Indiana Jones et la lance du destin
Quatre sherpas les accompagnaient vers la montagne colossale, chacun portait sur le dos de quoi faire l’ascension en toute sécurité. Sophia était néanmoins quelque peu nerveuse.
- Indiana, sois gentil et dis moi quelque chose de rassurant.
- Je peux te raconter la fabuleuse histoire de l’Everest.
- Dis toujours.
- Son nom vient d’un géodésien anglais : Sir George Everest. Elle mesure environ 8850 mètres, plus on monte moins on respire et moins le temps est clément. Depuis 1921, les plus fous tentent d’atteindre le sommet, ce qui n’a fait que constituer une longue suite d’échecs et de disparitions.
- Mais y’en a t’il au moins un qui a atteint le sommet ?
- Oui, Howard Bury, en 1921, un colonel.
- Faut il donc être militaire pour réussir ?
- C’est le seul qui y est arrivé.
- Bien. Merci Indy, je me sens bien mieux maintenant.
- De rien.
En voyant l’Everest de près, Indy siffla.
- Impressionnant hein ? Fit Sophia.
- Pas vraiment. C’est juste une grosse colline.
Ils montèrent la base de la montagne tranquillement par de petits chemins naturels et étroits, le temps s’était amélioré au cours de la journée, le soleil était présent.
Le chef des sherpas montra un glacier plus haut et dit qu’il faudrait le grimper pour accéder plus rapidement au sommet. Une affaire de trois jours.
L’ascension se fit de plus en plus ardue jusqu’à atteindre un terrain de neige plat. Le sherpa annonça que le campement serait dressé ici pour la nuit, beaucoup de chemin avait été parcouru, deux huitièmes en tout, le plus dur restait à faire.
- Tu es déjà parti à l’assaut d’une montagne ? Demanda Sophia.
- Non, c’est bien la première fois.
- Tu n’a pas peur ?
- Après tout ce que j’ai vu dans ma vie je peux t’assurer que plus rien nze peut me faire peur.
- Tu oublie les serpents.
- C’est un cas à part.
- Moi je serais mieux à New-York.
- Tu es pressée de repartir ?
- Non ce n’est pas ça mais…certaines choses me manquent.
- Ici tu a l’occasion unique de te détacher de ce quotidien mécanique et impossible que représente la civilisation, profite-en.
- J’essaierai.
- Bien. Aide-moi à dresser le campement veux-tu ?
- D’accord.
Indy se leva et marcha vers les toiles de tente.
- Indy ?
- Oui ? Dit-il en se retournant.
Il reçut alors une grosse boule de neige en pleine figure.
Le deuxième jour se compliqua. Le temps avait tourné au blizzard et l’ascension à travers la neige était très difficile.
- Courage, dans deux heures nous serons sur le site du campement !
Un hurlement fit alors écho à travers la tempête.
- Qu’est-ce que c’était ? Demanda Sophia inquiète.
- Juste le vent, dit Indy pour la rassurer.
Les sherpas rebroussèrent chemin.
- Attendez ! Revenez !!
Ils allèrent se perdre dans la brume. Il y eut alors un cri humain puis un objet roula jusqu’aux pieds d’Indy, la tête de l’un des sherpas.
- Mais que…
D’autres cris, plus effrayants cette fois. Indy resta immobile. Une forme apparut, une silhouette, un monstre blanc à fourrure. Le légendaire homme des neiges. Le Yeti.
- Fuis !!!
Indy fut frappé par le monstre, son bras droit saignait. Le monstre se pencha sur lui pour lui arracher le visage d’un coup de patte, mais Indy ne se laissa pas faire et lui envoya son poing gauche dans la geule. Le yéti fut secoué puis exprima sa fureur pour se calmer quelques secondes plus tard brusquement. Un cercle rouge se dessina sur son front et il s’écroula. Sophia se tenait derrière lui avec le revolver d’Indy.
- Waouw, fit-il.
- Une chance que tu laisse toujours tout traîner.
Le troisième jour fut le plus intense : blizzard, froid, manque d’oxygène. Indy et Sophia montaient à présent verticalement avec le matériel d’alpinisme pesant. La montée se fit très lentement et avec beaucoup de souffrance. Sophia semblait au plus mal.
- Combien de mètres Indy ?
- Environ 8800, courage, nous y sommes presque.
- Je ne vois pas le sommet.
- Ne t’inquiète pas, il n’est plus loin.
- Je ne peux plus tenir Indy.
- Courage !
- Je n’arrive plus à respirer, même avec ce masque, je sens que je vais m’évanouir.
- Non, tiens bon !
Elle grimpa encore un peu, ses pieds dérapèrent, dépourvue d’énergie, elle ne trouva pas la force de se raccrocher et tomba.
- Sophia !!
Il fit un élan pour attraper sa sangle.
- Courage Sophia.
Il continua son ascension, très lentement, et vit le sommet. Il mont a sur l’ultime rebord et hissa Sophia.
- Respire, je t’en supplie.
Elle s’était évanouie. Lui-même se sentait très mal. Il regarda autour de lui. Le sommet était pyramidal, impossible de voir bien loin avec ce voile nuageux et neigeux très épais. Un vent de mort sifflait entre les crevasses acérées. Indy reprit Sophia sur son dos et marcha péniblement dans la neige à la recherche d’un refuge quelconque. Mais il ne trouva rien. Complètement épuisé et découragé, il la posa et tomba à genoux avant de se mettre sur elle pour la protéger du froid. Il entendit alors un craquement.
La neige céda sous la pression des deux corps, les faisant chuter vers l’inconnu. La chute parut sans fin, il n’y avait aucune lumière environnante. Mais finalement, tout se termina dans une impressionnante couche de neige à la base d’un glacier.
Une grotte souterraine.
Ils avaient été au sommet pour redescendre au plus bas.
Indy sentit qu’il allait s’évanouir, il vit juste un grand bassin d’eau et des stalactites avant que sa vision ne se brouille.
Dans ses rêves il entendit une voix, une femme, Sophia.
- Indy, Indy !!
Mais c’était la réalité.
Il avait ouvert les yeux.
- Où sommes-nous ? Demanda t’il.
- Là où tu nous a emmené. Apparemment nous sommes loin du sommet de l’Everest, que s’est-il passé ?
- Un léger incident. Je te croyais…
- Moi aussi, mais nous sommes encore en vie. Lève-toi vite et partons, ce lieu me donne des frissons.
Il y eut un cri, aigu mais bref. Des formes bougèrent au loin.
- Quelles choses vivent ici ?
Ils eurent bientôt la réponse. Des insectes. Des insectes ayant évolué dans un lieu fermé durant des millions d’années, ce qui leur avait normalement constituée une taille très inquiétante. Il y avait des araignées, des scarabées, et même des scorpions.
- Indy, donne moi ton fouet.
- Donne moi une bonne raison.
- Tu veux y rester ? Donne-le moi !
- Si tu insiste.
Elle le fit claquer devant le groupe affamé, ce qui le fit reculer.
- Il y a un escalier derrière ces bestioles, il faut les éloigner suffisamment.
- Dans ce cas j’ai une meilleure idée.
Il prit son revolver et tira en l’air, créant un éboulement, la voie en fut dégagée. Ils se ruèrent vers l’escalier.
Ils émergèrent devant une salle fermée par un portail, Indy le poussa, il était ouvert. Ils accédèrent à un corridor éclairé naturellement. Il y avait des statues de chaque côté ainsi que des textes chinois sur les murs.
- C’est donc ici que Milarepa a passé les dernières années de sa vie.
- Qui était ce Milarepa ?
- Un grand poète spirituel.
- Il n’avait pas l’air malheureux.
Un peu plus loin ils virent des statues grecques et égyptiennes.
- Aie, voilà qui n’annonce rien de bon, monsieur était un voyageur.
- Ce qui signifie qu’il a pu cacher les ossements n’importe où.
- Exactement.
- Mieux vaut ne pas se décourager maintenant, continuons.
Sophia regardait les écritures.
- Et ces textes chinois, que peuvent ils bien dire ?
- C’est de la poésie philosophique, mystique. Je veux bien te les lire mais tu aurais la migraine du siècle.
- Ça ira pour aujourd’hui merci.
- Regarde là-bas.
- C’est bien ce que je crois ?
- Oui.
Le corridor menait à une salle unique. Elle était vaste, ronde et ne contenait qu’un seul élément : une tombe noire au centre d’un piédestal de bois.
- C’est la réplique exacte de celle de Xian, dit Indy.
- Il va falloir l’ouvrir.
- Oui, va du côté droit.
Ils allèrent de chaque côté et tirèrent le couvercle. Il tomba brutalement au sol avec un squelette qui se brisa en morceaux. Sophia bondit.
- Du calme, il est mort.
- Ça arrive souvent ?
- Non, c’est la première fois.
- C’est Qin ?
- Non, il ne porte aucun signe empirique, ça ne peut pas être lui, ce n’est pas sa morphologie.
- Comment peux tu savoir comment il était fait ? Tu ne l’a jamais vu avant.
- Il y a des signes qui ne trompent pas Sophia. Ce type là n’est pas Qin, c’est Milarepa.
- Alors où sont les ossements de Qin ?
- Milarepa se prenait pour Qin, il était fou, il a emporté ses ossements, mais pas ici.
- Alors où ?
- Je ne sais pas.
Sophia s’asseoir sur le sol, abattue. Elle remarqua des idoles autour de la salle.
- Tiens c’est étrange, qu’est ce que ces trucs font ici ?
- Quoi ?
- Ces idoles, elles viennent d’Indonésie.
Indy eut un regard émerveillé.
- Sophia…tu es merveilleuse ! Allez viens !
En partant, il écrasa une dalle, une grille tomba, les piégeant.
- Bon et maintenant ?
Sophia recula et écrasa une autre dalle qui céda, lui faisant perdre l’équilibre, elle manqua de justesse de tomber dans le vide.
- Surtout fais bien atten…
Indy fut victime du même piège sauf que lui tomba, emportant avec lui tout le reste du sol. Lui et Sophia s’écrasèrent quelques mètres en-dessous face à une centaine d’insectes.
- Magnifique, fit Indy.
Immédiatement il tira en l’air pour provoquer un éboulement, mais la balle ricocha.
- Quoi ?
Il dégagea l’endroit du ricochet et découvrit une charnière.
- Sophia…prépare-toi à courir droit devant toi.
Les bestioles avancèrent, il tira la charnière.
Tout s’écroula, ils coururent en avant, une course contre la mort se terminant par un mur de roche.
- Indy ?
- Ne t’arrête pas !
Le mur s’écroula, ils furent projetés devant la montagne.
- Pour une fois nous sommes bien tombés.
- Je veux rentrer, dis Sophia.
- Désolé mon ange mais nous avons encore un petit détour à faire.
- Indy, tu es impossible !
- Je sais, chérie.