Le climat était bien étrange à Wellington. La pluie et le vent s‘abattait sur le pays avec une force insolite. Cependant le plus étrange restait encore le ciel d’une noirceur irréelle et formé circulairement comme un cyclone suspendu.
- Avez-vous une explication rationnelle à cela père ?
- Pas la moindre. Tu pense qu’il y a un rapport avec la lance ?
- Peut être que cela indique que nous sommes près du but et que Dieu cherche à nous mettre en garde.
- Théorie étrange mais je veux bien y croire.
- il va falloir se dépêcher, Stratner et les nazis ne sont pas loin, nous devons absolument quitter Wellington avant qu’ils n’arrivent, mais pas sans avoir eu toutes les informations sur le sanctuaire à la bibliothèque.
- Cela risque de prendre un peu de temps tu ne pense pas ?
- Sûrement, mais nous ne pouvons plus nous permettre d’avancer aveuglement, les enjeux sont trop grands à présent.
- Et si nous suivions Stratner ?
- C’est ce que nous avions fait avec Sophia, voyez ce que cela à donné.
La bibliothèque avait conservée son style du XIXème siècle. Elle était vaste et devait contenir facilement quelques milliers d’ouvrages. Indy et Henry eurent accès aux fonds anciens non sans quelques heurts. Il fallait avoir un but bien précis pour voir les précieuses archives, Indy raconta que c’était pour un livre sur l’histoire du pays, une excuse simple, mais efficace. Une fois seuls dans la grande salle des archives, ils compulsèrent les ouvrages spécifiques les uns après les autres.
- Ces livres sont de véritables trésors junior, regarde !
- Concentrez vous sur ce que nous cherchons.
Indy trouva finalement un livre datant d e1907 détaillant l’histoire du pays, le livre le plus moderne de la collection. Il y était raconté que le pays avait d’abord été peuplé par les Maoris, des polynésiens venus entre le Xème et le XIVème siècle. Le pays fut découvert par un hollandais nommé Tasman, en 1642, la Grande-Bretagne y fit reconnaître sa souveraineté par un traité avec les Maoris en 1840 mais à cause de l’afflux des colons européens, ces derniers se mirent en guerre de 1843 à 1869, ce qui eut pour seul effet de décimer entièrement les Maoris. Le pays devint une colonie en 1851 avant d’être une démocratie parlementaire en 1907.
La Nouvelle-Zélande était composée de deux îles : celle du nord surnommée l’île fumante à cause de son volcan, le Ruhapehu, et l’île du sud surnommée l’île de jade, comprenant une série de montagnes sur toute la surface nord.
Le livre mentionnait tous ces détails grâce à une carte détaillée.
- Alors père, où se trouve le sanctuaire selon vous ?
- Si l’on retire les parties habitées au sud, il ne reste que la forêt de Queenstown, le lac Te Anau et les alpes néo-zélandaises.
- Je ne serais pas étonné que le sanctuaire se trouve dans les montagnes.
- Ce serait la solution la plus logique en effet.
- Qu’y’a t’il dans ce village, Christchurch ?
- D’après ce que je sais c’est un village britannique fondé vers 1850, il doit son nom à la cathédrale qui s’y trouve.
- Peut être que nous y trouverons quelque chose, après tout Longinus était catholique.
- Tu fais fausse route junior, cette ville a été fondée pendant la colonisation, aucun rapport avec Longinus.
- Et que faites-vous de cela alors ? Dit-il en montrant une gravure sur le livre.
Elle représentait un vitrail composé de plusieurs personnages autour du Christ en croix, l’un d’eux brandissait un bouclier dont le blason portait le symbole de la lance du destin.
- C’est Longinus.
- Nous reprenons l’avantage fils !
- Bien, dépêchons-nous vite de partir de là.
Des voix allemandes se firent entendre.
- Zut !
Indy reconnut la voix de Stratner.
- Il est là, dit Henry.
- Il n’y a plus de temps à perdre, père, tentez d’atteindre…non attendez, j’ai une meilleure idée.
Il alla voir la pièce d’à côté, une petite réserve de livres avec une petite fenêtre comme source de lumière.
- Cachez-vous là-dedans en attendant que je vienne vous retrouver.
- Mais que va tu faire ?
- Dégager la sortie.
Il referma la porte, l’autre s’ouvrit brutalement et les nazis entrèrent en ouvrant immédiatement le feu dès qu’ils virent Indy. Ce dernier plongea à terre.
- Nein ! Stop ! Hurla une voix.
Les armes s’arrêtèrent, Indy en profita pour longer les étagères en rampant discrètement. Une arme cracha encore sa violence, emplissant les précieux ouvrages de plomb.
- Nein !
Il y avait une porte dérobée à quelques mètres devant Indy, il se releva vite pour courir vers elle et accéder à l’extérieur où l’attendait une échelle de métal menant en bas dans une ruelle. Il la descendit hâtivement mais s’arrêta bientôt, repensant à son père. Il remonta, un soldat apparut, Indy se laissa glisser le long de l’échelle jusqu’en bas.
La rue n’était qu’à quelques mètres devant lui, il courut vers elle. Valonius apparut.
- Zut !
- Bonjour professeur Jones, nous nous retrouvons encore.
- Si seulement cela pouvait cesser.
- Vous allez venir avec moi maintenant.
- Comment va Sophia ?
- Votre amie est une petite peste tout à fait charmante, elle n’attend que vous.
- Sans façons.
Il tenta de passer mais Valonius le bloqua.
- Cette fois vous ne vous échapperez pas !
- Tu crois ?
Il reçut alors le poing droit de Valonius dans la tempe mais il ne céda pas. Il plongea avec son adversaire, le plaquant à terre et le bloquant.
- Je ne veux pas me battre contre toi, dit Indy.
- Vous n’aurez pas le choix si vous voulez revoir votre amie en vie.
Une voiture surgit et klaxonna, Henry était au volant. Sans hésiter, Indy relâcha Valonius et courut s’engouffrer dans le véhicule, Valonius prit son arme et tira vers lui, sans l’atteindre, le véhicule redémarra en trombe.
- Content de te revoir Junior.
- Comment êtes-vous sorti de la réserve ?
- Par la fenêtre bien sûr, une chance que je sois plutôt mince.
- Et cette voiture, d’où viens t’elle ?
- J’ai appliqué ta méthode : emprunter la première chose à sa portée.
- Mais c’est du vol, c’est un grave pêché !
- Ce ne serait pas le premier. Et puis, on peut se permettre de faire quelques folies de temps en temps.
- Je ne vous aurai jamais cru capable de faire cela.
- J’ai changé fils, grâce à toi je me sens à nouveau comme le jeune homme que j’étais autrefois, pas si différent que toi qui plus est. Mais au fait, tu étais en train de te battre contre Kurt.
- Non, justement, je faisais tout pour ne pas l’affronter.
- C’est bien, son esprit est déjà bien assez ravagé par la vengeance, inutile d’en rajouter.
Christchurch était un village normal comme tous les autres de type anglais, la cathédrale semblait neuve bien qu’elle était ancienne.
Ils entrèrent à l’intérieur et virent dès lors ce qui faisait la différence avec n’importe quelle autre cathédrale anglaise : au centre était placé une statue de taille humaine d’environ un mètre quatre-vingt tout en noir.
- Qui est-ce ? Demanda Henry.
- Longinus. Regardez le blason sur le socle, il symbolise la lance perçant l’étoile céleste qui verse le sang divin.
- Donc nous sommes sur la bonne voie, tu avais vu juste Junior.
- Vous voyez son regard, il est triste, implorant.
Indy suivit ce regard, il allait droit vers le Christ en croix.
- Saint Longuin venant se repentir.
- Mais à quelle fin ? Pour s’absoudre ou pour commettre un pêché encore plus grand ?
- Junior, regarde les vitraux.
Ils ne représentaient aucune scène de la vie de Jésus, mais représentaient tous Longinus et la lance.
- Serait-ce la vie de Longinus ?
- Oui, tout se tient, regarde : il reçoit la lance des mains d’Hérode, va à Jérusalem, perce le flanc du Christ faisant abattre les ténèbres sur le monde, part en exil et meurt dans son sanctuaire.
- Comment le pouvoir de la lance a t’il pû s’activer ?
- C’est le Christ qui a conféré son pouvoir à la lance, Longinus est ensuite parvenu à le contenir dans ces reliques, je ne sais comment.
- Et ce dernier vitrail qui montre le sanctuaire, il m’a l’air bien obscur. Comment se fait-il qu’il ai pu être représenté ici ?
- Peut-être que le prêtre de l’époque était ami avec Longinus.
- Dans tous les cas cela ne nous dit pas où est le sanctuaire.
- Et ce vitrail montrant son exil, il est avec d’autres personnes.
- Des Africains ?
- Non, ceux-là je les ai déjà vus, dans le livre de tout à l’heure. Ce sont des Maoris. Ils sont reconnaissables à leurs tatouages.
- Mais cela ne tient pas, ils ne sont apparus en Nouvelle-Zélande qu’au Xème siècle.
- Oui, mais où étaient-ils avant ? Et pourquoi sont-ils venus ici ?
- Longinus les a emmené avec lui. Ils étaient ses fidèles.
- A quoi bon réfléchir, ils ont tous été décimés.
- Pas tous, il en reste dans le parc de Queenstown.
- La zone du sanctuaire, voilà qui est très intéressant. Si nous parvenons à leur parler, nous aurons sûrement droit à toutes les informations qu’il nous manque.
- Pourquoi ne nous parleraient t’ils pas ?
- Parleriez-vous à ceux qui sont responsables du génocide de votre peuple ?
- C’est juste.
Ils quittèrent l’église.
- Une chance que Longinus ait été catholique.
- Oui, une chance aussi que cette cathédrale soit dans le même état qu’à sa construction.
- Mais comment explique tu la présence de ces vitraux et de cette statue plus d’un millénaire après la mort de Longinus ?
- Peut être que le prêtre qui était là à la construction était un chrétien. Il aura ainsi pû garder l’héritage de son peuple, et donc de Longinus à travers les siècles grâce aux vitraux et à la statue.
- Dieu merci !