Indiana Jones et la lance du destin
Immédiatement après être revenu au Caire, ils avaient pris l’avion pour Le Cap, laissant Sallah à ses propres aventures avec les remerciements qui s’imposaient. Une fois arrivés au Cap, ils avaient trouvé un hôtel confortable où passer la nuit. Dès qu’il fut dans sa chambre, Indy s’assit sur le lit pour étudier la carte du pays.
- L’est est plus peuplé que l’ouest mais ça ne change rien, il y a une série de fleuves et de jungles à parcourir pour parvenir à la montagne, et je ne doute pas que des tribus indigènes aient élus domicile là-bas.
- C’est quel genre de montagne ?
- Thabana Ntelnaya, elle fait 3482 mètres de haut et se trouve au bord du fleuve Hendrik Verwoerd, au Lesotho.
- Il va falloir emprunter le fleuve pour s’y rendre.
- Nous n’avons pas le choix.
- Combien de temps faudra t’il ?
- Si nous partons de Bloemfontein…je dirai environ trois jours.
- Tu saura nous guider au moins ?
- Je connais le chemin, la carte est déjà dans ma mémoire.
- Mais il y a toujours des imprévus.
- Je ne t’oblige pas à m’accompagner, tu en a déjà fait assez pour moi, je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose.
- Non je continue avec toi, tu a besoin de quelqu’un pour te motiver.
- Mais ton père…
- Çà va aller, ne t’en fais pas pour ça, je suis une grande fille maintenant.
- Tout va bien entre vous au moins ?
- Oh tu sais, ton père et le mien sont pareils : leur passion d’abord.
- Mais le mien a changé, il en sera peut être pareil pour le tien.
- Non, je ne pense pas, trop de choses nous séparent, nous n’avons pas du tout les mêmes points de vue. Je n’ai jamais vu mon père très attristé par la mort de ma mère. C’est elle qui m’a élevée, c’est d’elle dont j’ai le plus hérité. Je sais depuis peu que mon père voyait d’autres femmes quand il était avec elle, et il continue encore. L’argent l’a corrompu.
- C’est pour cela que je préfère voyager sans.
- Ça ne dois pas te faciliter les choses.
- Je n’ai pas eu trop de problèmes pour le moment.
- Je suis sure que je suis encore plus pauvre que toi, je n’ai rien d’autre avec moi que ce que je porte sur le dos.
- Moi aussi hélas, je pense d’ailleurs qu’un bain ne serait pas de refus.
La chaleur de l’après-midi s’engouffrait par les fenêtres grandes ouvertes. Indy était allongé dans son bain moussant, un peu trop même. Il s’était endormi.
- BOUH !!!
Il sursauta et vit Sophia éclater de rire.
- Sophia…
- Ahaha ! Le grand Indiana Jones n’est pas aussi insensible qu’on le dit apparemment.
- Laisse-moi.
- Je n’en ai pas pour longtemps.
Elle se plaça face au miroir et sortit son nécessaire à maquillage.
- Pourquoi as-tu besoin de te mettre cette peinture ?
- Pour être belle.
- Tu l’es déjà bien assez.
- Eh bien je le serais encore plus.
- Approche toi.
Elle arriva.
- Tend ton bras.
Elle le fit.
- Et ensuite ?
Indy le lui saisit brusquement pour l’entraîner avec lui dans la baignoire.
Ils étaient entrelacés tous les deux dans l’étroit bassin d’eau. Sophia était restée habillée.
- Indy…pourquoi es-tu parti ?
- Ca ne pouvais pas marcher entre nous.
- Mais si…
- Non, tu étais encore jeune, tu avais la folie de ton âge, mais pas l’esprit.
- Et qu’en est-il aujourd’hui ?
Ils se regardèrent, il détourna la tête.
- Indy, regarde-moi. Tu es le seul homme pour lequel je n’ai jamais éprouvé autant de sentiments. Pour toi j’irais jusqu’au bout du monde. Mais toi, qu’est-ce que tu veux ?
- Là, maintenant ?
- Oui.
- Un verre de whisky.
Elle râla et détourna son regard.
- Sophia, tu dois comprendre que ma vie c’est l’aventure, et rien d’autre.
- Mais tu a déjà trouvé tant de trésors.
- Il y en aura toujours d’autres plus grands encore à découvrir.
- C’est vrai.
- Ils se regardèrent, se rapprochèrent, et s’embrassèrent. Un baiser passionné, brûlant, qui ne se dissipa que trop vite. Indy la repoussa.
- Désolé, mais je garde toujours les meilleurs trésors pour la fin.
Ils descendirent au salon pour aller dîner et virent un attroupement considérable autour d’une seule et unique table. Il y avait un panneau à l’entrée sur lequel il était écrit :
« CE SOIR GRAND CONCOURS D’ALCOOL, VENEZ VOUS MESURER A NOTRE CHAMPIONNE EN TITRE POUR TENTER DE GAGNER DIX MILLE RANDS »
Par curiosité, Indy s’approcha de la table, il ne pouvait malheureusement pas voir les joueurs à cause de la foule. De temps en temps il voyait une main brandir un verre pour le retourner à l’envers et le poser sur la table. Plus tard, il entendit quelqu’un tomber, la foule s’éloigna pour se rapprocher à nouveau aussitôt, un autre adversaire s‘était déjà lancé.
- C’est un jeu plutôt barbare, dit Sophia.
- Il faut bien gagner sa vie.
- Tu veux tenter ta chance ?
- J’avoue que gagner dix mille rands me tente mais je préfèrerais les gagner autrement.
L’adversaire s’écroula, nouvelle pluie de billets.
- C’est impossible de gagner à ce genre de jeu.
- Il suffit de tenir.
Une voix de femme parla, elle sembla familière aux oreilles d’Indy. La foule s’éloigna, le concours était terminé. Il la vit alors.
Marion Ravenwood.
Elle tourna la tête et lâcha la liasse de billets qu’elle tenait dans ses mains. Elle la baissa ensuite et ricana.
- Indiana Jones, je te retrouve une fois de plus là où je t’attends le moins.
- Marion, dit Indy en souriant.
Elle s’approcha et lui envoya une belle gifle.
- Ça c’est pour m’avoir laissé tomber comme un chien ! A cause de toi j’ai tout perdu. J’ai du m’exiler jusqu’ici clandestinement, il me faudra une dizaine d’années pour me refaire.
Sophia la regarda.
- Et vous, vous êtes qui ?
- C’est Sophia, une amie.
- Vous aussi vous êtes tombée dans le panneau ?
- Oh oui.
- Alors je n’ai qu’un conseil à vous donner : repartez-vite chez vous, ce type n’a rien d’intéressant à offrir à part des ennuis.
- Marion tu exagères !
- J’exagère moi ? Tu n’es qu’un monstre égoïste !
- Marion…
- Elle n’a pas tord Indy.
- Si j’avais une arme je t’abattrais sur le champ !
- J’avoue que parfois cette idée me démange aussi, dit Sophia.
- Dis-moi ce que tu viens faire ici et ensuite dégage.
- Je doute que tu puisse m’aider, et encore moins que tu le veule.
- Après le sale coup que tu m’a fait c’est tout à fait compréhensible.
- Je ne pouvais pas prévoir que l’arche me rapporterait si peu.
- Ce n’est pas l’argent le problème, c’est ta stupidité, à chaque fois je me demande comment tu peux revenir avec toutes ces babioles.
- C’est mon job.
- Et que cherche tu cette fois ?
- Un manuscrit arabe.
- Tu t’es trompé de pays mon cher.
- Il est caché dans un temple situé sur une montagne à l’est, nous avons besoin de remonter le fleuve.
- Et je suppose que tu a besoin d’un bateau ?
- Tu a devinée.
- Je te propose un marché : faisons un concours d’alcool. Si tu gagne, tu a ton bateau, si tu perds, je ne veux plus jamais te revoir ici.
- Désolé Marion.
- Moi je le ferais, dit Sophia.
- Ça ne concerne qu’Indy et moi, mais si vous y tenez.
- Absolument, j’ai très soif.
- Ce n’est pas de l’eau qu’il y a dans ces verres, dit Marion.
- Mais je le sais bien.
- Dans ce cas, asseyez-vous, je vous en prie.
- Sophia…
- Tais-toi et observe.
Les deux femmes prirent place.
- Whisky pur malt, douze ans d’âge.
- Mon préféré.
- A vous l’honneur.
Sophia but d’un trait, leva le verre et le retourna pour le plaquer contre la table. Marion fit de même sans problèmes. La même scène se reproduisit quatre fois de suite. Sophia tenait étonnement bien. Au bout de la quatorzième fois, Marion montra des signes de faiblesse.
- Ça va aller ? Demanda Sophia en souriant.
- Ouais ouais…bois.
- C’est à votre tour.
Marion prit son verre en tremblant, elle le but et posa le verre comme si il pesait une tonne. Sophia but le sien tranquillement. En buvant son quinzième verre, Marion tomba en arrière.
- Merde ! C’est bien la première fois.
- Alors Marion…marché conclu ?
- Ouais, j’te l’trouverais ton fichu rafiot, laisse moi dormir maintenant.
Elle s’endormit immédiatement.
- Eh bien Sophia, je te félicite, j’ignorais que tu buvais ce genre de breuvage.
- Je n’en avais jamais bu, c’est un vrai tord-boyaux ! J’ai la tête qui tourne.
- Je vais te raccompagner.
Elle fit quelques pas en avant et s’écroula par terre à son tour.
Indy secoua la tête.
- Les femmes.