- Stratner ! S’exclama Henry.
- Henry Jones, quelle surprise, ça faisait combien ? 30 ans ?
- Assez longtemps pour espérer que tu sois enfin mort.
- Désolé de te décevoir.
- Tu as tué Marcus !
- Non, c’est ton fils qui l’a tué. Je l’avais averti de ne pas fouiner dans mes affaires. Estime-toi heureux d’être encore en vie Henry. Quant à vous docteur Jones, j’avoue que je suis aussi très surpris de vous revoir, je me demande bien ce que vous faites tous les deux ici, je suppose que ce n’est pas pour parler du bion vieux temps ?
- Quel bon vieux temps ? Répliqua Henry. Celui ou tu trichais aux examens en menaçant les élèves ou celui ou tu volais des objets antiques au musée pendant les visites scolaires ?
- Tu peux parler Jones, tu n’étais pas mieux !
- Mais j’étais honnête au moins, et je le suis resté.
- Ca suffit ! Je peux vous tuer sur le champ si je le veux !
- Eh bien vas-y, qu’est ce que tu attend ?
- Dites moi ce que vous faites ici.
- Ca ne se voit pas ? Dit Henry.
- Vous êtes venu chercher la lance du destin. Vous venez encore piller mes trésors docteur Jones.
- Cet objet n’est pas à vous.
- Il l’est depuis sept années, je suis chargé de le surveiller jusqu’à ce que le Führer active enfin son pouvoir et nous rende maîtres de ce monde.
- La lance du destin renferme un pouvoir qu’aucun homme ne peut contrôler.
- Erreur. La race Aryenne le peut. Nous régnerons docteur Jones, et vous, vous mourrez comme des insectes.
- Êtes-vous sûr d’avoir la bonne lance au moins ?
- Celle-ci est la seule véritable, la lance des rois qui a traversé les siècles et fait couler le sang de milliers de soldats. La copie nous l’avons aussi, la lance de Saint-Maurice, identique à celle-ci mais sans le moindre éclat de puissance. Hitler a eu le choix, et bien sûr il a choisi la lance de pouvoir, l’autre, il l’a envoyée à Ratisbonne.
- Pourquoi la garde t’il si elle est fausse ?
- Au cas où. Mais cette lance-ci est celle qui fera triompher le Reich, elle mettra un terme à cette guerre absurde et nous rendra invincibles pour l’éternité !
- Où elle vous tuera tous, dit Indy. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les plus grands chefs d’armée de l’Histoire l‘ont cachée au lieu de l‘utiliser ?
- Ils avaient peur. Mais pas nous. Pas Hitler.
- Hitler est fou, comme toi, dit Henry.
Stratner rit.
- Mon ami, si tu savais à quel point tu te trompe !
- Alors dit-moi pourquoi cette lance est enfermée ici au lieu de décimer les armées alliées entre les mains d‘Hitler ?
- Nous avons eu quelques…problèmes pour activer le pouvoir de la lance.
- Avons eu ?
- Nous avons trouvé le manuscrit d’incantation et les ossements du sorcier il y a peu de temps.
- D’où viennent ces reliques ?
- Les ossements proviennent d’un monastère tibétain, mais ils ont été trouvés dans un temple chinois.
- Par vos troupes ?
- Non, nous les avons trouvé dans une caisse avec les deux fragments et le manuscrit arabe qui appartenait à un certain H.P Lovercraft, cette caisse nous été remise par des espions américains souhaitant se rallier à notre cause, elle vous est passé sous le nez en somme.
- Voilà pourquoi vous ne pouviez pas activer le pouvoir de la lance plus tôt, ce n’était pas une question d‘attendre le bon moment, il vous manquait juste ce qu’il fallait.
- Exactement.
- Ces maudits agents m’ont encore menti sur la marchandise.
- Maintenant Hitler n’a plus qu’à venir activer le pouvoir de la lance et toute cette guerre insignifiante sera terminée.
- Et comment va t‘il faire ?
- Aha, tu crois que je vais te le dire ?
- Non mais je vois mal comment il va faire vu que vos grigris ne sont plus là.
- Quoi ?
Stratner se retourna et vit les piédestaux vides.
- Où sont ils ? Que s’est-il passé ?
- Ils ont disparu, répondit Indy.
- C’est impossible ! Rendez les moi !
- Nous ne les avons pas, ils se sont consumés, dit Henry.
- Une situation délicate on dirait.
- Vous rendez vous compte de ce que vous avez fait ?
- Mais oui, dit Henry. Nous avons mis un terme définitif à la guerre et au nazisme.
- Vous n’êtes que des imbéciles !
Stratner frappa Henry au visage. Indy l’attrapa par le col.
- Ne retouchez…jamais…mon père.
- Vous croyez m’intimider docteur Jones ?
Indy le lâcha.
- Ce n’est rien, vous n’avez fait que retarder l’inévitable. Il y a d’autres manuscrits, d’autres sorciers. Nous réussirons, et le pouvoir de la lance sera mien.
- Tiens donc, et le Führer ?
- Qu’il fasse sa guerre, je m’en fiche, j’ai gagné ses faveurs pour trouver la lance, et ma l’approprier. Quand j’aurais activé son pouvoir, je deviendrai le nouveau Führer.
- Tu ne sais pas t’en servir, sinon tu aurais déjà activé son pouvoir, dit Henry.
- Je ne le ferais que quand je jugerais le moment venu, et alors, nous verrons.
- Nous ne verrons rien du tout, tu n’a plus ton bout de papier et tes nonosses !
- J’aurai mon empire, tout l’univers m’appartiendra, je serai un dieu.
- Arrête de rêver, tu n’es rien d’autre qu’un vieux cinglé ! Quand Hitler saura que tu l’a doublé, il ne manquera pas de te tuer.
- Il est bien trop occupé à sauver ce qu’il reste de son empire, il ne sait même plus que j’existe !
- Il sait qu’il aura besoin de la lance, il viendra la chercher.
- Il n’est qu’un bouffon !
- Tu crois que tu vaux mieux ?
- Ca suffit ! Gardes ! Emmenez-les et enfermez-les !
Les deux soldats allèrent derrière Indy et Henry.
- Je reviendrai vous voir pour vous tuer, dit Stratner.
- Très bien, disons à seize heures, pour le thé ?
Stratner hurla une insulte.
Indy et Henry avancèrent vers la porte. Indy se retourna brusquement et frappa le soldat qui le retenait avant de prendre son arme et tirer sur l’autre, il mit ensuite Stratner en joue.
- Si vous hurlez je vous tue.
- Vous ne sortirez jamais d’ici vivants.
- Ca c’est notre problème.
Indy s’approcha de la vitrine de la lance et la brisa avec la crosse de son pistolet.
- Non ! Hurla Stratner.
Indy prit le fer de lance enveloppé dans sa feuille d’argent.
- Il est temps de nous quitter mon cher ami, merci pour tout, et à bientôt.
- Je n’en doute pas.
Ils déboulèrent dans le couloir, un nazi émergea à l’angle suivi d’autres. Ils ouvrirent le feu de leurs mitraillettes. Les balles pleuvaient autour d’Indy et d’Henry. Indy répliqua de son revolver. Il atteignit l’un des nazi en pleine tête. L’alarme se déclencha.
- Père, descendez dans le conduit d’aération !
- Encore ?
Indy poussa son père qui tomba dans le conduit. Stratner arriva.
- Tuez-le, et retrouvez l’autre !
Indy tira en continu et tua encore trois hommes. Il sentit alors une arme contre son dos.
- Schwein.
Il donna alors un coup de pied arrière et courut, le soldat tira de son pistolet, la balle ricocha contre les parois et revint à son propriétaire.
Indy s’arrêta. D’autres hommes apparurent devant lui. Ils étaient armés de lance-flammes !
- Eh merde !
Il fit demi-tour et courut dans l’autre sens. D’autres types du même genre arrivait de ce côté également. Il était piégé. Les deux groupes l’encerclèrent. Il vit la trappe d’aération devant ses pieds. Sans hésiter il sauta. Les soldats ouvrirent le feu…et se carbonisèrent.
La descente fut beaucoup plus rapide que la montée, Indy fut vite de retour dans l’église.
Mais à peine était-il remonté que la grande porte s’ouvrit pour laisser entrer des soldats. Ils foncèrent droit sur Indy en tirant. Il rechargea son arme et tira, en abattant deux du premier coup, puis il plongea se réfugier entre une rangée de bancs de messe.
Il attendit que les soldats arrivent pour rouler sur la rangée d’à côté et pousser la rangée précédente du pied. Toutes les rangées se renversèrent comme des dominos, piégeant les soldats. Indy sourit et fixa son chapeau, mais où était passé Henry ?
D’autres soldats entrèrent, Indy se réfugia derrière l’autel. Les balles ricochèrent contre ce dernier. Indy se montra furtivement et tira, abattant un nazi au ventre et un autre à la tête puis un autre à l’entrejambe et encore un autre à la tête où le sang gicla à plus de cinquante centimètres. Mais il ne vit pas que d’autres arrivaient par les côtés. Il sauta par dessus l’autel et courut. D’autres arrivèrent devant lui, il était piégé une fois de plus.
Il vit alors la statue de Marie sur sa droite se renverser sur ses assaillants arrière. Profitant de l’effet de surprise, il frappa le nazi le plus proche devant lui et prit sa mitraillette, après quoi il ouvrit le feu, abattant tous les autres. Henry apparut alors.
- Père !
- Heureusement que je suis là hein ?
- Baissez vous père !!
Il tira et abattit le nazi juste derrière Henry avant que celui-ci n’ait pu agir.
D’autres voix hurlèrent au dehors.
- Ca n’arrêtera donc jamais ? Dit Indy. Venez père.
Ils allèrent derrière l’autel où il n’y avait rien d’autre qu’un cul-de-sac et trois vitraux.
- Et maintenant ? Demanda Henry.
Les nazis entrèrent.
- On saute.
Indy bondit en avant et passa par le vitrail devant lui, Henry l’imita, les nazis ouvrirent le feu, il se dégagea juste à temps.
- C’était moins une, fils !
- On ferait mieux de ne pas rester ici, venez.
Ils allèrent se cacher quelques mètres plus loin derrière une pile de caisses que des nazis montait dans un camion.
- C’est un convoi, je me demande bien où il va.
Stratner apparut.
- Que tout cela soit à Ratisbonne le plus vite possible.
- Javol obersturmfuhrer !
- Ratisbonne ? Murmura Indy. Parfait.
- Obersturmfuhrer, dit un autre soldat en arrivant. Aucune trace des intrus, ils ont disparu.
- Ah bon vous en êtes sûr ? Continuez à chercher !
- Javol Obersturfuhrer.
- Ah, ils peuvent encore chercher longtemps, dit Henry. Nous serons loin quand ils verront que nous somme partis d’ici.
- Oui, ils sont tellement bêtes.
- Alors, quel est ton plan Junior ?
- Nous allons nous introduire dans ce camion pour aller voir cette autre lance à Ratisbonne.
- Pourquoi ? Nous avons déjà la vraie.
- Je serais plus tranquille de voir les nazis sans la moindre lance.
- Bon, et comment compte tu monter dans ce camion ?
Indy regarda la caisse devant eux et l’ouvrit, elle contenait une statuette de chat et était plutôt grande. Indy vira la statuette.
- Après vous père.
Henry entra, Indy suivit et referma le haut de la caisse.
- Père, vous m’écrasez le pied !
- Ce n’est pas ma faute, je ne vois rien là-dedans !
- Vous avez toujours la lance ?
- Bien sûr que oui.
- Gardez la bien surtout.
- C’est facile à dire, elle est trop grande pour aller dans une de mes poches.
Des voix parlèrent au-dessus d’eux, la caisse fut soulevée et posée dans le camion.
- Bingo !
- Junior, que ferons nous quand ils ouvriront cette caisse ?
- Chaque chose en son temps, père.
Le camion démarra et quitta la place de l’église pour rejoindre Ratisbonne, et la lance de Saint-Maurice.