Indiana Jones et la lance du destin
Quand ils descendirent du wagon, Indy et Henry furent très surpris de constater qu’ils étaient les seuls à descendre à Antakya d’abord, et ensuite qu’il n’y avait strictement personne, que cela soit sur les quais ou ailleurs.
Ils comprirent vite pourquoi.
Des hordes de nazis patrouillaient à tous les coins.
- Je hais vraiment ces gars là.
- Il sera difficile de prendre le fragment.
- Pas si ils le trouvent pour nous.
- Oui mais si ils nous attrapent ?
- Ne vous en faites pas, je les connais, nous serons loin quand ils verront que le fragment a disparu.
- Mais Stratner est ici.
- Tant mieux, vous pourrez parler ensemble du bon vieux temps.
- Tu a intérêt à être discret avec lui dans les parages.
- Vous aussi, vous avez le don de m’attirer les ennuis.
- Je peux repartir si tu veux.
- Je vous taquinais père.
Ils passèrent furtivement à travers la ville, allant d’un bâtiment à un autre tout en évitant soigneusement les soldats. Ils arrivèrent finalement au bord d’un enorme chantier de fouilles. Un gigantesque cratère avait été creusé par des grues et d’autres engins mécaniques. Mais ce n’était pas le pire.
A l’intérieur du cratère, des centaines de gens, les habitants d’Antakya et d’autres contrées, s’affairaient à creuser la terre et à la retourner.
- Ils en ont fait des esclaves les ordures.
- Tu vois, quand je te parlais de la folie engendrée par l’obsession de la quête de la lance.
- Je dois descendre là-dedans.
- Pourquoi ?
- Pour honorer la promesse faite à Brahim : retrouver sa fille.
- C’est bien trop risqué.
- Restez ici si vous le voulez, je reviendrai vite.
- Indiana !
Indy descendait déjà dans le cratère par l’une des échelles disposées. Le cratère était organisé en terrasses. Indy regarda chaque habitant, homme, femme ou enfant, jeunes et vieux. Même des enfants âgés d’environ quatre ou cinq ans frappaient le sol. Indy continua de chercher, baissant la tête quand il voyait des soldats surveiller. Il vit alors une fille creuser, elle devait avoir sept ans, des cheveux noirs, longs et fins, elle transpirait et suffoquait de la poussière qu’elle dégageait avec son acharnement et son chagrin. Il s’approcha d’elle. Elle eut un mouvement de recul à cause de la frayeur.
- Non, je ne te veux aucun mal, comment t’appelle tu ?
- Nalvina.
- Je viens te ramener chez toi, ton père m’a envoyé te chercher.
- Papa ?
- Oui, viens avec moi.
Il l’emmena par la main, un nazi arriva alors pour leur bloquer le chemin.
- Où allez vous avec cet enfant ?
- Herr Stratner a demandé à la voir, dit Indy dans un Allemand parfait.
- Qui êtes vous ?
- Mikel Vögler.
- Oh c’est vous ? Excusez-moi Untersturmfuhrer.
Indy sortit du cratère avec Nalvina.
- Écoute-moi bien, il y a un train qui va arriver d’ici une heure environ, cache-toi à la gare et attends le, il te mènera jusqu’à Antalya.
- Merci.
- Allez va t’en.
Elle partit, Indy ne la quitta pas des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse, puis il retourna auprès de son père. Il ne le trouva pas.
- Père ?
- Ici !
La voix venait de derrière une rangée de caisses.
- Très bonne cachette.
- Merci, content de voir que tu t’en est sorti vivant.
Stratner apparut alors devant eux, un officier lui apporta un objet enveloppé dans une toile, Stratner le prit et le déballa, c’était le fragment.
- Il l’a trouvé le salaud.
Stratner ordonna quelque chose, il pointa une chapelle puis rendit le fragment à l‘officier qui se dirigea alors vers une chapelle tandis que Stratner descendait dans le site d’extraction.
- Venez père.
Ils rejoignirent discrètement la chapelle et se cachèrent sur les côtés, attendant que les nazis sortent pour rentrer. Il s’agissait d’une chapelle classique sans rien de particulier. Le fragment trônait sur l’autel.
- Surveillez l’entrée père.
Indy alla prendre le fragment.
- C’est le vrai ? Demanda Henry.
Indy l’inspecta.
- Oui, c’est le bon. Notre quête est terminée.
Henry sourit.
- Partons vite fils.
- D’accord.
Indy s’apprêta à descendre de l’autel lorsque son regard se posa sur un livre ancien ouvert sur un texte en grec, il lut :
« Alexandre, gardien du manuscrit sacré est le maître de la lance. Son pouvoir est contenu dans sa cité auprès de ses autres trésors sacrés. »
- Ca alors, père, vous ne devinerez jamais ce que je viens de lire !
Il se retourna et ne vit pas Henry.
- Père ?
Des nazis surgirent alors de l’ombre pour l’encercler et le mettre en joue, Stratner entra.
- Güten Tag docteur Jones !
Indy fut jeté par terre devant la chapelle.
- A chaque fois je vous retrouve dans les endroits les plus inattendus, il s’est passé du temps depuis notre dernière entrevue.
- Vous ne m’avez pas manqué du tout.
- Le contraire m’aurait étonné. Et toi, dit-il en se tournant vers Henry à genoux, comment va tu vielle canaille ?
- En pleine forme.
- Je vois ça. Vous en avez fait du chemin pour venir jusqu’ici…mais j’y pense, vous détenez quelque chose qui m’appartient de droit docteur Jones.
Un soldat fouilla la veste d’Indy et en sortit le fragment, un autre fouilla celle d’Henry pour trouver les autres reliques.
- bien, très bien, vous n’avez pas chômé, je vous félicite messieurs, vous nous avez épargné une grande fatigue.
- Vous aviez tout organisé.
- Bien sûr, évidemment il était risqué de tout miser sur vous, mais au final, je ne regrette absolument rien.
- Et je suppose que vos attaques régulières étaient destinées à nous faire accélérer le mouvement ?
- Oui, sinon vous risquiez de vous détourner de votre quête et vous auriez abandonné.
- Tu n’est qu’une pourriture Klaus ! dit Henry.
Stratner rit.
- Oh, j’allais oublier, dit-il, j’ai un cadeau pour vous docteur Jones.
Indy tourna la tête et vit un homme d’une trentaine d’années aux cheveux blonds et aux yeux bleus, un allemand, un nazi, mais qu’il connaissait bien.
Kurt Valonius.
- Mon Dieu.
Kurt avança, il boitait de la jambe droite, son teint était livide.
- Pensiez-vous donc que la mort m’avait emportée ?
- Tu es tombé…
- Mais je ne suis pas mort ! Je suis tombé dans un cours d’eau débouchant hors du temple par une cascade, la cascade par laquelle nous sommes entrés. Le choc de la chute m’a fait perdre l’usage de ma jambe et de mon bras. Une fois sur le rebord je vous ai attendu, mais vous n’êtes jamais venu. Herr Stratner a envoyé ses hommes me sauver et il m’a soigné. Je lui dois la vie.
- Mais ce sont des nazis !
- Peu importe ce qu’ils sont ! Ce sont avant tout des êtres humains, contrairement à vous.
- Tu te trompes.
- Oh non, plus maintenant.
- Votre ancien collègue m’aide à retrouver la lance, m’aidait plutôt. Désormais il ne nous manque plus que le manuscrit et un sorcier. Nous savons d’ores et déjà que le manuscrit est caché quelque part en Égypte près d‘Alexandrie, quant au sorcier, nous n’avons qu‘à retourner là où nous nous étions servis la première fois.
- Vous avez vos ressources secrètes à ce que je vois.
- Nous ne sommes pas aussi arriérés que vous le pensez docteur Jones, dit Stratner.
- Et je suppose que vous allez nous demander notre aide ?
- Exactement, appelez plutôt cela une offre de survie.
- Vous savez quelle est ma réponse.
- J’étais sûr que nous aurions cette déconvenue, c’est pourquoi je me suis assuré d’avoir un argument convaincant à mes côtés.
Il sortit son pistolet automatique et le pointa sur la nuque d’Henry.
- Non !
- Je compte jusqu’à trois. Un.
Indy ne pouvait accepter.
- Deux.
Henry le regarda d’un air sage, Indy seul devait choisir.
- Trois.
- D’accord ! J’accepte.
- Trop tard.
Il appuya sur la détente.
Rien.
- Ce serait idiot de tuer quelqu’un qui sait autant de choses, votre père reste avec nous, quant à vous Indiana, je vous laisse aux soins de Kurt et je vous dis adieu.
Deux nazis saisirent Indy et l’emmenèrent au bord de la jetée près du site de fouilles. La mer s’agitait furieusement. Ils attachèrent Indy à une grosse pierre par une corde épaisse. Valonius s’approcha.
- Je crains que cette fois l’aventure se termine pour vous professeur, adieu.
- Tu me déçois beaucoup Kurt, tes parents auraient honte de toi.
- Qu’ils aillent au diable, comme vous allez y aller, adieu.
Les nazis jetèrent la pierre à l’eau, elle tomba au fond de l’océan avec un gros bruit. Indy fut entraîné en arrière et plongea dans l’eau. Il vit les nazis disparaître. Sa respiration tint trois minutes, puis tout s’évanouit dans un champ de ténèbres.