexistante à cause de l’ « incident » de la veille.

Après un maigre repas, tout le monde se prépara à repartir, Indy étudia à nouveau attentivement la carte. Pablo vint le voir.

- Qu’ y’a t’il ?

- Señor, votre ami nous a dit où vous allez, je veux vous prévenir, vous ne devez pas aller là-bas, personne n’est revenu vivant de cet endroit. C’est un lieu maudit.

- Petit j’ai exploré des tas d’endroits de ce genre avec plus d’insectes et de trucs surnaturels que tu ne pourra jamais l’imaginer, alors c’est pas cet endroit là qui m’impressionnera. 

- Vous avez du courage señor, je ne veux pas vous perdre.

- Tu ne me perdra pas. Maintenant rassemble les autres, on va y aller.

- Oui señor.

Kurt vint à son tour.

- Ca va aller ? Demanda t’il.

- Oui très bien, et toi ?

- Je ne me suis pas encore totalement adapté.

- Ca viendra, dit Indy en lui donnant une tape amicale sur l’épaule.


Ils marchèrent toute la matinée sans s’arrêter, la jungle était étonnamment silencieuse, aucun animal ne donnait signe de vie.

- C’est étrange, dit Kurt.

- Nous approchons du temple, dit Indy.

- Regardez señor ! Dit Pablo en montrant quelque chose devant eux.

Ils virent trois voitures dont une encastrée dans un arbre.

- Ils ont continué à pied, le chemin praticable s’arrête ici.

Un passage avait été crée à travers les lianes épaisses devant eux.

- On continue par là, dit Indy.

Chico dit quelque chose.

- Que dit-il ? Demanda Kurt.

Pablo s’apprêta à traduire mais Indy fut plus rapide.

- Il dit qu’il n’ira pas plus loin, il a trop peur pour continuer.

Indy parla à Chico quelques instants, l’homme répondit, tout le monde se remit en route.

- Que lui avez-vous dit ? Demanda Kurt.

- Que s’il voulait rentrer chez lui, il était libre de le faire mais que je donnerais cher de sa peau si il parvenait à y arriver vivant.


Ils s’arrêtèrent bientôt pour récupérer un peu, ils reprirent leur marche dans l’après-midi. Le soleil filtrait difficilement à travers la végétation. Indy devait sans cesse créer de nouveaux passages avec sa machette.

Ils arrivèrent bientôt au bord d’un fleuve faiblement agité.

- Urubamba, dit Indy.

Les hommes coururent s’y ressourcer immédiatement.

- Pour le traverser, il va falloir…

Il ne termina pas sa phrase quand il vit Pablo courir vers le fleuve pour s’y baigner.

- Non ! Arrête toi !

Trop tard. A peine fut-il dans l’eau que le courant de fond, bien plus fort que celui de surface, l’emporta. Indy courut le long du fleuve pour trouver un moyen de sauver Pablo. A l’horizon, le fleuve descendait en chute pour terminer en rapides, il fallait agir vite. Indy ne vit rien de suffisamment grand ou robuste pour que Pablo puisse s’y agripper. Il prit alors son fouet.

- Pablo, attrape le fouet !

Il lanca le fouet de toutes ses forces dès que Pablo fut arrivé à bonne hauteur, le jeune homme l’attrapa du premier coup et se hissa vers la rive tandis qu’Indy tirait.

Une fois en sécurité, Pablo toussa et trembla, mais au moins il était en vie.

- Fais attention la prochaine fois, dit simplement Indy en remettant son fouet en place.


La route se poursuivit, le crépuscule commençait à apparaître, la jungle luisait d’une couleur dorée qui la rendait presque sépia. Le groupe arriva au bord d’un ravin surplombant des rapides.

Indy chercha quelque chose, son regard se fixa sur un arbre.

- Cet arbre, on va le pousser en travers pour faire un pont, il est suffisamment grand.

- Et comment fait-on ? Demanda Valonius.

- Utilisons les machettes.

Ils entaillèrent la base de l’arbre, certes grand mais très fin. Les trois autres péruviens poussaient l’arbre. Finalement, le tronc s’abattit dans le vide pour tomber sur l’autre rive, créant ainsi un pont suspendu de fortune.

- Maintenant on traverse.

Indy se suspendit au tronc et traversa le ravin en évitant soigneusement de regarder en bas. Arrivé à l’autre extrémité, il fit signe.

Kurt traversa, suivi de Pablo, Chico et Pablo. Nablo s’engagea après eux. Arrivé à mi-chemin, le tronc se crassula, usé par le poids des cinq autres hommes et par celui de Nablo qui transportait une grosse partie du matériel sur son dos. Il regarda en contrebas les rapides s’agiter furieusement. Poussé par la peur, il accéléra son avancée et toucha le rebord de l’autre côté. Le tronc se fendit alors en deux pour s’écraser dans les rapides, Nablo s’agrippa fermement, Indy l’aida à remonter mais il était trop lourd. D’un coup de machette il le débarrassa de l’équipement qui tomba dans le vide. Il l’aida ensuite à remonter.

- Gracias señor.


La nuit tomba. Indy entendit des voix au loin. Il fit signe aux autres de se taire. Il écarta les lianes épaisses pour découvrir une dizaine d’hommes occupés à fouiller une zone de terre plate sans végétation.

Il vit aussi un autre homme au loin, bien plus âgé que lui et regardant une carte.


Stratner.  

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