Le chemin menant à Padoue n’était pas excessivement long, Indy conduisait la voiture pendant qu’Indy racontait une anecdote a propos d’une certaine madame Dickson, une ancienne professeur de biologie du Barnett Collège ayant osé faire des avances à Henry.
- Et alors elle est entré et elle a fait « Coucou, c’est moi ! » avec ses vêtements tout tachés !
- Père, vous êtes ignoble.
- C’est elle qui l’était, tu aurais fait la même chose à ma place, crois-moi.
- Vous et moi sommes pareils en fin de compte.
- Oh non, ta vie n’a rien n’a voir avec la mienne, nous sommes de deux époques très différentes.
- Pas si différentes que cela.
- Vraiment ?
- A vingt ans près. Vous savez parfois j’ai l’impression de revivre des moments de votre vie, de penser des choses que vous avez pensé.
- Dieu ne nous a pas fait unique pour penser tous pareil, tu dois vivre en restant toi-même, ne t’identifie jamais à un autre, même si c’est moi. Je ne veux surtout pas que tu fasse les mêmes erreurs que moi, j’en ai bien trop souffert. Cependant, je dois avouer que tu es aussi têtu que moi, tu ne commence rien sans être sûr de pouvoir le terminer. Tu vois loin, et tu es fort, et ça, c’est bien mon fils, ta mère serait fière de toi.
- Vous le pensez ?
- Oh oui. S’il te plaît, arrête toi un instant, je voudrais te donner quelque chose.
Indy arrêta le véhicule au bord de la route.
Henry sortit de la poche droite de sa veste une montre à gousset dorée.
- Cette montre appartenait à mon grand-père, il l’a donné à mon père avant de mourir en lui disant de ne jamais la regarder plus de trois fois par jour, car cela lui porterait malheur, le temps irait plus lentement et la mort viendrait plus vite. Mon père me l’a donnée quand j’avais douze ans en me donnant le même conseil, il est temps que tu en hérite à ton tour.
Il donna la montre. Indy l’ouvrit, il vit au-dessus du cadran la photo d’une jolie jeune femme brune souriante.
Sa mère, Anna.
- Père, c’est votre porte-bonheur.
- Je n’en ai plus besoin, je t’ai toi maintenant, et c’est tout ce qui compte.
Indy regarda la photo très attentivement, ce visage, il ne l’avait pas revu depuis trente-trois ans, sauf dans ses souvenirs d’enfance très flous.
- Indiana, je dois te parler de quelque chose, je crois que le moment est venu.
Indy regarda son père dans les yeux. Henry fit un silence avant de parler.
- Ta mère…n’est pas…elle n’est pas morte de la scarlatine.
- Quoi ?
- Elle avait la grippe, une simple grippe, rien de bien méchant.
- Alors de quoi est-elle morte ?
- Elle a été assassinée.
Indy reçut cette phrase comme un choc. Henry en eut des larmes et la voix cassée par l’émotion.
- J’étais allé te chercher à l’école, elle était trop faible pour le faire alors je lui ai dit de rester au lit et de se reposer. A notre retour, elle gisait inanimée, une balle à la poitrine. Le médecin a dit qu’elle avait été violée avant d’être tuée. Le meurtrier n’a jamais été trouvé.
- Pourquoi ne m’avez-vous jamais dit la vérité avant ?
- Tu n’était pas prêt à l’entendre, je ne voulais pas que tu vive avec une idée de vengeance en permanence dans ton esprit, je voulais te protéger.
Indy baissa le regard.
- Alors sa mort n’est pas de votre faute…mais de la mienne.
- Non, surtout ne crois pas cela.
- Si vous étiez resté, vous auriez pû l’en empêcher.
- Non, nous serions morts et tu serais resté seul. Ce n’est de la faute de personne.
Indy était complètement abattu.
- Je dois sortir.
Il quitta le véhicule, fit quelques pas au bord du précipice et hurla sa douleur et son chagrin. Il s’agenouilla ensuite, regardant le soleil déclinant au loin. Henry vint le rejoindre et posa sa main sur son épaule. Indy tourna la tête, se releva, et prit son père dans ses bras. Il libéra ses larmes, Henry fit de même.
- Sois fort mon fils, sois fort. Tu es tout ce qu’il me reste maintenant.
- Père, merci…de me l’avoir dit.
- Je te devais cette vérité.
- je vous aime, père.
- Oh Junior !
Indy éclata de rire en entendant ce nom, Henry aussi.
Pour la première fois, père et fils étaient vraiment sur la même longueur d’ondes.
- Allez viens.
Henry raccompagna Indy à la voiture.
- Je vais conduire, dit-il.
- Vous en êtes sûr ?
- Bien sûr que oui !
Il monta côté conducteur, Indy passa à côté.
- Ça faisait longtemps que je n’avais pas autant pleuré, dit Henry.
- Oui, moi aussi.
- Ça fait du bien parfois, mais il ne faut pas en abuser, bon, tu veux toujours retrouver ce fragment ?
- Oh que oui !
- Alors en avant !
Henry écrasa l’accélérateur, la voiture fit un bond en avant, avant de caler.
- Ah père ! Vous alors !
- Tu permets ?
Il redémarra et avança, normalement cette fois.
- Père, je crois que sans vous je serai mort depuis longtemps.
- Sois rassuré, c’est totalement réciproque.
Ils éclatèrent de rire.
A leur arrivée à Padoue, ils furent étonnement surpris de constater que la ville n’était plus qu’un champ de ruines.
- Mais que s’est-il passé ici ? Demanda Henry.
- Les nazis. Il ont bombardé cet endroit.
- Mais ils étaient les alliés de Mussolini !
- Une attaque de dissuasion, il devait y avoir de la résistance.
- ils ont détruit une ville riche en art et en histoire, ils ont détruit des témoignages inestimables du passé !
- Espérons que le fragment est encore intact. Qu’y a-t-il à voir ici ?
- Les 38 fresques de Giotto, d’Altichieri, de Titien, la statue équestre de Gattamelata crée par Donatello, et les palais, les jardins…tout a été détruit.
Indy regarda la ville.
- Voilà au moins votre statue équestre.
Henry vit quatre pieds s’apparentant à ceux d’un cheval de pierre.
- Mon Dieu.
- Père, vous jurez !
Ils reprirent leur marche et arrivèrent bientôt devant une église.
- C’est quelle église ça ?
- Ce n’est pas une église, c’est une chapelle, la chapelle des Scrovegni exactement, à l’intérieur se trouvent les 38 fresques de Giotto.
- Se trouvait.
- Ne soit pas si pessimiste !
- Par chance, elle n’a pas trop été amochée.
Ils entrèrent à l’intérieur. Les parois étaient recouvertes de fresques, il n’y avait plus de plafond.
- C’est magnifique.
- Hum hum.
- chaque fresque représente une partie de l’histoire de l’Italie.
- Père, regardez.
Sur le mur de gauche, une portion montrait un homme tenant un objet noir en pointe d’où partait des rayons.
- La lance.
- Cette fresque n’est pas comme les autres, c’est un autre style.
Henry regarda de près, il fronça les sourcils et acquiesça.
- Mantenya.
Ils quittèrent la chapelle pour rejoindre un autre lieu religieux, tout en ruines cette fois.
- Autrefois s’élevait içi l’église romane des Eremitani contenant 27 fresques toutes aussi uniques que celles des Scrovegni.
- Il ne reste pas grand chose de tout cela.
- Un véritable massacre !
- Que sommes nous censés trouver ?
- La fresque montrait l’homme au-dessus d’un X et au-dessous d’un six.
- X c’est dix.
- Mais il n’y a rien à chercher ici.
Indy marcha lentement dans les ruines, il vit une trappe.
- Où cela mène t’il ?
- Il n’y a qu’un moyen de le savoir.
Indy tira la trappe poussiéreuse, il vit une échelle. Ils descendirent. Indy trouva et alluma une ampoule.
Ils se trouvaient dans une sorte de cave à vins.
- Voilà tout ce qu’il reste de votre lieu d’art.
- Du vin ! Malédiction !
Abattu, Henry s’assit sur un tonneau. Son poids fit tout dégringoler, révélant une fresque sur le mur.
- Bravo père, vous avez trouvé !
- La légendaire chance des Jones fils !
La fresque montrait une cité sur l’eau, des pigeons volaient dans le ciel et des gondoles traversaient l’eau. La lance du destin surplombait le tout au centre d’un ciel noir tourbillonnant.
- Je crois que c’est clair, dit Henry.
- Venise. Ca va nous rappeler des souvenirs.
- Oui.
Indy repensa à Elsa, la charmante femme qui l’avait aidé à retrouver le Graal et son père, avant de révéler sa véritable identité : celle d’une nazie.
- Bien, nous avons trouvé ce que nous cherchions.
- Le fragment est peut-être ici quand même.
- Venise s’est alliée à Padoue pour lutter contre Barberousse, le fragment en a profité pour changer de mains.
- Venise est vaste.
- Pas tant que ça, quand on sait où aller.