Indiana Jones et la lance du destin

Chapitre 54

1762 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 20/07/2026 09:46

- Depuis combien de temps marchons-nous ?

- Quelques heures, je sais ce que vous vous dîtes père, je n’ai aucune idée de l’emplacement du lac.

- Nous devrions y être depuis le temps.

- Je croyais que vous n’étiez pas pressé.

- Et toi alors, je pensais que tu voulais aller sauver ta chère Sophia. Elle n’a pas l’air de trop te manquer.

- Je n’ai pas l’habitude de montrer ouvertement mes sentiments.

- Mais tu es triste et inquiet, je le vois très bien.

- Comment ?

- Je suis ton père fils, c’est normal que je sache lire tes sentiments dans ton regard.

- Je suis triste d’après vous ?

- Oh oui, tu a une manière imparable pour le montrer.

- Étonnez moi.

- Tu es sérieux.

- Sérieux ? Moi ?

- La preuve.


Ils émergèrent de la forêt et virent enfin le lac s’étendre devant eux. Cependant, il n’y eut aucun mot, aucun soupir de soulagement ou d’émerveillement.

Car ils n’étaient pas seuls.

Il y avait là des pelleteuses et un tas d’autres engins en action, remuant la terre de part et d’autres. Les nazis les avait une fois de plus devancés.

Indiana était comme pétrifié en voyant les affreux engins abattre sauvagement les arbres les uns après les autres sans la moindre once de pitié. Et tout cela pour trouver une seule chose : l’entrée du sanctuaire.

- Non seulement ils nous ont devancé mais ils savent aussi exactement où creuser. Vous m’aviez pourtant assuré avoir repoussé Stratner de notre direction.

- Tu regrette mon action maintenant ? Il faudrait savoir ce que tu veux. Tu voulais les attirer ici non ?

- Mais nous devions être là avant eux.

- Tu as le choix maintenant Junior, où tu trouve l’entrée du sanctuaire avant eux, soit tu cherche Sophia. Dieu te met à l’épreuve mon fils.

- Suivez-moi père.


Ils marchèrent autour du lac parmi les engins actifs.

- Dommage que nous n’ayons plus les uniformes, dit Henry.

- J’étais en train de penser exactement la même chose.

Indy regarda tout autour du lac.

- Pas de tentes, pas de camp, ils ne comptent pas rester ici très longtemps.

- Donc Sophia est avec Stratner.

- Où il ne l’a pas amenée du tout.

- Il a besoin d’elle pour activer le pouvoir de la lance, donc elle est avec lui.

- Mais lui où est-il ?

- Bonne question.

Indy fixa trois pelleteuses à l’arrêt à une cinquantaine de mètres devant lui.

- Il n’y a qu’à attirer son attention.

- Tu va nous faire repérer !

Il ouvrit le capot du premier engin et arracha les bougies du delco avant de refermer, il fit de même pour la seconde pelleteuse.

- Je vois mal comment ce que tu fais peut attirer l’attention.

Il arracha les tuyaux des moteurs et les mit sur le delco.

- Une étincelle et boum !

Il s’attaqua au troisième engin. Quand il referma le véhicule, il vit que lui et son père étaient à présent encerclés par deux hommes de chaque côté.


Stratner était allongé dans une chaise longue posée près du lac, il profitait du soleil exceptionnel pour faire bronzer sa peau et son uniforme kaki.

- Herr Stratner.

Il se retourna et retira ses lunettes de soleil.

- Jones ! Père et fils ! Mes amis, vous êtes encore plus fidèles que ma propre famille. Hélas une fois de plus vous arrivez trop tard. Quand vous résoudrez vous à admettre que c’est moi le champion ?

- Comment est-tu arrivé ici ?

- Très simple, il m’a suffi de vous suivre et d’écouter votre passionnante conversation avec les Maoris. D’ailleurs je vous tire mon chapeau docteur Jones, vous vous en êtes merveilleusement bien tiré avec ces indigènes.

- Vous nous avez suivi.

- Bien sûr, je n’allais tout de même pas vous laisser sans surveillance, et je n’allais bien sûr pas suivre la direction indiquée par votre père.

- Où est la femme ?

- Miss Hapgood est à bord de mon sous-marin. Elle vous attend bien entendu avec impatience.

- Écoutez, je vous donne les reliques et vous me la rendez, ça vous va ? Dit Indy en montrant le coffret et le manuscrit enroulé.

- Vous voulez négocier maintenant ? Trop tard docteur Jones, vous avez eu toutes les occasions pour ça, et à chaque fois vous m’avez craché au visage. Alors, je reprends ça sans rien attendre en retour, dit-il en arrachant les reliques des mains d’Indy.

Valonius arriva alors en courant.

- Ça y est, ils l’ont trouvée !

- Parfait, venez messieurs.

Ils allèrent tous devant un symbole gravé dans la roche derrière un rideau de lianes épaisses.

- Un symbole maori, représentant le pardon, l’absolution, dit Stratner.

- Mais rien d’autre.

Stratner eut un rictus.

- Pas tout à fait docteur Jones, dit-il en faisant signe à la pelleteuse derrière lui.

L’engin enfonça de plein fouet le mur naturel, ouvrant ainsi une brèche à travers le symbole.

- Après vous messieurs, que vous soyez au moins les premiers quelque-part.


Le tunnel dans lequel ils étaient entré ne resta pas longtemps plongé dans le noir, les nazis ayant emporté avec eux une dizaine de torches électriques. Stratner était aussi nerveux qu’impatient.

- Du calme Klaus, dit Henry, Longinus ne manquera pas de t’accueillir.

- Tu ne pourra jamais comprendre, depuis soixante-trois ans je cherche à acquérir le pouvoir de la lance du destin. J’ai étudié des milliers d’ouvrages, visité des centaines de pays, et maintenant je suis enfin proche de m’approprier ce pouvoir, si proche.

- Tu n’en a pas assez de devoir supporter ce genre de cas, demanda Indy à Kurt.

- Je n’ai rien à vous dire.

- De toutes façons c’est lui le chef, ne te plains pas de ce qui arrivera une fois qu’il sera dans le sanctuaire.

- A ce moment là ce sera une autre histoire.

- Kurt, tu sais que c’est mal de vouloir convoiter un si grand pouvoir, tu sais qu’il te consumera l’âme, comme il est en train de consumer celle de Stratner.

- Et alors ? Je n’ai plus rien à perdre.

- Tu n’es pas fait pour être du mauvais côté Kurt.

- Qui a dit que je l’étais ?

- Que veux-tu dire ?

Il avança sans répondre. Tous arrivèrent à un cul-de-sac.

- Ah, je déteste ça ! S’exclama Stratner. Dynamite !

- Non ! Non ! Interrompit Indy, il suffit juste de déplacer cette pierre là-bas. Aide-moi Kurt.

Ensemble ils poussèrent le rocher sur le côté.

- Vous savez, dit Henry, si Dieu a mis ce rocher ici c’est qu’il y a une bonne raison.

Dès que le passage fut libéré, des centaines de chauve-souris surgirent. Cris et tirs se mêlèrent alors.

- STOP !! Hurla Stratner, AVANCEZ MAINTENANT OU JE VOUS ABATS TOUS COMME DES CHIENS!!


Ils passèrent dans une salle creusée dans la roche.

- Enfin, le sanctuaire, dit Stratner.

Le sol était rougeoyant.

- Il y a de la lave en dessous de nous, dit Indy.

Valonius ramassa un caillou et le jeta, il resta solide.

- Avancez ! Ordonna Stratner.

Indy marcha d’un pas hésitant sur la surface écarlate. Il s’engagea. Le sol était chaud mais pas brûlant.

- Incroyable, c’est un chauffage naturel, de la géothermie, fascinant, dit Henry.

- Continuez d’avancer ! Ordonna Stratner.

Tout le monde marcha en direction de l’autre bout de la grande salle où se trouvait une arche menant à une autre salle. Une colonne de feu s’éleva brusquement à gauche. Une autre apparut à droite, puis une autre derrière. Stratner ne comprenne pas. Un soldat courut devant lui et se fit consumer.

Indy observa le sol, certaines zones étaient recouvertes d’une sorte de mousse naturelle, les autres restaient parfaitement saines.

- Ne marchez que là où il y a de la mousse.

Tout le monde suivit à la lettre ce conseil et arriva sans peine à la grande arche.

- Nous y voilà, dit Stratner.

- Avec trois hommes en moins, dit Kurt.

- Qu’importe.

- Quoi ?

- Bientôt j’en aurai des milliards comme eux à mon service.

- Ils ne représentaient donc rien pour vous ?

- Ce sont des soldats, ils ont fait leur métier, paix à leurs âmes.


L’arche contenait une grande porte de bois qui s’ouvrait en deux, mais là elle était fermée.

- Bien. Comment ouvre t’on cette chose ? Demanda Stratner.

Indy chercha sur les côtés, il trouva un levier dissimulé dans la roche.

- J’ai trouvé quelque chose.

Stratner poussa Indy et s’apprêta à tirer le levier vers lui.

- Tu ne devrais pas faire ça Klaus, dit Henry.

- Très bien, je vais donc suivre ma propre intuition.

Il tira le levier.

Le sol rouge s’éteignit brusquement, plongeant avec lui la totalité de la salle dans la plus confuse des obscurités.

- Ca ne me dit rien qui vaille, dit Indy.

Il y eut une secousse qui les fit tous déséquilibrer de quelques pas en arrière, puis il y eut des bruits d’éclaboussures.

Indy se rendit compte qu’ils pataugeaient ans l’eau. La salle se remplissait.

- Seigneur, fit Indy. Que tout le monde sorte !!

Les parois cédèrent brusquement, lâchant des tonnes d’eau sur la salle qui fut immergée en à peine trente secondes. Indy prit sa respiration et chercha une issue. Il n’y avait aucune. Il nagea alors vers le levier et le poussa, en vain. Kurt arriva alors. Ensemble ils poussèrent de toutes leurs forces, et ils y arrivèrent. L’eau se retira dans le sol.

- Merci Kurt.

La porte géante s’écroula, alourdie par l’eau qui l’avait envahie et faite gonfler.

- Allons ! Dit Stratner en passant devant Kurt sans même le regarder. Indy lui adressa un bref regard de compassion avant de suivre le vieil homme.

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